Mardi 29 mai 2007
Luther Ours Debout (Lakota)  :
  
Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres infinis n'étaient pas sauvages à nos yeux. Seul l'homme blanc trouvait la nature "sauvage", et pour lui seul la terre était "infestée d'animaux sauvages" et de "peuplades sauvages". A nous la terre paraissait douce; nous étions comblés des bienfaits du Grand Mystère. 
     
Conseil des Haudenosaunee, 1977 :

Il faut que les peuples qui vivent sur cette terre dépassent le concept étroit de "libération de l'homme" et qu'ils commencent à voir que cette libération doit être étendue à l'ensemble du monde naturel. Ce qu'il faut, c'est libérer toutes choses qui entretiennent la vie - l'air, l'eau. les arbres, tout ce qui entretient la trame sacrée de la vie. 
  
Alvin Josephy  :  

L'Indien a survécu, posant au conquérant Blanc un défi que beaucoup de non-Indiens, en particulier aux Etats-Unis, ne tolèrent pas facilement, même s'ils la comprennent: ils demandent de rester Indiens. Ce droit implique au fond le droit d'être différent, ce qui aux Etats-Unis va à l'encontre de l'orientation générale de la société majoritaire. Idéalement, le rêve américain confère l'égalité des chances, mais pratiquement ce processus s'inscrit dans le cadre de l'objectif général qui consiste à supprimer les différences. Les Indiens, s'accrochant à ce qui leur semble leur convenir le mieux, ont résisté instinctivement aux mesures visant à leur faire abandonner ce qu'ils veulent préserver et à adopter ce qu'ils ne tiennent pas à acquérir. Tel a été - et tel est toujours - l'élément essentiel de ce qu'on appelle le problème indien aux Etats-Unis. 

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Mercredi 23 mai 2007
Poésie nahuatl ancienne

Nezahualcoyotl (1402-1472)


Nous ne sommes que prêtés

Cuicatli quicaqui
In noyol nichoca :
Ye nicnotlamatli
Tiya xochitica
Tic cauhtehuazque
Tlalticpac ye nican
Titotlanehuia
O tiyazque ichan
 

Il entend chanter,

Mon cœur, je voudrais ne pas pleurer :

Je m’emplis de douleur.

Nous allons parmi les fleurs.

Il nous faudra

Quitter cette terre :

Nous ne sommes que prêtés

Et nous irons vers sa demeure.

 
Ma nicnocozcati
Nepapan xochitl
Ma nomac on mani
Ma nocpaxochihui.
Tic cauhtehuazque
Tlalticpac ye nican
Zan titotlanehuia
O tiyazque ichan.
 

Je veux ceindre un collier

De fleurs de toutes sortes,

Les tenir dans mes mains

Qu’elles s’épanouissent en guirlandes !

Il nous faudra

Quitter cette terre :

Nous ne sommes que prêtés

Et nous irons vers sa demeure.

 
In Les Citadelles, revue de poésie, numéro douze
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Samedi 19 mai 2007

elle tient le vide

entre ses mains

ouvertes au ciel

elle s’avance et franchit

le pont fragile

de la folie

 

elle sait parler aux chiens

frileux qui la suivent de loin

ils flairent sa douce forme humaine

sans bien savoir où elle les mène

elle rêve en chemin

dans la clarté vive

d’un premier matin

jamais elle ne court

elle marche lentement

vers un retour

qui n’aura pas lieu

 

sa main dessine dans l’air

une longue courbe

il y a dans ses yeux

une île d’herbe

et de tourbe

 

déjà elle oublie sa légende

et ne sait plus le nom de sa mère

elle ne garde de l’Irlande

qu’un bout de ruban vert

 

elle tient le vide

entre ses mains

ouvertes vers le ciel

elle n’a plus de manteau

son ombre glisse sur l’eau

 
*
 

ralentis douleur

je profite du soleil

jusqu’au dernier temps

la lumière coule

dans la buée des bouteilles

ralentis douleur

on y arrive bientôt

à la plage de paix

j’y coucherai ma peine

comme on couche une forêt

ralentis douleur

je ne pourrai plus tenir

jusqu’au dernier coup

mon cœur a roulé

au hasard des désirs

allez va douleur

va plus vite finir

brûle le cœur des sources

que je touche enfin

aux étoiles de verre

qui se brisent dans mes yeux

allez va douleur

pars comme tu es venue

 
Michel X Côté
 

Né à Rouyn-Noranda en 1948, peintre, poète et parolier (Abbittibbi, Desjardins, Léveillé, Babin, Saint-Jack). Michel X Côté est recherchiste et rédacteur au sein d’un organisme culturel autochtone. Il vit à Montréal dans la quartier Saint-Henri.

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Dimanche 6 mai 2007

Une femme amérindienne ou autochtone de l’Alaska sur trois sera victime d’un viol au cours de sa vie. La plupart ne cherchent pas à obtenir justice car elles savent qu’elles se heurteront à l’inaction ou à l’indifférence.

La majorité des auteurs de violences sexuelles restent impunis car de nombreuses femmes amérindiennes victimes de tels actes ne les signalent jamais aux autorités et celles qui portent plainte se heurtent à des obstacles qui les empêchent d’obtenir justice. Le gouvernement des États-Unis a créé un système labyrinthique d’autorités fédérales, étatiques et tribales. En conséquence, justice n’est pas rendue aux Amérindiennes.

« Le droit de vivre dans un monde sans violence est au cœur des principes régissant nombre de gouvernements et de cultures autochtones. La prolifération des violences sexuelles contre les femmes amérindiennes aux États-Unis est le reflet d’une rupture fondamentale avec les normes culturelles et juridiques qui ont garanti la protection des Amérindiennes depuis des temps immémoriaux. » Sarah Deer (Creek mvskoke)

Obstacles à la justice

La majorité des auteurs de violences sexuelles restent impunis car de nombreuses femmes amérindiennes victimes de tels actes ne les signalent jamais aux autorités et celles qui portent plainte se heurtent à des obstacles qui les empêchent d’obtenir justice. Le gouvernement des États-Unis a créé un système labyrinthique d’autorités fédérales, étatiques et tribales. En conséquence, justice n’est pas rendue aux Amérindiennes.

Absence de mesures adéquates

Les autorités américaines s’abstiennent de faire le nécessaire face aux menaces qui pèsent sur les femmes autochtones, d’une part, et, d’autre part, les politiques et les pratiques fédérales empêchent de fait les femmes amérindiennes ou autochtones de l’Alaska de bénéficier des systèmes de protection mis à la disposition des autres femmes aux États-Unis.

Des mesures doivent être prises d’urgence pour mettre fin aux violences sexuelles commises contre les femmes autochtones aux États-Unis. Mais ces mesures doivent être élaborées en se basant sur l’analyse et sur les faits, et non sur des préjugés et des suppositions. Des organisations de femmes autochtones et des autorités tribales ont fait des propositions concrètes pour contribuer à mettre un terme à ces atteintes aux droits humains, mais le gouvernement fédéral n’a pris aucune mesure.

Françoise Guillitte

www.amnesty.org/
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Lundi 23 avril 2007

Si , petit, les mots
« squaw »
« papoose »
« teepee »
Ne t’ont pas fait frémir
Comme la corde
De l’arc de Sitting Bull
Ou (plus tard) d’Ulysse

Alors
T’es mal
Empenné

Roger Lahu

http://www.lieux-dits.eu/
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autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2008





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