Dimanche 30 décembre 2007
Avec un linge pour essorer le cœur,
des images pour réchauffer le froid où se figent les yeux,
avec des voyelles pour effacer le bruit,
des consonnes qui fleurissent en bouche,
des lèvres pour aimer,
des mains qui s'ouvrent pour donner,
avec des bras pour enlacer,
des yeux aux quatre coins des vitres,
deux ou trois pff en guise de prière,
l'œil jaune des abat-jours sur la page encore blanche,
avec l'encre et la sève, avec l'ange et la bête,
la braise dans les cendres,
avec des baisers sur la bouche du vent,
des caresses sur la peau de la vie,
la chair des galets qui rêvent dans un lac,
je m'accroche à la rampe des mots
et grimpe dans ma voix
jusqu'à toucher le ciel.
Mercredi 26 décembre 2007
Il ne faut pas pleurer sur l'homme
mais lui apprendre l'espérance.
Il ne faut pas craindre la mort
mais apprendre à aimer.
Il ne faut pas désespérer
mais relire Bobin et le gitan Kerwich.
Il ne faut pas prier dans une église
mais à la messe des cigales.
Il ne faut pas vêtir l'enfant dans un habit de cendre
mais redonner aux vieux leurs billes et leur ballon.
La tendresse n'est pas dans les mots que l'on dit
mais les gestes qu'on pose en façonnant les choses.
Il ne faut plus compter les heures
mais boire l'eau des contes
et relever les fleurs piétinées par la horde.
Ne pleure plus maman.
Je veux t'embrasser dans la distance
De la vie à la mort,
Te tricoter des mots comme des bas d'hiver,
Des kilomètres de laine protégeant de la haine.
Je veux te dire je t'aime
Pour toutes les fois où je ne l'ai pas dit.
D'un mot l'autre