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Ils ont dit

Publié le par la freniere

J’attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
J’attache de la valeur au règne minéral et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s’est pas épargné, à deux vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui vaut encore peu de chose.
J’attache de la valeur à toutes les blessures.
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.

Erri De Luca

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Femme-au-visage-d'ours les vit en rêve à l'embouchure du grand fleuve. Elle contempla sans y croire leurs visages blancs, mangés de barbe, vit le néant de leurs yeux fiévreux se poser sur les choses sans les voir. Lorsqu'ils tuèrent une femelle élan gravide qui s'était approchée trop près de la plage, elle sentit au creux de son ventre le froid mortel de l'acier et se réveilla en Sursaut, le coeur fendu.

La nuit suivante, la tribu tout entière l'accompagna dans son sommeil, au cours d'un rituel
hâtivement organisé. Les enfants seuls furent gardé à l'écart de la hutte commune, afin que
leurs rêves ne soient pas souillés. Tous les autres purent contempler les barques chargées de marins qui s'échouaient sur la plage, et entendre tomber les premiers arbres dépecés par les charpentiers du bord. Du haut des collines du rêve, la vue portait loin dans l'espace et dans le temps. Les guerriers silencieux virent mourir les saumons au pied des barrages artificiels. Ils écoutèrent la plainte des pins abattus, réduits en pulpe par les mâchoires des presses, recouverts de mots inutiles.

L'homme blanc avait un sang d'encre noire.

Au matin, les cages à cauchemars suspendues à l'entrée de la hutte étaient pleines de lambeaux pourrissants. Femme-au-visage-d'ours les vida en plein vent, vers l'est, et revint à pas lents vers le village. Ainsi, le départ fut décidé sans qu'il fut nécessaire d'en débattre. Un cycle s'achevait, il ne servait à rien de lutter. Cela, les indiens habitués aux cycles immuables du monde l'avaient compris depuis longtemps. Ils choisirent ceux qui pourraient partir : les enfants, les guerriers les plus paisibles, et les femmes dont les rires étaient particulièrement sonores.

Femme-au-visage-d'ours décida de rester ; la vision des hommes blancs avait ouvert une plaie dans son esprit qui ne se refermerait jamais. Ils préparèrent pour le voyage les tambours ornés de plumes et d'épines de porc-épic, dont le roulement chasserait les démons qui rôdent entre les mondes. Ils attachèrent sur le dos des chiens de traits les coffres de cèdre pliés et les masques d'oiseaux. Ils emplirent de fruits séchés leurs besaces de peau. Puis ils se rassemblèrent sous le grand totem du village et attendirent. L'après-midi touchait à sa fin. Le soleil glissait lentement vers le rouge, la couleur des êtres humains. Une légère brume voilait le sommet des montagnes.

Femme-au-visage-d'ours ne semblait guère pressée. Elle contemplait le décor, les oiseaux suspendus dans le ciel enflammé, les neiges de l'est qui se teintaient de rose. Tout un alphabet de signes que les enfants savaient lire avant de pouvoir marcher et dont l'homme blanc ne soupçonnait pas l'existence. Avec un reniflement, elle se mit à danser. Ses mocassins ne laissaient aucune empreinte dans le sol meuble. On aurait dit au contraire qu'ils effaçaient d'anciennes traces patiemment gravées par les pas des ancêtres. Le sol riche d'histoire redevenait sable vierge. Puis elle étendit les bras, doigts recourbés en
serres. II y eut un bruit de tissu déchiré...

Le décor tout entier s'arracha à la façon d'une toile d'araignée. La forêt cessa d'exister à sa place, il n'y eut plus que des arbres en désordre, sans pistes secrètes ou totems gravés dans l'écorce. Là où coulait une rivière vivante il n'y eut plus que de l'eau. Même les montagnes furent dépouillées de leur sens et de la froide profondeur de leur silence. Au creux des mains de Femme-au-visage-d’ours palpitait une étoffe multicolore, tissée d'aigles et de saumons, de cérémonies et de contes. On y lisait l'histoire d'un accord passé entre les êtres humains et le monde qui les avait accueillis. Un accord écrit dans chaque ligne du bois, dans chaque veine de la pierre, dans chaque ride de la chair. Un accord que d'autres allaient rompre, lorsque
le moment serait venu.

