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Les vergers

Publié le par la freniere

Tous les jours à midi on rassasie les saints
Le soleil amoureux exerce sa violence
Des ruisseaux de mercure envahissent les mains
Et des oiseaux dorés meurent dans le silence.

Nous sommes tous ici pour pleurer et sourire
Nous sommes tous ici pour choisir nos prisons
Nous sommes tous ici pour tuer nos délires
Nous sommes tous ici pour mourir de raison.

J'aimais trop les vergers lorsque j'avais trois ans
Un jour il y a eu quelqu'un ou quelque chose
Un passant qui a dit quelques mots en passant
Un soldat enterré sous le buisson de roses.

Il ne faut pas pleurer disait l'araignée noire
Et elle consolait les enfants affligés
À l'heure où le soleil descendait pour nous boire
À l'heure où je te parle à l'heure des vergers.

Sommes-nous tous ici pour pleurer et sourire
Sommes-nous tous ici pour choisir nos prisons
Sommes-nous tous ici pour tuer nos délires
Sommes-nous tous ici pour mourir de raison.


Brigitte Fontaine

Publié dans Prose

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere


À quand le premier président autochtone des USA ?

Publié dans Paroles indiennes

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Ils ont dit

Publié le par la freniere


Regardez notre terre : les arbres y ont été nombreux du temps de nos ancêtres. Nos anciens savent que notre terre n'a pas toujours été ce demi-désert avec des arbres dispersés et condamnés à mourir. La mort des arbres est comme un cri de douleur que la terre mère lance aux êtres humains. La souffrance de la terre est la souffrance de toutes les autres créatures. Lorsque la faim, le manque de nourriture nous afflige, c'est toujours la souffrance de la terre mère qui nous traverse. Car nous ne sommes pas séparés de la terre, nous sommes nés de ses propres viscères. Nos bouches sont ses bouches, nos bras, ses bras. Nous sommes ses nerfs les plus sensibles. Nous sommes des parcelles de l'esprit constructeur et notre pensée se nourrit de ses dons. Lorsque la nourriture nous manque, notre pensée décline, car l'animal en nous prend force pour échapper à la mort.
L'autre principe qui prolonge notre compréhension, c'est l'eau. Ce principe est étonnant, il est presque partout. Le froid en fait une roche lorsque la grêle tombe du ciel, le feu de la vapeur. Entre la grande chaleur et le grand froid, il est liquide. Le Grand Ordonnateur a mêlé l'eau à toute créature vivante, sans elle ni la terre, ni les plantes, ni les animaux, ni les êtres humains ne peuvent être. Lorsque notre corps cesse de vivre et que l'eau s'en retire complètement, il ne reste de nous qu'un peu de matière desséchée représentant le quart de ce que nous fûmes à l'état animé. Lorsque la tristesse ou le chagrin nous accable, l'eau s'écoule de nos yeux et la chaleur et l'effort la rejettent de notre corps sous forme de sueur. Nous sommes nous-mêmes eau.
L'eau remplit les vastes cavités de la terre et forme les mers. Les mers sont si profondes par endroits que nous ignorons ce qu'elles recèlent de créatures et de mystère. La chaleur du soleil hisse l'eau vers le ciel d'où elle nous revient en pluie. Elle dévale les montagnes, surgit des sources, se rassemble en ruisseaux, rivières et fleuves. Elle se réfugie dans l'obscurité des cavernes et des gouffres et devient silence et patience, ou bien se rue comme une troupe de buffles furieux au moment des crues et de l'agitation des océans. Elle est miroir limpide où se reflète notre image et celle du ciel, de la terre ou des arbres. Le murmure de la source s'écoulant entre les roches nous parle et dans la nuit tranquille apaise notre esprit. Lorsque la soif nous tourmente, l'eau nous hante comme un désir brûlant et nous n'avons de cesse qu'elle se soit écoulée dans notre corps qu'elle comble de satisfaction. À ce même corps enfiévré par la chaleur ou le vent, ou bien souillé par la sueur et la poussière, elle offre sa fraîcheur et sa pureté. Sur elle glissent nos pirogues, nos vaisseaux pour l'aventure, le voyage, la connaissance ou le commerce.
Grande servante de la vie, l'eau peut aussi servir la mort. Sa colère détruit parfois nos abris, emporte notre terre et anéantit nos corps. L'eau corrompue par les détritus, les excréments et l'urine des animaux et des êtres humains peut devenir fange. Des créatures, invisibles à l'oeil, y prolifèrent, pénètrent notre corps et y introduisent des maladies et de mauvais germes. Bien des souffrances sont dues à l'eau corrompue. Le lagon silencieux où rien ne bouge peut receler la mort la plus sournoise, une mort aux multiples visages. Ainsi toute chose s'offre au discernement des êtres humains, car en tout la vie et la mort sont mêlées.
.
Pierre Rabhi


Publié dans Ils ont dit

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Emportée

Publié le par la freniere


Emportée, tu m'emportes. Vivant dans un lieu où tu n'es pas, j'en invente un autre où nous sommes ensemble. C'est le plus vrai des deux. Mon corps vit dans l'un et mon âme dans l'autre. Le monde où tu n'es pas, je l'habite par toi. Je vais à l'arbre comme à toi. Je bois à l'eau comme à ta bouche. Le vent qui passe, l'air qui chante, les mots des hommes, c'est pour toi. Les choses où tu n'es pas ne sont pas de vraies choses. Je dois te les nommer pour en savoir le sens. Tu es comme le feu. Quand il fait froid chez moi, je pense à ta chaleur. Tu réchauffes ma vie mieux que mon poêle à bois. Tu agrandis ma main jusqu'à ta propre peau. La rose que je sais rose n'est rose que par toi. Rien vraiment n'est sans toi. Je nais à ta présence. Je ne suis plus enclos. Tu m'ouvres l'infini. Dans le tissu des mots, j'ai taillé un abri où nous nous habitons. Je ne cours plus après ma vie, je te prends par la main.

