Lundi 20 octobre 2008

Quand j'étais un nain, heureux et sans chagrin,
avant les bonnes nuits ou le baiser de ma mère
j'avais l'habitude de froisser les après-midi,
pour les abriter dans mon lit de contrebande,
dans une manche de pyjama.
Je demeurais ensuite sur le seuil du rêve
en dévoilant à nouveau la carte des heures,
en ressuscitant à ma façon les cadeaux du jour
- le rendez-vous avec Charito, le but de la victoire -
avec un large sourire de paupières fermées.
Toujours dans la lumière obscure du silence.
Je me souviens aussi que j'étalais devant moi les hontes
les humiliations, les offenses, les mépris sans nombre
en sol mineur que je nommais l'oubli
L'ennui, le pire, c'est qu'aujourd'hui encore
ils n'ont pas disparu du tout et qu'à peine je les remue
ils éclaboussent ma mémoire, mes lunettes, mes poèmes...


Alberto Vega


par la freniere publié dans : Poésie du monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 20 octobre 2008


En traversant le pays des morts
en route vers Aden les terres d'Arthur Rimbaud.
Je suce mes doigts à cause de la soif
de la malaria, du cancer des os.
Je songe à la Bretagne,
aux femmes aux hautes coiffes.
Je songe aux piroguiers du fleuve Zaïre.
Je songe aux oiseaux bariolés d'Amazonie.
Je songe au sexe chaud de l'indienne
à la tombée de la nuit.
Je songe à une espèce de poème
déclamé par un fou de génie
qui ferait taire les perroquets verts.


André Laude




par la freniere publié dans : Poésie du monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 17 octobre 2008


De l'ouest à l'est de la rue des «a» à la rue des «z» de vingt-trois heures à sept heures les résidents exigent le silence complet mais dans ce silence je ne peux pas m'arrêter de retourner dans ma pauvre tête fêlée toutes les images qui me passent devant les yeux internet la télé ouverte radio le petit caliméro erre dans la nuit ta coquille est cassée ta fenêtre est ouverte jette-toi ligne par ligne phrase par phrase sur le trottoir car ta détresse est complète c'était un reportage de mathieu devant l'incendie de son propre corps à travers lequel tous les crimes du monde ont lieu on tire dans le dos d'un fugitif la police charge contre une manif une bombe explose dans un abribus ah qu'est-ce que je déguste c'est vraiment trop injuste d'assister en silence à l'histoire en direct du ravage-moi des libanais des rwandais ou des soudanais c'est en feu ça tue ça t'emmène loin de ton chez-toi ça te bat ça te laisse sur le bord de la route et ça t'oublie dans la poussière immobile et figé sur ton divan dans ton salon t'es perdu tu voudrais rentrer mais c'est trop tard pour les dessins animés du samedi matin les pubs de céréales sucrées et les clips vraiment cool pour les petits enfants dans mon genre qui pisseraient encore au lit s'ils n'avaient pas la responsabilité de leur corps comme de celui de tous les autres ravagés du réel parce que très très loin au fond de ces yeux que je fixe dans le miroir de la salle de bain je ne les vois pas mais peut-être qu'il y a tous les pays qui écopent en silence.


Mathieu Arsenault          Vu d'ici, Tryptique, Montréal, 2008


par la freniere publié dans : Poésie du monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 16 octobre 2008

Pourquoi tant d'éboulis dans la fin des dimanches
Tant d'attentes fadasses
Tant de beurks et d'hélas
De craquelures dans les voilures
Un ramollo dans le gréement

Pourquoi cet étouffement à hauteur de poitrine
Les paupières affalées comme un volet roulant
Pauvres joues avachies
Œil éteint
Morne peine
Déglutir un sanglot
S'alourdir d'un parpaing

Dix sept heures le dimanche
Qui ne l'a éprouvé ?
La grisaille a monté
La marée est en noire
Dans nos yeux embués
Une journée bien foutue
La vie, vraiment ratée
Le pauvre corps en loques au fond d'un canapé
L'esprit à la dérive
L'âme en papier mâché

Aglaé Vadet

 


par la freniere publié dans : Poésie du monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 9 octobre 2008

J'ai allumé le silence

De mes nuits trop courtes

Amasser la lumière

Qui lisse mon sourire

Avant de me glisser

Dans des draps de douleur

Aux couleurs des heures arrêtées

J'ai écorché les cicatrices

Superposé les peaux mortes

Inventé des rumeurs

Pour croire encore

Qu'il n'est pas nécessaire

De se faire mal

Ni de faire mal

Je m'immobilise....(je n'entends plus les bruits insupportables de la nationale)

...

certain de recouvrer

la vue limpide des profondeurs

un contact de mer

isolé dans un désert de sable

comme une perte enfin accepté

un désir qui renaît

d'être aussi différent

et pourtant tellement semblable

halluciné de vérité

je reconstruis mon monde

des restes de vos poches trouées

des mots que vous savez encore décocher

avec tendresse et humanité

je vous ressemble tellement

que je finis par exister

dans vos regards

je me vois et me noie

je me saisis de l'intouchable

une main sur ma poitrine

je sais que je vous parle

de vous

Jean-Luc Gastecelle


 

par la freniere publié dans : Poésie du monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

D'un mot l'autre

Scribulations est parue


pour commander
Éditions La Madolière

des mêmes auteurs
pour commander:
en.ligne.editions@hotmail.fr

Parutions

Aux éditions Chemins de plume:

L'Autre versant, 2006


Parce que, 2007

pour commander:

au Québec:

Jean- Marc La Frenière – 344 rang 6 Saint-Ferdinand Québec G0N1N0

en France:

Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice


autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2008





Recherche

RSS

  • Flux RSS des articles
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus