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Salut Reynald !

Publié le par la freniere

L’acteur, dramaturge et concepteur Reynald Bouchard est mort dimanche dernier d’un arrêt cardiaque à l’âge de 63 ans.

 

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique, Reynald Bouchard a joué au théâtre, à la télévision et au cinéma. Dès le début de sa carrière, il s’ouvre à l’improvisation et aux arts du cirque. Ces disciplines marqueront son univers dramatique.

 

À la télévision, il fait rire les plus jeunes avec ses rôles dans Pop citrouille et Hibou, chou, genou. On lui confie également plusieurs rôles de soutien dans des séries dramatiques dont Les Filles de Caleb, Blanche et  Marguerite Volant.

 

Au cinéma, il a entre autres tourné avec Gilles Carles (La vraie nature de Bernadette, La Tête de Normande St-Onge), Jacques Leduc (On est loin du soleil), Patrice Leconte (La Veuve de St-Pierre), Alan Rudolph (The Moderns) et Jean-Philipe Duval (Dédé à travers les brumes). On gardera parmi les trésors de notre cinéma sa touchante interprétation du boiteux ingénu de La vraie nature de Bernadette et de son farfelu Noël de Noël et Juliette.

 

Parallèlement, il écrit deux recueils de poésie, des pièces de théâtre et de nombreux one-man shows. De 1987 à 1990 il fait le tour de la province avec son très personnel et bouleversant spectacle solo Le cri d’un clown. En 1991, il fonde l’Auguste Théâtre où il monte des spectacles-événements qui donnent naissance à son concept architectural La cabane magique, et Noël dans le parc au cours desquels le public peut apprécier ses talents de conteur, d’improvisateur et de concepteur événementiel.

 

Récemment il a joué dans le court métrage Roastbeef. Audacieux ballet, ce court film réalisé par sa fille Miryam Bouchard immortalise son histoire d’amour avec sa compagne.

 

Il laisse dans le deuil sa compagne Louise, sa fille Miryam, ses frères Jocelyn, Marcel et Laval, sa sœur Claude, ses filleuls Jean-Philippe et Amandine, ses belles-filles Romy et Jeanne et sa petite-fille Alice.

 

Parents et amis sont invités à lui rendre hommage le dimanche le 16 août, de 14 heures à 20h30, chez Memoria au 4231 St-Laurent . À 17h30, il y a aura une cérémonie commémorative et à 20h30 une marche jusqu’au Parc Lahaie où se déroulait Noël dans le Parc depuis 15 ans.

 


Bibliographie sommaire:


LA GUEPE

Un film de Gilles Carle
Avec Chloé Sainte-Marie, Warren Peace, Ethne Grimes, Claude Gauthier, Donald Pilon, Gilbert Turp, Paul Buissonneau, Alain Villeneuve, Jacques Tourangeau, Guy Godin, Yves Dubreuil, Jean-Pierre Cartier, Reynald Bouchard, Len Watt

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LA TETE DE NORMANDE SAINT-ONGE

Un film de Gilles Carle
Avec Carole Laure, Raymond Cloutier, Reynald Bouchard, Carmen Giroux, Gaetan Guimond, J. Léo Gagnon, Anne-Marie Ducharme, Renée Girard, Denys Arcand, Yves Massicotte, Marcelle Pallascio, Robert Gravel, Jean Comtois, Gil Laroche

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LA VEUVE DE SAINT-PIERRE

Un film de Patrice Leconte
Avec Daniel Auteuil, Juliette Binoche, Emir Kusturica, Michel Duchaussoy, Christian Charmetant, Philippe Magnan, Philippe du Janerand, Marc Belano, Catherine Lascault, Ghyslain Tremblay, Reynald Bouchard, Yves Jacques

  •  

LA VRAIE NATURE DE BERNADETTE

Un film de Gilles Carle
Avec Micheline Lanctôt, Donald Pilon, Reynald Bouchard, Robert Rivard, Willie Lamothe, Ernest Guimond, Maurice Beaupré, Julien Lippé, Claudette Delorimier, Pierre Valcour, Yvon Barrette, Yves Allaire, Yannick Therrien, Gilles Lajoie

