Vendredi 20 juin 2008
Tout commence par le paradoxe
de l'étendue désertique qui sans toi, qui que tu sois,
ne parlerait jamais à personne
car le désert est par endroits
la matière première de sa formulation
en signes de quoi ?
- en signes de vie
comme la brindille poussée de travers sur le sable
en dessins pentus et obliques

Un itinéraire, le pas, le verbe,
l'écriture et l'empreinte, traces,
on suit sur quelques mètres un propos de lézard
jusqu'à la perte ou la disparition,
ailleurs un son, des sons,
compagnons de voyage aux bruits de pas et paroles,
à côté j'entends le sifflement de l'herbe longue
dans le flot transparent du vent,
le ras du sol est une drôle d'école
avec les cailloux en incarnations de silence
car même le sable doit crisser quand il roule

Lève la tête et regarde
dans le ciel le soleil éclaté
avec un vol en silence de corbeau,
en bas tout en bas, le bruit inconnu du bousier sur la dune,
le rose du soir colore le monde
au crépuscule ;
bivouac, noir et blanc de l'oiseau moula-moula
comme une familiarité lancée ici et là

Ce soir, chaque soir
des craquements de bois mort
avec la fumée dans les yeux
mais vous restez,
vous restez dans la nuit
avec du sable froid entre les doigts,
encore une heure
puis dans les yeux les étoiles innombrables,
silencieux points d'évasion dans la courbure du ciel

Rodolphe Christin

 

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Vendredi 20 juin 2008

Maelström signifie « gouffre », « tourbillon ».

Phénomène naturel situé géographiquement près des côtes norvégiennes, juste au-delà du cercle polaire. Phénomène métaphorique situé dans le Yin Yang de notre esprit, là où la lumière n'existe que par l'ombre qu'elle projette et où l'ombre est la condition de naissance de la lumière.
Sa symbolique renvoie à la nouvelle Une Descente dans le Maelström d'Edgar Allan Poe...

Maelström est né en 1990 comme groupe ouvert d'artistes, poètes et écrivains en tout genre, entre Rome, Bruxelles et Paris. Des productions de spectacles musicaux et théâtraux, des productions cinématographiques ont vu le jour... Une revue bilingue français-italien a même compté 3 numéros avant de se fondre dans une collection de livres d'abord chez Edifie L.L.N. (1996) puis chez Images d'Yvoires (2001).

Depuis 2003, le Maelström est devenu une maison d'édition à part entière.
Après avoir participé à la création du réseau de RéÉvolution Poétique en 2002 (Bombardement poétique à Gênes, Attentat Poétique du 11.09.03), Maelström s'associe, le 17 septembre 2006, aux maisons d'édition Hermaphrodite, La Maison Close et Le Mort qui Trompe (Nancy) pour donner naissance au C.A.R.T.E.L. des Indépendants (www.lecartel.eu), visant à promouvoir et à diffuseur le travail d'éditeurs-artistes frondeurs et libres.

Bienvenus dans le tourbillon! nous vous y attendions...
À chaque fois une rencontre, ébauche de tous les possibles. Pour l'auteur comme pour l'éditeur une aventure...
Des textes d'auteurs inconnus aux côtés de textes d'auteurs plus affirmés...

Dans le Maelström tout est avalé, digéré, puis restitué, profondément modifié. Un livre n'est jamais plus important que son auteur mais peut le dépasser... un auteur est plus que la somme de tous ses livres et cette somme est le nombre qui le grandit...

Les auteurs :  Alejandro Jodorowsky Anatole Atlas André Beem Anne Guilbault Antonio Bertoli Chantal Deltenre Damien Spleeters Daniel De Bruycker Denys-Louis Colaux Evrahim Baran Fernando Arrabal Gaston Compère Guy Montens Lawrence Ferlinghetti Marco Parente Marianne Costa Martin Bakero Nikolas List Oliver Dombret Otto Ganz Sophie Buyse


maelstrom éditions
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Vendredi 20 juin 2008

Déclaration poétique du 5 avril 2008 à Bruxelles

de reconnaissance des génocides amérindiens


Déclaration écrite et dite en place de nos amis américains de tout le continent, du Grand Nord au Grand Sud, qui pour de multiples raisons ne peuvent encore prendre la parole comme nous le faisons aujourd'hui. Car le Tabou que représente pour eux toutes et tous, citoyennes et citoyens des Amériques, la question dite autochtone, des premières nations, des natives ou des amérindiens est encore comme feu qui brûle en plein hiver, cœur froid qui ne peut voir ou ressentir encore, car il faut avancer, il faut brûler, conquérir tous les territoires sans trop de questions se poser, et oui, sans se poser, courir loin loin et vite vite toujours et encore plus loin et plus vite... vers l'ouest, à l'opposé d'où surgit le soleil...

Nous,
belges, français, anglais, espagnols, portugais, italiens... et donc Européens.
Nous, arrière, arrière, arrière petits-enfants de Tous ceux qui d'ici ont vu partir ou dû partir ou décidé de quitter ce vieux continent pour conquérir un Nouveau Continent pourtant aussi ancien que le nôtre.

