Jeudi 15 mai 2008
Tu ne sors plus jamais
ton épouvantail de bois peint,
ton époux de temps clair.
Tu ne sors plus tes chevaux,
tes fous et tes baleines,
tu ne ranges plus tes mouettes
dans le tiroir des mouettes,
tu n'as plus d'animaux
et plus beaucoup d'espoir,
tu n'allumes plus le feu
qu'une ou deux fois l'été,
tu ne dors plus dans la neige,
tu ne chasses plus les cerises
avec tes grands airs gais
et c'est rare, c'est bien rare,
que tu te souviennes de moi,
de notre peur, du rire
et des trains de six heures.
Tu ne froisses plus le linge
des forêts,
tu ne cloues plus de dentelles
sur la carte du ciel,
tu n'ouvres plus les ailes
ou très peu
et ça ne s'envole pas,
pas plus loin que le bout
de ce dernier hiver
où on longeait le fleuve
brodé de parapets aux
reflets blancs
ou verts
qui duraient jusqu'au soir.
Tu ne dures plus jusqu'au soir.

Aujourd'hui,
plus facilement qu'avant
quand j'en vais la clef,
je circule dans ton vide -
plus facilement
car il est vide de toi, car
il est vide de moi.
Je ne vois plus cette
Lance plantée dans le matin,
Boulevard des Invalides,
Je ne vois plus ta voix.
Pourtant, je sais -
le duvet de ton corps
brûle encore sous la terre,
le vent sur tes épaules
fait toujours ce chant rauque,
mais tu n'as plus d'épaules
et tu n'as même plus d'ailes
et la lionne se retourne
sur sa couche de bois mort
et chaque dimanche écrit
aux dimanches qu'il y avait
et c'est des enveloppes vides,
des comptoirs sous la mer
avec leurs bateaux vides,
avec leurs poissons vides,
tu ne rentres plus tes loups,
tu n'enlèves plus tes gants
pour caresser la pluie,
tu n'as plus
tes mains nues sous les bagues,
cette bouche nue sous le vague,
ces genoux, ces pigeons,
ces nuages sur les seins,
tu ne rentres plus le soir
avec tes grandes bêtes froides
et l'odeur de la ville
au loin noir des allées
et je ne sais plus ton cou
qui bougeait dans l'air lourd
ni ta nuque pour ma gloire.
Même le seau à charbon
tu ne le rentres plus
dans ta maison violette
avdc tes quinze fourrures,
même les pépites de l'eau.
Et même ta langue est morte
et je la parle encore.

Pierre Peuchmaurd

 

par la freniere publié dans : Poésie du monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 15 mai 2008


Vient de paraître...
Pour connaître sa ligne d'inconduite, participer ou le recevoir dans votre boîte mail, suffit d'écrire à Eric Dejaeger, ericdejaeger@yahoo.fr
par la freniere publié dans : Parutions
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 15 mai 2008
Il s'enivre
Il se saoule
De poèmes
Il ne peut vivre sans
Il est accro
Ca lui monte au cerveau
Il lui faut sa dose
Quand il n'a plus rien
A se mettre sous la dent
Il est morose
Alors il court prestement
Dans les librairies
Dévaliser
Les rayons de poésie
Et se plonge dedans
Avec bonheur
Il connaît les poètes
Par cœur
Les grands les petits
Tout ce qui est poème
N'a plus de secret pour lui
Il pourrait en réciter
Sans jamais s'arrêter
La poésie est devenue
Sa compagne fraternelle
Sa raison de vivre
Aussi essentielle
Que l'air qu'il respire

Salvatore Sanfilippo

Contact : Patrice Maltaverne, Résidence Le Blason 3ème Etage 4 Place Valladier 57000 METZ, p.maltaverne@orange.fr
Illustrations : Patrice VIGUES
Là c'est moins drôle : les cinq exemplaires à 10 € comme 2 zeuros ça fait 10.
Diffusion parasitaire sur lnternet, plus blog : http://www.traction-brabant.blogspot.com/

par la freniere publié dans : Parutions
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 15 mai 2008


Je recouds maille à maille
le pardessus du temps
usé jusqu'à la corde.
Je rempaille mot à mot
la vieille trame du cœur.
Je refais pas à pas
la course des amibes.

C'en est fini des dieux.
Ne restent que les mots
Pour nourrir l'espérance.
J'avance à croupetons
de l'absolu vers l'homme,
les nuages dans une main,
les racines dans l'autre.

Je dessine en marchant
une ligne d'horizon
asymptote au néant.


 

par la freniere publié dans : Poésie
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Jeudi 15 mai 2008

Regarde-les, Aimé, entends-les qui s'interrogent pour savoir quoi faire de tes cendres sans même se demander que faire avec ta poésie, comment grandir avec elle, comment tout commencer par elle.

Gérard Larnac



par la freniere publié dans : Ils ont dit
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

D'un mot l'autre

Recherche

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Images Aléatoires

Parutions

Aux éditions Chemins de plume:

L'Autre versant, 2006

Parce que, 2007

pour commander:

au Québec:

Jean- Marc La Frenière – 344 rang 6 Saint-Ferdinand Québec G0N1N0

en France:

Ed.Chemins de Plume 156, Corniche des Oliviers-V 30 - 06000 Nice

 

autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

 

 

 

 

Blog : Télévision sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus