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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere


Qu'importe le délit, la peine de mort tue toujours des innocents.



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Âge (Québec)

Publié le par la freniere


J'ai l'âge de l'univers
qui n'en a pas
qui s'en fout
car il les a tous


j'ai l'âge du bébé
qui pleure la tragédie
d'une seconde d'inattention
qui vit la béatitude
de s'endormir dans des bras aimés


j'ai l'âge de l'enfant
qui découvre le monde
assoiffé de tendresse
affolé par la désapprobation


j'ai l'âge de l'adolescent écorché
qui s'enferme dans sa carapace


j'ai l'âge du jeune adulte
Don Quichotte prêt à sauver le monde


j'ai l'âge de l'homme mûr
Janus aux deux visages
scrutant le passé et l'avenir


j'ai l'âge Diogène dans son tonneau
regardant les hommes s'agiter
trouvant cela dérisoire


j'ai l'âge du patriarche
qui n'y porte même plus attention


j'ai l'âge du lepton
qui vit une fraction de nanoseconde
comme je vis une année


j'ai l'âge de l'éphémère
qui vit une seconde
comme je vis une semaine


j'ai l'âge de l'arbre
qui vit une semaine
comme je vis une journée


j'ai l'âge du roc
qui vis une année
comme je vis une heure


j'ai l'âge du soleil
qui vit un siècle
comme je vis une minute


j'ai l'âge de la galaxie
qui vit un millénaire
comme je vis une seconde


tous nous traversons l'existence
en compagnie de notre mort
instant ultime
éternel
où tout bascule


Yves Robitaille



Publié dans Poésie du monde

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Des universitaires appuient Québec Solidaire

Publié le par la freniere


Pascale Dufour, Michel Freitag, Gilles Gagné, Georges Leroux, Jacques Lévesque, Sylvie Paquerot, Yvon Rivard, Lucie Robert ont signés le texte suivant rédigé par Jacques Pelletier et Jean-Marc Piotte.


Depuis trois décennies, le Québec vit en régime politique d'alternance. Malgré leurs divergences, notamment sur le plan constitutionnel, le parti libéral et le parti québécois mettent en application à peu près la même politique sur le plan économique, social et culturel, la différence entre eux étant affaire de nuances et de degrés.


C'est particulièrement le cas au cours de la présente élection, ce que la nouvelle « chef « du parti québécois a d'ailleurs reconnu récemment. Qu'il s'agisse du rôle de l'État dans l'économie, de la réorganisation du système de santé, de la réforme scolaire, du statut de la culture, les deux formations proposent le même programme et tiennent le même discours, inspirés par l'idéologie dominante du néo-libéralisme à laquelle elles s'abreuvent l'une et l'autre.


Il n'en a pas toujours été ainsi. Durant les années 1970, le parti québécois en émergence incarnait des idées nouvelles : l'indépendance et la social-démocratie face à un parti libéral fédéraliste et partisan du marché. Les citoyens se voyaient proposer un véritable choix, entre deux politiques opposées, représentant des conceptions substantiellement différentes de la vie collective et du bien commun. Ils se retrouvaient face à une authentique alternative, impliquant non seulement un changement d'équipe dirigeante mais un choix entre deux orientations politiques.


Nous n'en sommes plus là aujourd'hui. Le parti québécois, tout en gardant formellement la souveraineté au cœur de son programme, n'en fait toutefois pas un enjeu central de la campagne électorale, pas plus qu'il ne s'engage dans la promotion de la visée social-démocrate qui l'inspirait naguère. Il entend d'ailleurs repenser celle-ci, apparemment, car cela demeure flou, pour la moderniser et la rendre « efficace », pour en faire en somme une variante davantage « sociale » d'une politique foncièrement de droite. Bref, on ne voit plus en quoi cette formation se distingue vraiment de son adversaire libéral et pourquoi il faudrait l'appuyer sinon en vertu de sa compétence présumée supérieure pour accomplir un programme fondamentalement semblable. Dans cette optique, c'est la gouvernance qui apparaît comme le véritable - mais très limité - enjeu d'une campagne dans laquelle la politique est évacuée.


