Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 18:36

Un homme qui cultive son jardin, comme le voulait Voltaire. 
Celui qui est reconnaissant que sur la terre il y ait de la musique.    
Celui qui découvre avec plaisir une étymologie.
Deux employés qui dans un café du Sud jouent un silencieux jeu d’échecs.
Le céramiste qui prémédite une couleur et une forme.
Un typographe qui compose bien cette page, qui peut-être ne lui plaît pas.
Une femme et un homme qui lisent les tercets finaux d’un certain chant.

Celui qui caresse un animal endormi.
Celui qui justifie ou veut justifier un mal qu’on lui a fait.
Celui qui est reconnaissant que sur terre il y ait un Stevenson.
Celui qui préfère que les autres aient raison.
Ces personnes, qui s’ignorent, sont en train de sauver le monde.

 

Jorge Luis Borgès


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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 18:15

On a remplacé la lune par la télévision, les actes archaïques par une parabole. À défaut de voyance, je suis toujours celui qui cherche ses lunettes. J’invite le soleil au milieu de la nuit, l’eau cachée des pierres au centre du désert, une écriture de plantes sur le sol des pages. Éclair par éclair, je ramasse des yeux le texte fracassé. Chaque main est un trésor dans l’humus des gestes. La graine qui commence finira par un fruit. L’enfance en moi a gardé sa lumière. Je n’ai pas fait mon trou ni carrière ni fortune. Errant parmi les mots, je n’ai jamais trouvé le temps, celui qu’on emprisonne à la petite semaine. Je suis resté dans le pays des fées, des gnomes, des fleurs conjuguées au verbe de la pluie. Je n’écoute pas les marchands, les vendeurs, les preachers. Seules les maladresses de l’amour nous apprennent à grandir, les larmes qui bâtissent une église de sel. Trop de gestes se perdent dans un fouillis de bras. Le présent ne contient qu’une partie du temps, un pont entre une vie et la suivante, un simple pas de deux sur une symphonie.

        

Qui de moi ou de l’autre dessine sur la page le visage des mots ? Faut-il sauver la vie d’un suicidaire, quitte à brouiller les cartes, à tourner les coins ronds, à rallumer le feu d’un dieu de pacotille, à planter des orties dans les craques de trottoirs, des pissenlits en pot, à prêter une âme au banal des choses, une langue à la pierre, cicatriser les pas sur les tapis de sel, donner au nécessaire l’apparence du rêve ? C’est parce qu’on ne sait pas vivre qu’on a besoin d’argent. En temps de guerre, la mort est contagieuse. Les hommes floués par la finance, filoutés par le temps, escroqués par la vente, n’ont pas tort d’être déçus. Malgré tout, dans cette vie de merde, une pluie intérieure vient laver jusqu’à l’herbe. La tendresse parfois montre le bout de son nez, la pointe d’un sein, le sourire d’un fruit dans la bouche affamée. La pluie qui vient de haut fait grossir les graines, incline les fougères et agite les feuilles. Entre les mots d’un livre, des gestes se préparent. Lorsque la fleur se fane, son odeur persiste sur la tige des phrases. La lecture du corps exige aussi des mots. J’entre par eux dans l’existence de l’oreille. Dans l’hiver du silence, lorsque le corps claque des os, la terre se recouvre d’un manteau textuel. Je mords dans l’espace avec des dents de fleurs. Écrivant le mot pierre sur un texte d’argile, je caresse la terre avec les mains de l’herbe.

        

Revenu du fond des eaux comme un corps de noyé, revenu de l’abîme comme un oiseau en vol, je me débats avec l’incertitude, les ailes brisées, les os broyés, les grandes métaphores, les phrases enroulées sur elles-mêmes, le chatoiement des choses. Sur la même terre des hommes, les fleurs côtoient les armes. La peau de l’âme saigne sous le crayon des chiffres. Le peuple des caresses se cherche une patrie. Dans la mémoire forestière, les animaux s’avancent précédés de leur ombre. Au fond du labyrinthe, je porte la lumière d’une lampe encore chaude. À l’instar des planètes, le corps se compose de son passé fœtal, plus liquide que solide. Qui détruit la nature en perd l’équilibre. On ne voit pas la fleur arracher ses racines ni la roche en colère empoisonner la source. Un arbre, un ruisseau, une bête communiquent entre eux. Touché par la souffrance des pauvres, des enfants, des parias, je laisse tomber des phrases plus neuves que la neige. J’écoute le courant passer dans les milliards de cellules, la sève monter plus haut, le sang battre plus fort, le mouvement des mots agiter l’alphabet.

        

La supposée cruauté des animaux n’est rien face aux comportements de l’homme devant l’argent, la soif de posséder et le goût du profit. L’homme infatué se laisse facilement séduire par les petits pouvoirs. Dans les couloirs aseptisés et lesw salles d’attente, il m’arrive de penser que les mouches et les araignées dans le plafond portent l’espoir du monde. L’épaisseur de la neige appelle la transparence. À l’instar du sang, de l’eau, de l’air, l’âme se faufile partout faisant du corps un peu plus que matière. Quand la matérialité des instruments de musique rencontre le souffle et la main, l’essence et l’existence se rejoignent. Ouvrant les bras vers le ciel, je sens monter en moi tout la sève des arbres. Je me sens plus d’affinité avec les animaux qu’avec les rôles sociaux. 

 

Les costumes des bêtes s’intègrent au paysage, leurs coutumes à la vie. Mon corps a gardé ses bourgeons, ses fourmis dans les jambes, sa chair d’animal. Je me reconnais dans tout ce qui bouge, germe, grenouille, dans la pluie et le vent, le rêve des neurones dans le cerveau de l’air, les bourrelets des montagnes, la marche des insectes, les mésanges qui parfument leur nid, les bulles d’eau flottantes, l’éthique végétale des forêts, le pinson Frédéric répétant sa rengaine. Quand il pleut, je mets ma tête dans les nuages. La neige ne ment jamais ni la rosée ni la pierre ni les nœuds de bois têtus comme la vie. Aucune horloge n’est juste. Le temps ne passe pas toujours à la même vitesse. L’ennui ou le plaisir allonge ou raccourcit les heures. Il faut aimer la vie plus que le sens de la vie. C’est uniquement l’amour qui lui donne son sens.


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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 17:56

 

 

 

 


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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 17:18

La voix du passé sur mon répondeur

répète qu'il fait beau ce matin

une vraie journée d'été

 

ce matin on gèle

et ce n'est même plus

le matin

 

la voix du passé est belle

comme un été indien

 

la voix de l'hiver efface

ce qui reste de chaleur.

 

 

Denis Samson

 


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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 17:14

 

Le soleil s’est brûlé parmi les édifices aux fenêtres aveugles. Je ne suis pas sensible aux courbes érectiles de la Bourse, aux codes barres, aux horaires. J’ai meublé ma tête avec un mobilier mental glané au dépotoir, poèmes anciens, latin d’église, idées folles, phrases pliées en quatre, rimes avariées, slogans mités, lumière imitant l’ombre. J’ai habillé mon cœur dans les vêtements du jazz. Je suis né près de la gare. La tristesse des trains traverse mon enfance. C’était des nuits plus longues que le phosphore éteint. J’ai fait mien l’huile de pauvreté, l’abîme entre les vitres, les pupilles désertes, les bleus du désespoir. Combien de temps faut-il pour traverser la nuit, pour détruire l’enfance, pour retrouver son âme ? Quand on s’arrange avec ses peurs, ça éclate tôt ou tard. La réponse aux prières est un couteau rouillé. La cruauté s’habille de candeur. Les mots s’arrachent du cœur comme des épines amères. Je touche par ma voix le cadavre de Dieu.

       

 À l’approche des villes, les pieds se remplissent de rues. Chaque trottoir est une civière. Le ciel est décousu par les moulins à vent. Dans les pays en guerre, les visages d’enfant sont des larmes et leurs pas des blessures. La bande sonore des balles leur sert de musique. On remplace les poupées par des kalachnikovs. Quand on pense avec la faim, le mot pain laisse des miettes sur la langue. L’idée de l’herbe s’anémie dans les cerveaux électroniques. Je ne résiste pas au papier sur la table, au téléphone muet, au silence des choses, à la mort des hommes. Il y a mille histoires dans un mot, toute une vie dans une phrase. Je consacre tout à la parole avec une impulsion d’enfant qui ne contrôle rien. Je ne possède que de l’encre. Les fous, les malades, les désespérés jaillissent de ma gorge. Le véritable sens est invisible aux yeux. La parole est un feu dans l’espace des chiffres.

        

Le savoir s’est mué en bêtise, l’espérance en monnaie, les seins en silicone, le bois dur en potence, les papyrus en monnaie de singe, la terre en dépotoir. Le féminin se perd quelque part dans la marge avec les secondes, les feuilles qui tombent, la route qui s’arrête, les souliers morts en chemin. Les réponses se noient entre les rives des questions. Dans les tombeaux de chêne, ce ne sont pas les morts qu’on enterre mais le fond de teint des apparences. La liberté se dégrade au contact de l’État. Son regard mène à paître un troupeau de paupières. Coincée entre les mots, ma voix de courte échelle s’affranchit des slogans. J’ai troqué depuis longtemps le fusil pour l’épi, le trophée pour la bêche. Le temps où l’on écrit prend la couleur des lèvres. J’agite mes deux pieds sur le bord de l’instant. Je bouge dans la pierre, dans la voix des rivières, dans la rosée du cœur. Je me suis inscrit à l’école de l’herbe, buvant la sève et le soleil, conjuguant les racines. Devant le mur du son, je me fabrique une échelle avec des voyelles. Un pain me suffira. Ma voix sera mon eau, ma langue mon pays.


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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 17:12

 

 


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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 17:07

Le charme, l'inspiration, le verbe, les femmes, les amis, un brillant itinéraire journalistique, il posséda tout. Et tout s'évanouit lentement dans les brumes dormantes du Marais. Sacoche en bandoulière, lunettes rafistolées, la mèche insurgée, le journal Le Monde toujours fiché dans une poche de sa veste d'hiver, sa silhouette inquiète, fébrile, était devenue indissociable des trottoirs du triangle magique formé par Le Volcan de Sicile, Le P'tit Gavroche et son cher Rendez-vous des amis tenu par Mme David, devenu son club privé, sa réserve d'émotions. Aux terrasses de la place du Bourg-Tibourg, il ne touchait plus guère à ce qu'il y avait dans son assiette. Certains soirs de fatigue, c'était encore l'âme de Paname qui le tenait debout. En juin 1995, le Marché de la poésie, place Saint-Sulpice, en avait fait son invité d'honneur. Il s'est éteint pour la clôture de ce millésime. Critique littéraire au Monde avec la poésie pour terrain d'élection, chroniqueur photographique au Point, animateur de débats à la Fnac, il fut membre du comité de rédaction des Nouvelles Littéraires. En 1976, dans les bureaux de l'hebdomadaire culturel, certains se souviennent de l'allégresse jubilatoire qui l'habitait quand il traça une traversée du siècle littéraire sur deux numéros de revue. Chacun a conservé ce bijou. Un modèle d'enthousiasme professionnel nourri par une connaissance fraternelle des auteurs. Il fallait l'entendre parler de Jorge Amado, Nazim Hikmet, Fernando Pessoa... Il connaissait Prévert sur le bout des doigts. Il récitait des vers de Desnos, un camarade immortel du quartier des Archives, jusqu'aux heures blanches de l'aube. Puis il attendait le fantôme d'Hardellet au coin de la rue Beaubourg (Hardellet pour lequel il avait rédigé un bel article lors de l'édition du premier tome des OEuvres complètes). Enfin, il allait sur un banc du square du Temple tailler une bavette avec l'ombre de René Fallet. André Laude avait le souvenir têtu. Riverains de la douleur était le titre d'un de ses nombreux recueils publiés, tel aurait pu être son oriflamme quotidien. Tant la mistoufle s'attachait à ses pas somnambules. D'inspiration très variée, odes emportées, comptines pour enfants, chroniques de désenchantement, chacun de ses livres était une lamelle acérée de son quotidien en bascule : Dans ces ruines campe un homme blanc; Joyeuse Apocalypse ; Rue des Merguez ; Ticket de quai, avec le photographe Christian Louis ; Liberté couleur d'homme ; Vers le matin des cerises ; Occitanie premier cahier de revendication ; Roi nu roi mort ; Comme une blessure rapprochée du soleil (écho à un vers de René Char) ; Un temps à s'ouvrir les veines ; l'Oeuvre de chair ; et, enfin, Feux cris et diamants, aux éditions Albatroz, toute l'ampleur d'un chant d'adieu à la pureté intacte. Sans illusions, sans compromis, la révolte à la boutonnière, son lyrisme flamboyant était sans cesse en marche. Il avait toujours un livre de poèmes à l'impression, en Uruguay, en Turquie, en Finlande. À la naissance de chaque nouvelle revue, « il voulait en être », ne manquant jamais, entre un ballon et une côte, de vous demander un texte, ajoutant presque en s'excusant qu'au début, bien sûr, les collaborateurs ne pourraient pas être rétribués, mais que si tout allait bien… S'il sentait la moindre réticence, il vous houspillait ferme ! Lui qui guettait sans cesse la venue d'un mandat-poste. Souvent, il se mettait au vert chez des amis attentifs, dans les Vosges, en Provence, dans le Berry. Mais il n'y restait jamais très longtemps. Le bitume l'aimantait à nouveau. Son corps le faisait de plus en plus souffrir. Nous étions quelques-uns à attendre sans trop y croire ses Mémoires fictives, ses Vies imaginaires,où il raconterait son éducation amoureuse avec Rosa Luxemburg, ses prouesses sur le flanc de la Colonne Durruti ou son survol en rase-mottes du Machu Picchu. De nombreuses associations s'étaient formées pour lui venir en aide. Mais il s'avère souvent compliqué d'accepter une main tendue. Reste « le dur désir de durer» entre cauchemar et dénuement. Les vieux potes commencent à faire des détours. Les journaux font la sourde oreille. Les chanteurs qui ont réussi se font de plus en plus rares dans les parages des Blancs-Manteaux. II y a peu, lors d'un récital d'Henri Tachan au Connétable, l'ancien fief de Maurice Fanon (encore undestin fracassé), André Laude nous brandissait une nouvelle revue où il avait publié un magnifique poème inédit en hommage à Walt Whitman. « Hein, le père Laude, pas mort ! » lançait-il, l'œil incendiaire. En effet, pas mort. D'ailleurs, voilà déjà un autre texte qui revient en mémoire :

 

« Je ne bâtis pas Je creuse

des tunnels de frayeur

Je ne nomme pas J'appartiens

à des peuples d'ombres

Je dure Je suis fragile

J'ouvre la bouche et je rêve

Je me tais et me confonds

au silence des pierres levées. »

 

Patrice Delbourg in Les Désemparés, © Le Castor Astral

 


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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 01:06

Entretien avec Angéline NEVEU (extraits) 30 novembre 2002, Montréal

 

Jacques DONGUY_Tu as assisté aux cours d'Henri LEFEBVRE. Les situs l'accusaient d'avoir pillé leurs thèses.

Angéline NEVEU_Cela s'est fait en deux temps. J'étais en philo à Paris, et parce que la sociologie, c'était nouveau, j'allais assister avec grand plaisir aux cours de LEFEBVRE, juste pour découvrir les choses. Et l'année d'après, c'est en tant qu'Enragée, je n'avais pas encore le titre...

 

D. En 1967.

A. N. En 67, là on y est allés pour d'autres raisons. C'est-à-dire pour faire le sabotage des cours de LEFEBVRE. LEFEBVRE revenait du Japon, et il commence surtout à parler des restaurants, des sushis. I l avait raison, c'est à la mode aujourd'hui; en tout cas nous, on a commencé à gueuler, à demander des vraies nouvelles du Japon, c'est-à-dire pour nous le Zengakuren. C'était ça, le Japon. Là, il tergiversait. Il n'a pas tergiversé longtemps, le sabotage... Il y a eu beaucoup de gens de l'extérieur, des gens assez costauds prêts à intervenir. Et puis de toute façon ça intervenait au niveau verbal...

 

D. Et concrètement, qu'est-ce que vous faisiez ?

A. N. Concrètement, on l'a fait taire. On l'a traité de menteur. Survoler la Zengakuren... Je me souviens de l'intervention verbale le faisant taire, et ça, ça avait été comme un silence dans l'assemblée, tout le monde se retournant : d'où ça vient, tout le monde, qu'est-ce qui se passe, un boycott pareil de cours... C'était assez impressionnant de voir la mine défaite de LEFEBVRE. Il n'a pas dû se réjouir beaucoup ce jour-là. Ce n'est pas passé, disons, à la violence physique...

 

D. Nanterre était entouré de bidonvilles à l'époque.

A. N. À l'époque. Et ce n'est pas rien comme détail. C'était une cité moderne au milieu des bidonvilles, avec une clientèle de bourgeois, alors ça donnait un mélange explosif. Aussi, ce n'é t a i t pas confortable d'aller à Nanterre. Parce que, quand même, c'étaient

les bidonvilles, et puis dans les bidonvilles, il y avait des Algériens comme d'habitude qui étaient là, et où on pouvait évidemment trouver du kif, à l'époque des cubes ; ils mettaient ça comme ça, grosso modo, ils coupaient, ils pesaient pas, c'était à la bonne franquette. Mais il y avait aussi des mitraillettes...

 

J. D. Tu m'as parlé d'une affiche : « Courant d'air

sur le pommier du Japon ».

A. N. Oui. Le t i t re est celui, détourné, d'un tableau de DUCHAMP. C'est surtout le t i tre d'un tract des Enragés de Nanterre, je pense même que c'est le tract du 22 mars, si ma mémoire est bonne.

 

J. D. Et cette affiche, avec bande dessinée détournée : « Comme ailleurs i l n'y a plus de hasard. La probabilité fait les complicités " e t " Dès que nous prenons nos désirs pour la réalité » ?

A. N. Les désirs pour la réalité, ça c'est terrible, parce que, je veux dire, c'est une utopie fantastique, c'est une utopie que l'on a entrevue en '68 effectivement. On ne verra jamais plus un moment comme ça dans les rues où tout le monde se parlait, où il n'y avait plus de barrière sociale, où les petits vieux venaient vous apporter des oranges quand on était sur les barricades, où il y avait des chansons d'Alice BECKER-HO sur les murs qui disaient : « Vivez vos passions » ; tous les détournements, c'était de toute beauté. Puis c'était possible, on l'a vu, on l'a vécu. Quand un chauffeur d'autobus ne te parle plus de beefsteak mais d'imagination, il s'est passé quelque chose dans le pays.

