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Aphorisme du jour

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Aurais-je écris pour vivre ou vécu pour écrire ?

 

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Cinéma gris (Québec)

Publié le par la freniere

 

 

en mal de sérénité les mots meurent

asphyxiés par la pauvreté du sens

jadis armés ils tombent en désuétude

symboles sur les chèques

que plus personne ne signe.

 

*

 

je n’ai jamais copié la vie des autres

imité leur sourire vanté leur regard

leurs simagrées en toile d’araignée

toute idée de conformité me tue

le miroir est éloquent à ce sujet

 

*

 

Jean-Paul Daoust

 


Publié dans Poésie du monde

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Le Seigneur des ânes

Publié le par la freniere

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«...et ces applaudissements sont en fait une manière d’encourager les professeurs : pendant l’interruption de la retransmission, après deux ajournements et une attestation C, sept élèves de suite viennent d’obtenir une attestation A ! Je résume la situation pour les téléspectateurs qui prendraient le reportage en marche : sur 17 élèves délibérés jusqu’ici, on compte dix attestations A, une B, deux C et quatre ajournements, ce qui, finalement, n’est pas mal du tout. Mais ce n’est pas fini puisqu’il reste encore une dizaine de cas à traiter. Comme le suivant qui risque de poser un problème puisque l’élève est soupçonné d’être un dealer...»

Qui est ce Seigneur des Ânes ? Ronny Serpin, l’élève le plus épouvantable que l’enseignement ait connu et qui se targue d’avoir mis une dizaine de professeurs en dépression ? Charles Dumortier, enseignant retraité qui n’arrive pas vraiment à se dépêtrer de ses trente-sept de tableau noir ? Henri Gelker, qui traîne son feu sacré d’école en école sans vraiment arriver à l’y mettre, le feu ? À moins qu’il ne s’agisse d’une maîtresse des ânes, comme Amélie Dumortier qui doit en faire des vertes et des pas mûres devant ses élèves…

Après
La cité des fleurs fanées et ses gentils héros, Éric Dejaeger revisite ce qu’il reste de l’école, un endroit où tout peut arriver, où le lendemain n’est jamais la prolongation de l’aujourd’hui. L’école, cette entité qui fait fuir la moitié des jeunes enseignants durant leurs cinq premières années de carrière. Il ne faut pas s’enfoncer la tête dans la boîte de craies : durant ces quinze dernières années, le métier de professeur est devenu de plus en plus difficile. L’auteur ne nous raconte pas ici ce qu’il en est aujourd’hui mais bien ce qu’il en sera si les dérives (appelées sournoisement «réformes») telles que les enseignants les connaissent à répétition depuis les dernières grandes grèves de 1995 continuent. Il lui semble d’ailleurs que le futur qu’il décrit dans ce livre se rapproche beaucoup plus vite qu’il l’ait prévu.

Professeur, le plus beau métier du monde ?

 

Publié dans Prose

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Traction-brabant est paru

Publié le par la freniere

 

Il y a deux sortes d’auteurs,

écrivains même si vous préférez,

ceux qui aspirent à vivre de leur écriture et ceux qui

s’en foutent, ceux qui veulent passer pour des pros et

ceux qui s’en tapent.

Premier constat : les auteurs qui vivent de leur écriture

ne sont pas nombreux, une fois qu’en sont ôtés les

profs et les journalistes.

De plus, il faut reconnaître que nombre d’écrivains

essentiels n’ont jamais pu vivre de leur plume, ainsi

Rimbaud, ainsi Kafka et tant d’autres phénomènes

littéraires. Mourir jeune peut être aussi une solution

valable.

Il faut également avoir, une fois de plus, la lucidité de

reconnaître que l’extrême majorité des écrivains qui

vivent aujourd’hui de leur plume ne vendent que de la

daube.

Et pourtant, pourtant, malgré tous ces contreexemples,

gagner du fric avec des mots est une

profession de foi qui continue à en faire saliver plus

d’un.

Alors, il y a toujours la tactique j’en appelle à l’état

pour payer ce que l’individu consommateur n’a pas

envie de se payer, parce que ça ne l’intéresse pas. Oui,

car c’est connu, l’argent n’a pas d’odeur….

Mais pour ma part je ne crois pas trop à de tels projets.

Je trouve plus marrant de

creuser son trou afin de créer des textes qui ne se

vendent pas : bref, faire tourner la machine à vide,

l’essentiel étant de ne jamais y réfléchir… comme de

toute manière la mort est en bout de course…

A tout le moins, la signification de l’écriture, sa

puissance de remuement des consciences, et n’ayons

pas peur des mots justement, son rôle social, en

prennent un bon coup dans l’aile. Alors donc, au

mieux, les livres ne constituent-ils plus qu’une faible

marchandise ? Et vous avez encore envie d’écrire,

vous, même si ça ne sert à rien ? Ne vaudrait-il pas

mieux arrêter tout de suite les frais, mettre les boeufs

avant la charrue, intéresser un nombre significatif de

personnes avec ses bricolages avant de vouloir gagner

du fric avec ? Sans y être forcé contraint, bien entendu.

 

Patrice Maltaverne

 

 

 

 

Ils se bousculent dans les magasins, énervés et

agressifs

pour participer aux grandes fêtes de la consommation

obligée

pour bien finir l’année

et la recommencer fauchés

pour vite se remettre au travail

trimer et trimer encore

pour consommer

consommer les déchets toxiques en tout genre

que nous offre cette formidable société

Et puis après ce sera la grande mascarade

où chacun se fera des sourires à n’en plus finir

pour se souhaiter la bonne année

grande illusion collective

où chacun fraternise pour mieux recommencer

à se haïr, à se mépriser et à tenter de s’écraser

les uns les autres

 

Didier Ober

 

 

 

Contact : Patrice MALTAVERNE, Résidence Le

Blason 3ème Etage 4 Place Valladier 57000 METZ,

p.maltaverne@orange.fr

Illustrations : Patrice VIGUES and co

Là c’est moins drôle : Participation aux frais du

poézine les cinq exemplaires à 10 € comme 2 zeuros

fois 5 ça fait 10.

Diffusion parasitaire sur lnternet, plus blog :

http://www.traction-brabant.blogspot.com/

 


Publié dans Prose

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Projet éolien de l'Érable

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Projet éolien de L’Érable : Assemblée de fondation du RDDA

St-Ferdinand, 22 avril 2010 :

 

C’est dans l’enthousiasme qu’une centaine de résidents de St-Ferdinand, Ste-Sophie, St-Pierre-Baptiste et des municipalités voisines, touchés par le projet d’implantation d’une centrale de 50 éoliennes industrielles sur leur territoire, se sont rassemblés dimanche 18 avril à Vianney (St-Ferdinand) pour la fondation du Regroupement pour le développement durable des Appalaches (RDDA). Depuis sa création il y a un an, le RDDA s’est surtout appliqué à mener ses actions pour contrer ce projet inacceptable. Le temps était venu de se doter d’une structure légale réunissant ses membres et chapeautant ses pratiques d’intervention rapides et efficaces.

 

« Le RDDA s’est incorporé à la demande de nombreux citoyens et organismes afin de se doter d’une force de frappe plus grande, d’assurer un fonctionnement transparent, éthique et démocratique et afin de renforcer sa crédibilité auprès des autorités gouvernementales »  de mentionner Pierre Séguin qui agira comme président secondé par Michel Vachon à la vice-présidence.

 

Le RDDA s’est donné comme but, de protéger et défendre l’intégrité de l’environnement naturel des Appalaches et de ses habitants dans une perspective de développement durable. « Nous comptons exercer une vigilance citoyenne pour s’assurer que tout projet respecte les principes de la Loi du développement durable telle qu’adoptée par le gouvernement Charest et nous comptons bien proposer des alternatives au développement des milieux habités en zone verte en accord avec les principes de cette loi fondamentale. La pertinence d’un regroupement comme le RDDA s’avère plus que jamais nécessaire et même vitale pour dénoncer les tricheurs et freiner l’appétit vorace de promoteurs sans scrupules » de commenter Pierre Séguin.

 

Le RDDA exige le retrait immédiat du projet éolien de L’Érable qui représente un net recul environnemental, social et économique non seulement pour les communautés d’accueil sises dans la MRC de L’Érable mais pour tout le Québec.

 

 

DÉVELOPPEMENT ÉOLIEN

 

POSITION DU RDDA

 

 

RDDA est l’acronyme du Regroupement pour le développement durable des Appalaches. Il s’agit d’un regroupement de citoyens qui s’est donné comme mandat d’informer et de sensibiliser les citoyens sur les véritables impacts et enjeux des projets éoliens en milieu habité.

 

Le RDDA articule une position qui vaut pour les projets communautaires, coopératifs, privés et peut-être un jour d’État. Cette position susceptible d’évoluer est le fruit de sa réflexion sur son expérience.

 

1. Le RDDA est favorable au développement éolien, pourvu qu’il soit en conformité avec la Loi sur le développement durable du gouvernement du Québec. [1]

 

2. Le RDDA appuie sans réserve les règles, incitations et recommandations adressées aux élus dans les textes de loi ou guides fournis aux élus par le gouvernement.2

 

3. Le RDDA considère que la meilleure façon d’assurer le maximum de retombées, à la fois pour le Québec, pour les régions et pour les citoyens, consiste à retourner à Hydro- Québec son rôle de maître d’œuvre dans le développement de l’électricité issue de l’énergie éolienne.