Pourtant, éclipsé dans la joute électorale monopolisée par les vieux partis, le politique retrouve sa place et sa portée dans le cadre de l'alternative proposée par les tiers partis, et plus particulièrement par Québec solidaire. Le programme et la plate-forme politiques de cette formation représentent en effet un choix radicalement différent qui pourrait entraîner la société québécoise dans une transformation en profondeur, sur des bases entièrement nouvelles.


Québec solidaire est le seul parti à prendre sérieusement en compte la crise actuelle de notre société, à en signaler la profondeur, au-delà de sa dimension proprement économique, et à proposer des solutions radicales et inédites pour en sortir. Et cela en questionnant les valeurs qui servent de fondements au désordre établi et aux priorités qu'elles impliquent : primauté du marché, de la concurrence, de l'individualisme, du chacun pour soi, au détriment de la vie sociale et de l'accomplissement personnel dans le cadre du bien commun et du progrès par et pour tous et toutes.


Québec solidaire privilégie la justice sociale et la lutte contre la pauvreté, l'égalité entre les femmes et les hommes, l'inclusion sociale des marginaux et des exclus, le respect de l'environnement et la démocratisation effective du système politique. Il reconnaît le rôle essentiel de l'État comme régulateur de l'économie et de la redistribution sociale des richesses. Et il estime avec raison que cette régulation nécessaire doit s'étendre à l'échelle internationale dans le cadre d'un pacte nouveau entre peuples libres, délivrés de la domination impérialiste. Ajoutons que cette formation est aussi la seule, au cours de la présente campagne, à promouvoir la souveraineté populaire par une démarche démocratique et inclusive, à cent lieux des frilosités et des fantasmes identitaires.


En somme, dans la conjoncture actuelle, Québec solidaire apparaît comme la seule organisation politique capable de proposer une rupture avec le système d'alternance qui condamne la politique québécoise à un face-à-face débilitant depuis trente ans et qui la voue à l'immobilisme et parfois à la régression pure et simple.


Travaillant aujourd'hui à un avenir fondé sur la liberté politique, l'égalité et la solidarité sociales, le respect de la nature et de l'environnement, Québec solidaire incarne un possible déblocage et un dépassement de l'impasse actuelle. Il mérite donc pleinement l'appui de tous ceux et de toutes celles qui aspirent, comme nous, à une transformation radicale et en profondeur de cette société, allant bien au-delà des changements cosmétiques offerts par les formations politiques traditionnelles.


Jacques Pelletier enseigne en études littéraires à l'UQAM, Jean-Marc Piotte est professeur émérite de sciences politiques à l'UQAM, Miche Freitag est professeur émérite de sociologie à l'UQAM, Gilles Gagné enseigne en sociologie à l'Université Laval, Georges Leroux est professeur émérite de philosophie à l'UQAM,, Jacques Lévesque est professeur de sciences politiques à l'UQAM, Sylvie Paquerot est professeur de sciences politiques à l'Université d'Ottawa, Yvon Rivard est professeur associé à l'Université McGill et écrivain, Lucie Robert enseigne en études littéraires à l'UQAM.




Publié dans Glanures

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Gares

Publié le par la freniere


Pour connaître une ville, a dit le philosophe*, il faut voir sa gare.


La houle des voyageurs ondulant sur les quais, particules de vies troquées au hasard, brouhaha inaudible des voix intérieures, chaussures contre souliers, épaule contre épaule, haleine exhalée, souffle inspiré, matière humaine malaxée, maelstrom terrifiant. La gare, Minotaure cruel engloutissant l'humain, digestion du chaos. L'organisation rectiligne des voies, la géométrie parfaite des câbles se croisant, tressant un faisceau d'amarres prêtes à être larguées. Et les quais, tentacules gigantesques lancés vers des ailleurs invisibles.


