Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 17:43

Roger_Eclats_de_verre_en_vase_clos_72dpi.jpg


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Glanures - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 17:33

 

Ma tombe ne sera pas assez grande

j’ai la tête trop pleine

de ceux que j’aime

 

Il me faudra de l’espace

pour que tous

puissent se mettre debout

dans chacune de mes pensées

 

Anise Koltz

 


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie du monde - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 15:30

Depuis le début de la grève étudiante, le gouvernement et la plupart  des éditorialistes et commentateurs ne cessent de s’en prendre à Gabriel  Nadeau-Dubois, le leader de la CLASSE. Pourquoi donc? Parce qu’il est le seul à garder le cap sur la raison qui a amené les étudiants à entrer en grève : la hausse des frais de scolarité. Sans Gabriel Nadeau-Dubois, ce réveil des étudiants et, plus généralement, de la population québécoise, aurait-il lieu?

 

Permettez-moi d’en douter. Ce ne sont certainement pas les grandes centrales syndicales, devenues si veules, qui auraient pu marquer ce réveil. Quand le président de la FTQ se permet à la fin d’une conférence de presse de ridiculiser  Gabriel Nadeau-Dubois, sous les rires gras des journalistes, le message me paraît clair : « Tasse-toi, le jeune. Mononque va prendre tout ça en main.  Mononque est habitué à négocier, c’est-à-dire  à ménager le chou et la chèvre.»

 

Cette semaine encore, la FTQ  et les autres centrales syndicales auraient voulu « contrôler » la grande manifestation de Montréal.  Ça n’a pas marché vraiment, et toujours pour la même raison : même les grandes centrales syndicales ne veulent pas parler de la hausse des frais de scolarité. Évidemment, Jean Charest a tout de suite frappé sur son vieux clou rouillé : à l’entendre, seul Gabriel Nadeau-Dubois a vraiment défié la Loi 78!

 

Quant au PQ, il ne voit que le petit Léo dans sa soupe. Le petit Léo, qui semble si vulnérable,  serait pour les accommodements raisonnables. Conseillé par  mon ami Gilles Duceppe qui, par deux fois, a fait preuve de lâcheté en renonçant à faire la lutte à Matante Pauline,  il garde un mutisme absolu sur la hausse des frais de scolarité.

 

Et que dire de la réaction de Michelle Courchesne hier? Son point de presse était de l’hystérie pure, à ce point qu’elle y a mis brutalement fin avant que les plombs ne sautent  pour de bon! Évidemment, Michelle Courchesne  s’est dite prête à « discuter » avec les leaders étudiants en exceptant toutefois Gabriel Nadeau-Dubois. Mais discuter de quoi? Pas des frais de scolarité ni d’un moratoire! Alors, de quoi? De rien, bien évidemment! Quand elle a été nommée ministre de l’Éducation, son mandat était de rencontrer les leaders étudiants pour « une simple mise en lieu » avant de faire rapport au premier ministre. On sait maintenant le pourquoi de cette initiative : le gouvernement de Jean Charest avait besoin d’une journée afin de peaufiner sa Loi 78!

 

Le nouvel appel lancé aux étudiants est aussi cousu de fils blancs : le gouvernement a besoin d’un peu de temps pour pouvoir incriminer les leaders de la CLASSE, et particulièrement Gabriel Nadeau-Dubois. Dans les entrevues accordées hier par les porte-parole de la police de Montréal, c’est ce qu’ils disaient, à mots à peine couverts. Encore une fois, le petit Léo va se faire rouler dans la farine par une ministre sournoise et hypocrite! Il n’en verra rien et le bon peuple non plus. Au contraire, la cote de popularité du bon petit Léo ne fera qu’augmenter : au Québec, on aime les leaders fragiles et vulnérables… un restant du temps que nos familles étaient nombreuses et qu’on prenait plus de temps à dorloter les enfants fragile et vulnérables que les autres.

 

Aussi, vais-je le répéter : Merci, Gabriel. Comme l’a dit Jean-Paul Sartre, on n’est jamais assez radical, surtout quand on est jeune et qu’on a devant soi tous ces corps morts d’un passé révolu.

 

 

Victor-Lévy Beaulieu


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Glanures - Voir les 0 commentaires
Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 15:14

 

 

Un grand texte de Christian Nadeau, professeur de philosophie, lu par Christian Bégin et Dominique Leduc.


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie à écouter - Voir les 0 commentaires
Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 15:03

 

 


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie à écouter - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 23:04

On ne va jamais plus loin que le fond du cœur. J’avance dans la fraîcheur du moment, l’accord de l’herbe et de la vie, les chamailleries d’oiseaux, les cascades mauves du lilas, le tendre vert des bourgeons, le gros jaune qui tache au cou des pissenlits, la pluie des yeux dans le pastel des paysages. Chaque moitié du visage cache l’autre moitié. Chaque mot en cache d’autres. Chaque oeil a sa propre vision. Il est difficile de voir les deux côtés des choses. On ne peut qu’en souffrir. La faim dénude l’os. L’eau du rêve blanchit les pigments de la nuit. Entre les langes et le suaire, de l’ange à la bête, de l’unique à l’uni, l’âme recoud sans cesse ce que le corps défait. Tout ce qui vient de la terre retourne à la terre, mais qu’en est-il des mots, ces soubresauts de l’âme réclamant l’infini ? J’apprends à lire avec les deux mains, à dire avec les yeux, à nager, à danser, à être attentif aux signes, aux mots laissés pour compte comme les os dans un charnier, le squelette d’une phrase cherchant la peau des lèvres.

        

On se plaint d’une écharde sans remercier le bois. On maîtrise les chiffres sans connaître l’amour. On appauvrit la vie sans enrichir la mort. Les doigts saignent à la longue à tant fouiller le sable. La plante des pieds s’étiole par les trous des souliers. On écrit moins avec la terre qu’avec le pain. On écrit plus avec le sang qu’avec la sève et l’eau d’érable. C’est en parlant aux plantes que je vise plus haut, en caressant l’écorce, en buvant l’eau de source. Quand on crie Liberté !, il y a toujours quelqu’un pour bâtir une prison, pour cacher son argent, pour brandir un fusil, pour soulever un drapeau. Je ne marche pas entre les rails du pas docile d’un soldat. Je trébuche partout. Je traverse le fleuve sans savoir nager, recrachant mes brouillons et les bouillons de culture. L’enfant qui grimpe aux arbres ne se doute pas encore qu’ils peuvent faire un cercueil. Il rêve d’une cabane sur la plus haute branche.

        

La vie est un jardin dont nous sommes à la fois les plantes et le jardinier, l’arroseur arrosé,  les ronces, les fleurs, les racines et les fruits. La nature n’est pas l’âme d’un Dieu, plutôt l’outil d’un charpentier, la terre d’un rêveur dont je cherche la bêche. Ce que l’on mange, c’est la faim qui nous l’apprend. La vie, c’est l’amour qui nous la donne. Ce matin, la ligne pure d’un ruisseau, les phrases des collines agitent mon crayon. J’allonge les voyelles pour faire d’un brin d’herbe une cantate de Bach. Rien ne sert de courir, chaque nouvelle heure maintient son avance sur l’autre. Il faut à chaque pas rétablir l’équilibre. Je poursuis sur la route les pas sans intention, ceux qui ne vont nulle part mais arrivent partout. Je viens au cœur mendier l’absolu. Quand l’univers se dilate, j’emboîte l’alphabet avec des mots gigognes. Je transporte le monde dans un petit cahier. Un mur qui croule, une vitre fêlée, c’est comme l’espoir qui s’étoile. Le vent déplace les nuages. L’émotion du soleil vient colorer la pluie. Des mots se font signe à chaque bout des parenthèses. À force d’être nu, à force d’être pauvre, ma propre faim nourrit ma voix. Les chiens peuvent japper. Les huissiers peuvent venir. Je ne fermerai pas pour cause d’inventaire. Je ne veux que vivre sans excuse en retour.


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Prose - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 23:01

La langue du cœur

en espagnol, on dit corazon

en grec, on dit gardia

en italien, on dit cuore

en français, on dit cœur

en anglais, on dit heart

en allemand, on dit herz

en portugais, on dit coraçaon

en yiddish, on dit herts

Dans toutes les langues, on parle du cœur

La racine est le mot sanscrit Kerd

Les humains ne parlent qu’une seule langue

quand ils laissent parler leur cœur

Dans ma ruelle, deux enfants ismaéliens

construisent un bonhomme de neige

avec les mêmes gestes que deux cents ans d’enfants québécois

la langue de mon pays, c’est l’hiver

mais les gestes sont toujours les mêmes

et le cœur humain, il est partout le même

 

Gérald Godin


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie du monde - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 22:59

Chants et poèmes, spectacle du 26 mai 2012 avec
Daniel Boucher et Alexandre Belliard en chanson,
Élise Turcotte et Tony Tremblay en parole.

Au bénéfice de la
Médiathèque littéraire Gaëtan Dostie
Musée des arts littéraires
1214 de la Montagne, Montréal (métro Peel ou Lucien-L'Allier)

 

Contribution volontaire: $25.
Réservation par courriel: info@mlgd.ca ou au numéro 514 861-0880 site internet: www.mlgd.ca

Organisée par Alexandre Belliard pour soutenir la MlGD, cette 12e soirée, samedi le 26 mai, réunit Daniel Boucher, Alexandre Belliard, Élise Turcotte et Tony Tremblay.

Daniel Boucher s'est découvert avec Cégeps en spectacle organisé par Michel Drainville, membre de notre CA. Depuis, cinq disques et sa participation au récent spectacle musical des Filles de Caleb en font une voix prépondérante sur la scène d'ici.

Alexandre Belliard mène non seulement une carrière d'auteur-compositeur-interprète brillante, mais, tant à travers son plus récent disque Légendes d'un Peuple que comme chroniqueur historique à la radio de Radio-Canada, il s'avère un communicateur motivant et un historien passionnant.

Élise Turcotte cultive tant la poésie que le roman, voire le roman-jeunesse. Depuis le Prix Émile Nelligan jusqu'au Grand prix du livre de Montréal, les plus hautes reconnaissances célèbrent déjà chaque facette de cette œuvre majeure.