 

 

 

 

Publié dans Prose

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À la Gamacherie

Publié le par la freniere



En récital à la Gamacherie

Publié dans Prose

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Retailles

Publié le par la freniere


J’ignore de plus en plus ce que veulent les hommes. Je les regarde scier la branche qui les porte sans comprendre pourquoi. Avec leurs visages de vainqueurs, ils sont trop souvent les renards de la fable ou les dindons de la farce. Leurs pas de prédateurs empoisonnent les routes et rendent inaccessible le simple don d’aimer. L’espoir à la main, l’amour au cœur, je guette le miracle d’un sourire dans une foule hargneuse, le rire d’un enfant au sortir de l’école. Les gens qui partent travailler abandonnent leur vie quelque part en chemin. À force, ils ne la trouvent plus. Je bute un peu partout sur ces miettes de vie que je voudrais leur rendre. Dans tout ce qui est mort, le vivant tient son bout. Une maison se dresse dans un arbre abattu, un champignon, une fourmilière, une ruche. Le plus petit proton nous amène à l’immense.


J’écris moins un récit qu’une approximation, une déambulation, une façon de regarder la vie, un léger désordre entre les mots, une fourmi qui rappe entre deux cailloux blancs, un p’tit bonhomme verbal échappé des grammaires. J’avance mot à mot, la promesse d’un livre tatouée sous la peau. J’écris phrase par phrase comme une femme coud de vieux morceaux d’étoffe pour en faire un patchwork. Je pourrais vivre n’importe où, tant que bat l’invisible, qu’une mince lueur éclaire mes entrailles, que la bonté lève la tête derrière les barricades. J’ai choisi la montagne, la neige, les étoiles. Dans le grand nid du temps, une brindille qu’on casse et tout peut s’écrouler. Dans le jardin qui pleure, une fleur qu’on arrose et le printemps est là.


Je suis au cœur du monde, dans l’œil du cyclone, au milieu du volcan. Peintre fou qui brûle ses couleurs, je vais chercher mon eau dans les entrailles de la vie, les chantiers d’ombre pure. Je ramasse ce qu’on jette pour en faire mon pain. J’écris si loin de la littérature, dans l’embrasure du cœur, dans un recoin de l’âme, la coquille des œufs, la résine et la sève. Je griffonne quelques mots sur le dos de la vie, des mots comme la limaille qu’attirent les aimants, des phrases mêlées au sang, à la sève, aux épines, des lignes frôlant parfois la part manquante de l’homme. Chaque jour est un jour où l’on pourrait mourir. Chaque mot peut être le dernier. Aucun amour n’est de trop.


Un enfant joue avec mes phrases. Elles volent en éclats. Il suce les voyelles et lance les consonnes aux quatre vents. Trop tôt, il ne veut plus d’images mais des récits, une histoire, une parole d’homme. Il ne veut plus de contes mais compter les voyelles, peser le poids de l’encre. Il ne veut plus de fées, de lutins, de géants mais un attaché-case et un écran géant. C’est une époque de métal à l’âme rouillée par la monnaie, à l’espoir rongé par un dieu de papier. J’écris des pages dans le noir pour éclairer ma vie. J’avance à la lumière de l’encre. J’enfonce mon crayon dans l’herbe des images. Je donne un nom de fleur aux nuages qui passent, un nom d’ange aux cailloux. Je donne des prénoms aux arbres de la cour. Je donne quelques mots en échange du vent.


Face au mépris de l’essentiel, il faut savoir perdre son temps, marcher sans but et rêver l’impossible. Je recueille les mots entre les bruits, entre les verres, entre les hommes, les mots banals, les mots qui passent inaperçus, les mots simples du jour, un alexandrin qui s’ignore, une plume d’oiseau, un signe ou un présage, les muscles d’une phrase. Il me faut brûler des pages, faire feu de tout bois. Dans la cendre des mots peut surgir un poème, une lettre d’amour, une source imprévue. S’il n’y a pas d’écho, persiste. Tu finiras peut-être par entendre le silence répéter le silence. Qu’importe que la route ne soit pas fréquentée, continue de marcher loin du murmure marchand, parmi les choses pauvres, tu finiras par voir la lumière, là où chaque pas est une leçon d’éternité. Il suffit simplement d’être là et d’accueillir la vie.

 


Publié dans Prose

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Walakté au Mont Arthabaska

Publié le par la freniere



Spectacle gratuit au Mont Arthabaska à Victoriaville. "Walakté", c'est le nouveau nom du groupe "Le vent dominant" qui accueille  un nouveau musicien, Anit Ghosh, super violoniste!!!

Jeudi 20 août à 19 heures.


Publié dans Prose

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Le pont couvert

Publié le par la freniere


photo: Christiane Tremblay

Défense de troté




Publié dans Accessoires

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Le signet du coeur

Publié le par la freniere


Pour certains, le monde n’est qu’une tirelire géante. Ils préfèrent le bruit des tiroirs-caisses, le froissement des monnaies aux strettes des oiseaux, à la fugue des vents. Ils remplissent leurs poches mais se vident le cœur. Enfant, j’entrevoyais tant de choses, que je les cherche encore. Lorsque le cœur monte au visage, il m’arrive de croire à la bonté des hommes. Sans rêve, le sommeil devient analphabète comme un hiver sans neige. Le livre est une maison où se croisent parfois les vivants et les morts. Les fleurs qu’on sème au cimetière sont un signet du cœur. Il nous faudra toujours du ciel pour respirer. Même sous l’eau, avec une bonbonne à oxygène, c’est avant tout le ciel de la mer que nous respirons par les yeux. Ceux qui éteignent les lumières sont toujours les premiers à se plaindre du noir. Dans les premiers livres qu’on lit, il y a si peu de mots qu’on apprend à écrire. Le premier alphabet est celui des images.


À force d’acquérir des choses rendant la vie plus facile, on oublie de la vivre. Je me suis toujours cru un étranger sur terre. En fait, je suis plus étranger aux hommes que je le suis des pierres, des bêtes, du soleil. Il est difficile de vivre dans un monde auquel on ne croit pas. Un vieil érable dans ma cour a des ennuis de santé. Un autre manque de chlorophylle. Deux ou trois mésanges les veillent jour et nuit. Il y a chez les oiseaux des mésanges infirmières comme il y a dans une main un doigt plus menuisier qu’un autre, un pouce contremaître et un index qui ne sait pas quoi faire. Lorsque je parle à quelqu’un debout devant moi, je regarde son visage mais j’écoute son ombre. Il y a une lumière éclairant chaque détail de la vie mais on ne la voit pas, sauf parfois une lueur dans les yeux.


Quand j’enlève un livre de ma bibliothèque, j’ai toujours un pincement au cœur. La boite où je les range a l’air d’un cercueil. Les étagères s’allègent mais les mots s’alourdissent. Je n’ai vu sur aucun papier une plus belle écriture que celle de l’arbre dont il provient. Le vent préfère au feuillage des mots une écriture végétale. Il y a souvent un rouge-gorge sur le rebord de la fenêtre du bureau où j’écris. À chacune de mes lignes, il chante ou fait la moue. Notre conscience se manifeste où elle veut. Dans la vie, il n’y a de pur que l’amour et la mort. Tout le reste n’est qu’un brouillon. Je cherche un lieu sans méchanceté, le chant d’un rossignol ouvrant toutes les portes, le sourire d’un bonjour sans arrière-pensée. Je ne cherche pas la consolation mais le courage d’aimer.


