Poésie nahuatl ancienne
Nezahualcoyotl (1402-1472)
Nous ne sommes que prêtés
Cuicatli quicaqui
In noyol nichoca :
Ye nicnotlamatli
Tiya xochitica
Tic cauhtehuazque
Tlalticpac ye nican
Titotlanehuia
O tiyazque ichan
Il entend chanter,
Mon cœur, je voudrais ne pas pleurer :
Je m’emplis de douleur.
Nous allons parmi les fleurs.
Il nous faudra
Quitter cette terre :
Nous ne sommes que prêtés
Et nous irons vers sa demeure.
Ma nicnocozcati
Nepapan xochitl
Ma nomac on mani
Ma nocpaxochihui.
Tic cauhtehuazque
Tlalticpac ye nican
Zan titotlanehuia
O tiyazque ichan.
Je veux ceindre un collier
De fleurs de toutes sortes,
Les tenir dans mes mains
Qu’elles s’épanouissent en guirlandes !
Il nous faudra
Quitter cette terre :
Nous ne sommes que prêtés
Et nous irons vers sa demeure.
In Les Citadelles, revue de poésie, numéro douze
elle tient le vide
entre ses mains
ouvertes au ciel
elle s’avance et franchit
le pont fragile
de la folie
elle sait parler aux chiens
frileux qui la suivent de loin
ils flairent sa douce forme humaine
sans bien savoir où elle les mène
elle rêve en chemin
dans la clarté vive
d’un premier matin
jamais elle ne court
elle marche lentement
vers un retour
qui n’aura pas lieu
sa main dessine dans l’air
une longue courbe
il y a dans ses yeux
une île d’herbe
et de tourbe
déjà elle oublie sa légende
et ne sait plus le nom de sa mère
elle ne garde de l’Irlande
qu’un bout de ruban vert
elle tient le vide
entre ses mains
ouvertes vers le ciel
elle n’a plus de manteau
son ombre glisse sur l’eau
*
ralentis douleur
je profite du soleil
jusqu’au dernier temps
la lumière coule
dans la buée des bouteilles
ralentis douleur
on y arrive bientôt
à la plage de paix
j’y coucherai ma peine
comme on couche une forêt
ralentis douleur
je ne pourrai plus tenir
jusqu’au dernier coup
mon cœur a roulé
au hasard des désirs
allez va douleur
va plus vite finir
brûle le cœur des sources
que je touche enfin
aux étoiles de verre
qui se brisent dans mes yeux
allez va douleur
pars comme tu es venue
Michel X Côté
Né à Rouyn-Noranda en 1948, peintre, poète et parolier (Abbittibbi, Desjardins, Léveillé, Babin, Saint-Jack). Michel X Côté est recherchiste et rédacteur au sein d’un organisme
culturel autochtone. Il vit à Montréal dans la quartier Saint-Henri.
Une femme amérindienne ou autochtone de l’Alaska sur trois sera victime d’un viol au cours de sa vie. La plupart ne cherchent pas à obtenir justice car elles savent qu’elles se heurteront
à l’inaction ou à l’indifférence.
La majorité des auteurs de violences sexuelles restent impunis car de nombreuses femmes amérindiennes victimes de tels actes ne les signalent jamais aux autorités et celles qui portent plainte se
heurtent à des obstacles qui les empêchent d’obtenir justice. Le gouvernement des États-Unis a créé un système labyrinthique d’autorités fédérales, étatiques et tribales. En conséquence, justice
n’est pas rendue aux Amérindiennes.
« Le droit de vivre dans un monde sans violence est au cœur des principes régissant nombre de gouvernements et de cultures autochtones. La prolifération des violences sexuelles contre
les femmes amérindiennes aux États-Unis est le reflet d’une rupture fondamentale avec les normes culturelles et juridiques qui ont garanti la protection des Amérindiennes depuis des temps
immémoriaux. » Sarah Deer (Creek mvskoke)
Obstacles à la justice
La majorité des auteurs de violences sexuelles restent impunis car de nombreuses femmes amérindiennes victimes de tels actes ne les signalent jamais aux autorités et celles qui portent plainte se
heurtent à des obstacles qui les empêchent d’obtenir justice. Le gouvernement des États-Unis a créé un système labyrinthique d’autorités fédérales, étatiques et tribales. En conséquence, justice
n’est pas rendue aux Amérindiennes.
Absence de mesures adéquates
Les autorités américaines s’abstiennent de faire le nécessaire face aux menaces qui pèsent sur les femmes autochtones, d’une part, et, d’autre part, les politiques et les pratiques fédérales
empêchent de fait les femmes amérindiennes ou autochtones de l’Alaska de bénéficier des systèmes de protection mis à la disposition des autres femmes aux États-Unis.
Des mesures doivent être prises d’urgence pour mettre fin aux violences sexuelles commises contre les femmes autochtones aux États-Unis. Mais ces mesures doivent être élaborées en se basant sur
l’analyse et sur les faits, et non sur des préjugés et des suppositions. Des organisations de femmes autochtones et des autorités tribales ont fait des propositions concrètes pour contribuer à
mettre un terme à ces atteintes aux droits humains, mais le gouvernement fédéral n’a pris aucune mesure.
Françoise Guillitte
www.amnesty.org/
Si , petit, les mots
« squaw »
« papoose »
« teepee »
Ne t’ont pas fait frémir
Comme la corde
De l’arc de Sitting Bull
Ou (plus tard) d’Ulysse
Alors
T’es mal
Empenné
Roger Lahu
http://www.lieux-dits.eu/
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