La voix de la gare dans le haut-parleur nasillard, incompréhensible, son mâché, mastiqué et vomi, venu d'en haut, on ne sait d'où. Le ding-dong énergique imposant l'attention, les informations, et les retards.


L'horloge, soleil de la constellation, œil ouvert comme un reproche, épiant, veillant à la bonne marche des épisodes, d'une précision guerrière.


Les trains, bêtes domptées, rentrés au bercail, le nez dans le licol, leur carapace de métal grinçant de toutes ses dents.


Les courants d'air glacés, serpents de verre s'enroulant autour des cous fragiles, les oiseaux nichant sous les toits vitrés, entre deux poutres de métal, piaillant leur monde parallèle, les vendeurs de journaux aux doigts gris, les contrôleurs dans la suffisance légitimée de leur képi, les sandwichs au goût de cellophane, les bruits amplifiés d'une armée en marche. Les valises pleines d'espoir, les pas nonchalants, ceux pressés, la valse des retrouvailles, le tango des adieux.


L'excitation du voyage, la promesse de l'aventure, les voisins de wagon, les cris des enfants. Et le départ.


Dans certaines gares, les trains ne s'arrêtent pas. Ils déboulent dans un souffle bruyant, charriant l'haleine du diable, font trembler le quai, et la voix dans le haut-parleur, sur un ton péremptoire, exige qu'on s'en éloigne. Et on reste là, figé, fasciné par la puissance, une explosion brutale et fugace comme un coup de poing en pleine figure.

On frissonne partagé entre frayeur et tentation.


Les gares ! Sont des livres ouverts d'une surprenante variété, dont les auteurs aux talents divers livrent leurs histoires impudiques ... Les gares ! Sur les plates-formes, des vies égarées traînent des solitudes extrêmes. Des cailloux d'illusions semés le long des voies entretiennent l'espoir de retrouver le chemin.


Seule sur le quai, ma valise bourrée de silence, j'attends un train comme un destin qui me serait affecté (qui ne viendrai pas). J'ai pris un aller simple : pourquoi être compliqué si l'on ne sait pas où l'on va. Je regarde les rails, ces flèches de métal décochées par le hasard. Je ne connais pas ma destination, à quoi bon, les billets de train mènent tous au même lieu : aux environs de nulle part. Je remonte mon col, les départs sont toujours frileux ; partir c'est se dépouiller de ses vanités, de ses angoisses, de ses égarements, on va se perdre pour se rencontrer.


®Michèle Menesclou


*Pierre Sanzot

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L'enfant à l'envers (France)

Publié le par la freniere



Au temps des photos noir et blanc, t'avais déjà la tête à l'envers, p'tit gars. Tu balançais si fort tes perceptions d'autour.


Moi j'voulais pas jouer au cochon pendu des balançoires, déjà.
Le sang, moi c'est réparti au plus juste qu'il m'a toujours mieux réchauffé.
Toi, t'aimais quand il te battait les tempes. C'est pas que t'étais bien à tout sentir dans ta tête, je sais. T'en avais besoin pour oublier de vivre
là où tu voulais pas, je crois.


Des sensations d'envers même avant que tu t'mettes à reluquer sous leurs jupes. A leur mettre les sens à l'envers, aussi.


Tu m'as toujours intriguée p'tit frère. Toujours j'ai veillé, de loin, en loin.
Avec bienveillance. Je savais que t'étais l'enfant à l'envers. J't'ai jamais cent pour cent compris ; tes dérives de sentiments, tes dérapages sur le bitume, tes motos, tes voyous. Tes excès, peur pour toi.
Mais je t'aimais à sang pour sang.


Pourquoi tu m'as rien dit, p'tit frère ? Tu nous as joué un tour de cochon,
hier... en t'balançant au bout d'une corde les pieds en bas.


