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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Les mêmes qui détestent la visite ne supportent pas qu'on les ignore.

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

AMER INDIEN

 

Les âges d’or et les barbaries s’étagent

              dans l’épaisseur des siècles

Des races entières dorment au fond des mythes

Elles tournent vers nous leurs masques de pierre

               leurs fétiches

               leurs dieux sculptés plus beaux que nos dieux

Leurs monolithes solaires marquent l’heure
              
des grands cataclysmes

Leur sagesse sublimée au ventre des amphores
               
flotte dans l’air

               (pollen immortel)

Et fait soudain délirer nos esprits momifiés

 

Tabous tabous

 

Trésors cachés aux cavernes de l’être
               
où gît un peu de cendre

Mythes calcinés au feu d’une plus vaste connaissance

Une roche sculptée roule du plus profond du temps
                
brouille l’Histoire
Et les grands-prêtres du Savoir

                 ne comprennent même plus leur abécédaire

Ils insultent l’oracle à tête d’oiseau

                 dont le chant fait choir les chapiteaux du temple

 

Tabous tabous

 

Secret scellé aux cavernes de l’être

L’homme est la préhistoire de l’homme

                  aux chambres des pyramides.

Gilles Hénault

 

 

Publié dans Paroles indiennes

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Notre époque est en crise parce que les individus voudraient aller vers le sens, mais que leur appartenance au corps économique ne les porte que vers la consommation, qui est seulement mortalité.

Bernard Noel   La Castration mentale

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere


ODANAK

Bien avant l’arrivée des premiers colons dans les Cantons de l’Est, les Amérindiens avaient découvert ce territoire. En effet, les Abénaquis qui occupaient au départ le Maine et s’étendaient dans le New Hampshire, le Nouveau-Brunswick et jusque sur les bords de la Nouvelle-Écosse émigrèrent dans la région vers 1680 pour fuir les persécutions des Anglais.

Selon les archéologues, cette société autochtone serait demeurée près de la rivière Saint-François et du lac Aylmer mais aussi près des villes qui allaient devenir plus tard Weedon, Lennoxville, Sherbrooke, Magog ou encore Brompton. En effet, les recherches archéologiques entreprises dans ces secteurs ont permis de découvrir des éclats de silex ainsi que des objets faisant partie de la vie quotidienne des Amérindiens comme, par exemple, des couteaux, des grattoirs et des pointes de lance.

Par ailleurs, les noms autochtones de certains endroits bien connus aujourd’hui dans les Cantons de l’Est comme Mégantic (lieu où se tiennent les poissons), Massawippi (eau profonde), Memphré-magog (grande étendue d’eau) et Coaticook (rivière à la terre de pin) montrent les traces évidentes du passage de ces nations. Toutefois, les Amérindiens n’ont pas toujours eu ici de résidence fixe, mais ils ont tout de même séjourné auprès des cours d'eau en différentes saisons de l’année.

La présence de ces autochtones sur le territoire est aussi perceptible par les légendes entourant le pin solitaire. La première de celle-ci veut qu’après une bataille entre un Iroquois et un Abénaquis, ce dernier l’emporta et scalpa son ennemi sur un rocher se trouvant dans le Saint-François à l’embouchure de la rivière Magog. L’autre légende, cette fois-ci beaucoup plus romantique, prétend que ce même rocher est le tombeau d’une jeune Amérindienne.



Le rocher du pin solitaire, au milieu de la Saint-François. Fonds Andrée Désilets. La Société d'histoire de Sherbrooke IP154RPN32D1


L’histoire raconte que deux promis, Robert Gardner et Aline Morton étaient prisonniers à Saint-François-du-Lac. Ils réussirent à s’échapper, mais épuisée, la jeune femme mourut dans les bras de son fiancé. Celui-ci l’ensevelit sur le rocher et en guise de stèle funéraire il y planta un petit pin avant de mourir lui-même épuisé. Le pin solitaire n’existe cependant plus aujourd’hui.

En effet, il disparut en 1913 alors que deux ivrognes «le sectionnèrent en rondelles ; ils vendaient les tranches du mystérieux conifère comme souvenir à raison de 25 cents pièces, afin de se procurer de quoi boire ». Aujourd’hui encore nous pouvons voir ce rocher (notre photo) qui inspira tant de légendes, le pin solitaire ayant fait place, pour sa part, à une petite croix blanche.

Plus tardivement dans l’histoire de notre région, à l’ouverture des Townships de l’est à la colonisation du XIXe siècle, plusieurs Abénaquis délaissèrent ce territoire de chasse pour se tourner vers d’autres espaces. Toutefois, certains d’entre eux demeurèrent ici. En effet, le gouvernement entrepris de subventionner l’agriculture chez cette nation, mais ces derniers préférèrent développer une toute autre industrie, celle de paniers qu’ils allaient vendre aux États-Unis. Toujours au XIXe siècle, l’idée de développer des réserves amérindiennes sur le territoire canadien apparaîtra.