Tony Tremblay étonne par sa polyvalence : poète bien sûr, récipiendaire du Prix Nelligan entre autres, mais encore plus connu pour son travail d'animateur-réalisateur à la radio de Radio-Canada, de directeur de revue littéraire et de performeur.

 

Le spectacle débute à 20 h. et est précédé d'une visite guidée avec Gaëtan Dostie, du premier étage du musée, à 19 h.

La succession Rémi-Paul Forgues, 1926-2012, poète et peintre du Groupe des Automatistes au milieu des années 40, vient d'offrir à la Médiathèque un fonds composé de manuscrits, dessins, photos, archives diverses. Une fascinante gouache automatiste de 1951, des photos et un poème manuscrit sont présentés pour la première fois dans le salon dit du Refus global.

Le moratoire décrété en 2000 contre toute nouvelle institution muséale ou patrimoniale étant toujours effectif, votre contribution est essentielle à notre développement, et nous vous en remercions.

 


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Glanures - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 22:00

Au pays de pierre fendre, l’année commence par une infinité de matins couchés en rond de chien sous les poêles, sourds à ce qui monte dehors, même à l’appel cassé des vieilles corneilles. Les heures sont figées au fond des bols. Un diamant trace et trace sur les vitres une flore impossible et superbe. Dans cette maison-là vous pensez souvent à la solitude et à la santé des territoires. En ce moment, immobile à la fenêtre, vous vous demandez. Plus tard, vers les quatre heures, les lointains s’enflammeront, la plaine frisera de vent, un fleuve de farine déferlera dans les plis de la neige durcie. Vous deviendrez peu à peu la force de l’horizon, glisserez hors de vous, filerez sur le totalement neuf, contre l’écume qui éveille. Vous brûlerez.

 

Pierre Morency


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie du monde - Voir les 2 commentaires
Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 21:47

Dans mon petit pays, ce qui ne cesse pas de venir mais n’arrive jamais, tout ce qui se refuse à n’être que québécois comme, en Melville, tout ce qui se refusait à n’être qu’américain. Par ma race, je suis en retard. Par ma race, je suis cette course désespérée vers ce qui, partout ailleurs, a été aboli. Je suis finitude avant même de commencer  - cette prodigieuse impossibilité qui m’a tant fasciné chez Melville parce que, tout simplement, elle se trouve à être inscrite en moi, depuis les commencements équivoques de mon pays. Toute écriture n’est rien de plus que de la mort. Mort de soi-même parce que mort de toutes les images de soi-même. Mort de tout avenir linéaire parce que mort de tout ce qui en moi me possède. Bientôt, je le sens, il ne restera plus rien  - plus de Melville. Toute lecture est abandon et par cela même je suis vaincu, à la limite de ma désastreuse schizophrénie. Ce que je cherche en Melville, c’est ce que je ne trouve pas en moi, c’est cette vie pitoyable, c’est cet échec fabuleux. Mais moi je n’ai jamais commencé. Mais moi je suis comme mon pays, je suis la demi-mesure même de mon pays  - un grand fleuve pollué marchant vers sa mort de fleuve. Même si le fleuve devait continuer, ce ne serait plus ce fleuve auquel je pense, et qui m’habite comme ce n’est pas possible, qui me boxe et me laisse étrangement mou, sans possibilité de défense. Je sombre et je n’arrive plus à nager. Je sombre et ce ne sera toujours que cela, une chute sans fin dans les eaux du non-être : il n’y a ni temps ni espace québécois, que de la présence américaine, ce par quoi je suis annihilé, ce par quoi je suis bâillonné, et ligoté, et torturé. Américain mais sans l’Amérique, consommateur mais sans capital, esclave de l’Empire et sans d’autres armes que ce pitoyable livre pour me continuer dans ma pâle énergie.

 

Victor-Lévy Beaulieu


Ecrire un commentaire - Par la freniere - Publié dans : Poésie du monde - Voir les 1 commentaires

D'un mot l'autre

À paraître bientôt

Numeriser0015.jpg

J'écris avec la terre, Éditions Chemins de Plume, Nice, 2012

 

La matière du monde, Éditions Trois-Pistoles, Trois-Pistoles, 2012

Information

À voir et à entendre

Parutions

 


Éditions Trois-Pistoles
La langue est mon pays, Trois-Pistoles, 2010
1105200-gf.jpg
 
Éditions d'art Le Sabord
Un feu me hante, 2009, Trois-Rivières
avec des illustrations de Lino

t_unfeumehante.jpg

Prix Voix nouvelle au Salon du livre de Trois-Rivières 2010
Éditions Chemins de plume
     
L'Autre versant, 2006, Nice




















 
Parce que, 2007, Nice













Manquablement, 2009, Nice















pour commander les livres parus aux Editins Chemins de Plume

 

au Québec:

Jean- Marc La Frenière – 237 rue Principale, app. 210,  Saint-Ferdinand, Québec G0N1N0

jmlafreniere@bell.net

 

en France:

Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 


 


 

 

 

Recherche

RSS

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés