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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Tatanka Yatanka (Sitting Bull) :

Il y a chez vous des personnes richissimes et des personnes qui souffrent de la faim. Chez nous, si quelqu'un a faim c'est parce que nous sommes tous affamés. Chez vous un homme est d'autant plus important qu'il peut étaler le plus de possessions, d'avoir, chez nous un homme compte par ce qu'il est et ce qu'il donne. Moi je suis très important parce que malgré mes pouvoirs, je ne possède rien...

Publié dans Paroles indiennes

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Le chardonneret (Chili)

Publié le par la freniere

Entre les peupliers passa
un minuscule dieu jaune:
rapide, voyageur du vent
laissant dans l’air un tremblement
une flûte de pierre pure,
un filet d’eau vertical,
violon du printemps:
il passa comme une plume
dans une rafale
minuscule créature, pouls du jour,
poussière, pollen, rien peut-être,
sauf la lumière vibrante
le jour, l’or.

 
Pablo Neruda traduit par Aaron de Najran

Publié dans Poésie du monde

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C'était toi

Publié le par la freniere


(…)
 

C'était donc toi les traces laissées dans l'arrière-cour de l'infini, les miettes sur la table du cœur, les petits pas de fée sur la neige du temps, les trous dans les nuages pour colorer le ciel, les dolmens en dentelle sur le bord de la mer.

 

C’était toi les éclats de luciole dans mon jardin secret, les fumerolles intimes chatouillant l’espérance, la tasse du matin, la tisane à la main, la poignée de sarriette m’entrouvrant l’inconnu.

 

C’était donc toi la véronique en robe bleue, le pissenlit tachant mes mots, les bizous de mésange picorant mes pommiers, la main levée parmi les petits bras de l’herbe, les étoiles de mer accrochées dans un arbre.

 

C’était toi la fée sur un petit pois, le regard tendre des pivoines déboutonnant mes yeux, le fil de salive rongeant les barbelés, les sandales oubliées sur le bord de l’étang, le galop d’un cheval échappé dans la brume.

 

C’était toi la merlette sous les vagues d’un arbre, les notes rondes sur le carré de trèfle, les notes bleues, les notes rouges, les croches de couleur sur la portée du vent, le petit air de flûte dans le bruit des moteurs, la main de la magie sur la baguette de pain, la douceur de l’amande sur un berceau d’écales, l’échinacée en fleur sur le bord du trottoir, le rêve des racines en sommeil dans l’hysope.

 

C’était toi les campanules du clocher, la bélière à mon cou, les fleurs dans mes oreilles au sortir d’un ruisseau, les poissons rouges dans mon bain, le sourire gorgé de fruits qui frappait à ma porte, le souffle qui poussait sur ma tête de fœtus.

 

C’était toi Cendrillon, la Belle au bois dormant, Blanche-Neige, les cheveux roux sur la tête du rêve, les yeux brûlants d’Ariane, le chant de la cigale cachée derrière la porte, le coucou qui sonnait les heures à l’envers, les cheveux d’Hespérides sur mon plafond d’enfant, l’asclépiade en bouquet sur un vélo d’été.

 

C’était toi entre deux pages le pétale de rose qui n’a jamais fané, le goût de menthe et de réglisse, la moustache de crème sur les lèvres du pauvre, la flamme sur la glace, le rire entre deux ombres, le dessus des nuages où dort le soleil, les dessins dans la marge prolongeant mes ratures, le rêve dans mon lit.

 

C’était toi la mésange égarée de son nid, la poésie à cloche-pied sur la route marine, Pégase ou l’hippocampe ou la joueuse de vent, le papillon si roux que le ciel en pleurait, l’odeur du jasmin dans les langueurs de l’aube, celle du romarin dans la soupe du cœur, le chant du rouge-gorge dans la forêt des hommes.

 

C’était toi le flocon de lumière, le flacon de bonheur, l’étroite feuille tombée du ciel, la mer dans la pluie, la tisane encore chaude sur le rebord du cœur, les mots en miettes sur la nappe du silence, le souffle de couleurs traversant mes images.

 
(…)

Publié dans Prose

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Lettre à ceux qui n'étaient pas là

Publié le par la freniere

« il faut liquider 68 »  Sarkozy

En réponse à cette affirmation, le poète et éditeur Jean-Michel Sananes écrit :

 

Lettre à ceux qui n'étaient pas là et à ceux qui n'ont pas compris 68

 

Deux guerres mondiales… des génocides… une guerre froide… Ca suffit !

Après 1945, dans les années 60, les jeunes générations ont rejeté l’héritage d’un Occident arrogant, ses violences coloniales, économiques, ses guerres, ses génocides, ses racismes et ses ségrégations ordinaires.

Une contestation de tout ce qui n’avait pas de justification éthique s’est opposée à tous les impérialismes, à toutes les guerres et à toutes les dictatures, qu’elles soient stalinienne, somoziste, franquiste et autres... Et aux complicités de l’Occident.

Une ère d’espérance fraternelle a failli naître de façon durable. Une philosophie du partage, du respect de l’environnement et un projet de capitalisme modeste, sur le modèle des communautés Emmaüs, se sont opposés à l’ordre en place : celui d’une société de consommation à outrance, au machisme et au rapport de force.

Un volontarisme du respect a vu le jour. Les héros de cette époque ont été l’Abbé Pierre, Bob Dylan, Martin Luther King, Angela Davis, Nelson Mandela, qui voulaient la fin des ségrégations raciales ; Salvador Allende, Victor Jara qui demandaient un droit des ouvriers et des paysans ; Bernard Kouchner qui inventa l’intervention et l’ingérence humanitaire ; Simone Weil qui milita pour le droit des femmes…

 

Le monde capitaliste et le monde communiste ont tremblé devant cette philosophie christique. Au sein des impérialismes,les hippies et refuzniks ont rejeté la culture de la haine enseignée par les blocs de l’Est et l’Ouest, et ont dénoncé leurs missiles nucléaires. La non violence, les sittings et les longues marches, se sont opposés à la répression des gouvernants héritiers du maccartisme, du goulag, de la ségrégation raciale et de l’exploitation des peuples. Les étudiants et les ouvriers ont marché sur Washington pour l’égalité entre les Blancs et les Noirs, ont saboté les laboratoires universitaires de recherche d’armes chimiques et biologiques destinées au Viêt-Nam. Un courant pacifiste mondial et fraternel a milité pour toutes les libertés, contre les dictatures, contre le génocide biafrais. Les premiers écologistes ont dénoncé la destruction de la planète : disparition de l’eau potable, destruction de la forêt, de la couche d’ozone, réchauffement de la terre, fonte des glaces polaires, montée du niveau des mers, épuisement du pétrole et des métaux… Ils ont proposé un modèle culturel s’opposant à celui de la société de sur-consommation et à ses clichés. Ils ont opté pour une culture du dialogue, du vrai et du fraternel. Le jeans, le tee-shirt et les baskets, considérés comme vêtements non discriminatoires, se sont opposés au monde du complet-cravate. Les chanteurs en smoking ont rejoint les casinos, les chanteurs en jeans ont rempli les stades. “Give peace a chance”,  “Imagine”, “We shall overcome”… sont devenus des hymnes.

 

La société de consommation et du profit a alors tremblé avant de condamner et de réagir. Dans cet environnement, la chanson, porte-voix des pacifistes, n’a pas réussi à vaincre le vieil ordre conservateur avec sa censure et ses propagandes qui, à l’Est les appelait «suppôts du capitalisme», et, à l’Ouest, les traitait de «rouges».

 

La répression qui, à travers le monde, de Mexico à Tokyo, a fermé l’espoir, n’a jamais proposé de modèle moral visible pour remplacer la culture du pacifisme, du respect de l’autre et de la nature. Elle a imposé un capitalisme carnassier et créé un vide idéologique qui a ouvert sur des fanatismes identitaires. La génération 68 s’est trouvée orpheline dans un monde où l’apologie de la force a remplacé la fraternité, où le Rambo show et sa violence ont remplacé Woodstock et le “Peace and love”.

Le chacun pour soi, la captation des richesses globales par quelques trusts, a créé ses jungles et ses ghettos, ses exclusions. La télévision s’est faite instrument au service du profit, ses pubs ont créé une culture de l’envie, de la frustration et de la violence.

