Samedi 19 juillet 2008

Quand mon crayon s'éveille
avec une mine défaite,
quand les rêves se perdent
dans un brouillard sans tête,
quand le malheur s'entête
à faire la grosse tête,
les cils en traits d'union,
quand le temps broie du noir,
quand tout tombe autour de moi,
quand l'orage fait rage,
quand toutes les choses mentent,
quand le ciel se couche comme une ombre
en travers de la route,
quand la folie pose des housses
sur les meubles du cœur,
je pense encore à toi.
Tes yeux font des trous de lumière
pour éclairer ma route.
Tu m'aides encore à vivre.


 

par la freniere publié dans : Poésie
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Vendredi 18 juillet 2008

mon petit
les anges
sont tous partis
se battre pour un autre ciel
tu ne voulais pas assez fort
ta vie
mon petit
il reste la grisaille des murs
comme des rêves en cendre
des escaliers pour nulle part
tu ne voulais pas assez fort
ma vie
mon petit
les anges sont repartis
ils vont attendre longtemps
avant de revenir
ils vont attendre
que nous ayons finis de mourir

Catrin Godin


par la freniere publié dans : Poésie du monde
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Jeudi 17 juillet 2008

J'approche ta beauté comme d'un oasis. J'ai tellement soif. Je veux boire ton eau. Je vis en face de toi. J'essaie d'habiter mieux l'espace qui nous lie, faire danser les anges sur la musique humaine, nommer les choses qui nous fuient mais restent en filigrane. Je ne sais pas le dire mais je t'aime tellement. Il y a dans tes yeux une échelle qui monte battre les fruits de l'arbre, une étincelle immense qui allume le monde. Ta main tournant la mienne ouvre la porte de ma vie. Les mots que je t'écris ne seront jamais aussi beaux que ta voix, les nuages aussi hauts que toi, les rivières aussi vives que ta vie. Il n'y a personne d'autre que toi avec qui j'aimerais partager même un mauvais dîner. Je te mangerais des yeux pour goûter l'absolu. À chacun son rêve, son pays, sa parole mais à moi seul ta beauté.

Chaque fois que je pense à toi, je monte un peu plus haut sur le sommet du monde. Ton rêve habite mon sommeil. Je ne dors pas, je t'aime. Tu vagues. Je vogue. Nous sommes sur la mer. Nos barques inversées n'en forment qu'une seule. Nous sommes de ceux-là que l'amour tient debout. Enlacés par le cœur, le grand oui de la vie nous sert de mémoire. Nos caresses sont le parfum de la terre. Le brasier de l'amour ne laisse pas de cendres mais son eau donne soif. Je bois sans cesse à toi. Chaque fois que je te pense, je me sens vivre. Chaque fois que je te vois, je sais pourquoi je vois. Chaque fois que je t'entends, je trouve la parole. Chaque fois que je t'aime, je sais pourquoi je vis.


Sur la ligne qui va de tes yeux aux miens, rien ne bouge que nos âmes qui ne cessent de monter. Il y a dans ton regard tout l'infini du monde, une œuvre inachevée que je retouche de caresses. Tu transportes la mer à chaque aller-retour. Je cueille un peu de vagues en ouvrant tes valises. Tu sens l'amour et la douceur, la tendresse et la chaleur de fille. J'aurai vingt jambes s'il faut courir à toi, dix mains pour la caresse, dix mille yeux pour te voir, un boomerang pour revenir. J'aurai un sabre d'eau pour inonder la soif. J'aurai deux cœurs avec la tien. Tu sens la femme et l'absolu. J'ai mis ma force dans ton corps, pour ranimer le feu, pour que l'angoisse n'y trouve pas sa route.


On se regarde. Ça fait un bruit de vagues, un splouch de lumière. On se touche. La vie éclate en milliers de frissons. On se caresse et le malheur fait tilt. On se parle avec la bouche pleine d'amour. Lorsque je dis ton nom, il brille dans ma tête comme une chandelle d'infini. Je mets une rivière sur ton corps, un ruisseau de baisers avec un pont pour les caresses. J'ai une fontaine sur les lèvres qui n'attend que ta bouche. Maintenant, le monde, c'est toi. Il devient beau soudain. Les nuages sourient. Les arbres dansent sur la musique du cœur. Les racines jouent du violon sous l'archet de la terre. Les cigales sont des étoiles sonores dans la nuit des images. La vie répand tout son pouvoir. Il y a tant de nuances entre sentir et ressentir. Je manque de mots pour toi. Je manque de mains. Je manque de bras. Il me faudrait les doigts d'un arbre qui caressent le vent.


(...)

par la freniere publié dans : Prose
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Mercredi 16 juillet 2008

    Il n'y a plus de musique dans la rue et j'ai une guitare accrochée comme une guirlande dans le cou du cœur.
    C'est elle qui joue de la guitare dans son appartement de la rue Latourelle.
    Elle gratte sa guitare comme si elle grattait le dos d'un amant.
    Mais elle n'a pas d'amant.
    Elle n'a que l'amour.
    Il pleut dans la chambre où elle joue.
    Je suis là mais je ne me vois pas, je ne vois qu'elle tandis qu'elle fredonne et frotte du Beatles sur sa guitare.
    Je ne vois que le sourire gaga d'un soleil de juillet avec les Laurentides qui louchent dans la fenêtre de cette         chambre éternelle sur la rue Latourelle.



Patrice Desbiens

L'effet de la pluie poussée par le vent sur les bâtiments, Lanctôt éditeur, 1999

par la freniere publié dans : Patrice Desbiens
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Mercredi 16 juillet 2008

J'ai appris à mentir au lit de mes parents
je sais disposer les corps creux en étoile
l'itinéraire tatoué au revers de ma main
disparaît à mesure que je ferme le poing


On ne rogne plus la queue des chiens parias
des jerricans remplis du souvenir du feu
on s'est fendu la voix à crier des pourquoi
qu'on nous laisse entre saints le silence
                                                        faute de mieux

Renaud Brébant

par la freniere publié dans : Poésie du monde
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autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

 

 

 

 

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