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Babel (Québec)

Publié le par la freniere


Tourbillonnant dans le vent noir

de nos discours incompatibles

qui pourra donc nous reconduire

à l’origine de nos langues ?

 

Nos tours avides d’égaler

ce qui échappe à la mesure

n’ont réussi à conquérir

qu’un espace vide et desséché

 

Les souvenirs sont incapables

de rappeler à eux leurs fils

 

Il faudra mettre ses chaussures

sortir dehors et avancer

 

Mathieu Croisetière

 

La fin des mots, Éditions d’Art le Sabord

Publié dans Poésie du monde

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La laine du ciel

Publié le par la freniere


La laine du ciel s’arrache par mottons. La neige défait son ventre en milliers de flocons. La peau du sol moutonne et bêle en silence. La colline reboutonne sa chemise. Il va falloir s’emplumer comme des anges de neige. Dans les autobus jaunes, emmitouflés de plumes, tout mous comme des poupées de chiffon, les enfants ont l’air de pingouins en couleurs. Leur haleine fait comme des bulles de BD sur les hublots de givre. Elle dessine l’espoir sur la page blanche de l’hiver. Les arbres, prisonniers de la glace, n’ont plus envie de parler. On n’entend que le craquement des os sous les muscles d’écorce, quelques soupirs de neige quand elle tombe des branches. Le cœur encabané, cordant l’espoir en bûches, je reviens à la ligne.

J’ai de la neige dans la voix, des engelures aux mots. J’allume un feu en moi où je m’assois, la gorge en p’tit bonhomme. Je souris aux mésanges qui viennent se poser sur les épouvantails et les bonhommes de neige. Le cœur des arbres au bout des branches est descendu prendre la terre. Il respire mieux par les racines. La boite à malle fait des signes de peur que la souffleuse la mange. Les poteaux enneigés servent de suçons pour les corneilles, de cache-oreille pour le bois, de Cacharel pour les fées. Chante-le ton poème ô vent qui tout soulève. La langue est un loquet fragile. Elle ouvre tant de portes mais cherche sa maison. Ne rien faire fait partie de la vie et c’est moins dangereux que de faire la guerre.

J’essaie de dire ce qu’il faut dire. J’essaie de lire le braille de la neige sous la laine des mitaines. Les oiseaux font des trous dans l’air pour que le vent joue de la flûte. Je saute la clôture narrative, le commencement, le milieu, la fin, le cliché des chapitres. Je me balance d’un pied de phrase à l’autre sans respecter les temps, sans règles normatives, sans thermomètre dans le cul du récit. Entre deux pages, je me retrouve sans pelle au milieu de la neige. Voilà ce qui arrive quand on écrit des livres. Il neige sur la table. Un ruisseau court entre les choses pour échapper au froid. Une anémone s’ouvre au bout de chaque ligne. On n’explique pas la beauté. Le temps fait les choses beaucoup mieux que les hommes. Quand j’écris, je deviens plus que moi, une simple goutte d’eau dans une rivière de soif, une miette de pain dans une miche de faim. Il est plus facile de vivre en hiver quand on se prend pour le printemps. Un caillou dans la main est une caresse de la terre.

Finirons-nous un jour par dépendre Riel ? Trop de sang éclabousse l’eau fragile des yeux. Sans racines, il n’y a pas de feuilles. On traverse le fleuve en oubliant ses rives. J’ai remis mon panache et brame dans la nuit. Je guette sur les lèvres tous les mots oubliés, les caresses au bout d’un doigt levé, les jeux de la lumière qui surgissent de l’ombre. Mes phrases marchent sur des points suspendus. Je fais chanter les mots avant qu’on les efface. Je redresse l’ancêtre sous le pin. Je grave mon enfance sur les carreaux givrés. Pêcheur de lumière dans un lac de boue, prêcheur de la paix sur un champ de bataille, j’ouvre la porte des cités avec la clef des champs. D’une rive à l’autre, la rivière se renvoie des oiseaux.

Il m’arrive de faire les cent pas dans ma tête, de mourir de soif dans les chansons à boire, de compter sur la neige les rayons de soleil. Il arrive aussi qu’un chien court dans mes pattes avec des mots qui jappent. Je ne saurai jamais où commence la phrase. Je m’accroche aux bâtons d’écriture. Je vide un sac de billes sur la page. Elles roulent en multiples zigzags. Égaré dans mes yeux, je cherche l’horizon, un petit bout de paix derrière la ligne de feu, un crouton sous la neige. Il faut toute une vie pour réparer le corps et préparer la mort.

