Mercredi 16 juillet 2008

    Il n'y a plus de musique dans la rue et j'ai une guitare accrochée comme une guirlande dans le cou du cœur.
    C'est elle qui joue de la guitare dans son appartement de la rue Latourelle.
    Elle gratte sa guitare comme si elle grattait le dos d'un amant.
    Mais elle n'a pas d'amant.
    Elle n'a que l'amour.
    Il pleut dans la chambre où elle joue.
    Je suis là mais je ne me vois pas, je ne vois qu'elle tandis qu'elle fredonne et frotte du Beatles sur sa guitare.
    Je ne vois que le sourire gaga d'un soleil de juillet avec les Laurentides qui louchent dans la fenêtre de cette         chambre éternelle sur la rue Latourelle.



Patrice Desbiens

L'effet de la pluie poussée par le vent sur les bâtiments, Lanctôt éditeur, 1999

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Mercredi 16 juillet 2008

J'ai appris à mentir au lit de mes parents
je sais disposer les corps creux en étoile
l'itinéraire tatoué au revers de ma main
disparaît à mesure que je ferme le poing


On ne rogne plus la queue des chiens parias
des jerricans remplis du souvenir du feu
on s'est fendu la voix à crier des pourquoi
qu'on nous laisse entre saints le silence
                                                        faute de mieux

Renaud Brébant

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Mercredi 16 juillet 2008

p r é s e n t e
L e s
Ma n g e u r s
d 'a v e n i r

Bonjour !
Où allons-nous ?
Inverness
Camping Inverness
1771 Gosford
1er et 2 août à 20h30
Tout au long de l'été, en tournée au
Québec
Irlande 9 août, 20h30, Fête du 200e
Esprit-Saint 30 août, 20h, Place du Théâtre
Victoriaville 5-6 septembre, 20h, Grand
Défi
St-Élie-de-Caxton 12-13 septembre, 20h,
Bizounerie
Montréal 18-19-20 septembre, 20h, PEC
INFORMATIONS-RÉSERVATIONS
CELLULAIRE : 819-345-5094
CAMPING : 418-453-2400

L e s Ma n g e u r s d 'a v e n i r
Bonjour ! Où al lons-nous ?
Les créatures vivantes ne croient plus
dans la capacité des humains à assurer
l'avenir de la vie sur la planète Terre. Une
équipe d'étranges créatures, déterminées
à sauver l'avenir des êtres vivants,
entraînent tous les vivants dans une
aventure sans précédent. Vers un ailleurs
meilleur ?

Non à la survie! Oui à la super vie!
Mais est-ce le bon choix ? Cet ailleurs
meilleur existe-t-il? Pourquoi ne pas
donner une deuxième chance aux
humains? Après tout, il est peut-être
encore possible de remballer les vieilles
idées des dinosaures du progrès et de
réveiller les doux, les vigilants, les poètes,
les paysans...
Et si, tout simplement, chacun, chacune
décidait de faire comme l'écureuil : prendre
la vie très au sérieux?

Joyeuse fantaisie théâtrale, un tantinet
futuriste, totalement animaliste,
Les Mangeurrs d'aveniirr, est une comédie
baroque, née d'un immense collage d'idées,
d'une profonde recherche gestuelle, de
trouvailles sonores, d'improvisations, une
«drôlerie » sur la vanité de la vie. Les Mangeurrs
d'aveniirr, brasse les genres, les formes, les
pensées, les peurs, les révoltes, les rêves et
même les spectateurs!
Équipe de création : Maxime Berthiaume,
André Bombardier, Brigitte Charpentier,
Michel Fordin, Martine Fordin, Sonia
Létourneau, Menka Nagrani et Caroline
Sheehy.
Avec le soutien et la complicité de Line Babin, Robert
Chatigny, Éric Venetelli et bien des amiEs.
Illustration Maria Slovakova
Membre du Centre International pour les Théâtres
Itinérants.

 

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Mercredi 16 juillet 2008

Il n'y a que pour l'homme que le temps sert de mesure. L'éternité, pour lui, c'est remonter sa montre.



par la freniere publié dans : Aphorisme du jour
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Mercredi 16 juillet 2008

Au carrefour du sens, pour trouver le mot juste, je laisse passer une caravane de pointillés, une escorte de virgules, une foule de points dressés!, un train de parenthèses ouvertes au milieu des questions. Il y a tant d'accents qui font du chapeau, de o qui font de l'œil, de v en vol d'oiseau, je ne sais plus par quel bout les attraper. J'entends sous mes neurones le vrombissement des mots, les battements de l'encre, les grincements de penture d'un vieux Bélisle jauni. Il me faut penser vite pour couvrir le bruit des choses, les ondes télé, les sonneries de téléphone, les pauses commerciales et le cri des sirènes crevant le tympan des pages. Je ne soigne pas les fleurs de rhétorique mais les blessures au cœur, les éraflures aux mots, les cicatrices à l'âme, les bleus de la révolte sous le pansement des phrases.

Au tableau noir des hommes, j'ai préféré les pétales de fleurs, l'école des poissons, le cahier des racines, le cœur qui bat dans chaque pomme. Je suis un mauvais menuisier. En cherchant un clou, j'ai égaré la planche. J'ai retrouvé la planche mais perdu la maison. Je me retrouve marteau dans un coffre à bijoux. Je décortique les meubles pour en faire des voyelles. Je ne sais plus qui sont les mots ? Qui sont les choses ? Qui sont les hommes ? Je bute sur un millier de phrases, des phrases végétales, des phrases minérales, des racines mentales, des phrases qui miaulent ou chantonnent, des lettres minuscules, des lettres majuscules, des phrases gonflées d'échos, de ronflements, de renflements. Toutes ces phrases finissent par faire des histoires, des histoires sans queue ni tête. Une phrase dit oui. Une image dit non. Une voyelle rit et l'autre dépérit. Que de trains sans réponse à la gare des questions, de gants sans main, de béquilles sans jambe.


Il y a des mots partout, d'immenses virgules entre les arbres, les maisons, les routes. Il faut garder l'œil ouvert, habituer l'oreille aux changements de ton, de style, de langage, avancer sans s'empêtrer dans les ratures, savoir rester vivant parmi les lettres mortes. Les images naissent peu à peu. À peine vertébrées, elles s'emparent des yeux. Elles trient les vêtements du rêve dans un placard d'insomnie. Je dresse, non pas le sanctuaire d'un papier bible, mais le simple taudis d'un carnet aux pages qui s'arrachent. Remorquant l'espérance, mon stylo force du biceps, de l'orteil du a à la tempe du z. Sous les ratures, les injures, l'invivable, pour écoper le vide des jours, pour échapper aux chiffres, aux calculs, aux chacals, au banal, je me cramponne aux métaphores. Je reste ce poète marquant son territoire par de petits jets d'encre, un oiseau picorant sur le chemin des miettes.


par la freniere publié dans : Prose
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autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2008





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