Ludovic Kaspar


Publié dans Poésie du monde

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Le Grognard no 8 vient de paraître

Publié le par la freniere


AU SOMMAIRE DU N°8


- Alain Nadaud : La Peau des anges
- Mitchell Abidor : American rebels : Henry Louis Mencken
- Yves Plamont : Géométrie (poème)
- Stéphane Beau : Contingences 10 & 11
- Goulven Le Brech : Entretien avec Olivier Salazar-Ferrer # 1 (sur Fondane)
- Benjamin Fondane : Refus du poème (poème)
- Pascale Arguedas : Une Bouteille à la neige
- Émile Faguet (1847-1916) : Les écrivains obscurs
- Pascal Pratz : Le Retour de Nietzsche l'éternel
- Thomas Vinau : Du Courage (poème)
- Stéphane Prat : Jack London & John Barleycorn (chronique)
- Sébastien Clivillé : La Barbe du prophète (poème)
- Goulven Le Brech, Pascale Arguedas, Stéphane Beau, Stéphane Prat : Du côté des livres.


Quelques pages de ce n°8 sont lisibles en PDFsur le site du Grognard : http://pagesperso-orange.fr/legrognard/grognard%20numero%208.htm

L'exemplaire est à 7 € (frais de port inclus) La commande est à passer auprès des éditions du Petit Pavé : par mail : editions@petitpave.fr ou par courrier : Éditions du Petit Pavé - Boîte Postale 17 - 49320 Brissac-Quincé - FRANCE

Publié dans Prose

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Poèmes cannibales de Jacques Desmarais

Publié le par la freniere


Jacques Desmarais, poésie-sucrée


En publiant le livre Poèmes cannibales Loin dans ma campagne, les Editions La Brochure n'ont pas souhaité rendre hommage à un ami mais à un poète qui se trouve être aussi un ami.

Qu'est-ce donc qu'un poète ? N'ayant qu'un contact très irrégulier avec la poésie ma réponse n'a ici d'intérêt qu'à cause de ma découverte d'un poème précis du recueil : Magnolia Blues. En quelques vers, je sais que Jacques y raconte sans tricher un seul instant, une année de sa vie. Le poète c'est d'abord une sensibilité à fleur de peau qui souvent vient de l'enfance. Alors le poète devient langue : « Le français ici n'a pas d'horloge / goûte le pétrole sur la Baie de l'Atchafalaya ».


La poésie est un effort permanent, une relecture infinie. Oui elle existe la baie de l'Atchafalaya, oui le pétrole en est devenu le rythme des bras qui pompent. Oui il existe « le baiser d'une méchante tornade / qui a piqué à travers champ / comme une jument en calvaire ».


Pourquoi un baiser et non un coup de fouet ?


Entre peur et peur, fidélité et fidélité, Jacques, poète par la naïveté qu'il transporte toujours avec lui, nous oblige à distinguer sa naïveté audacieuse d'une autre très paresseuse.


Le poète effarouche le bavardage surtout quand « il pue la canne à sucre / et les marécages ». Il cherche alors une langue qui se perd, celle de sa mère, de sa voisine. Pas de poètes sans l'intimité d'une langue à reconstruire. « Ajoute du vrai / au langage, / Car la Louisiane / d'où je t'écris... / me fait bander à part ! » Et voilà que le poème s'achève et la construction devient un monument quand on a aussitôt envie de recommencer la lecture. Je ne prétends pas avoir la même sensation avec tous les poèmes, cette sensation sucrée qui incite à en reprendre. Quel drôle d'aliment ce sucre si génial qui pue pourtant énormément au moment de sa fabrication !


Une sensibilité, une langue, une construction..., quand un poème vous ouvre une porte d'univers alors vous pouvez vous lancer dans un autre voyage comme dans « la coulée des angevins ». Si Jacques aime parler de poèmes-récits en voilà un où le récit n'est pas très linéaire et n'a rien d'une coulée où tout d'un coup déboule « un zeste de poussière sur tes restes de viande séchée... ». La chute finale « Nous vaincrons » relance la lecture en quête d'un « nous » et d'un objectif incertain de « victoire ».