 

J. D. En fait tu n'étais pas inscrite à Nanterre.

A. N. Non non. Je faisais partie des gens en dehors. C'est pour ça que toutes ces choses-là, c'est l'interne, à part à un moment donné où tout le monde est là en permanence.

 

D. Alors parmi les Enragés, Pierre CARRÈRE. C'est qui Pierre CARRÈRE ?

A. N. Pierre CARRÈRE. Il va devenir photographe par la suite. C'est un type avec qui j'étais en philo à Paris. Patrick NÉGRONI, c'est aussi un type avec qui j'étais en philo à Paris. On était dans la même classe de philo dans une boîte à Paris. Le cours Auguste

COMTE, face aux cinémas de Frédéric MITTERRAND. Ce qui fait qu'on a traversé la rue, changé de trottoir, on n'est plus jamais allés aux cours, puis on voyait quatre-cinq films par jour, dont La charge de la brigade légère ; donc, tous les films dont on voit des extraits dans le film La société du spectacle. On avait autre chose à faire que d'aller aux cours de philo. Puis on allait tout le temps à Nanterre. Plus nos expériences de dope en fin de semaine, qui n'étaient pas négociables. On était très occupés, sauf pour la philo.

 

D. Quartier général, le Zimmer. Qu'est-ce que vous faisiez au Zimmer ? Réunions ? Discussions ?

A. N. Oui, discussions. Et puis aussi, on sortait beaucoup. Les dérives, il fallait bien les démarrer quelque part.

 

D. Avant DEBORD ? Vous faisiez des dérives avant DEBORD ?

A. N. Avec les Enragés, c'est quand même DEBORD. Dès que tu dis « Enragés », c'est f i n i , c'est DEBORD. Dès qu'il y a SÉBASTIANI dans le coin, dès qu'il y a RIESEL, c'est les dérives. Les dérives, on sait toujours d'où on part, on ne sait pas où on f i n i t. Nous,

on a fait des affaires dans le genre ne pas dormir pendant cinq jours et cinq nuits, pour voir jusqu'où on pouvait aller.

D. « Le 22 mars, là je cite le livre de Christophe BOURSEILLER, un militant d'extrême gauche, Xavier,est arrêté, occupation du bâtiment administratif de l'université par les anarchistes et les Enragés s'emparant de ta salle du conseil de la faculté, saccageant le mobilier. Ils fouillent dans les tiroirs, ils trouvent de l'alcool. »

A. N. Il n'y avait pas d'alcool ! C'est pour ça qu'on est partis. On est resté cinq minutes. Quand on a vu la troupe de Cohn BENDIT monter... d'ailleurs c'était pas le 22, c'était le 21 mars au soir, puis ils se sont emmerdés toute la nuit, parce que précisément il n'y avait pas d'alcool, il n'y avait rien, et en plus avec le discours anarchiste de Cohn BENDIT qui était absolument fabuleux, où il déclare qu'on est en train de voler les verres ; tu sais, une sallede conseil d'administration, c'était assez plat, il y avait un buffet, une grande table et des chaises, et puis c'est tout, et là on a sorti trois verres qu'il y avait. Un discours sur le vol ! En tant qu'anarchiste, en tant que chef anarchiste à ce moment là, parce que les rôles pouvaient être modifiés à ce moment-là, et sachant très bien que la première loi de l'anarchie est :« Il est interdit d'interdire. » Alors lui nous interdisait même de voler, de sortir trois verres et de les mettre sur la table. Nous, quand on a vu ça, on est partis.

 

D. Vous étiez combien ?

A. N. Onze.

 

D. Vous étiez les onze...

A. N. Et à la suite de ça, on a pris le train, on est arrivés à la gare Saint-Lazare, et on est allés écrire ce foutu tract : « Courant d'air sur le pommier du Japon. C'était le 21 mars au soir. Cohn BENDIT et autres, comme ça a toujours été par rapport à Nanterre, ont appelé les copains, et plein de gens sont venus le 22 et se réclament encore du 22 mars, comme étant du 22 mars.

 

D. L'occupation, salle Cavaillès, l'occupation de la Sorbonne, tu y étais ?

A. N. Oui. Moi, je me souviens très bien, j'étais comme époustouflée. Parce que par moments, il fallait prendre des breaks. C'est que c'était intense. C'était jour et nuit. Donc on ne dormait pas, on tombait. Et moi, je me souviens très bien, j'avais pris un break, j ' ai  laissé tomber tout le monde, je me suis retirée dans la cour de la Sorbonne, et ça a été

un moment très privilégié d'être à l'ombre de cette chapelle, de voir ce graffiti extraordinaire tranquillement, toute seule : « Comment peut-on penser librement à l'ombre d'une chapelle ? » Et puis j'étais dans mes pensées, à ce moment-là il y a des gens

qui ont sorti un piano à queue et qui se sont mis à jouer dans la cour de la Sorbonne. C'était de toute beauté. Avec le graffiti sur la toile de Philippe de CHAMPAIGNE... Esthétiquement, moi, je trouve qu'il s'est aussi passé beaucoup de choses. C'est un autre

point de vue, ça, surtout a posteriori, moi, c'était des moments très forts, des moments que je n'oublierai jamais. J'ai oublié les tracts, mais ça non, parce que c'était des émotions dans le fond esthétiques.