On met tant de délicatesse dans les choses pour ne pas voir qu’on piétine la vie. J’aime que les phrases laissent voir leurs ratures. Dans le tricot des jours,  j’ai un faible pour les mailles qui filent et les manches trop longues. Les enfants qui commencent à marcher franchissent en quelques pas des siècles tout entier. Les journées où je ne fais absolument rien me rendent plus léger. Je regarde, j’écoute et j’écris. Trop peu de gens ont le courage de ne rien faire. On les a dressés pour qu’ils aient peur de la liberté. Ils ne savent plus parler aux arbres ni sourire aux oiseaux. Quand je marche dans les bois, il m’arrive d’aligner des mots entre les arbres. Ils y prennent racines à l’abri de la page. Il arrive pourtant que leurs bourgeons s’échappent et rejoignent mes phrases.


Si on vit souvent pour peu, on ne meurt jamais pour rien. Il se peut que la vie commence par la fin. On l’apprend pas à pas, chacun à sa manière. La route que prennent les enfants n’a pas appris à lacer ses souliers. Elle zigzague et eux foncent tout droit avec l’entêtement d’un pic bois. Ils tombent et se relèvent, leurs menottes appuyées sur le vent. Du brin d’herbe à l’étoile, la terre est une immense lettre qui s’écrit sans cesse. Les phrases éclosent au printemps. La neige les rature le temps d’apprendre à lire. Les oiseaux dessinent. Les fleuves chantent. Les lacs font le dos rond comme des points de suspension. L’herbe s’écrit au ras du sol, entre les pas et les averses. J’aime les petits mots doux comme du miel, les petites choses infimes. Je resterai toujours dans les petites classes de l’écriture, la langue sortie, penché sur mon cahier, écrivant de la main gauche et dessinant de la droite. Je resterai toujours ce mauvais ouvrier mélangeant les voyelles avec les écrous, emmêlant les consonnes au fil du silence, conjuguant la sagesse avec les faux pas. Les mots peuvent parfois guérir du désespoir, rarement du rhume. Je leur mets un cache-col en hiver, une petite laine le soir lorsque le vent se lève.


Je n’ai tracé aucune ligne pour ma vie. Je recherche à tâtons ce que je dois trouver sans savoir ce que c’est, un murmure d’eau entre deux pierres, un rayon de soleil au milieu de la nuit, le bras manquant d’un mot, trois fois rien dans ce vide auquel s’accrocher, un cœur coupé en deux cherchant sa cicatrice, une seule étoile brillant pour moi. Chacun de mes livres est tout juste une cabane, une maison de rien du tout ouverte à la lumière, meublée de bric et de broc, de métaphores usées, de crayons de cire et des poils d’un loup. Les mots bougent à peine sous la poussière qui brille. L’espoir d’une phrase les redresse parfois. Les années tournent avec les pages. Au bord de chaque matin, la signature du soleil est toujours émouvante.

 


Publié dans Prose

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La tour de Julos Beaucarne à Saint-Norbert

Publié le par la freniere


photo: Christiane Tremblay

Publié dans Accessoires

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D'un blog à l'autre

Publié le par la freniere







mise en page: Jean-Marie Dutey

voir la suite sur son blog

Publié dans Glanures

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Le linge des mots

Publié le par la freniere


 

            Ce ne sont pas les mots qui comptent mais ce qu’ils cherchent à dire. Dans l’absolu du monde, il y a moins de différences entre un siècle et une heure qu’entre deux gouttes de pluie. J’habite une maison d’orage, un nid de ronces. La corde au cou, le stylo bien en joue sur une cible absente, j’écris à partir d’un noyau, d’un ver dans le fruit, de la griffe d’un loup. Ce n’est pas drôle tous les jours de regarder le monde mais il arrive que le passage d’un chevreuil fasse oublier la guerre, le commerce, la faim. Le passé se replie dans le linge des mots pour essuyer ses pas. Quand le soleil se couche, le jour ne part pas vraiment, il laisse à la nuit l’odeur des jacinthes, la rosée du matin, les souvenirs de l’herbe.