Tendrement, Femme-au-visage-d'ours enveloppa le plus jeune des enfants, presque un bébé, dans l'étoffe chatoyante qui était la substance du monde. Elle écarta une dernière fois les bras. Une porte s'ouvrit dans le violet du ciel, une simple fente, étroite, pareille à celles qui mènent vers les mystères des teepees ou des femmes. Tous ceux qui devaient partir se mirent en ligne, les mères en tête, les guerriers fermant la marche.

Avec respect, ils saluèrent les quatre directions et partirent vers la cinquième.


Jean-Claude Dunyach

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Deviens ce que tu es.
Donne ce que tu as.

Rose Auslander

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Qu'est-ce que la vie?
C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit.
C'est le souffle d'un bison en hiver.
C'est la petite ombre qui court dans l'herbe
et se perd au coucher du soleil.
Crowfoot, chef blackfeet (1821-1890)

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Coureur pour Tonnerre, Nuage et Pluie

Publié le par la freniere

Je suis le renard vagabondant pour tes métamorphoses
Le saumon qui bondit à travers la lumière du soleil
Sur la rivière, le champignon qui naît sous la pluie
L'ours qui danse en rond
Et ronde la douce femme,
Le gardien de nos nourrissons,
Le porteur de la flamme des Anciens.
Je chante pour les morts,
Les amoureux et leur arc-en-ciel.

Duane Niatum
membre de la tribu S'Klallam

http://www.ipl.org/div/natam/bin/browse.pl/A53

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

L'esprit n'est jamais né,
L'esprit ne cessera jamais.
Et il n'y eut pas
De temps où il n'était pas.
Fin et commencement
Sont des rêves.
 
Proverbe Sioux

 

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Musique d' Elan Michaels "Windwalker" Titre : Buffalo dance

La voix qui embellit la terre
La voix supérieure
La voix dit tonnerre
Parmi les sombres nuages
A jamais résonne
La voix qui embellit la terre.

La voix qui embellit la terre
La voix d'ici-bas
La voix de la sauterelle
Parmi les fleurs et les herbages
A jamais résonne
La voix qui embellit la terre.

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Nous étions un peuple sans loi, mais nous étions en très bons termes avec le Grand Esprit, créateur et maître de toutes choses. Vous Blancs, présumiez que nous étions sauvages. Vous ne compreniez pas nos prières. Vous n'avez pas essayé de les comprendre. Quand nous chantions nos louanges au soleil, à la lune ou au vent, vous disiez que nous adorions des idoles. Sans nous comprendre, vous nous avez condamnés comme des âmes perdues, simplement parce que notre culte était différent du vôtre.

    

Nous voyions la main du Grand Esprit ( la vie )dans presque tout : soleil, lune, arbres, vent et montagnes. Parfois, nous l'approchions à travers toutes ces choses. Était-ce si mal ? Je pense que nous croyons sincèrement en l'Être suprême ; d'une fois plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traité de païens... Les Indiens qui vivent près de la nature ne vivent pas dans l'obscurité.

     

Saviez-vous que les arbres parlent, ? Ils le font, cependant, ils ont leur langage . Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L'ennui, c'est que les Blancs n'écoutent pas. Ils n'ont jamais appris à écouter les Indiens, aussi je doute qu'ils écoutent les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m'ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit.

    

Tatanga Mani ou Walking Buffalo, indien stoney (1871-1967)

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Quand tu te lèves le matin, remercie pour la lumière du jour, pour ta vie et ta force. Remercie pour la nourriture et le bonheur de vivre. Si tu ne vois pas de raison de remercier, la faute repose en toi-même.

Tecumseh, chef shawnee (1768-1813)

La beauté devant moi fasse que je marche
La beauté derrière moi fasse que je marche
La beauté au-dessus de moi fasse que je marche
La beauté au-dessous de moi fasse que je marche
La beauté tout autour de moi fasse que je marche

Strophe du Kledze Hatal, chant shaman navajo

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Les poteaux indicateurs ne voyagent pas.

Là où le rire est interdit, très souvent on n'a pas le droit de pleurer non plus.

Le fait qu'il soit mort ne prouve absolument pas qu'il ait vécu.

Stanislaw Jerzy Lec

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