Qu’avons-nous fait de la terre ? Survivrons-nous au dégel du pôle ? Il faudrait tant de temps pour nous guérir du mal que l’on a fait, pour retrouver le cœur dans les pièces disjointes,  pour épeler le mot amour sous les pelures du commerce et prononcer un seul mot de lumière dans cette mer de chiffres et de chiffons. Il en faut peu pour que le monde sorte de ses gonds, que l’orage montre les dents, qu’une ultime explosion ne nous laisse que cendres. Le rêve ne bat pas de l’aile mais des deux. Le reste boite sur les deux jambes. Le monde se ferme sur lui-même. L’horizon se réduit aux parois des écrans, la lumière aux néons, l’espérance aux vitrines et l’aventure humaine aux guides de voyage. Le mur des pensées a bouché ses fenêtres. Je ne veux pas finir dans ce qui nous limite mais regarder plus haut. Je veux mourir debout sans détourner la tête comme j’aurai vécu sans me fermer les yeux. Mes doigts cherchent à tâtons la peau de l’infini.

Publié dans Prose

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L'étoile

Publié le par la freniere

 

Bientôt ils vous demanderont de porter l’étoile. Une toute petite étoile, qu’on voit à peine mais une étoile quand même. Ils vous le demanderont au nom d’un idéal. Ils aiment les grands mots. Ils se battent au nom de la justice et de la liberté. Et c’est au nom de ces grands mots qu’ils vous demanderont de porter l’étoile, la toute petite étoile. Il ne faut pas s’y méprendre. Ils ne sont pas méchants, ni cruels, ils sont raisonnables et plus que raisonnables, il se battent, faut-il le répéter, au nom d’un idéal et cet idéal réclame que vous portiez l’étoile. Parce que vous n’êtes pas tout à fait comme eux. Parce qu’on doit vous protéger, parce qu’on doit se protéger. Parce que votre pensée est maladroite. Parce que vous malmenez la langue. Parce que vous sentez un peu mauvais, mais ça, entre gens polis, on n’en parle pas. Parce que vous venez de là-bas, de l’ailleurs. Parce que vous religion est primitive, n’est pas compatible avec nos valeurs, nos grands mots. Parce que vous proliférez. Parce que même si vous leur ressemblez, et il y en a qui font des efforts, ce ne sera jamais assez. Ils réclament plus, toujours plus. Et il y a toujours, toujours, ce doute, ce tout petit doute qui persiste et signe. Et si ? Et si ? Et si ? Et si c’est un imposteur, et si c’est un adepte du double discours, et si son ambition est au fond de nous convertir, de nous envahir, de nous coloniser, comme des cancrelats, comme des vermines. Vous avez beau leur dire que non, non, je suis comme vous, je suis né ici, je vais mourir ici, je crois aux mêmes valeurs, c’est mon pays, je n’en ai pas d’autre. Mais ils n’arrivent pas à vous croire. Il y a un doute toujours. Et si ? Et si ? Et si ? Il ne faut pas croire qu’ils sont méchants ou cruels, ils sont devenus aveugles. Ils ne vous voient plus. Ou si ils vous voient mais ils ne voient pas ce que vous êtes car vous êtes désormais l’autre, l’autre nécessaire. Vous aurez beau essayer de leur faire comprendre que vous êtes comme eux mais vous n’y parviendrez pas car vous êtes un type. Et vous devinez chez eux comme une déferlante de haine, comme un grand désir de dire haut et fort la haine, de se laisser aller, de vous dire de foutre le camp parce qu’on ne vous aime pas. Et le pire est à venir. Car elle est là, bien là, petite étoile qui scintille, qui brille, petite étoile qui brûle dans les esprits. Et ils vous demanderont, vous le savez, un jour, bientôt, de la porter. Ils le feront, au nom d’un idéal, au nom de ces grands mots qui fondent leur être, leur patrie. Ils ne sont ni cruels, ni méchants mais tout simplement aveugles.  Aveugles parce qu’ils ont peur.  Aveugles parce qu’ils ont oublié les leçons de l’histoire. Aveugles parce qu’ils leur faut un nouveau bouc-émissaire. Aveugles parce que les puissants les manipulent. Aveugles parce qu’il ne peuvent taire les monstres qui ruminent en eux.

 

Aveugles parce qu’il faut exterminer l’autre en soi.

 

Aveugles, comme tous les hommes, de tous les temps, qui ont oublié que la seule étoile qui vaille est celle qui dissipe l’appartenance à la terre, est celle qui suscite la soif perpétuelle de l’autre.

 

Umar Timol

 

 

 

Publié dans Prose

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Suivant mes moyens de petites réserves de chinoiseries autochtones,
c'est l'orchestre d'ensemble
que je perçois esquissé chez l'autre
par lueurs vibratoires successives
et quelques traces de poussière
dans les solos migratoires...

c'est ce qui m'interpelle au plus quotidien du creux des après-midis qui nous usent

c'est la poésie qui m'intéresse
même en politique

c'est-à-dire la certitude sans vérité
que nous déplaçons des montagnes
chaque fois que nous prenons soin du cœur des humains

et de la maison commune,

de l'homme qui frissonne.


