Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Voix (France)

Publié le par la freniere


C'est une bouche cachée dans le noir de la nuit qui parle bas et invite, par-delà les rêves incertains, à la révolte. Une voix de velours violet frémissant dans les plis du vent, semblable à celles de ces statues qu'on recouvrait jadis d'un voile le mercredi des Cendres et dont les forces mystérieuses nous fascinaient jusqu'au vertige. Avant de quitter le sommeil pour les prémices de l'aube, embrasse passionnément cette bouche; et cette voix, qu'elle vibre en ton coeur de plaisir et de défi tout le long du jour si tu tiens à gagner la paix du soir sans avoir mis genou en terre.

Tu n'auras plus rien à redouter ainsi, ni le joug humiliant des possédants ni l'entrave de leurs lois à ta liberté; le tourment des heures impossibles à vivre aura beau lâcher contre toi tous ses chiens, la meute n'atteindra ta conscience ni n'ébranlera ta volonté. Tu pourras aller debout dans le tohu-bohu du monde sans abdiquer rien de tes espérances, le clavecin des oiseaux dans les arbres accompagnera tes pas et le chemin sera tout entier tracé par le granit du pavé.

Mais cette bouche qui murmure dans le noir, es-tu prêt à l'écouter? Cette voix violette de colère contre les mille complots de l'ordre, es-tu vraiment décidé à l'entendre ?

Pierre Autin-Grenier


Publié dans Poésie du monde

Partager cet article
Repost0

Michel Bujold

Publié le par la freniere


photo: Serge Boisvert

Michel Bujold est né à Montréal le 4 juillet 1944, essayiste, scénariste et poète, dit aussi Wilbrod-Michel ou Michel-Wilbrod Bujold, il se décrit lui-même comme poète-concepteur-animateur. Michel a obtenu une maîtrise en études littéraires avec un mémoire en création de l'Université du Québec à Montréal en 1996.
Il est critique de cinéma pour Liaison Saint-Louis et a également écrit le scénario de plusieurs oeuvres radiophoniques pour Radio-Canada.
Michel Bujold a publié une dizaine de livres dont quatre recueils de poésie. Il reçu le Prix Goliath pour L'Amour et la Guerre en 1980. D'autres titres incluent :
L'antimiron: l'hommage plus que manifeste (Paperback - 1998) et L'inpudicité: Chapitre premier, un roman interréactif paru en 2000. Les deux dernières parutions de Michel s'intitulent L'amour en prolongation et Poète dans mon pays.

Bibliographie

Le lynchage constitutionnel de la famille Latimer, Montréal, une édition de 21 millions de Canadiens, 2005, 173 p.
The constitutional lynching of the Latimer family in Eight Scenes and one Conclusion, English summary
Le don de la mort, Montréal,Trait d'Union, 2003, 168 p.
Poète dans mon pays, Montréal, Éditions d 'Orphée, 2001, 52 p.
L'INpudicité, roman interréactif, Montréal, les Editions Varia, 2000, 126p.
L'antimiron, l'hommage pluss que manifeste, Montréal, Les Éditions Varia, collection « Essai et Polémique », 1998, 179 p.
Les Hockeyeurs Assassinés, Essai sur l'histoire du hockey, 1870-2002, Montréal, Guérin, 1997 150 p.
L'ÉgypSienne d'AmQui? Poème-récit pour rentrer dans ce monde, Montréal, Université du Québec à Montréal, (Mémoire de maîtrise en études littéraires, profil création), 1996, /154 p.
L'amour en prolongation, Poésies hérotiques, Montréal, Éditions d'Orphée, 1990, 40 p.
Transfert fantôme, Radio-Canada, dramatique radiophonique, 60 min., Québec, 1986
Le Tueur de temps, Radio-Canada, dramatique radiophonique, 60 min., Québec, 1986
Les Amants amnésiques, Radio-Canada, dramatique radiophonique, 60 min., Ottawa, 1985
Poète à vendre, Éditions d'Orphée, Montréal, 1984, 46 p.
Les Mots ménent le monde, Montréal, Parti-Pris (poème-murale au carré Saint-Louis), 1983
Poézi, poésies phonétiques, Montréal, « Les investisseurs », 1980, 40 p.
Lettre au maire Jean Drapeau, poème phonétique, Montréal, Parti-Pris (poème-murale au carré Saint-Louis), 1975
Transitions en rupture, Montréal, Parti-Pris,1972 57 p.
La campagne du parti poétique, Montréal, carré Saint-Louis, Éditions neigeuses, (texte collectif, un objet de Pierre Cadieu), 1970, 42 p.

Transitions en rupture

Nous, lambeaux de présences
                                                                la main à la guenille,
                                                                ayant chié tout drapeau
                                                                le crayon à la main,
                                                                ayant chié tout petit catéchisme
                                                                la main dans la main,
                                                                ayant chié toute fausse représentation
                                                                le refus en désordre apporté par la vie
Le cri déchirant de la naissance
                                                           le oui délirant, dans ce continent d'abondance
Nous ne croyons plus qu'à la vertu
                                                               des fleurs qu'il faut mordre
Nous avons soif du sang de notre soif
                                                                      dans ce continent d'abondance
Nous avons faim de grands déserts
                                                                  de sables chauds pour y mêler notre salive
Et nous refaire à cette boue,
                                                   dans ce continent d'abondance
                                                   ce n'est pas par la nourriture
                                                   et la suppression de l'appétit que nous occupons
                                                   et élargissons le champ de la conscience
Mais dans les tourments temporaires de l'appétit.

*
Ainsi le mot frisson dit entre nous
A renforci l'alliance du frisson
Éprouvé dans l'acte

*

Michel Wilbrod Bujold




Publié dans Les marcheurs de rêve

Partager cet article
Repost0

À lire

Publié le par la freniere

Publié dans Prose

Partager cet article
Repost0

La poésie en période de crise

Publié le par la freniere


"la poésie il y en a qui l'écrivent
d'autres la peignent
en font des films
des sculptures
des musiques

d'autres n'en font rien
la dégustent simplement

la plupart oublient de la vivre"

Cathy Garcia in Les Chroniques du Hamac (2008)


...Tandis que l'édifice économique occidental craque de toutes parts et que se révèle au grand jour la face hideuse des manipulateurs de la mondialisation, ainsi que leurs stratégies criminelles, un « vent salubre » se lève, à la faveur des brèches en train d'ouvrir les murs des iniques forteresses, pour souffler des vérités élémentaires à travers les couches des populations défavorisées qui paraissent enfin vouloir prendre conscience des pressions terroristes qui les tenaillent, les ravagent. La poésie telle que je l'envisage et l'éprouve, loin des poses esthétisantes - anesthésiantes, commence enfin à sortir des ghettos discriminatoires où une meute féroce d'ambitieux littérateurs à la botte des gardiens de l'ordre établi l'avait retranchée depuis une bonne vingtaine d'années

lire la suite sur Danger poésie


Publié dans Glanures

Partager cet article
Repost0

Hélène (Québec)

Publié le par la freniere


Elle avance dans moi par des voies sans lumière
Et le jour petit-lait se répand tout à coup
Sa main subtile allume à chaque instant la paille cachée
Ah que j'aime cette femme et que le monde est opaque
Le vrai des choses grésille sous les apparences
Et puis l'âme est si bien tapie, on dirait même
Que des eaux secrètes en dedans font notre silence
Elle avance dans moi moi dans elle par bonds
Par blessure par joie par pulsation de l'air
Par battement de racines par danse de feuilles
Mais c'est plein de miroirs au creux de nous
C'est un manège au creux de nous qui ne s'arrête pas
Elle avance dans moi blessée moi dans elle sans tête
Moi dans elle sans yeux sans visage sans mains
Nous nous habiterons l'un l'autre sans raison
Nus sans couleurs au terme du voyage


Pierre Morency


Publié dans Poésie du monde

Partager cet article
Repost0

Noel Godin, maître ès tarte à la crème et subversion

Publié le par la freniere


Quel a été ton plus bel entartage ? Et quels enseignements tires-tu de plus de 30 années d'entartage festif et subversif ?

Noël Godin : Le plus bel entartage, c'est naturellement celui du lugubre Bill Gates qu'on peut tenir pour le maître du monde effectif.
Enseignements à tirer après 36 ans (et non 30, Flammarion s'est gouré dans la banderole du livre) ans de guérilla pâtissière : a) Que les gloires du jour les mieux protégées ne sont pas du tout inaccessibles, que n'importe quel petit garnement vraiment déterminé peut arriver à tuer par le ridicule d'une manière ou d'une autre la plupart des puissants de ce monde. b) Que l'attentat pâtissier est un mode d'action thérapeutique idyllique contre les nuisances au pouvoir et les pète-sec puisque c'est un véritable esperanto rebelle, on est tout de suite compris dans le monde entier qui a été élevé avec Laurel et Hardy et Bugs Bunny ; puisque ça blesse réellement la cible visée mais uniquement dans son ego surdimensionné, ça ne fait bobo qu'à son amour-propre nombrilesque, ça ne met à mal que l'image derrière laquelle il se cache ; et puisque ca fait considérablement jouir les galopins qui le pratiquent.
Si ça vous chante, vous trouverez bien d'autres exquises raisons d'entarter dans mon livre « Entartons, entartons les pompeux cornichons ».

2. Tu fais partie des belges les plus célèbres au même titre que Tintin, le roi Baudoin, Benoît Pooelvoorde ou encore le manneken piss. Comment vis-tu le fait d'être l'un des symboles de la Belgique dans le monde entier ?

Noël G. : Il est tout à fait poilant que parmi les Belges les plus célèbres il y ait un véritable gibier de potence à la Til Ulenspiegel ne songeant qu'à jouer des tours pendables aux hautes figures autoritaires. À moi de savoir me servir de cette cocasse célébrité comme d'une arme tout en évitant de devenir en quoi que ce soit le bouffon des rois. Les rois et les autres crapules gavées de pouvoir, il s'agit bien entendu de les piétiner gloupitamment.

3. Tu as réussi à lézarder les façades de nombreux mythes modernes (Bill Gates, l'homme le plus riche au monde ou Bernard Henri-Lévy, l'homme le plus kitch de France), en payant malheureusement parfois le prix fort comme on l'a vu pour Chevènement. Quelle est cette force surprenante qui t'anime ?

Noël G. : La force surprenante qui m'anime, c'est tout bêtement la volonté irréductible de refuser d'être complice du nouvel ordre autoritaire-marchand en cherchant à lui nuire joliment.

4. Quel serait ton rêve le plus fou ? Entarter Dieu ? Partager une immense tarte à la crème avec les plus démunis ? Propulser tous les tyrans de la planète Terre sur Neptune avec la tartapulte ?

Noël G. : Mon rêve le plus fou : contribuer à la mise à feu d'un nouveau mai 68, beaucoup plus radical et beaucoup plus tordboyautant que l'autre, qui ferait tout tout tout péter pour qu'on puisse tout tout tout réimaginer à la lumière des vrais désirs déchaînés.

5. Enfin pour quelles raisons, ton livre est-il un merveilleux cadeau de Noël ?

Noël G. : J'ose croire que mon livre donne réellement envie de cesser d'être lâche, qu'il incite foutrement à la guérilla ludique contre toute forme de pouvoir hiérarchisé et contre tous les aspects de notre nouvelle société de la servitude volontaire. Une guérilla ne pouvant s'envisager évidemment que dans le plaisir immédiat sans freins.

Propos recueillis par Philippe Krebs.

Entartons, entartons les pompeux cornichons !, tel est le titre du livre de Noël Godin, qui vient a été publié aux éditions Flammarion.

"Par ses soins, et ceux de ses frères d'armes burlesques, ils se sont pris des tartes à la crème en pleine poire : Patrick Poivre d'Arvor Marguerite Duras Jean-Luc Godard Bernard-Henri Lévy Patrick Bruel Bill Gates Nicolas Sarkozy ... Noël Godin, alias Georges Le Gloupier, alias l'entarteur belge, dévoile les dessous délirants de sa croisade pâtissière loufoque contre les gloires du jour les plus pète-sec."

Filmographie
Les Cahiers du cinéma, 20 min (1972)
Prout prout tralala, 18 min (1974)
Grève et pets, 14 min (1976) avec Roland Lethem et Jean-Marie Buchet
Si j'avais dix trous du cul, 1999 pour Canal+ Belgique

Bibliographie
Anthologie de la subversion carabinée, L'Âge d'homme, 1989, ISBN 2825107158, épuisée.
De l'horrible danger de la lecture, Balland, 1990
Zig zig boum boum, Le Veilleur, Toulouse, 1994
Crème et châtiment : mémoire d'un entarteur , Albin Michel, 1995
Godin par Godin, 2001 éditions Yellow Now
Petit Précis Diablement Allumé de l'Attentat Pâtissier Torboyautant, EPO, Bruxelles, 2001
Grabuge ! Dix réjouissantes façons de planter le système, en collaboration avec Aimable Jr, Benoît Delépine et Matthias Sanderson, Flammarion, 2002
Armons-nous les uns les autres, roman polar, Flammarion, 2003
Entartons, entartons les pompeux cornichons ! , Flammarion, 2005 (Récit de ses trente ans de guérilla pâtissière, avec les éclairages des tartologues Jean-Pierre Bouyxou et Robert Dehoux)
Anthologie de la subversion carabinée, L'Âge d'homme 2008, nouvelle édition augmentée, ISBN 978-2-8251-3805-2



Publié dans Prose

Partager cet article
Repost0

Aphorisme du jour

Publié le par la freniere


On en arrive au point où tendre la main à quelqu'un devient un geste délinquant.