Par la création de ces espaces, le gouvernement voulait en fait occulter la présence autochtone mais aussi intégrer les différentes nations à la population canadienne. La région des Cantons de l’Est verra ainsi, au cours de cette période, l’apparition de la réserve abénaquise dans le secteur de Coleraine. Celle-ci, cédée en 1882 à la nation abénaquise par les autorités gouvernementales, sera fermée moins d’une vingtaine après sa création, soit en 1901. Cette situation est d’ailleurs conforme à la politique d’assimilation prônée par le gouvernement fédéral.

En effet, ce que l’on cherchait à l’époque c’était de «tasser» les Autochtones sur des réserves pour ensuite vendre le territoire concédé ou encore diminuer sa superficie pour les besoins des colons avides de terres nouvelles. Ce qui obligeait, croyait-on, les autochtones à s’assimiler à la population blanche. Toutefois, on sait bien aujourd’hui que cette tactique ne s’avéra que peu lucrative. En fait, la nation abénaquise est toujours présente au Québec, le village d’Odanak en étant la preuve vivante.

Maryse Bilodeau (Université de Sherbrooke)


http://www.mediat-muse.qc.ca/edu_abenakis.html

http://www.indianamarketing.com/nations/!odana-f.htm

 

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Djamal Benmerad

Publié le par la freniere

pour Jean-Michel Sananes

Djamal Benmerad est journaliste professionnel de métier et a collaboré en Algérie à plusieurs journaux dont Le Matin en qualité de Grand reporter et à Alger républicain en qualité de rédacteur en chef, ces deux journaux étant par la suite dissous par le régime algérien. A ce titre, il fut amené, avec d'autres journalistes et démocrates, à s'opposer au projet théocratique des islamistes et à l'ordre ultra-libéral et liberticide des militaires au pouvoir. Il fut l'un des premiers signataires de l'"Appel à la Résistance" contre ces "deux têtes visibles de l'hydre" et à troquer sa plume contre une arme  feu pour rejoindre en Kabylie d'où il est natif les groupes naissants des "Patriotes armés". A la suite du kidnapping et de la délivrance de l'un de ses fils et après avoir été victime d'un attentat raté en décembre 1998, il s'exila en Belgique où il vit actuellement en qualité de réfugié politique.
Il a publié dans la clandestinité ce qu'il appelle des cercueils poétiques dont "La céramistes et le poète", "Tracts pour rêver", "On ne meurt bien qu'en Algérie." Les éditions Enal lui ont publié "Chant d'impatience" tandis que Le Matin lui a édité un essai socio-politique intitulé "421".
L'auteur vient de mettre en chantier un ouvrage politique qui porte le titre, provisoire, "Islamisme, l'enfer des musulmans" où il tente de démontrer et expliquer que les musulmans sont les victimes de l'islamisme, d'une part, et de l'islamophobie, d'autre part.

 

Credo

Je ne suis pas l’être d’alphabet
ni cette colonne verbale

qui répond aux mots des uns

avec les mots des autres
mais simple goutte d’ivresse tombée

sur une nappe de musique

locataire d’un manuscrit

que traque l’indifférence

LES POETES

Artisans au verbe indésirable
amants que la folie guette
la chair lacérée

par la laideur contemporaine

les poings meurtris

par les murailles de la nuit
ils persévèrent ils persévèrent
à répandre de l’huile
sous la trajectoire imbécile

                                     du réel

DISAIT L’AUTRE

Ecrivant balle au canon

le sang noir sur l’asphalte

et le sac sur l’épaule

je me heurte aux murs gris
d’un polygone étiolé

 

« Reste, me dit Abouda

on ne meurt bien qu’en Algérie »

UN PEU DE TOI

Cet enfant que tu regardes mourir

sur ton écran couleur
à partir de New York
Saint Petersbourg
Paris
Damas

ou Johannesburg...
Cet enfant que tu regardes mourir

sur ton écran couleur

c'est un peu de New York

un peu de Paris...
qui se meurt ici à Bentalha

Et ce sang que tu vois couler
sur ton écran couleur
ce sont les larmes de Moïse

de Jésus

et de Mohamed
qui giclent de la gorge tranchée

de cet enfant que tu regarde mourir

ici

à Bentalha

INFIDELITE

J’ai trompé mon colt

le temps d’un poème
qui rime avec
tel camarade tué

dans une cage d’escalier

REPORTAGE I

En arrivant j’ai trouvé
tes cahiers d’écolier

avec un poème perdu dedans
A trop le lire je souhaite
à trop l’entendre je souhaite
mourir
moins lentement que toi

mon enfant

Toi mon enfant

dont la tête a roulé dans la poussière
mon enfant

dont la tête a roulé

moins vite

que notre honneur dans la poussière

de Guernica à Bentalha

CECITE

Avant j’étais aveugle
A présent je ne vois plus rien

CALIBRE

ils comptent

une à une

les vertèbres de nos jours
pendant que nous crions :