Jacques Desmarais

 


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Comme nos montagnes

Publié le par la freniere


Nous étions en paix comme nos montagnes

Vous êtes venus comme des vents fous.

 

Nous avons fait front comme nos montagnes

Vous avez hurlé comme les vents fous.

 

Éternels nous sommes comme nos montagnes

Et vous passerez comme des vents fous.

 

Missiak Manouchian

 


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Ne laissons pas dévorer nos soleils

Publié le par la freniere


Nous avons négligé le simple pour l’insignifiant, nous avons choisi l’or qui tache les mains au lieu de l’amour qui est sans prix. Nous avons choisi la haine, la rancœur, l’amertume et nous ne sommes plus que de maigres feux éteints dans la lande. Oui, je vois des incendies, des désastres partout et quelques pauvres gens qui osent encore, osent encore dire Non mais l’on n’entend même plus leurs voix perdues dans notre nuit commune. Ils viennent de très loin, éparpillés dans l’univers, ils viennent des massacres, des misères, des tortures, ils n’ont pas de nom, l’histoire les a broyés dans la grande meule de l’oubli mais ils croient encore au vent léger des mots, à cette brise de fraîcheur, à ce sursaut des reins, à cette marche pour que le soleil ne soit pas du sang sur les pierres, pour que la malédiction ne devienne une fatalité. Je les vois toutes ces silhouettes, elles viennent parfois dans ma maison, déposent la tristesse de leurs fusils dans l’âtre et je leur offre l’eau et le pain comme aux plus mauvaises heures de l’histoire quand il fallait glisser son nom dans l’ombre, cacher l’espérance dans les chambres clandestines, mordre aux ténèbres des forêts. Quand il fallait choisir l’éclair, la foudre plutôt que le séjour provisoire des mensonges, l’hilarité des bourreaux, la lâcheté des serpents. Oui, n’abandonnons pas nos sources. Ne laissons pas dévorer nos soleils.


Joel Vernet

 


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Noel dans le parc

Publié le par la freniere

 

Nous sommes à quelques jours d'un événement gratuit et ouvert à tous :

Noël dans le parc

Jeudi 17 décembre à 19h30
au Parc Lahaie, rue Saint-Laurent, angle Saint-Joseph

avec poètes, musiciens et conteurs
Jocelyn BÉRUBÉ, Hamidou SAVADOGO,
Véronique CYR, Benoit PONTON, JUNE, DRAMATIK 13,
Yves PRÉFONTAINE, Lucien FRANCOEUR,
Danny PLOURDE, Ricardo LAMOUR.

SOIRÉE ANIMÉE par Claudine BERTRAND et Alain GINGRAS GUIMOND

Accompagnée en musique par Normand VANASSE

OUVERTURE 16ième édition:

Hommage au fondateur REYNALD BOUCHARD 
avec Alan JONES ( Cornemuse ) et AMANDINE 

NOUS VOUS ATTENDONS NOMBREUX !
TRÈS NOMBREUX !
POUR CETTE FÉÉRIE CULTURELLE 

VENTE DE SAPINS BIO ET COURONNES DE NOEL

(Feu de camp, breuvages chauds, grillades et marrons chauds
    pour le plaisir des petits et des grands )


LA PROGRAMMATION COMPLÈTE EST DISPONIBLE SUR LE SITE :
www.noeldansleparc.com

 

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Les derniers mots

Publié le par la freniere


La mer saute à la corde avec la marée. Les vagues montent et descendent. La ligne d’horizon s’éloigne et se rapproche. Une étoile tombée devient un grain de sable. Le sperme de la foudre vient féconder la plage. Déjà les herbes attendent les pas du premier homme. Il a appris la main, la marche, la caresse. Il a appris l’outil mais en a fait la guerre. Il a appris le ciel mais en a fait la foi. Il a appris l’échange mais en a fait l’argent. Il a appris la soif mais en a fait la haine. Maintenant que l’argent a tout dilapidé, les derniers mots se perdent sur des écrans géants. La vie s’enfuit par tous les trous. Même la mort n’a pas de sens. On n’aime plus les arbres qu’en planches ou en papier, les bêtes en tournedos, les huitres en colliers de perles, les rêveurs en prison et les autres en soldats. Lorsque les céréales nourrissent les autos, des enfants meurent de faim en récoltant le mais. Lorsque les éoliennes déplacent les montagnes, les bêtes, les rivières, ce qui devait servir à libérer les hommes lui forge d’autres chaînes. Le vent se cote en Bourse comme le sang des enfants, l’eau vive des rivières et le sperme des boeufs. Quand les banquiers tranchent le pain, c’est à peine s’il nous reste des miettes. Trop de chiffres et de nombres qui imitent les mots. Ils comptent les dividendes sans tenir compte des morts.


