Il y a des oiseaux-mouches,
Des chats-chiens,
Des soleils dans la lune,
Des pêches avec des yeux de poisson,
Des cœurs de pomme qui sont
Des motels à pépins,
Des captus à pois,
Des épiques de douceur,
Des tables en miettes,
Des miettes de table,
Des tables en pain,
De la farine de bois
Où lèvent des maisons,
Des clochettes à moustache,
Des bibittes à poil,
Des oiseaux tout chauves
Qui volent à l’envers
Et des sourires d’enfant
Plus fort que les canons.
Est-ce Yoan et Loup
Qui roucoulent déjà
Et mettent du soleil
Dans leur gosier gracieux,
Le beau, le chaud, le tendre
Dans la peau du silence,
Du poivre de douceur
Dans la salière du cœur
Et du poil à gratter
Dans la litière du chat.
La terre a mis ses ailes
Pour embrasser le soleil.
La terre a mis ses pattes
Pour marcher jusqu’au ciel.
La mer a mis ses mains
Pour caresser les îles.
J’ai arraché du temps
Les gants gris du réel.
Je suis une eau qui coule
Entre vos mains ouvertes.
Hier j'étais vêtu d’oiseaux morts,
Aujourd’hui m’habille de rosée.
Sur le banc des hommes
Je suis le vent qui passe
En apportant le chant,
Distribuant ses papiers fous
Aux yeux du paysage,
Déshabillant la route,
Déchaussant les racines
Qui veulent s’envoler.
J’étais la main noircie
D’un fantôme anonyme,
L’herbe éteinte en hiver.
Je ne mens plus aux arbres,
Aux pierres ni aux bêtes.
Je porte sur ma peau
Leurs vieilles cicatrices.
Vous êtes leur espoir.
Du ptérodactyle aux androïdes,
avant d’être en idées,
en armes ou en habits,
les embryons sécrètent
le sang de l’infini.
Dans la cour aux miracles
on a tanné les peaux
pour faire des valises
transportant des mirages.
Quand le soleil se couche
sur l’horizon comptable
l’oiseau est à la baisse
à la bourse des arbres,
les fleurs sont en dettes
et le grain meurt de faim
dans l’hypothèque du pain.
Au bord du monde en ruine
une fillette pousse
un landau d’espérance.
Dimanche 23 septembre 2007
Une rose dans la cendre
distribue son parfum.
Une source dans la pierre
laisse deviner ses lèvres.
Une ombre dans la nuit
préserve sa lumière.
Un mort dans sa tombe
Retrouve son berceau.
Dans un trou d’espérance
Un oiseau blanc s’affaire
À camoufler ses œufs.
Je voudrais être l’air
pour te toucher partout.
Je voudrais être l’arbre
pour te voir de loin.
Je voudrais être l’eau
pour te voir de prêt.
Je voudrais être la chaleur
qui enveloppe ton corps.
Je voudrais mettre en nous
tout l’amour du monde.
Je voudrais être à toi
comme un doigt à la main,
comme une langue à la bouche,
comme un cœur à la vie.
Je voudrais être en toi
comme tu es en moi.
Je voudrais être aimé
tout autant que je t’aime.
L'orgueil d'un orage
butant sur un caillou
fait rire les fourmis.
La faim trébuche
dans une assiette.
La chair de l'absence
rêve d'un squelette.
Avec ces mots de rien
ramassés dans la rue,
ces mots en salopette
au beau milieu du bal
je m'accroche à la vie.
Je remplis mon assiette
avec des images,
des nuages en salade,
des ramages d'oiseaux,
la musique des anges.
Il suffit de la pluie
sur le toit de l'espoir,
du sourire d'un chat,
d'un simple coup de fil
pour oublier ma faim.
D'un mot l'autre