Bien sûr je pourrais invoquer, pour dire le poète Jacques, le mot de Michel Garneau qui introduit le livre, qui est en fait un acte puisque ce talentueux personnage a accepté de lire à la radio des textes de cette « voix authentique ». Garneau écrit aussi : « ces poèmes qui ne peuvent pas avoir été écrits ailleurs qu'au Québec et par le dénommé

Jacques ».


Avouons-le : qu'un petit éditeur français accepte de donner un coup de pouce à une voix québécoise en 2008 a de quoi surprendre ! « je lancerai ma bouteille à l'humanité » dit Jacques car pour lui être québécois c'est le meilleur moyen de s'adresser à l'humanité contrairement à d'autres qui pensent utile de policer leur français pour mieux s'adresser à l'humanité.


Jacques est devenu poète très jeune et les amis de ce temps là qui l'entourent encore disent que c'est par la chanson qu'il passa au poème, la chanson toujours au cœur de la parole de son pays qui est l'hiver. Jacques préfère invoquer la découverte de la parole possible, la sensation tout d'un coup que sa vie d'enfant de paysan était une part de l'art. Alors le poète monte sur une table et tout commence ou tout fini. Tout commence car le coulée d'angevins est là devant. Tout fini car jamais Jacques ne pourra sortir d'un univers « Cailloux réverbères / échangés par les fenêtres de l'invisible ».


A la présentation de son livre le 9 octobre, j'ai découvert un nouveau Jacques qui mangeait les mots de ses textes comme d'autres dégustent les meilleures pâtisseries. Mais c'est une autre histoire pour la semaine prochaine.


Jean-Paul Damaggio



NOVA BOSSA


Voyageurs de la nuit,
en ces heures complices
où les plumes d'oiseaux
ingouvernables
allument les étoiles,
vos signes de tête
dans le champ magnétique
des alliances perdues
retentissent
au milieu des pierres aimantées
jusque dans la courbure des mots
et traduisent dans ma gorge
les pas,
les rimes normandes
qui n'ont encore jamais dansé
sur les toits.


*


L'ÉPOUVANTAIL


Maudits mots de cristal
qui perdent la boule
avec la peine dévissée
par ma griffe!

L'hiver cru
se dévergonde
comme un trot de chevreuil
transcrit sur la liste
noire

Ce n'est pas un manque de goût:
il est certain que je vais périr,
par un soir incendié d'automne,
comme un martien sans remèdes

de chagrin ou d'absence.


*
avec une bouche malfamée
qui désire faire son show
dans le vent
parmi la foule des oiseaux farouches
en dessous des trompettes fumantes
qui se régalèrent de glissades
de nos jours de bave, de mauvaise haleine
de nos heures de suif et de lapsus
de nos belettes de charme
de nos boules de sexe de joual sur la balance des braises
et des locomotives de joie placées dans nos cuisses de jadis


*


Jacques Desmarais





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Le plomb et le fer

Publié le par la freniere


Longtemps j´ai été sous des soleils de plomb à creuser une mémoire funéraire, à vouloir ouvrir les chapes et les cercueils de plomb, à voir suinter les silences étamés qui enferment le rire. Trois plombes que j´attends les horizons légers.

Où étais-tu toi mon oiseau à mine de plomb blotti dans ma main, cherchant une inspiration terne et plombée, danseuse enfermée dans ses chaussures de plomb et de désespoir, tu te dissimulais ?
La vie ce n´est pas ça, quand enfin te mettras-tu du plomb dans la cervelle ?!


La vie et ses ronrons, ses rataplombs, son moral de plomb ressemble à une escale en enfer. J´en plombe mes soirées de gin et de vodka, m´endors d´un sommeil de plomb, pleure des larmes de plomb. Je suis à deux doigts de péter un plomb, de me jeter dans la Seine moi qui nage comme une semelle de plomb.


