J'invente ce que je suis,
cette route, ce fleuve
dans le présent qui fuit.
Mes mots gardent le goût
de la terre et du sang.
J'ouvre la cage de l'orage
et les bagages du silence.
Avec le feu aux joues,
avec le fer, avec la chair,
avec le feu au cul,
mon âme entre les dents,
avec mes ongles, avec mes os,
avec mes mains, avec mes mots,
le vent nu sur les tombes,
chaque fossé, chaque fleur,
chaque bourgeon du cœur,
avec le doute qui chavire
j'écris pour saluer l'aurore
et l'homme encore debout
entre les barbelés du pire.
De mes deux mains brisées
je redresse la vie.
Je chante pour ma mère
dans le vent de mes veines.
Je chante pour la mer
dans le ventre des sources,
la vérité de l'homme
au seuil des caresses.
D'un mot l'autre