Publié dans Aphorisme du jour

Partager cet article
Repost0

Poète en sol mineur (Espagne)

Publié le par la freniere


Quand j'étais un nain, heureux et sans chagrin,
avant les bonnes nuits ou le baiser de ma mère
j'avais l'habitude de froisser les après-midi,
pour les abriter dans mon lit de contrebande,
dans une manche de pyjama.
Je demeurais ensuite sur le seuil du rêve
en dévoilant à nouveau la carte des heures,
en ressuscitant à ma façon les cadeaux du jour
- le rendez-vous avec Charito, le but de la victoire -
avec un large sourire de paupières fermées.
Toujours dans la lumière obscure du silence.
Je me souviens aussi que j'étalais devant moi les hontes
les humiliations, les offenses, les mépris sans nombre
en sol mineur que je nommais l'oubli
L'ennui, le pire, c'est qu'aujourd'hui encore
ils n'ont pas disparu du tout et qu'à peine je les remue
ils éclaboussent ma mémoire, mes lunettes, mes poèmes...


Alberto Vega


Publié dans Poésie du monde

Partager cet article
Repost0

En traversant le pays des morts

Publié le par la freniere



En traversant le pays des morts
en route vers Aden les terres d'Arthur Rimbaud.
Je suce mes doigts à cause de la soif
de la malaria, du cancer des os.
Je songe à la Bretagne,
aux femmes aux hautes coiffes.
Je songe aux piroguiers du fleuve Zaïre.
Je songe aux oiseaux bariolés d'Amazonie.
Je songe au sexe chaud de l'indienne
à la tombée de la nuit.
Je songe à une espèce de poème
déclamé par un fou de génie
qui ferait taire les perroquets verts.


André Laude




Publié dans André Laude

Partager cet article
Repost0

André Laude: parution de ses oeuvres complètes

Publié le par la freniere


aux Éditions de la Différence

dessin: Henri Cartier Bresson

André Laude
ŒUVRE POÉTIQUE

752 p. 49 e
Cahier photo.
Collection : Œuvres complètes.
ISBN : 978-2-7291-1782-5

Sous la supervision de Yann Orveillon
Avant-dire de Abdellatif Laabi


« Toute mon expérience poétique s'articule autour de cette perspective : la poésie doit changer la vie. »
Né en 1936 à Paris. Anarchiste à quinze ans, proche des marxistes et des situationnistes, André Laude choisit de défendre la cause des opprimés. L'Algérie sera son premier combat. Arrêté, puis amnistié, il parcourt le monde à la rencontre de ses pairs, écrivains et militants, et participe à la fondation de l'agence de presse nationale d'Algérie. De retour en France, il travaille pour La Tribune socialiste, Le Monde, France Culture avant de connaître une triste fin : « À bout de ressources, socialement rejeté toujours plus loin, malade d'alcool et de désespoir, épuisé physiquement et psychologiquement, André Laude s'est laissé glisser. Le 24 juin 1995, il est parti... »

« Au moment où d'aucuns s'évertuaient à immuniser la poésie contre le lyrisme et les interférences du bruit et de la fureur du monde, il rouvrait les vannes de la subjectivité et imprimait dans la chair du poème les bouleversements tragiques de ce monde. Rebelle fulminant d'un bout à l'autre de sa vie et de son œuvre [...] »
Abdellatif Laâbi

« André Laude ne possédait rien, à part le malheureux vestiaire qu'il portait sur le dos, rien [...] Et, à part son œuvre, il n'a rien laissé : son oeuvre poétique publiée en recueils, mais aussi ses livres, et un volume aussi important de poèmes épars dans une dizaine de revues ou dans des sacs plastiques de grandes surfaces laissés ici ou là en attendant. »
Yann Orveillon

Publié dans André Laude

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>