Lundi 28 avril 2008
La danseuse exotique précédé de Protocole ignifuge :
Une œuvre récente de Saint-John Kauss

Ce texte de Gilbert Langevin a paru dans la revue Libération, no 5, 16-31 octobre 1987.

Ne parlons surtout pas de soumission ici... Il s'agit d'un cauchemar qui ressemble étrangement à cette enfance perdue dans une forêt peuplée de monstres... Et ces monstres sont humains. Allez-y voir. Jamais je n'ai ressenti autant de meurtres latents derrière tant d'amour. En tout cas, c'est beaucoup moins sécurisant que ce qu'on appelle communément la poésie du Québec. Ça nous rappelle quand même certaines affreusetés bien de chez nous... Bonheur du ciel, l'idée de l'enfant libérateur est au moins sauvegardée, l'innocence et non la malhabilité. J'aime les écritures de Saint-John Kauss parce que sa douceur et sa vengeance demeurent sosies. Together. Ces rêves-la ne mourront jamais, comme l'affirma John Lennon.

Ayant rencontré le grand Christophe Charles, universellement considéré comme l'un des plus importants poètes haïtiens vivants et sans doute un des meilleurs poètes de sa génération, à l'hôpital psychiatrique Notre-Dame de Montréal où je fus interné faute d'autres moyens de me sortir de mes malaises artaudiens, j'eus la chance de recevoir ses émanances bénéfiques en solidaire présence de ce cher Kauss frisant la science et le génie. J'ajoute aussi qu'André Breton avait raison de proclamer qu'on ne devrait jamais douter de la valeur des poètes d'Haïti. Il est bien déplorable que l'on se fasse brûler en Haïti (les victimes ne manquent pas, lire les journaux). Nous n'avons pas nos Gonaïves; nous ne connaissons pas les nuits secrètes de Port-au-Prince et les gentilles tueries dépassant parfois celles de la Gestapo... Tout cela ne m'empêche toujours pas de détester à l'os Fort-Dimanche et les sous-off de leur système.

Nous n'avons parlé, Christophe Charles, Saint-John Kauss et moi, lors de notre rencontre hospitalière de rien d'autre que de poésie ou proésie. Dom Helder Camara, surnommé l'évêque rouge de Recife, et Romero son camarade auraient tellement ri de nous voir palabrer autour de nos chagrins et pitiés. Que faire contre les Toutous-Mammouths, les Tontons-Macoutes et les Croco-Magnats? L'un part, d'autres le remplacent. Et cela se perpétue. Dans ces conditions, tout gouvernement devient par le fait même un abus de pouvoir. Voilà pourquoi j'éprouve tant de plaisir à dire «mort à la vacherie» des enfers institutionnalisés. Donc, saluons particulièrement l'amour et le courage sans défaillance d'Aimé Césaire, de Frantz Fanon, de Pauline Julien et même de certains inoubliables assassinés, pour que justice advienne. La liberté est une île où le désir aura toujours droit de naître.


Gilbert Langevin
Révélationnaire
Montréal, 20 août 1987
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Mercredi 16 avril 2008
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Mardi 15 avril 2008

Une carotte pour une pomme, un lapin pour deux choux, une carpette contre un tapis, ta fille pour mon fils plus deux chèvres, ma femme contre les tiennes....
Jusque là le troc, sauf dans quelques cas épineux et de conscience, avait suffi à rendre les menus services usuels.
On troqua aussi de groupe à groupe, d'état à tribu, de partenaire à concurrent, de gardien à gardé, de gardien à évadé. On en prit même l'habitude. D'immenses beuveries troc s'organisèrent avec les surplus. Dès lors on s'avisa qu'il fallait inventer le fric.
L'affaire ne se fit pas du jour au lendemain et les tractations furent longues délicates et ponctuées de nombreux soubresauts.
On assista à des luttes lyriques entre livres tournois dans des lices couvertes de lys d'or et de seigneurs chamarrés.
On surprit des bateleurs d'occasion affairés à estampiller monnaie pour leur propre compte et qui chutèrent malencontreusement dans des culs de basse fosse.
On signa des papiers sur la bosse d'un bossu dans une rue de Paris qui a découvert depuis les promoteurs immobiliers et le plus vieux métier du monde.
On fabriqua une monnaie pour le nord et le sud après avoir essayé une monnaie pour chacun.
Las, on tenta, tâtonna, suça, soupesa, essaya, trouva un système qui fonctionne en douceur pour ne pas jeter la populace dans les affres de la révolution. Ainsi naquit le FRIC.
Les ravaudeuses râlèrent bien un peu parce que les pièces trouaient les hauts de chausses. On les assigna puis leur donna des billets de plus en plus inimitables et le collant invisible pour les reconstituer. On élimina les ravaudeuses et les racoleuses.
DES LORS IL FALLUT :
- Coffrer un grand nombre de faux-monnayeurs, de délinquants mineurs et majeurs, de garde des sceaux, de ministres avides
- Prévoir des convoyeurs de fonds, des systèmes d'alarme de plus en plus perfectionnés, un sinistre des finances, des percepteurs collecteurs, des inspecteurs, des vérificateurs, un monnaie stable, un système de référence, des dévaluations, un serpent monétaire avec des pattes de franc flottant, des économistes distingués et les autres, des chalumeaux oxyacétyléniques pour coffres inviolables dont on a égaré la clef, des experts en balistique, une brigade antigang, des prises d'otages, de la cupidité, l'intéressement aux bénéfices, la participation bidon au ramassage des toiles dans les baux de Provence, Créer des feuilles de paie, la sécurité sociale, la retraire des vieux qui laisse de plus en plus vieillir, les dossiers en souffrance et le chômage partiel total et intermittent, les travailleurs immigrés, les patrons de combat, les centimes additionnels, les impôts locaux, les contributions directes, indirectes, involontaires, qui biaisent, en détours, en zigzags.
-Inventer la B.N.P, les trusts, les supermarchés, les hyper machines, Las-Véga, la roulette, les machines à sous, la Mafia, l'Amérique, le surintendant des finances, le chancelier de l'échiquier, l'échec des négociations.
-Tricoter les bas de laine, les cotes en bourse, le chandail des croupiers en rupture, l'assurance des notaires et leur cache-nez pour la prison, les bas de laine des promoteurs, les gants pour prendre les pincettes.
- Renier la parole donnée, la traite à trente jours, le tope-là en confiance, l'amitié, son père et sa grand-mère, ses origines modestes.
Et bien vite d'astucieux petits génies découvrirent qu'on pouvait acheter les consciences, c'était affaire de prix.
Tout devint possible.


Jean-Pierre Lesueur


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Lundi 14 avril 2008
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Vendredi 11 avril 2008
Aujourd'hui, l'or de la république quitte les poches des pauvres pour aller dans celles des riches (oui, ça a toujours été le cas mais désormais ça s'empire voir ça sent pire et quand une république s'empire il ne faut pas s'étonner que son Président se prenne pour un Empereur)
Après un cadeau fiscal de 14 Milliards aux plus nantis, Msieu Sarko cherche à faire des économies de 7 milliards auprès des moins nantis.
Sachant qu'en Magyar (hongrois) Sarközy signifie "petit lieu marécageux" il ne faut pas s'étonner qu'avec lui la France s'enlise.

Katsu

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