Le travailleur est devenu une denrée interchangeable sur le marché mondial, le chômage, un paramètre du probable. Le nouveau capitalisme précarise les classes populaires, les rend corvéables, leur offre de travailler plus pour gagner moins, engendre des famines dans le monde, fait que les quatre cinquièmes de l’humanité sont exploités pour le bonheur de quelques-uns.

 

Aujourd’hui, les salaires et primes de licenciement des grands patrons se jouent de la misère des travailleurs pauvres. La peur des lendemains et la précarité ont rongé la planète. L’impuissance des anciens et la colère des jeunes ont fini par tuer les rêves.

 

Aujourd’hui les pourvoyeurs de désespoir, les puissants de l’ordre économique, ceux-là mêmes qui ont condamné la morale de la non-violence, déporté le travail et incité à consommer plus et plus cher, accusent l’idéologie de 68 d’avoir engendré la délinquance sociale.

 

40 ans après, il serait temps de reconnaître que, hors l’explosion des arts et des musiques qu’enfanta cette période, 1968 a étéun combat pour la dignité humaine, une remise en cause du statut racial aux Etats-Unis, de la guerre du Viêt-Nam, de l’apartheid en Afrique du Sud, de la discrimination sexiste. 68 fut une utopie concrète qui initia un droit d’ingérence humanitaire, qui fit naître la quasi-totalité des grandes ONG.

 

L’acquis primordial de cette période reste une conscience de l’universalité de l’homme et du devoir écologique. L’homme intègre se doit de sauvegarder l’espérance née de cette période, il se doit de vouloir une action fraternelle dans un monde dépollué.

 
 

Quelques dictatures dénoncées en 68

 

Ouganda : Idi Amin Dada - Cameroun Paul Biya - Gabon : Omar Bongo Ondimba - Portugal : Salazar - Centrafrique : Jean Bédel Bokassa - Congo : Mobutu Sese Seko   Djibouti : Hassan Gouled Aptidon - Équateur : Ramón Castro - République fédérale du Brésil : Arthur da Costa e Silva et Emílio Médici - Rwanda : Juvénal Habyarimana - Philippines Ferdinand Marcos - Afrique du Sud : J. Vorster - Chili : Donald Reid et Augusto Pinochet - Guatemala : Miguel Ydígoras, Julio Montenegro - Haiti Jean-Claude Duvalier (fils de François) - Honduras : Oswaldo López, Juan Melgar - Nicaragua : Anastasio Somoza Debayle - Panama : Manuel Noriega emprisonne les leaders étudiants et syndicaux - Paraguay : Alfredo Stroessner (Participe à l’opération Condor avec le Brésil et l’Argentine et accueille les fugitifs nazis dont Joseph Mengele). - Pérou : Juan Velasco - Uruguay : Aparicio Méndez - Corée : Kim Jong-il - Cambodge (République Khmere) : Pol Pot, Lon Nol, Kampuchéa - Albanie : Ramiz Alia - Allemagne de l’Est : Erich Honecker - Espagne : Franco - Pologne Edward Gierek - Hongrie János Kádár - Grèce : Phaedon Gizikis et les colonels, sans oublier les “républiques” islamiques…

Jean-Michel Sananes

Publié dans Glanures

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Simple (France)

Publié le par la freniere

Un caillou bois, un morceau de ficelle... Il écrit tout ça sur une feuille de papier qu'il faut bien dire d'une blancheur impressionnante. Il ajoute un chien mouillé aussi ; un verre vide, une calebasse emplie de citrons posée sur un coin de la table de marbre... Moins blanche la page maintenant. Déjà noircie au tiers (l'écriture est généreuse) par ces mots si simples.

Alors levant les yeux vers les yeux de celui qui lisait, intrigué, par-dessus son épaule, il dit humblement" : Ça n'est que ça, la poésie". Et l'autre, surpris, lui parle alors d'où il vient : un pays de cailloux. Lui parle de bouts de bois et de morceaux de ficelle avec lesquels il fabriquait, jadis, les jouets de son enfance...

Les verres ne restent pas longtemps vides quand on cause ainsi des choses de tous les jours. Tout le monde a aimé un chien mouillé, une fois au moins dans sa vie. Mais certains, par pudeur, n'en disent rien. C'est pour ceux-là - qu'ils osent enfin parler ! - que le poète écrit parfois un petit poème. Très simplement.

- "Patron ! remettez-nous ça !"

Pierre Autin-Grenier - extrait de "Jours anciens" - L'Arbre éditeur

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Je pense à la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous.

Tristan Tzara

Publié dans Ils ont dit

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Debout

Publié le par la freniere


Dans ce monde futile
où les vivants ont tort
j'aime mieux vivre debout
sans ambition sans rien
que d'habiller mon vide
d'un clinquant d'apparat.
Je n'ai jamais fermé la porte
aux vagues bleues de la peur,
aux roses que l'on blesse,
aux lépreux ni aux gueux,
aux grandes mains du vent
qui cherchent l'accolade.
J'avance à pas de loup
et l'inquiétude aux crocs
entre l'indifférence des assis
et les cennes noires du bonheur.

J'avance à coups de pioche
entre les simagrées des anges
et les roseaux pensants.
Je parle comme on gifle,
comme on crache,
comme on sue.
J'ai le cri dans le ventre.
J'ai la faim. J'ai la soif.
J'avance comme un fou,
comme un feu sort du lit
pour allumer le fleuve
quand les rives sont gelées.

Sans gloire sans dieu
je n'ai rien d'autre à protéger
que mes blessures de vie,
juste un peu de lumière
et de fragilité.





 

Publié dans Poésie

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La Fanfare Pourpour

Publié le par la freniere



Il y eut d’abord L’Enfant Fort en 1974, une fanfare de rue qui paradait le samedi après-midi à Montréal, puis la Pouet Pouet Band en 1978, qui alliait fanfare, chanson et théâtre. Fondée en 1995, la Fanfare Pourpour a d’abord réuni quelques-uns d’entre eux, auxquels se sont joints des jeunes musiciens de talents provenant de tous les horizons musicaux, ainsi que quelques grands noms de la scène jazz d’avant-garde montréalaise: le contrebassiste Normand Guilbeault, le percussionniste Pierre Tanguay et le saxophoniste Jean Derome, qui en assume maintenant la direction musicale.

Aujourd’hui, ils sont dix-sept musiciens et musiciennes de la scène actuelle montréalaise à jouer une musique à la fois divertissante et intelligente, une musique du monde - le nôtre - créative et audacieuse.

Fanfare Pourpour • résidence: Montréal
 fan-r2-c2.jpg

Il y a de ça trente ans.
La première édition de la fanfare Pourpour.
À l'époque, il n'était pas nécessaire de savoir bien jouer.
Il suffisait d'aimer être ensemble. J'avais remarqué une adorable  petite femme qui y jouait du cor. J'ai donc appris un peu de trombone  pour être plus près d'elle. J'ai eu un enfant d'elle. Aujourd’hui,  l’orchestre joue merveilleusement bien.

Viva Pourpour !
Richard Desjardins

Leur site : awww.fanfarepourpour.com/vril 2000
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Publié dans Les marcheurs de rêve

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Raoul Duguay

Publié le par la freniere

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Belle et rebelle poésie

Petit, ma mère me le disait bien : « Raoul, si tu veux devenir poète, mange ta soupe à l'alphabet! » Je devais avoir 16 ou 17 ans lorsque j'ai écrit mon premier poème. Il parlait d'un arbre de Noël que je comparais à la Voie lactée, avec ses multiples petits soleils multicolores qui scintillaient dans le salon grand comme ma main de notre maison à Val-d'Or.

C'est en 1960, alors étudiant en rhétorique au Petit Séminaire de Chicoutimi, que je suis devenu une machine à mots. Je venais de remporter le troisième prix de la Société du Bon parler français et mes confrères m'avaient demandé de composer, paroles et musique, la chanson thème de notre conventum qui s'intitulait S'oublier pour mieux servir. (Aujourd'hui, je changerais le titre de ma chanson et l'intitulerais: Se souvenir pour mieux servir.) En 1961, j'écrivais des chroniques et des petits poèmes dans L'Écho abitibien de Val-d'Or et dans Le Progrès de Chicoutimi.

Impressionné par la sonorité des syllabes et la musicalité des mots (sans doute à cause de mon père qui était multi-instrumentiste), je n'ai vraiment compris la valeur et la nécessité de la poésie dans ma vie qu'en lisant des poètes et des philosophes qui m'en firent comprendre le sens véritable. Comme j'écrivais ma thèse de licence en philosophie en réfléchissant sur le dur désir de durer, vers immémorial d'Éluard, je vibrais fort à cette pensée du philosophe Heidegger : "C'est la poésie qui commence par rendre possible le langage... La poésie est la fondation de l'être par la parole... le langage primitif d'un peuple."

Depuis, je suis peuplé des mots qui résonnent en liberté et en beauté. Pour moi, la poésie n'est pas que belle d'une beauté esthétique et formelle; elle est belle quand elle est rebelle à toute forme de statu quo qui freine l'évolution globale des êtres humains.

Écrire est aussi essentiel à mon esprit que l'eau peut l'être à mon corps.


son blog: accueil.raoulduguay.net/

 
 

Recueils

2001
entre la lettre et l'esprit

Essai poétique : comment et pourquoi écrire.
Éditions Trois-Pistoles, collection «Écrire», 81 pages.


2000
L'Infonie, le bouttt de touttt

Essai poétique, document historique et culturel.
Éditions Trois-Pistoles. Jaquette: infographie de Raôul Duguay.
Rétrospective, tome 2, 1967-1973, 333 3/3 pages.


1997
nu tout nu, le rêveur réveillé

Poèmes et contes poétiques.
Éditions Trois-Pistoles, 214 pages.


1996
réveiller le rêve suivi de ruts et or le cycle du sang dure donc

Essai poétique.
Éditions Trois-Pistoles, 1996. Jaquette: photo d'Hélène-Françoise Côté.
Rétrospective, tome 1, 1964-1967, 366 pages.


1993
KébèK à la porte

Poèmes politiques 1967-1993. Jaquette: peinture d'Hélène-Françoise Côté.
Les éditions internationales Alain Stanké, 226 pages.


1981
Chansons d'Ô

Poèmes à chanter.
Éditions de l'Hexagone, 182 pages.


1981
Les Saisons

Poème illustré par Félix Vincent.
Éditions de la Courte Échelle, 28 pages.


1979
Le poète à la voix d'Ô

Éléments de biographie, témoignages, critiques, poèmes.
Coauteure Christine L'Heureux,
Éditions de l'Aurore, Les Éditions Univers, 246 pages.


1977
Quand j'étions p'tit

Six poèmes illustrés.
L'Atelier de sérigraphie Christiane Valcourt, 16 pages.


1976
Mainmise

Poèmes, essai, entretiens.
Éditions Mainmise, nº 51, 74 pages.


1976
D'amour

Cinq poèmes illustrés.
L'Atelier d'art graphique de Québec, 16 pages.


1971
Lapokalipsô

Poésie, théâtre, essai.
Éditions du Jour, 333 3/3 pages.


1971
Musiques du KébèK

Collectif de compositeurs contemporains.
Éditions du Jour, 333 3/3 pages.


1970
Manifeste de l'Infonie, le ToutArtBel

Essai, poèmes, dessins, illustrations.
Éditions du Jour, 111 11/11 pages.


1967
or le cycle du sang dure donc

Poèmes érotiques et politiques.
Éditions Estérel, collection «quoi», 1967.
Éditions de l'Aurore, collection «lecture en vélocipède», 102 pages.


1966
ruts

Poèmes érotiques.
Éditions Estérel, collection «quoi», 1966.
Éditions de l'Aurore, collection «lecture en vélocipède», 102 pages.

 
 

Microsillons (en solo)
(Voir aussi : Discothèque virtuelle)

2003 - La mer à boire, (single)

Productions Lez Arts


2000 - In C de Terry Riley

Raôul Duguay-SMCQ-Walter Boudreau
Les Disques ATMA, (ACD 2 2251)


1999 - Caser Raôul Duguay

Les Disques Pingouin,
SELECT Distribution (PNC-126)


1995 - Hihihahahoho

(avec le Dr Jean Drouin),
Les Disques Trente-Trois,
Co-production : Fond Santé Culture, Québec.


1994 - Nova

en collaboration avec Michel Robidoux.
Philips, France (522389-2)


1993 - Monter en amour (Les succès des années 70)

Album double, Capitol-EMI. (S2 26606)


1989 - Nova

Sélectionné à l'ADISQ,
Les Disques Trente-Trois. Trans-Canada (MR-4-111)


1985 - Douceur

Les Disques Trente-Trois, distribution Fusion 3 (N T-3)


1983 - Tout ce qui compte

Les Productions Normand Latourelle. SFPP, Paris. (FP-8-4048)


1982 - Le Chanteur de Pomme

Les Disques Trente-Trois, Productions Normand Latourelle.
Distribution Archambault (T-3333)


1980 - Lettre à Toulmond

Série Un écrivain et son pays,
SRC Internationale


1979 - ô ou l'invisible enfant

Album triple,
Capitol EMI. (SW3C 70.066)


1978 - Vivant avec Toulmond

Album double au Théâtre Saint-Denis,
Capitol EMI.(SWBC 70.057)


1977 - "M"

Capitol EMI.


1976 - La Bittt à Tibi

Pathé Marconi EMI, Paris.(2C066-82072)


1976 - L'Envol

Capitol EMI.(SKAO 70042)


1975 - Alllô Toulmond

Capitol EMI.(ST 70.036)
 
Lettre d'amour aux Impatients

D'habitude, je suis patient. Je n'attends pas trop longtemps avant d'aller te rencontrer pour applaudir à la beauté de ton être. Ce que je trouve le plus beau chez toi, c'est ton authenticité, ta manière à toi d'être toujours et naturellement, un être vrai dans tout ce que tu dis et dans tout ce que tu fais.

Ça fait déjà trois semaines que je n'ai pu t'embrasser. Si ça continue mes lèvres vont sécher. Je ne serai plus que l'ombre de moi-même. Et dans ma tête, il fera si sombre que même le soleil me semblera aveugle. Sans ton amour, sans ton intense présence, je suis aveugle. Et à tâtons, je cherche le sens de ma vie.

C'est seulement quand tu m'aimes que je me sens bien. Ça me fait du bien de te voir sourire. Quand tu souris, il y a plein de lumière dans ton regard. Alors, moi aussi je redeviens radieux et me remets à créer presque aussi bien que toi.

Il y a si longtemps que j'ai bu à l'eau vive de ta voix. Quand tu me parles, je me remets à respirer les parfums de la vie. Il y a si longtemps que je n'ai entendu la musique de ton rire qu'aujourd'hui, même la plus belle musique me semble muette. Trois semaines sans te voir, sans te toucher et plus rien ne me touche. Alors, j'en ai le souffle coupé, tout mon sang tourne au verglas, mes jours se peignent en gris et mes mains se remplissent du vide de l'esseulance.

C'est quand tu m'aimes que je me sens bien. Sans ton amour la vie ne vaut rien. L'amour est la source de toutes nos soifs. C'est pourquoi je suis si impatient de te revoir. Merci de m'aimer si tendrement.

entre la lettre et l'esprit (extrait)

écrire c'est pouvoir s'exiler en toute liberté

j'écris pour ceux-là qui ne me liront jamais
des générations entières poussent ma plume
j'écris pour m'écouter pour me regarder penser
pour ne plus être l'étranger en ma demeure
pour exorciser les anges noirs de ma solitude
et apprivoiser la bête qui rugit dans ma tête
j'écris pour domestiquer le mystère des mots
sonder mon essence signifier mon existence
pour mettre le langage à poil et l'endoscoper
pour décrypter le code symphonique des mots
et vêtir ma substance d'images transparentes
j'écris pour me suivre à la trace me dépister
pour semer des petits cailloux de mémoire
pour me faire plaisir en buvant à mes eaux
j'écris pour être en amont de ce qui m'avale
pour faire vibrer la voix de ma vie intérieure
pour m'affranchir du quotidien mat et plat
j'écris pour volatiliser mon vertige de vivre
pour jouir de ma conscience d'être en vie
pour séduire petit à petit ma soeur la mort
écrire c'est armer les mots jusqu'aux dents
j'écris pour que mon cri refasse le big bang
j'écris pour entrouvrir la porte de l'éternité
j'écris pour donner une forme à mon néant
toute écriture est le testament de l'humanité
le socle de la démocratie c'est l'alphabet
l'alphabétisation de la planète tout entière
est le premier combat de toute démocratie
la démocratie deviendra une vraie réalité
quand tout le monde pourra lire et écrire
quand à la place des fusils et des canons
on donnera à tous les humains des crayons