Nous,
reconnaissons qu'au nom de l'asile, de la conquête, de l'avidité, de la possession, de l'espoir et parfois même au nom de nos dieux,
Nous,
avons perpétré l'Innommable et qu'ici en ces lignes
Nous,
Déclarons comme Inacceptable, comme un regret trop tard arrivé : systématiquement nous, là-bas, encore européens puis américains, canadiens, mexicains, brésiliens, colombiens, argentins et autres centre et sud-américains, avons arraché à d'autres hommes leurs terres et leurs rêves, les terres et les rêves de leurs aïeux, leurs richesses, leur mémoire...
Nous,
les avons d'abord considérés comme sans terre, puis «sans âme» (comme nos femmes jadis), puis avons pillé, épuisé, territoire et humains, et sommes rentrés en Guerre contre des frères, les avons tués, massivement et ensuite expulsés...
Nous,
les avons acculés à l'occupation de maigres zones-territoires où nous nous efforçons de les maintenir aujourd'hui encore. Si nous les en sortons, c'est pour leur demander de renoncer à eux-mêmes, à oublier qui ils sont, d'où ils viennent et où les portent leurs rêves, pour qu'ils ne se rendent ailleurs que dans l'Invisible : les acculturer, changer leurs noms, les baptiser de nos religions, les violer dans ce qu'ils ont de plus intime, au plus profond d'eux-mêmes, au plus profond de nous.
Les Réserves n'hébergent les Casinos, zones hors taxes, que pour mieux les soûler - ivresse de l'Or qui a perdu toute vraie valeur de l'Esprit !
Ces Camps de la Mort Lente nous appellent à dénommer cette série d'actes qui dure depuis plus de 500 ans par son nom : l'un des Génocides les plus longs, durables et massifs de l'histoire connue de l'Humanité, celui des populations dites Indiennes des Amériques !

Nous,
petits-petits, minuscules enfants de ces hommes et de ces femmes qui pourtant rêvaient d'avenirs meilleurs, de mondes nouveaux, d'utopies... et qui ont commis ces actes...
Nous,
demandons PARDON.
À travers toi, Charles Coocoo, nous demandons humblement et insuffisamment PARDON.
Nous,
te confions, Charles, à toi, maître de cérémonies, Matotoson Iriniu, à toi et à tes ancêtres, cette Déclaration, signée par toutes les personnes de bonne volonté réunies ici ce soir, dont la liste est reprise ci-après... toutes personnes réunies autour de la Poésie, de la Musique, de l'Art et de la recherche de sens...

Cette Déclaration est un acte de Reconnaissance et de Repentance. Sa limite est le retard avec lequel elle est venue. Ses horizons sont sa sincérité et les gens qui la portent.
Cette Déclaration est aussi une Affirmation : l'être humain peut s'épanouir, continuer à découvrir et élargir ses territoires sans piller, tuer, massacrer, annihiler.
Cette Déclaration se veut enfin une Promesse : dorénavant, ensemble, construisons des formes nouvelles de coexistence des âmes, des pensées, des cœurs, des actions et des aspirations...
La Parole est pour nous tous la possibilité d'un pouvoir de Transformation de nos limites en réalisations de la Vie et donc du Sublime.
Un poète de chez nous, français, disait que s'il existait une montagne qui reliait la Terre au Ciel, cette Montagne était invisible à notre Vision ordinaire mais que pourtant, la Base de cet Invisible devait bien se trouver quelque part, et être Visible ! forcément...

À toi, poète, chamane, humain,
Nous,
confions cette Déclaration.
Elle voyagera après ce soir, rejoindra d'autres Ambassades que celle que symboliquement nous constituons ce soir.
Que de cette petite base visible, ton peuple et tous les peuples frères qui de tout temps, depuis l'expansion de l'homo sapiens, ont vécu de telles abominations, depuis l'invisible, fassent nourriture bien réelle pour les Fêtes, Danses et Créations que nous sommes appelés à vivre ensemble !


 

 

par la freniere publié dans : Paroles indiennes
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Jeudi 19 juin 2008

Ça fait des années
qu'elle est là
attachée aux traques
sous les neiges éternelles.


Ça fait des années
que les trains lui
passent sur le corps.
Ça fait des années
qu'elle saigne.
Ça fait des années

qu'elle crie Au Secours.


Mais le héros
N'arrive jamais
À la dernière minute.
Ça fait des années

Qu'il n'arrive jamais.

Patrice Desbiens         Hennissements, Prise de Parole


 

 

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Jeudi 19 juin 2008

Que l'angoisse de mon cœur jamais ne se retire.
Que jamais je n'aie la paix.
Que jamais je ne me réconcilie avec la vie,
        non plus qu'avec la mort.
Que ma route soit sans fin, vers un but inconnu.


Par Lagerkvist

traduit par Gunilla de Ribaucourt

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L'Autre versant, 2006

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Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 

autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

 

 

 

 

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