Le corps est rattaché à l’âme par les nerfs et les veines. Je le sais par les mots. Je l’apprends chaque jour. L’esprit et l’animal s’emmêlent dans le souffle. Les poumons cherchent l’air. Je vais à la rencontre du possible, de l’impossible même. Il y a toujours du silence en surplomb des paroles. Très jeune, on s’adapte au sublime. C’est plus tard que la beauté fait peur. Les années peu à peu vampirisent l’espoir. Les contes de fées s’étiolent parmi les comptes à rendre. Il nous faut tout payer, notes de musique ou notes de frais, le désespoir, l’amour et même l’amitié. On n’aurait jamais dû compter jusqu’à un. Seul le zéro est infini. Ceux qui prennent au sérieux leurs comptes en banque finissent par oublier le reste, qui ne sont que les hommes. Ce n’est pas tout de faire des pylônes, des avions, des affaires, il faut aussi rêver, regarder les étoiles sans raison, sans but, sans profit. Il faut surtout aimer.


Par la chasse, l’abattoir, l’arène, on dépouille les bêtes de leur propre mort. Par l’argent, la religion, la guerre, on déleste les hommes de leur âme. La vraie mort vit en nous. Elle nous offre la vie. Sous les balles qui sifflent, les bombes incendiaires, les slogans religieux, il en faudra toujours pour lire Bachelard et regarder les mouches. Il faudra des caresses au bout de chaque doigt. Il faudra des révoltes pour se tenir en vie. La musique quand elle nous prend et nous emmène plus haut ne brise pas le silence. C’est comme le silence qui réalise un rêve, une page blanche qui s’écrit avec les mots qu’il faut. Je n’aime pas la prose des notaires, l’éloquence du réel, ses phrases trop précises, ses lignes en arête. J’aime que les mots s’égarent et m’amènent avec eux vers un nouveau pays, sur une route inconnue.

 


Publié dans Prose

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Mukti 5

Publié le par la freniere

  1.      Choses faites ensemble

 

J'ai rasé soigneusement ta barbe
et épilé ton corps
un oisillon aurait pu s'y poser
sans souffrir

j'ai décrit dans l'air le signe du respect
et je jurerais que tu m'as souri
oui
je jurerais que ton corps s'est redressé
et que ta voix a clairement dit
tout est bien
puisque seule l'ignorance est morte
tout est bien puisque tu vis encore
alors je vis aussi

j'ai repoussé doucement ton visage vers le sol
j'ai parlé avec ta voix
j'ai pris ta bouche dans ma bouche
ô mon amour au visage qui ne voulait pas mourir
ô vie que j'aimais plus que ma vie
toi tu sais
qu'en abattant la masse
j'ai brisé tes reins en pleurant

tu n'as plus rien dit
alors j'ai teint tes mamelons de safran*
et tes seins ont parfumé la nuit
que nul ne l'ignore
que tous propagent ta musique
que toutes dansent ton esprit

ô ma douleur
ton coeur était un parfum
ô mon ennemi
ô mon frère et ma soeur
j'ai lapé ta vie
avec plus que de la soif
puis j'ai passé sur ta vulve
l'onguent réservé aux reines

et malheur à qui
écrira mal ton nom

 

 

Stéphane Méliade


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Le chemin

Publié le par la freniere


Par la fenêtre, la montagne encore engourdie de nuit, regardait. II ouvrit la porte. Un carré de ciel entra, fit la pièce plus grande. Il aspira l'air comme une fumée de cigarette et resta un moment sur le seuil. Puis, de quelques enjambées, son pas brisa la fine pellicule cristallisée. Un jet d'urine creusa la neige d'une tache jaune, fumante. Il revint tranquillement, prit au passage deux bûches qu'il épousseta. La maison était confortable. Il tisonna les braises, mit dessus des branchettes et souffla. Le bleu d'une flamme chercha son rouge puis mangea le bois. Sur la fonte, il posa une casserole. Le café servit son arôme du matin. Il rinça sa tasse, plia soigneusement la couverture, chaussa ses souliers réchauffés sous le poêle, enfila sa canadienne et ses gants, et mit le passe-montagne dans sa poche. Il tira la porte derrière lui sans tourner la clé. Un glacé d'image figeait le paysage. Il respira profondément, de la condensation à sa barbe. L'air vif frisait à peine les sapins. Des yeux, il parcourut la forêt puis s'engagea sur ce qui devait être un chemin. À cet instant, aucune prière n'eut été plus vraie que sa marche de bûcheron dans la neige, le silence et le froid.

 

Ile Eniger - Le chemin, encore


Publié dans Ile Eniger

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