« Mezghenna *
ceux qui vont mourir te saluent ! »

mais ne t’inquiète pas

mon amour
les vertèbres des nos jours

font du neuf millimètres

(*) Mezghenna : nom berbère de l’Algérie

DELIRE

A présent il faut faire vite

écriture impatiente
car embarquée
sur une fièvre trop pressée

J’ai choisi d’en faire
un moment privilégié
de l’action vitale

Pour ne pas chanceler

à l’heure où l’on égorge
                        
mes frères

VOCATION

Ils passent leur temps à mourir

dans une cage d’escalier

à la sortie d’un stade

ou à l’entrée d’un poème

Ainsi en est-il d’Imazighenes (*)
chaque fois que l’un tombe
le suivant se présente au guichet de la mort

Mais vous verrez désormais
ils ne feront pas que mourir

(*) Imazignènes : vrai nom  des berbères

UN FENNEC EN OCCIDENT

Dans ma course folle

vers ce mirage d’hiver

un sirocco mortuaire
vint à ma rencontre

Qu'étais-je donc venu
dans ce désert conquérir ?

Moi qui désormais connais

les pitons tranchants du brûlant exil
je reprends la folie et le délire
                           des grands navires

L’ ADIEU AUX LARMES     

 

J’ai découvert soudain

d’autres rêves que ceux partagés

d’autres réalités que la béatitude

Alors moi l’impie
moi l’ami
des libraires

et des pêcheurs de Bougie
de Bretagne
et de Sicile
je pars

parjure et par vaux
à la recherche d’un vers qui rime au vin

et d’une idée hospitalière

…Et si ma vie est trop longue
je lui fais un ourlet

REPORTAGE II

Les paupières des morts
refusent de se fermer

La vierge n’a plus de corps
mais la haine immaculée

Les frontières du village

sont barbelées de silence

fêlé

par le murmure des survivants

A quelques douleurs d’ici

d’autres villageois creusent

leur propre tombe
avant
la venue des assassins

L’ HEURE D’ALGER

Je rentre dans ma ville

à l’heure des aurores ambiguës
à l’heure des peurs
à l’heure où des solitudes

ne s’accouplent même plus

à l’heure où conspirent
les turbans tachés de sang

à l’heure des gares désertes
à l’heure où s’aiguisent les lames

à l’heure où j’ai mal au cœur d’Alger

REPIT

Il fait beau
Aujourd’hui ressemble

à un jour sans morts

(les journaux)

 

 

 

 

 

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Un simple gant

Publié le par la freniere

J'ai ramassé un gant sur le bord du trottoir. Il est encore tout chaud. Il cherche une main, un geste, un semblant d'ombre à protéger du froid. Les lignes d'une main font bouger ses plis.. Quelle aventure y lire sans le lutrin d'une paume pour soutenir la vie ? D'après la finesse des doigts, ce doit être un gant de fée tombé d'une bonne étoile. Ce n'est sûrement pas un gant jeté pour un duel. Sa peau est trop douce et rouge d'émotion, du rouge des amoureux ou celui des framboises.

 

Publié dans Accessoires

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

* La vie est un cycle sans fin. Chacun de nous est responsable de ses propres actions. Elles nous reviendront. (Betty Laverdure - Ojibway)

* La couleur de la peau n'y change rien. Ce qui est bon et juste pour l'un est bon et juste pour l'autre, et le Grand Esprit a fait de tous les Hommes des frères. (Bouclier Blanc)

* Choisis bien tes mots, car ce sont eux qui créent le monde qui t'entoure. (pensée des Navajos)

* Ma main n'a pas la même couleur que la tienne, mais si je la transperce, cela me fera mal. Le sang qui coulera de ma main sera de la même couleur que ton sang. Nous sommes tous deux enfants du Grand Esprit. ( Ours Debout - Chef Sioux Oglala)

* Nous sommes tous des fleurs dans le jardin du Grand Esprit. Nous partageons les mêmes racines, nos racines nous ramènent à la Terre Mère. Son jardin est beau car les couleurs des fleurs sont différentes et elles représentent des traditions et des cultures différentes. (Grand-Père David Monongye - Hopi)

* Les collines seront toujours plus belles que les buildings en pierre. La vie en ville est artificielle. Peu de gens sentent la véritable terre sous leurs pieds, voient pousser les plantes si ce n'est dans des pots ou s'avancent assez loin des réverbères pour saisir le véritable enchantement d'un ciel parsemé d'étoiles. Quand on vit loin des choses que le Grand Esprit a créées, il est facile d'oublier ses lois. (Tatanga Mani)

* O, Grand Esprit, aide moi à ne jamais juger un autre avant d'avoir chaussé ses mocassins pendant au moins trois lunes (Sagesse amérindienne )

Publié dans Paroles indiennes

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Valeur (Italie)

Publié le par Erri de Luca

J'attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
J'attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.
J'attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au rire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s'est  pas épargné, à deux vieux qui s'aiment.
J'attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd'hui vaut encore peu de chose.
J'attache de la valeur à toutes les blessures.
J'attache de la valeur à économiser l'eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s'asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J'attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J'attache de la valeur au voyage du vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quelle que soit sa faute.
J'attache de la valeur à l'usage du verbe aimer et à l'hypothèse qu'il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.

Erri De Luca

Oeuvre sur l'eau   PoésieSeghers

Publié dans Poésie du monde

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