 

D. Mais dans cette salle Cavaillès, est-ce que DEBORD est intervenu ?

A. N. Je ne sais pas, je les voyais dans la salle. La photo très connue de DEBORD : DEBORD, i l est au milieu de tout le monde. C'est là où est apparu SÉBASTIANI. Parce que SÉBASTIANI, qui n'était ni Enragé ni rien, va faire une telle intervention que KHAYATI qui est là dans l'assemblée générale... Voilà. Je trouve que ça résume dans le fond la détermination des uns et des autres, et la position des uns et des autres. Je veux dire, que ce soit Cohn BENOIT, les trotskistes, les maoïstes, les gauchistes, on dit à un moment donné : « À bas, l'État policier! » Tout le monde est d'accord avec ça. Et SÉBASTIANI va se lever et va dire :« À bas, l'État ! » Alors évidemment ce n'est plus le même programme. Et là KHAYATI allume... SÉBASTIANI est repéré, il devient situ. Donc je pense que ça, finalement, en y réfléchissant bien, c'est vraiment la fêlure fondamentale des uns et des autres...

 

D. Le 16 mai, les Enragés qui contrôlent le comité d'occupation mènent une guerre farouche contre les groupes d'extrême gauche. Il y avait des luttes de faction entre Enragés et extrême gauche ?

A. N. Ah, c'était des bagarres ! C'était dangereux, c'était physique. Ça a tiraillé pas mal. Parce que, à un moment donné, tout était possible. En tout cas, on l'a cru. Une utopie qui était en train de se vivre...

 

D. De prise de pouvoir ?

A. N. Non, c'était « À bas, l'État ! ». Si c'est« À bas l'État ! », aucun pouvoir. Cela, personne n'en parle.

 

D. Tu m'as parlé d'une dérive avec DEBORD, rendez- vous dans un bar au Palais Royal. C'était après mai '68.

A. N. Oui, mais celle dont je te parle là, je me souviens de ce magnifique bar à vins. Parce que DEBORD aimait beaucoup...

 

D. Un bar à vins au Palais Royal ?

A. N. Ah, i l faut connaître. I l y a donc un bar à vins, j'insiste, dans la grande tradition, et très beau, très beau, parce que, évidemment, le Palais Royal.

 

D. Alors vous étiez combien dans ce bar ? Tout un groupe ?

A. N. Tu sais, moi je n'ai jamais noté qui avec quoi. J'ai l'impression que c'était quand même toujours les mêmes.

 

D. Vous commencez à boire et...

A. N. Ah, oui, après on a continué. Mais où ?

 

D. Cela durait combien de temps ? 48 heures ? 24 heures ? Trois jours ?

A. N. C'était sans f i n . Parce qu'en plus, très souvent quand on démarrait une dérive, par exemple on allait chez l'un ou chez l'autre où i l y avait des disponibilités, on pouvait dormir une heure ou deux, puis on repartait, d'ailleurs il y en avait d'autres qui ne dormaient pas pendant ce temps-là, qui faisaient autre chose, mais il y avait un temps de repos si je puis dire d'une heure ou deux. Ce n'est pas beaucoup.

 

D. Donc i l y avait un circuit de bars connus...

A. N. Et inconnus. I l faut dire qu'à l'époque, c'est très très important ça, il y avait encore les Halles à Paris.

 

D. Et les cafés automatiquement ouverts toute la nuit...

A. N. Toute la nuit. La fermeture des cafés va avoir lieu après '68, forcément. Et là, tu imagines la nuit, on peut manger pour trois fois rien, aller d'un bar à l'autre, se balader, mais dans notre quartier, dans donne cela. Elle sème le trouble. C'est la dissolution

de l ' I . S. !

 

D. Donc, tu es intervenue dans cette discussion.

A. N. C'est ça. Je suis intervenue et j'ai écrit un texte que j ' a i déchiré. Tu vois, c'est des affaires de Milan rapportées par je ne sais qui... Il y a un mix-up...