Hélas, je ne suis qu´un soldat de plomb qui étouffe son cri sous un ciel plombé. Me flinguer d´une balle de plomb, je manque d´aplomb, ma vie n´est pas d´aplomb. Il me faudrait changer, laisser le plomb pour le fer et tout refaire. Avoir un moral de fer et d´acier, ne plus me laisser scier, chercher la dame de fer et trouver l´été. Ne plus arrêter le faire avant que le temps ne me rouille, que la vie me dérouille, faire et défaire des grimaces laides comme l´hiver de Fernand et léger comme Chagall. Enfin, je ne sais pas quoi faire mais j´y vais d´un train d´enfer et la grève des chemins de fer n´y peut rien. Je ne sais plus que faire dans cet envers de plomb et de fer où ma plume cherche son encre. L´ange a du plomb dans l´aile.


Jean-Michel Sananès            Lettre à ma plume



Publié dans Jean-Michel Sananès

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Dénuement

Publié le par la freniere


j'aime bien, vois-tu, le dénuement, ces êtres qui ne soucient pas des
apparences, qui n'ont pas besoin de prétendre, de jouer, j'aime bien,
ainsi, parler à cette amie, elle est pauvre, accablée par de nombreux
problèmes, sa vie est dure, très dure mais elle est bonne et simple,
j'aime lui parler car elle me rappelle l'essentiel, elle m'apprend à
reconsidérer le monde, à revoir mes priorités, il n'y a certes aucune
gloire à la pauvreté, c'est un lieu misérable et il y a des pauvres,
après tout, qui sont des salauds mais elle est bonne et simple, elle
sait que l'essentiel tient à très peu de choses, qu'il faut apprendre
à se laisser aller, à se déposséder du monde, qu'il faut mépriser
l'argent même si on en a besoin et, vois-tu, mon ange, je suis en
quête de ce dénuement, je veux être simple et transparent, ne jamais
prétendre, être ce que je suis, désirer certes car on ne peut y
échapper mais désirer ce qui est utile, nécessaire, aimer certes, il
n'y a rien de plus beau n'est-ce pas mais sans jamais perdre de vue
que l'enjeu de l'amour est l'autre, ainsi rompre son corps à
l'offrande, je suis, vois-tu, en quête de ce dénuement mais il me
semble inaccessible, je suis bien trop épris de la surface, engoncé
dans cette chair visqueuse et je n'arrive pas à m'en libérer, je veux
donc être simple, dénué, ainsi renouer autrement avec les fascinations
de l'amour, avec toi, t'aimer parce que tu existes, parce que tu es,
t'aimer au-delà de l'obsession amoureuse, de l'amour qui passe, va,
t'aimer parce que tu es l'élue, captive des manifestations de
l'infini, t'aimer donc, dépouillé de tout, du désir de la réciprocité,
t'aimer dans le dénuement parce que tu es, parce que tu es et parce
que tu es.


Umar Timol



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Solovox

Publié le par la freniere


Mercredi, le 26 novembre 2008
à 20 hres 30
à L'ESCALIER (ancien UTOPIK)
552, rue Ste-Catherine Est
(métro Berri)
Tél. : (514) 670-5812


Éric Roger reçoit :

TREMPLIN D'ACTUALISATION DE POÉSIE (TAP)
Pour le lancement de son disque double « Ce qui reste en nous... »
(regroupant 32 poètes de Gatineau, Montréal et Québec)
avec les prestations de quelques-uns des poètes du disque :


ALAIN FISETTE « Tous mes lecteurs sont morts » Les Herbes Rouges

LAURIER VEILLEUX « Jeux d'ouvertures » Loup de gouttières

MONIQUE GOUR DESLAURIERS en compagnie du guitariste PIERRE LAVOIE

CLAUDE HAMELIN « Für Mathis »

VALÉRIE CÔTÉ « Cendres de femmes »

MARIÉ-HÉLÈNE MONTPETIT« Poèmes et chansons »

FRÉDÉRIQUE MARLEAU

LE GRAND SLACK « rafale verbale »

MARIE-CHARLOTTE AUBIN « L'humidité d'un regard rond »

JUDITH LEFEBVRE « Plumes encrées »


* * * MICRO OUVERT ! * * *




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