Publié dans Prose

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J'ai vu tomber...

Publié le par la freniere


J'ai vu tomber beaucoup d'enfants tristes
le long des grands boulevards
une immense douleur avait fauché brusquement
leurs visages désertés par l'éclair des îles
en tombant ils trouvaient encore la force
de crier les mots dont la signification était oubliée depuis longtemps


j'ai vu tomber beaucoup d'enfants tristes
à l'intérieur des zones industrielles
où les amantes maigrissent à vue d'œil
où les gestes rouillent comme les vieux océans
je les ai tous enterrés
dans le petit cimetière des métaphores


dans chaque mot que j'écris
rougeoie la chevelure de l'un d'entre eux


André Laude

Publié dans André Laude

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere


Ce n'est pas vraiment l'agent mais l'argent qui demande les papiers.

Publié dans Aphorisme du jour

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Si ton couteau veut ma gorge

Publié le par la freniere


Si ton Livre se veut la frontière de ma vie
Si ta prière appelle ma mort
Si avec Eux tu dis
"Musulman, serviteur de Dieu !
Un Juif se cache derrière moi, viens et tue-le"*


Si ton couteau veut ma gorge, apprends à pleurer
Comme je pleure pour les enfants qui sont tiens
Comme je pleure pour les enfants qui sont miens


Si avec Eux, cela tu dis
Apprends à gémir et à maudire
Comme le font les mères de mon peuple
Comme le font les mères de ton peuple
Apprends la misère et la mort
Car au jardin de Dieu
Il n'est que l'Amour pour sauver les hommes


Si avec Eux tu dis
La Djihad est un devoir
Encore il nous faudra avoir mal
Comme ces jours derniers j'ai eu mal à tes enfants
Comme ces jours derniers j'ai eu mal à mes enfants
Mal à ton peuple, mal à mon humanité
Comme j'ai eu mal à notre sang
Car nous sommes frères de sang


Si ta nuit est comme ma nuit
Si ton ciel est comme mon ciel
Si ton cœur est comme mon coeur
Si tes rêves sont comme mes rêves
Avec moi
Pleure sur les pogroms, sur le Darfour, sur Srebrenica, sur les tchétchènes
Apprenons la Paix, effaçons le barbelé
J'apprendrai la confiance tu oublieras la bombe


Viens et j'essuierai tes larmes
Viens et tu sècheras mes larmes
Viens, j'ouvrirai mon chemin, mes bras, mon cœur
Avec toi je dirai :
Musulman, Juif, Chrétien, serviteurs de Dieu !


Avec toi et tous les hommes
L'amour plus fort que la haine je dirai :
Le monde est notre jardin
Le temps est venu, pour toi, pour moi
Pour nos enfants d'en partager les fruits
Le temps est venu de semer l'Amour.


*Extrait de la charte du Hamas (Hadith de Bukhari)


L'n Kaoua

 


Publié dans Poésie du monde

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Depuis ta naissance (France)

Publié le par la freniere


Depuis ta naissance Léo
Le jour et la nuit ont changé d'horloge
Le temps de ma vie bat dans le tien
Ta vie à petits bruits

Tes soucis de biberon

Ton front qui se plisse
Ta tête si petite et si lourde au creux de mon bras gauche
Tes yeux encore remplis de nuit qui cherchent et s'étonnent


A l'affût d'un cri je tiens ton sommeil contre moi
J'aime ce pouvoir dont je dispose pour calmer tes peurs

Depuis ta naissance Léo
Le jour et la nuit ont changé d'adresse
Voici le monde et son jardin Des couleurs des fruits et des fleurs

Nous avons commencé notre dialogue futur
Tous les mots seront à toi

Depuis ta naissance Léo
J'entre le matin dans ta chambre tu dors

Et j'écoute respirer pour la millième fois
J'écoute respirer pour la millième fois le commencement du monde


pour Léo, son fils, juillet 2007


Rémy Arnaud            inédit

 



Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere


Lorsque tout un peuple porte avec autant de force l'amour pour la terre de ses ancêtres, aucune bombe, aucune force, si puissante soit-elle, n'est en mesure de réduire sa détermination, même si celle-ci peut connaître des moments de faiblesse. Multiplier les colonies, sacraliser un apartheid en construisant un mur semblable à celui de Berlin - que personne n'imaginait qu'il s'effondrerait un jour -, créer des « bantoustans » à l'image d'une Afrique du Sud raciste qui n'existe plus au XXIe siècle, tout cela n'attire certainement ni l'amour, ni l'amitié. Sans exception aucune, les poètes palestiniens évoquent constamment et dans toutes les langues cette humiliation et la négation quotidienne de leur peuple de la part d'Israël. Si leurs mots ne font jamais (ou alors très rarement) la une des journaux, des radios ou des télévisions, ils s'enracinent toujours plus dans les cœurs et les consciences, celle des Palestiniens d'abord, mais aussi celle des citoyens du monde entier qui, mêmes silencieux, découvrent de plus en plus l'horreur d'un dictat historique.

Benaouda Lebdaï


Publié dans Ils ont dit

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere


Quand un enfant trouve le temps long, c'est que le temps est long.

Publié dans Aphorisme du jour

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