J’aurai passé ma vie à ne pas dire un mot. Je me rachète en écrivant. Sur la balance du temps, une poignée de secondes suffisent à l’espoir. Perdus dans le langage informatique, analphabètes du cœur, on n’entend plus crier la terre. On ne lit plus la prose des feuillages, les lettres hâtives de la pluie, la lenteur de la neige, la course des nuages, la mémoire des galets, le livre des visages. On ne voit plus sauter les truites ni les moineaux faire du trapèze. On regarde l’écran comme on regardait Dieu. On parle sans parler. On fait semblant de vivre. Parmi les choses qui apparaissent et disparaissent, il y en a d’autres qui semblent avoir toujours été là, une certaine chanson que me chantait ma mère, la première gorgée d’eau, la première brûlure, le premier mot d’amour, un nid en ruines au bout d’une branche, une certaine vague sur le fleuve que je revois encore quelques années plus tard. Il y en a qui marchent sur la pointe des pieds et qu’on ne voit jamais. Ce sont eux qui soutiennent le monde.


On voit rarement la bonté ou la lumière dans son plus pur éclat. Il me suffit de l’entrevoir pour savoir qu’elles existent. Toutes les fleurs se touchent par les yeux qui les voient. Les mains des magiciens sont plus vides qu’on croit. Les vrais lapins courent encore dans les bois. On ne compte pas les perles dans les registres de la mer. Fuyant la tyrannie de l’utile, je peux vivre une heure complète dans le calice d’une fleur, le cocon d’une fourmi ou la page d’un livre. Je me sens à l’aise dans une remise de jardin. J’y trouve plus de mots que dans une salle de bal. Quand on dit que le monde est un grand livre ouvert, c’est vrai, mais si peu d’hommes le lisent. Ils regardent hâtivement un oiseau s’envoler, une bête s’enfuir, sans même finir la phrase.


On recherche rarement la beauté où elle est. Trop de rideaux de chair nous empêchent de voir. C’est à la mort de ma blonde que j’ai le plus connu la gratitude, celle d’avoir connu l’amour.

 


Publié dans Prose

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Tout

Publié le par la freniere


Quittant le pire, je ne veux pas le mieux, je veux le tout. Toute la lumière. Toute la vie. Plus que la vie. Je te veux. Je te veux comme la terre le soleil ou comme un fleuve espère une île. La nuit s’est glissée hors de moi pour te rejoindre, mon amour. Il n’y a plus de temps. Il n’y a plus d’espace. Il n’y a plus que nous en marche vers ailleurs. Quand j’écoute mon cœur, j’entends battre le tien. Malgré nos différences, nous sommes un même corps. Tu fais partie de moi. Je fais partie de toi. Mes mains sur tes épaules deviennent tes épaules. Tes rires sur ma bouche deviennent mes paroles.

           

Je mets pour toi toutes les langues du monde dans le français du mot aimer. Chiholloli. Mahal kita. Te Amo. I love you forever. Je t’aime mais pas seulement. C’est bien plus qu’aimer. C’est beaucoup plus que vivre. Je me sens plus vivant quand tu souris pour moi. Tu parles comme un ange. Tu aimes comme une femme. Nous bâtissons à deux une maison d’amour, plus pure que le désir, plus belle que la vie, plus grande que le monde. Je déplace des montagnes pour aller jusqu’à toi. Je t’apporte mon fleuve, mes rivières, mon loup, le vent bleu du Saguenay. Je t'aime comme tu es, dans l'immense et le pur, au-delà, bien au-delà de ce qui est, de tout ce qui peut être.

           

Il n’est de véritable vie sans amour véritable. Les arbres dans ta cour ont des racines ici.  Je te mange des yeux. Nos mains nourrissent les caresses. Je ne te cherche plus. Tu es toujours en moi. Quand le jour va tomber, quand le soleil se lève, quand le temps disparaît, dans l’intime de tout. Quand la lumière s’éteint, je m’éclaire à ton ombre. Je monte avec toi et la hauteur monte toujours plus haut. J’interroge le vent et c’est toi qui réponds. Je n’appartiens ni à la réalité ni à l’au-delà. Je t’appartiens. Tes pas ne mènent nulle mais partout à la fois. Les miens vont où tu es. Ma force est ce mouvement qui m’entraîne vers toi.

