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Ils ont dit

Publié le par la freniere



Il faut peindre dans la ferveur et l'innocence du premier jour comme s'il était le dernier. Le geste de peindre est un des gestes premiers, comme en coupelle d'eau : un des gestes qui permettent à la conscience de venir à la lumière comme une source d'eau vive sort de terre, rieuse, espiègle, pleine d'air encore, un peu boueuse, porteuse du mystère du feu de la terre, celui qui donne corps au verbe, qui se prend les pieds dans la boue et dans le souffle, celui qui me met face à face avec mon pareil, mon semblable, mon tout autre.


Michel Madore      Carnets d'atelier, Editions Mémoire Vivante, Paris. 2003


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Les lilas vont mourir (France)

Publié le par la freniere


Au fond des yeux
masques de carnaval,
prunes vertes,
manège enchanté.

Dans le noisetier
une corneille s'est posée.

Au rouet d'âge tendre
le chanvre s'est rompu,
les lilas vont mourir.

La robe rouge, écorchée,
ne veut plus gambader.

Les gestes, pliés,
dorment dans les livres.
Le jardin grappille
ses dernières groseilles.

Au bord des lèvres
un sentier s'est perdu.

Une vieille pluie
a rouillé
la girouette des cyprès
et les jouets suffoquent
de n'être plus touchés.

Le ciel s'éloigne,
privé d'éclaircie.

Partout
s'allument des cris.

Brigitte Broc

 

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere


Le retour à la norme me paraît plus inquiétant que la folie.

Claude Chabrol

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Fish for sale

Publié le par la freniere

Publié dans Prose

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Dans chaque building

Publié le par la freniere


Dans chaque building il y a le chant des multiplications
la sueur des manoeuvres et des larmes d´orphelins
dans chaque multiplication il y a de l´or noir et des billions de dollars
des magnas qui cultivent le maïs des pauvres et la terre des peuples

Dans chaque soustraction
il y a des bras, des jambes et des vies de soldats
des enfants sans béquilles
des entrailles de fusils, de la grenaille dans la chair

Dans chaque soustraction
il y a le sang des conquêtes
de la terre que l´on arrache aux indiens
des hommes qu´on enlève
des hommes qu´on exploite et du vent qu´on torpille

Dans chaque division, dans chaque soustraction
il y a des diplomates qui rabotent le rêve
des politiciens qui rajustent l´espoir au plus court

L´amour n´a pas de carré
pas de diagonale
ne se divise pas
l´amour n´a pas de limite
l´amour est un
il ne multiplie, ni soustrait, ni divise
il porte le fleuve des larmes
et le pain des nations
traverse la frontière
comme un sourire fraternel
il adoucit la misère des hommes

L´amour n´est pas un cercle
il brise toutes les solitudes,
nourrit la liberté
et ouvre l´infini de l´espoir.

Jean-Michel Sananès

 

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

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