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À force de racines

Publié le par la freniere


Tout l’univers respire par les trous de ma peau. J’écris au coude à coude, à la charnière de vivre. Les pages blanches sont des maisons hantées où le fantôme des mots finit par prendre corps. J’écris debout, les phrases appuyées au bas des reins, le sens au bout des doigts, les virgules en syncope, le paysage enfoncé jusqu’aux yeux, l’ivresse du sensible dans la voix. L’encre ne sèche pas tant que je suis dedans. Je trébuche devant les images exactes. Je me retrouve sans cesse à un croisement, l’intime en bandoulière, l’imprévu dans la voix. Je vais où je n’irai jamais. Je dis ce que l’on ne peut pas vivre. Les mots des autres collent à ma peau comme la pluie et leur silence ne lave rien. Le monde qui s’anime dans l’argot du peuple s’anémie dans le jargon des juges. Je cherche l’impossible à la croisée de l’homme. Je ne vis pas dans mes souliers mais dans mes pieds. Je marche dans ma tête où l’ange du bizarre agite mes neurones. Il pleut à boire debout lorsque le ciel à la bouche pleine de mots. J’habite dans mon cœur. Je prends l’air dans mes veines. Je marche dans mes phrases. Au lieu de lire les journaux, je convoque les lutins. Je ne cherche pas une demeure habitable mais un sentier perdu peuplé de fées, de feux follets, de farfadets. Je n’ai pas besoin d’un Dieu mais d’un nouveau crayon. Chaque arbre est un phénomène, la voix aussi, le creux des reins, le grain de la voix qui germe en chanson, la caresse qui règne dans le gratin des gestes. L’homme sans mots se cherche dans les choses. Ma langue déglutit le corps du paysage, la chair des étoiles. Je ramasse les mots comme un soleil mis en boule. Je m’arc-boute sur la page. J’écris debout comme un arbre survit à force de racines.

 

 

Publié dans Prose

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Malgré moi (France)

Publié le par la freniere

 

Épuisé de ne rien comprendre à ma vie

Je pourrais m’en inventer une autre

Cela s’est vu

 

Mais qu’en ferais-je ?

Nulle envie

D’aller plus loin plus haut plus vite que le temps

Qui met dix ans à faire une heure vive

Mais n’est pas là lorsque la balle arrive

 

J’ai besoin du train-train de la métaphore

Il me faut être ce buisson

Qui marche dans le feu mais jamais ne flamboie

Qui pense et ne se pense pas

 

Je ne peux me passer de ma souffrance

De veilleur sans fenêtre

Il faut que jusqu’au bout je sache

Que j’existe et que je meurs

Malgré moi.

 

Jean Rousselot


Publié dans Poésie du monde

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La cabane à mots

Publié le par la freniere


La cabane à mots évadée dans les bois revient à la maison.

Publié dans Accessoires

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Mine de rien

Publié le par la freniere


Je ne vois pas les anges mais le bruit de leurs ailes agite mes papiers. La poésie est comme une vieille qui a faim. Elle ramasse tout ce que l’on jette et trouve l’or dans l’ordure. Elle boit comme le vent dans les arbres mouillés. Que faire avec la bonté dans ce monde marchand? Chacun ajoute un masque sur son visage de tigre. La vérité se cache comme une fugitive. Il faudra bien un jour mettre le feu dans les ténèbres, ouvrir une porte entre les murs de la peau, faire éclore au jardin la fleur de la farine et remettre le pain dans les mains collectives. Nous ne sommes pas venus au monde pour nous vendre au marché. Trop de bétail déjà hante les abattoirs. Trop d’hommes perdent leur âme sur les champs de bataille. J’entre dans l’air noir, une chandelle à la main. Le monde se découvre pétale par pétale. Malgré les fruits de l’ombre, une sève de lumière féconde chaque jour.


Je ne vois pas les fées mais j’entends rire les enfants. Écolier de la vie, c’est en auditeur libre que j’apprends l’alphabet des oiseaux, la syntaxe des pierres. Je corrige à la plume mes devoirs terrestres. Je collige les pages écrites par le fleuve, les phrases inachevées du vent. Je dois rendre à la terre les fruits qu’elle me prête. Compagnon de la neige, je protège le feu. Je chante pour unir les oreilles inégales.  Petit voleur de pommes, je croque dans les mots jusqu’au pépin du sens. De la pierre à la peau, je remonte les siècles. Le vent frappe à la porte pour qu’on ouvre son cœur. Je parle avec l’hiver, le brin d’herbe, la nuit. J’appartiens aux racines, aux épines, à la fleur. Nous avons peut-être encore le temps d’aimer, d’être juste et sincère. Près de la source ou dans la cendre, un même rêve s’entête.


Je ne vois pas les gnomes mais les arbres bouger. La légèreté des feuilles s’appuie sur la patience des racines. Elles peuvent s’envoler et retomber sans crainte. Elles reviennent nourrir le placenta de la terre. Lorsque le jour se lève et se met à courir, j’aime bien me réveiller vivant, sourire au paysage et croquer quelques mots. J’ai dans mes veines tous les fleuves du monde, la terre sur la peau, le monde au bout d’une phrase. Quelques heures plus tard, il y a toujours un colporteur marchandant le réel, volant mon rêve et mon espoir. À la fin du voyage, je serai un caillou, un simple atome d’homme, un neurone égaré dans le cerveau d’un singe, un arbre qui s’étire sous le manteau du vent. Je serai la virgule où trébuche la vie. Les mots sont si vastes qu’on s’y noie.


Je ne vois pas les dieux mais j’entends les fusils des croyants. Je me souviens trop bien des soutanes puantes et de l’encens d’église étouffant les fous rires. Nous savons qui fabrique la mort, la pauvreté, la faim. Nous savons qui provoque la guerre, le désespoir, l’ignorance. Ce sont les mêmes qui adorent un veau d’or. Ils attendent un courriel de Dieu, cherchant sur un portable la preuve qu’il existe. Je ne veux plus de mensonges, de péchés, de prières enrouées par la foi. Je ne suis pas marin. J’ai trop peur de la mer. Je navigue à l’estime, à l’encre et au crayon, de naufrages en ratures, de brouillons en épures, de bouteilles à la mer jusqu’à l’ile aux trésors. Je traverse la vie la tête à l’envers, des jours sans pain au blé qui lève, avec des nuits blanches à rêver en couleurs. Je veux boire des mots toute l’eau des visages. Mine de rien, je dessine l’amour sur le papier du cœur. Je n’écoute plus les hommes mais les fleurs pousser, la pluie tomber, le vent souffler.

 


Publié dans Prose

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Le vent quitte la chambre

Publié le par la freniere


L’éternité est proche de celui qui n’a rien. À force d’acheter, on rature son âme. Le monde est trop bordé de choses. Le vent quitte la chambre. Les orages s’éloignent. Même la pluie porte un imperméable. On fait taire à la hache le peuple végétal. Quand on ouvre les yeux, il n’y a plus de flammes. Le regard ne sait plus s’il voit. La femme reste cachée derrière sa nudité. À quoi rêvent les pierres, les bonhommes de neige, les bras de mer qu’on transforme en moignons, les montagnes amputées? Je ne sais pas les mots qu’ils disent en silence. Il y a des mots qu’on ne dit pas de peur qu’ils se brisent. Il y en a d’autres qu’on rature sans savoir pourquoi.


La vérité est morte, sans fleurs sans enterrement. La charité s’est tuée et personne ne le sait. La justice est partie, sans carillon sans pleurs. Quand les cabanes d’oiseaux n’ont plus rien à couver, je niche dans les mots. J’écris avec une encre sentant la paille et l’eau, des images qui se mettent à voler, des métaphores en sucre, des rimes sans pétrole, des phrases dévêtues. Je dessine un brin d’herbe et c’est une forêt. Je lance des cailloux et la montagne s’éveille. Je trouve dans le sable la parole perdue. Je creuse mes poèmes dans la terre durcie.

La clef de sol déserte le peloton des ombres. Le rossignol quitte l’arsenal des portes. La quête des racines est un travail obscur. J’avance en dévorant la chlorophylle du monde. Je guette la croissance au fond de l’utérus. Je touche à l’eau et l’air, aux images du givre dans les yeux de l’hiver, à la chaleur du pollen. Je cherche le pétale caché, le noyau, la racine, la nourriture céleste. L’homme grandit avec l’arbre qui monte, la fleur qui éclot, le chevreuil qui ralle. Il rapetisse avec la monnaie, la vitesse, les lois. Certains ne sont plus que des pieds, des mains, des bras, de la chair à canon. Ils ne sont plus des hommes mais les vêtements qu’ils portent.  Les raisins de la colère finiront-ils un jour par desserrer leurs dents?


«Où vas-tu?» me demandent les pierres. «D’où viens-tu?» me demandent les plantes. Je n’ai pour leur répondre que la terre des mots. Tout nous demande d’aimer, de la lueur des étoiles jusqu’au parfum terrestre, du brin d’herbe à la neige, de la mer à la peau. Je bâtis ma demeure chapitre par chapitre, une chambre au soleil, des murs de pluie fine, la table d’un poème, une chaise en papier. Je dois me souvenir de tout, du sel et des fruits murs , du poil de la bête, du corail et du pain. Tant de regards nous cherchent que nous ne voyons pas. Chaque trace de pas laisse une petite tombe dans le sable des jours. Je transporte mon arbre avec ses racines. Je ne perds plus mon sang sous la peau du décor. Je respire par toutes les blessures. J’écris au ras du cœur, la misère à la hanche, un blues millénaire sous le blouson du temps. J’apporte dans mon crâne une histoire de l’homme, un petit bout de rêve. Du fond de ma personne, un autre me regarde. Je porte encore la vie dans mon cercueil d’os, une étincelle dans la neige, un petit grain d’espoir dans l’ivraie du réel. Il pousse des fenêtres entre les graffitis. Que mes enfants pardonnent chaque jour sans pain. Quand mon pays brûlait, je regardais le feu. Je leur lègue à chacun ma révolte, ma faim et le devoir d’aimer. En guise de testament, j’ajoute ma parole à mes années d’absence.

 


Publié dans Prose

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Vocation terrestre (Équateur)

Publié le par la freniere


Je ne suis pas venu me moquer de ce monde.

Mais aimer tous les êtres avec passion.

Je ne suis pas venu me moquer des humains.

Mais vivre et partager l’aventure terrestre.

 

Je ne suis pas venu parler mal des insectes

ni découvrir les plaies du soleil déclinant

ni emprisonner la lumière dans une cage.

Je ne suis pas venu semer de sel sur les champs.

 

Je ne suis pas venu dire que la girafe

veut imiter le cygne ou que les pins

ne sont qu’un ornement au milieu des rochers.

Je ne suis pas venu me moquer des nids.

 

Je suis venu regarder les tréfonds du monde

et caresser les choses simplement,

l’unique patrimoine de l’homme ici-bas.

Je ne suis pas venu me moquer de la mort.

 

Jorge Carrera Andrade

Traduit de l’espagnol par Claude Couffon


 

Publié dans Poésie du monde

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L'orignal égaré

Publié le par la freniere



Petit orignal ayant perdu sa mère.

Publié dans Accessoires

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Avant

Publié le par la freniere


Avant la mode et la télé, avant l’enfer du fer et des cieux en plastique, il y a eu la sève, les abeilles, la rumeur du vent, les coquillages, les étoiles. Avant les mensonges du papier et les mauvaises nouvelles, avant les rotatives du profit, il y a eu les initiales de la terre écrites avec la boue, la lave, la sueur, le langage de l’eau, du calcaire, du sang. Avant la corde et la potence, avant la banque et la monnaie, il y a eu le troc, l’accolade, la poignée de mains. Bien avant la prière, les os groupés en croix, la bannière et la foi, il y a eu la lumière, la lampe des lucioles, le pollen, l’étamine et la prière des galets. Avant, bien avant, il y a eu la matrice, l’utérus vert des feuillages, le sperme des oiseaux, le théâtre sonore des grillons, les muscles du carbone. Bien avant les habits, les habitudes, les tics, une ombre séminale a caressé la grotte. Je viens d’une mère de lumière, d’une patrie de racines, de la rumeur d’un fleuve, de syllabes d’eau pure, de voyelles sauvages, de germes, de broussailles, de semences, d’une mer éduquée par le sel, d’une terre triant ses germes de ses longs doigts d’argile.

       

La terre tend ses mains et l’homme les écrase. Je cherche l’éternel, les raisins de l’amour dans la grappe des visages, l’éclair unique, le pollen imprévu dans l’aventure des poumons, la douceur de la sève dans un vent plein d’épines. Je touille l’atmosphère, le sel invisible des secondes dans la soupe du temps. Je salue chaque érable, chaque orme, chaque chêne, leur automne à l’épaule, leur été sur la tête et leur hiver enfoui dans le sucre en dormance. Les chiffres de la pluie  comptent la fleur de l’âge. Des larmes diluviennes ont préparé la terre, de l’or jusqu’au pain, de l’espace à l’aurore. Des paupières florales couvrent les yeux du sol. Le soleil les ouvre et sème des images sur la papille des rosées. Au milieu des rafales, la ligne d’horizon équerre le chemin. Je suis passé trop vite des pupilles d’enfant aux bras d’un bûcheron, du hochet à la hache, du rêve à la parole. Je cherche l’homme entier replié dans son trou, sa musique céleste dans les failles sonores. Chaque désert cache un bouquet d’eau secrète.

 


Publié dans Prose

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Nouveaux délits no 34

Publié le par la freniere

Oct. Nov. décembre 2009
 
 
Un

automne de plus, un numéro de plus, un édito de plus. Et voilà la panne !

D’inspiration comme on dit, inspirez, expirez, inspirez, expirez… On meurt donc

entre chaque inspiration ? Ce n’est pas la petite mort, celle-là est déjà prise,

mais alors quel genre de mort ? Peut-être bien celle qui s’annonce en automne,

la mort cyclique, celle qui permet la renaissance. Tout est affaire de cycle, et

c’est donc à nous de pédaler. Inspirez, expirez, inspirez, expirez. Certes, vous

me direz que je n’ai rien à dire et je vous répondrai « et pourquoi pas ? ».

Parfois on n’a rien à dire, et c’est là que vient le meilleur, l’inattendu, la

phrase clé, l’illumination comme on dit. Et qu’est-ce que l’automne sinon une

sorte d’illumination avant l’extinction des feux ? Une dernière danse, et le vin

est  prêt. Le vin de table et le vin de l’âme. A boire en bonne compagnie

ou avec la solitude, quand on a appris à l’aimer. Tout est affaire d’équilibre,

le vin, la compagnie, la solitude. Cycle, équilibre et nous voilà au cirque,

grand cirque de la vie. 
Nous revoilà dans le cercle. Inspirez,

expirez, inspirez, expirez, inspirez….
Rompre le cercle comme on rompt le

pain, tenter l’apnée, explorer les états intermédiaires, l’intervalle… Tout est

possible.  La paix, l’os et la cible.
Écrire un édito quand on n’a rien

à dire.
 