           

Il n’y a pas d’autre toi que toi, sans avant ni après. Il n’y a pas d’autre nous en nous. Il y a toi et moi. Avec toi, l’infini a remplacé le néant. La moindre des secondes a retrouvé son sens. Ma vie s’est agrandie pour te faire une place. Avec toi, je peux toucher le ciel du bout des doigts, faire monter la mer au milieu de la chambre et tendre l’arc-en-ciel vers la cible du cœur. J’ai ta peau sur les os et ta voix dans la mienne. J’ai ton visage dans les mains, ta beauté dans les yeux, ta bonté sur le cœur. Je t’écoute. Je t’entends. Je te donne la main. Je crois en toi. Je bois à toi comme on boit à la source.

           

Je grimpe au sommet de tes phrases. Je me blottis dans chaque mot, chaque virgule, chaque voyelle. Ton alphabet m’inscrit au milieu de l’azur. Je t’aime comme une pluie qui tombe, un orage qui gronde, un soleil qui brille. J’ai ce besoin de toi comme j’ai besoin d’eau. Je mange en pensant à toi, la fraise de tes lèvres, le sel de ta peau. Je lèche l’eau de pluie, la rosée, la tendresse. Tu es magique. Tu es bonne. Tu es tout mon amour. Nous sommes si près l’un de l’autre, au plus intime, au plus secret. Ton sourire vient de loin à l’intérieur de toi. Je cours sur tes talons quand tu pars en courant. Je dors quand tu dors. Je m’allonge, la tête pleine de toi.

           

Habitant du désert, je regarde ta beauté comme on regarde une oasis. J’ai si soif de toi. Les yeux ouverts, les yeux fermés, j’ai volé tant d’images de toi. Ta beauté me les donne. Là où tu es devient un lieu sacré. Encanté sur ta voix dans le chambranle du monde, je n’en finirai pas de boire ton soleil aux lèvres incandescentes. L’infini fait sauter les charnières du cœur et laisse passer l’amour. Dans la tendresse commune où l’être est sans défense nous retrouvons l’enfance et la force de vivre. Je t’attends. Tu viens. Je t’accueille. Je te prends. Je te réponds comme une source atteint la mer. Sans réserve. Sans peur. Je t’aime inévitablement. Chaque caresse est un surcroit de sève, une réponse à la vie. Notre je prend son sens dans la force du nous. Dressés devant l’infini, délestés de l’espace et du temps, nous sommes nus, nous sommes nous, sans autre destin, sans autre dessein qu’aimer, là où mes mains touchent tes seins, là où le sang des amoureux croise le sang des saints, là où la chair et l’esprit se confondent l’un l’autre.

           

Peu importe où je vais, je t’attends. Peu importe où je suis, je vais toujours vers toi. Je t’aime comme en dehors et en dedans de tout. Je t’aime comme on apprend à vivre, comme on rit sans raison, comme on pleure de bonheur. La route fait des ronds sous nos pas d’herbe claire. Je te touche plus qu’avec la peau. Je t’aime plus qu’avec le corps. Assis l’un en face de l’autre, nous allumons la nuit. Les étoiles pâlissent devant tes yeux si beaux. Quand tu remues tes cils, mon cœur bouge plus vite. Dans ce nid de présence, il nous pousse des ailes.

           

Tu n’es pas seule. Tu ne le seras jamais. Pose ton eau sur mes épaules terrestres. Je t’aime de plus en plus fort, de plus en plus doux, de plus en plus toujours. Des petites flammes dansent dans tes yeux en me faisant des signes. Je les déchiffre avec le cœur. Dans tes odeurs de fleurs, la nature tout entière m’ensorcèle et m’enchante. Je m’éveille toujours du côté du soleil, une jambe chez toi, l’autre chez moi, emmêlé dans nos mots comme d’une courtepointe, ma langue sur ta peau, une main entre tes jambes, ta tête sur mes épaules. Nous buvons tous les deux à la même eau profonde, une eau de ressemblance. Même mort, même ailleurs, je serai toujours là.


Publié dans Prose

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