 
Dépôt légal

le monde se laisse dévorer par son ombre

pouvoir écrire son nom est la première liberté

dans cette belle babel où les nombres entiers
ont déjà remplacé une moitié des alphabets
le pouvoir universel de la langue numérique
orgueilleux et ogre projet des organisations
dont les viles tendances totalitaires croissent
hypothèque déjà l'évolution de l'humanité
mais le sauvage darwinisme social qu'il prône
respecte-t-il cette riche variété de nos cultures
des hégémonies en liberté et des pays esclaves
peuvent-ils partager les mêmes espérances

parce qu'ils ne connaissent encore ni a ni b
plusieurs souverains ou régents de ce monde
ne savent pas écrire leurs nom et prénom
ni celui de leur humble royaume de misère
le bien-être international achète leur dette
même des rois signent des chèques en blanc
aux pillards de leur nature et de leur culture
la dignité est en vente dans les dollaramas
la liberté n'est plus qu'une laisse en argent

et l'on demande au poète pourquoi il écrit
entre la lettre et l'esprit je choisis les deux
entre le papier et le pica je choisis les deux
les chiffres sont reflets les lettres réflexions

derrière les chiffres qui leur donnaient sens
les choses s'estompent les hommes s'effacent
sur les panneaux et les encarts publicitaires
sur les écrans cathodiques du monde entier
les lettres ne sont plus que géantes images
les images font des humains de viles choses
de plus en plus les images mangent les mots
dans la balance en argent pesant l'économie
les mots ne pèsent pas plus que des plumes
et le vol des oiseaux ne sera plus que virtuel
bientôt on verra plus d'oiseaux sur nos écrans
que sur les branches des arbres centenaires
qui volent en éclats avec mille livres dedans

la superficie de ce monde pullule d'artifices
l'extase la santé le look s'achètent en pilules
sur la cybertoile vie et mort se vendent vite
les sacrifiés sur l'autel du libéralisme global
écopent du choc entre culture et commerce
et la connectivité de tous les êtres humains
est l'enjeu du marché mondial de la liberté

si un mot est un David avec son seul caillou
trois milliards de David lancés à la fronde
feraient une montagne garrochée sur Goliath

sans littérature vivante pas de démocratie

sans littérature imputable une nation saine
ne peut évaluer les richesses de sa culture
sans la souveraineté de sa langue un peuple
ne peut évoluer vers la clarté de son identité

dans un monde où liberté vie et démocratie
sont des mots traînés dans le sang et la boue
par les junkies de la finance du fisc de la ZLÉA
par les fadas de la publicité les polices à gaz
les Chrétien vendant notre eau bénite aux USA
pourquoi pour qui et comment faut-il écrire
quand on ne peut décrypter le code d'entrée
pour inoculer un virus d'humanité mondiale
dans le cerveau artificiel des grands pilleurs
qui profanent tout ce qu'il nous reste de sacré

pourquoi écrire si les mots sont de l'opium
fumé par les peuples allongés dans le dortoir
aménagé sur des écrans par des marchands
pourquoi écrire si l'on ne peut mettre fin
au clonage des mentalités sur toute la Terre
et comment couler du sérum dans ses mots
pour l'injecter dans les veines d'un peuple
qui laisse mourir d'anémie sa souveraineté
pourquoi écrire quand on avale sa langue
et que le français parlé en vingt-six pays
ne sera bientôt qu'un dialecte folklorique
j'écris pour donner de l'oxygène à mon cri
j'écris pour que mon cri refasse le Big Bang

 


Raôul Duguay

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Je resterai l'enfant

Publié le par la freniere


Il y a des routes

qui n'aiment pas voyager,
des pieds qui rêvent
D'être des main,
des fleuves qui se noient
pour embrasser la mer.

Il y a des ouragans
qui bâillonnent le vent,
des îles qui s'allument
dans les banlieues des vagues,
des phares qui s'éteignent
dans les yeux des épaves,
des fleurs qui embaument
quand leurs pétales fanent.

Il y en a qui partent
et veulent revenir.
Il y en a qui restent
et rêvent de partir.

Je resterai l'enfant
qui chevauche la vie
sur le dos d'un chaman,
le ciel qui recolle
ses étoiles brisées.

 




Publié dans Poésie

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