CG

 
 
Ne me demandez plus mon

programme ;
respirer, n'en est-ce pas un ?
Emil Michel

Cioran
in Syllogismes de

l'amertume
 
 
 
 
 
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

 


AU

SOMMAIRE
 
 
Délit de

vagabondage : Ernest Pépin (Guadeloupe) nous embarque dans

L’Odyssée de la ville
 
Délit de poésie :

Isabelle Grosse (Deux-Sèvres) ; Cathy Garcia (Lot)
 
Délit

nombriliste : Marc Bureau (Tarn) s’interroge sur L’ombilic du

lombric
 
Délit d’(in)citations d’automne,

comme feuilles qui volent, fera t-il bon humus ? N’oubliez pas le

bulletin de complicité au fond en

sortant.

 

Illustrateur invité

:
Jean-Louis Millet (Val de Marne)
jlmillet@free.fr

 



 
« a atterri  à Paris, dans le Marais

d'avant les bobos, en 1946. Scientifique de formation, curieux compulsif, il

enchaîne et tresse ses passions. Très influencé par les pensées orientales, il

est récemment entré en peinture et en écriture. Il anime deux sites

http://www.zen-evasion.com  site personnel et http://www.evazine.com site

collectif » L’illustration ci-dessus et celles qui accompagnent les textes

d’Ernest Pépin sont de véritables pétroglyphes arawak gravés sur des pierres en

Guadeloupe, que Jean-Louis Millet a recopiés lors d’un séjour sur

place.
  
 
 
 Nous n'avons rien à

déclarer sinon la faim
      la faim n'a pas de

passeport
      Nous n'avons rien à déclarer sinon

la vie
      la vie n'est pas une

marchandise
      Nous n'avons rien à déclarer sinon

l'humanité
      L'humanité n'est pas une

nationalité
Ernest Pépin
in A tous les

reconduits 

 

 

 

 

 




 
Contact

: revuenouveauxdelits@orange.fr

 



 
Le choix des textes, entièrement sous la

responsabilité de l’éditeur, est complètement subjectif. Toutefois, les auteurs

restent seuls responsables de leurs écrits. Tous droits d’auteurs réservés. Sauf

autorisation, la reproduction sexuelle des œuvres autre que privée est

interdite. Le bulletin de complicité et les textes de l’éditrice sont

photocopillables à volonté. Merci de citer simplement le nom et la source.




 

À tous les

reconduits
 
(extrait)
 
La misère ne

passe pas
      Passager

clandestin
      Elle retourne au

pays
      Nos sandales ont usé les

nuits
      Nos pieds nus ont écorché les

dunes
      La rosée pleurait une terre

inhumaine
      Et nos mains mendiaient une autre

main
      Les drapeaux ont peur de leurs

promesses
      Ils se sont enroulés comme des

scolopendres
      Notre soif est retournée au feu

de notre gorge
      Et la vie nous a tourné son dos


      Tout homme qui s'en va défie

l'entour
      Dessouche une

nation
      Et lézarde une

étoile
      Et dans ses yeux grésillent une autre

vie
      Son feuillage est

d'outre-mer
      Quand tout au loin luit son

désastre
      Il fait troupeau vers les quatre

saisons
      Il fait tombeau aux bornages


      O nègres marrons

!
      Ce sont forêts de béton et d'arbres

chauves
      Souviens-toi de l'enfant mort

d'atterrir
      En un seul bloc de

froidure
      Dessous le ventre de l'avion


      Souviens-toi de sa mort d'oiseau gelé


      Souviens-toi


      Et toi

reconduit

Econduit

Déviré
      Jeté par-dessus

bord
      Taureau d'herbe

sèche
      Regarde toi passer sur ta terre


      Les yeux baissés


      Et sur la joue le crachat des

nations
 
Ernest Pépin, Lamentin le 29 octobre

2006

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Prose

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere


Nous voulions changer le monde.
Nous ne savions pas

Qu’il changeait sans nous.


Maintenant nous sommes plus près de nos morts,
Nous comptons les espèces disparues,

Les traditions perdues…


Salut, Cheyennes !
Salut à vous dans le souffle du dernier bison.

.

Gaston Puel

 

Cheyenne Autumn

 

 

Publié dans Paroles indiennes

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