 

D. De procès - à Paris.

A. N. De procès stalinien. Puis on m'accuse de tous les maux de la terre. Je suis sortie de là, j'étais ulcérée, je pleurais comme une Madeleine dans le métro, je ne comprenais pas, je ne comprenais vraiment pas de quoi on m'accusait. Ils se sont pris pour d'autres. Cela a un peu dérapé à la f i n. Et d'ailleurs, ça a aidé DEBORD à boucler l'Internationale. Parce que d'abord il n'y avait plus que lui qui écrivait. C'était devenu la bible des intellectuels.

Il n'y avait plus personne qui pensait sans avoir lu DEBORD. Dans tout Paris dans le fond, i l y a une vie qui a complètement disparu. On n'était pas les seuls à la vivre. Sinon elle n'aurait pas existé, cette vie-là. Donc c'est comme la fin d'une époque aussi.

 

D. Il y a cet épisode du texte déchiré à Milan avec Paolo SALVADORI. Qui était situationniste lui aussi.

A. N. Oui. Philosophe de formation. Originaire de Bergame.

 

D. Donc, c'est un texte politique que tu as écrit.

A. N. Politique et philosophique. Là encore, il s'agissait d'un conflit interne de la section italienne.

 

D. Entre deux membres ?

A. N. Oui, les deux qui restaient. Parce que les autres... Je veux dire que DEBORD a généré la pratique de l'exclusion, mais à un rythme effréné, où chacun dans son ego excluait l'autre...

 

D. Et donc, ce texte, tu ne te souviens même plus du titre ?

A. N. Même plus. Je me souviens qu'il était conséquent. Deux-trois pages, quelque chose comme ça. Et c'était vraiment suite à une inspiration générée par un c o n f l i t . Conflit entre SALVADORI et SANGUINETTI. Et puis, tout le monde s'est séparé.

 

D. Alors à quoi ça correspond, cet épisode de la Taverne ? Patrick NEGRONI est sommé de comparaître à la Taverne du Régent, place de Clichy. Christian SÉBASTIANI et Pierre LOTROUS y instruisent le procès d'Angéline NEVEU. La jeune fille aurait semé le trouble lors d'une conférence situationniste.

A. N. C'est parce q u ' i l y avait SALVADORI et SANGUINETTI qui faisaient cette conférence à deux. Moi, j'étais là. Donc on était peut-être à trois. Mais, j'ai semé le trouble, c'est comme... Effectivement, on ne pouvait plus rien dire au bout d'un moment,

parce que si tu prenais les théories jusqu'au bout, là, menez-la jusqu'au bout, la théorie, voilà, ça

 

D. DEBORD, c'était en 1974 qu'il a dissous...

A. N. Oui, mais ça a duré, toutes ces histoires-là. Moi, je dis toujours, '68, mai '68 ; c'est un mois, mais ça a duré huit ans.

 

D. « C'est une manipulatrice, elle a voulu faire

exploser l'I. S., elle est interdite de fréquentation. »

A. N. Mais qui dit cela ? Et exclusion de quoi ? Je ne fais partie de rien. Moi, j'a i refusé d'entrer à l ' I . S.

 

D. On te l'a proposé ?

A. N. Eh bien oui. On a proposé à tous les Enragés d'entrer à l ' I . S. en '68.

 

D. Et pourquoi as-tu refusé ?

A. N. Parce que je n'avais pas la culture pour me battre par rapport à la défense de la poésie et la défense de l'art. Tu sais, le fameux « L'art est mort », moi, j'avais 20 ans, je ne connaissais pas tout. Mais là, j'étais complètement impressionnée. Il faut quand

même remettre dans le contexte : DEBORD avait une telle aura, tu sais, c'était quand même le secret toujours ; moi, j'ai connu dix personnes pendant dix ans. Cela, ça a été mon milieu social avant que je ne passe à autre chose. C'était une espèce de peur constante. Et quand DEBORD a dit : « L'art est mort », après, évidemment, on l'a su, c'était un détournement de « L'art petit bourgeois est mort » de SCHWITTERS. Moi, ça ne me donnait pas plus de poids, j'a i dis non, il y a quelque chose qui ne va pas. Mais si tu ne peuxpas discuter, je n'allais pas m'engager dans un truc que je ne pouvais pas discuter. Je suis restée en arrière. De toute façon SÉBASTIANI, à chaque réunion, avant d'y aller, il était mort de trouille. L'I. S., c'est DEBORD, c'est VANEIGEM, c'est KHAYATI. Nous, on est les Enragés de Nanterre, on ne sera toujours » que la dernière génération, je veux dire, La société du spectacle, la revue, c'est DEBORD qui l'a écrit, —

SÉBASTIANI, c'est le dernier poète qui n'a jamais écrit une ligne. Il n'y a quasiment aucun des Enragés qui ait écrit.

 

 

Ce document est extrait de l'Érudit

 

Une autre entrevue à Radio-Canada: Le Navire Night


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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 00:15

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2012,  la fin ?

 

Loin de moi l’idée de détourner le calendrier maya, aztèque ou martien à des fins du monde, mais je dois dire que la fin, je l’espère oui, et de tout cœur. La fin de la bêtise crasse, de la violence, la fin du pillage généralisé, la fin de la corruption, la fin du mépris, la fin du cynisme, la fin de l’injustice, la fin de la faim ! La fin, oui, d’un monde régulé par l’avidité, l’arrogance et l’ignorance, la peur et l’agression… La liste interminable des maux, on la connait n’est-ce pas ? Mais le remède ? 2012, année médecine ? 2012, année de beauté et de bonté ? Beauté comme l’entendent les Navajos : hozho. Un mot qui signifie à la fois beauté et santé. Et non pas au zoo, j’entends déjà les petits malins… Hozho qui signifie surtout un état, un état de beauté et de bien-être. La beauté, une façon d’être, de se conduire pour que règne l’harmonie. Voilà ce que nous devons retrouver, pratiquer, enseigner et nous détourner de tout ce qui est contraire à cet état. Si j’ai un vœu à formuler donc pour cette fin de monde, c’est celui ci :

Que je sois hozho, que vous soyez hozho.

Que le monde soit hozho !

 

CG

 

 

dans la beauté je marche

 avec la beauté devant moi je marche

 avec la beauté derrière moi je marche

 avec la beauté au-dessous de moi je marche

 avec la beauté au-dessus de moi je marche

 

accompli dans la beauté

 accompli dans la beauté

 accompli dans la beauté

 

Chant navajo de la Nuit des Chants

 

Photo--TERRE-766.jpg

 

AU SOMMAIRE

 

Délit nucléaire : Après Fukushima, haïkus du Cercle Seegan, présenté par Seegan Mabesoone (Japon)


Délit de poésie :

 

Alain Gourhant, extraits de Poésie du désastre et de la guérison


Basile Rouchin, neuf poèmes


Timotéo Sergoï (Belgique), extraits du Diagonaute amouraché

 

Résonances : 1 film, 1 livre, 1 roman, 1 groupe de musique

 

Bulletin de complicité à la sortie.

 

 

 Illustratrice : Karolinda

 

  Copie--2--de-petits-dessins-berlin-026-small.jpg

karolinda@orange.fr

 

Son site : http://karolinda.pagesperso-orange.fr/

 

 

 « "Peinture tendance art singulier, expression libre, allergique aux définitions qui sclérosent, très sociable ou alors plutôt solitaire, ça oscille ! Profil modifiable selon les saisons... Ici ce sont de petits dessins réalisés à Berlin lors d'un séjour d'une semaine en 2010 ; un passage dans la ville pour faire mes adieux à un amour déjà perdu deux ans auparavant mais qui nécessitait une dernière visite. Dans ma chambre, j'ai pris mes feutres et craies grasses me reliant ainsi à mon être profond, la présence de cet homme devenait fantomatique et je pus ainsi traverser cette période houleuse sans réelle difficulté. Je rencontrais Berlin et son atmosphère si spéciale tout en me réfugiant autant que je le pouvais dans mon espace intime, là ou émerge  un autre monde. Quoique sensible à l’environnement, l'autre monde prend le dessus et alimente mes créations, que ce soit la sculpture, le dessin ou la peinture. Confiée aux mains de l’invisible, l'acte souterrain  s'éprend de mes mains et je me creuse pour en suivre les méandres. »

 

Copie--2--de-petits-dessins-berlin-005-small.jpg

 

Quelle chimère est-ce donc que l'homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradictions, quel prodige ? Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers. Qui démêlera cet embrouillement ?
Blaise Pascal

 in Pensées

 


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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 18:04

 

 


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D'un mot l'autre

À voir et à entendre

 

 Présence à Nice

 

3 poèmes lus à Brouillon de culture et une émision à la télé niçoise.

Parutions


Éditions Trois-Pistoles
La langue est mon pays, Trois-Pistoles, 2010
1105200-gf.jpg
 
Éditions d'art Le Sabord
Un feu me hante, 2009, Trois-Rivières
avec des illustrations de Lino

t_unfeumehante.jpg

Prix Voix nouvelle au Salon du livre de Trois-Rivières 2010
Éditions Chemins de plume
 
L'Autre versant, 2006, Nice




















 
Parce que, 2007, Nice













Manquablement, 2009, Nice















pour commander les livres parus aux Editins Chemins de Plume

 

au Québec:

Jean- Marc La Frenière – 305 rue Principale, app. 4,  Saint-Ferdinand, Québec G0N1N0

jmlafreniere@bell.net

 

en France:

Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 

à paraître:

 

J'écris avec la terre, Éditions Chemins de plume, Nice, 2011

La matière du monde, Éditions Trois-Pistoles, Trois-Pistoles, 2012

   

 


 

 

 

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