 

4. Le RDDA considère que le modèle actuel de développement éolien constitue un net recul patrimonial, social, environnemental, économique et humain, non seulement pour les communautés d’accueil, mais pour tout le Québec. Plus largement, le RDDA considère que la stratégie de développement énergétique d’Hydro-Québec doit faire l’objet d’un débat public, dans le cadre de commissions itinérantes.

 

5. Le RDDA considère que les communautés (citoyens, élus, organismes) doivent être partenaires avec Hydro-Québec dans le développement de projets éoliens pour qu’elles en retirent le maximum de retombées à court et long terme.

 

6. Le RDDA considère que tout projet de développement éolien doit s’accompagner de la mise sur pied d’une force citoyenne dont l’objectif central est de veiller à la sauvegarde des qualités démocratiques du processus engagé, en agissant auprès de toutes les instances concernées. Cette force citoyenne doit aussi inclure les communautés voisines.

 

7. Le RDDA, par souci de la préservation du tissu social des communautés rurales, demande que le gouvernement mandate une instance (instance à créer et pouvoirs à définir), avec de réels pouvoirs  pour veiller à la qualité du processus démocratique.

 

8. Le RDDA considère que le territoire habité appartient à tous ses citoyens. À moins d’être clairement mandaté par les citoyens, à la suite d’un processus de participation clair et sans équivoque, témoignant d’un large consensus et d’une véritable acceptabilité sociale, aucun élu, aucun conseil municipal, aucune instance supra municipale ne peut prétendre parler et encore moins décider en leur nom de l’avenir d’un projet de développement éolien, qu’il soit privé, communautaire ou étatique.

 

9. Le territoire du Québec étant faiblement peuplé, disposant ainsi d’immenses territoires non habités, le RDDA prend position :

-   contre le développement éolien en milieu habité 

- contre les transformations majeures d’un milieu de vie causées par  l’implantation et l’exploitation d’un parc industriel éolien.

 

 

 

 

 

 

 


[1] Loi sur le développement durable, déposé en 2006 par le ministère du Développement durable, de l’Environnement, et des Parcs, gouvernement du Québec, loi qui repose sur 16 principes.

2Les orientations du gouvernement en matière d’aménagement. Pour un développement durable de l’énergie éolienne, MAMR, février 2007.

Guide d’intégration des éoliennes au territoire, MAMR, 2007.

 

 

 

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Avec de grands gestes

Publié le par la freniere

 

Avec de grands gestes,

J’ai jeté pendant quatre ans mon âme dans toutes les langues,

J’ai cherché, libre et fou, tous les endroits de vérité,

Surtout j’ai cherché les dialectes où l’homme n’était pas dompté.

Je me suis mis en quête de la vérité dans toutes les langues.

 

Le martyre de mon peuple on m’interdisait

            En français.

J’ai pris le croate, l’irlandais, le hongrois, l’arabe, le chinois

Pour me sentir un homme délivré.

 

J’aimais d’autant plus les langues étrangères

            Pour moi pures, tellement à l’écart :

Dans ma langue française (ma seconde langue) il y avait eu toutes les trahisons

            On savait y dire oui à l’infamie !

 

J’ai senti le martyre de mon peuple dans les mots de tous les pays :

J’ai souffert en breton, français, norvégien; tchèque, slovène, croate;

            Et surtout en russe :

Je me suis étendu sur la grande terre russe,

J’entendais les chants d’un peuple immense qui voulait bien mourir

 

Et là, crucifié, je ne sentais pas de mal,

 

Là, fatigué, je ne sentais que de la rosée,

Là, fatigué de moi, je me sentais reposé,

 

Là, fatigué, j’ai tout senti en rosée.

 

Armand Robin

 


 

Publié dans Prose

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Je n'aime pas la haine

Publié le par la freniere

 

Je n’aime pas la haine

et pourtant je hais

ceux qui jettent le sel sur la plaie

ceux qui pissent dans le soleil pâle

ceux qui déracinent les arbres des campagnes

pour bâtir des baraques

à soldats ;a flics à filles publiques

ceux qui surveillent les cadences infernales du malheur

ceux qui écrasent du jaune et nous font broyer du noir

ceux qui brûlent les livres les villages

et les vieilles photos souvenirs

ceux qui ne se lassent pas de tirer dans le tas

ceux qui ne pleurent pas devant un troupeau de chèvres dégringolant

les pentes du sud et du soir.

 

André Laude

 


Publié dans André Laude

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C'est tous les jours comme ça

Publié le par la freniere

 

Vient de paraître

 

Pierre AUTIN-GRENIER

 

C’EST TOUS LES JOURS COMME ÇA

(Les dernières notes d’Anthelme Bonnard)

 

aux éditions FINITUDE

(http://www.finitude.fr/titres/touslesjours.htm)

 12 x 17 cm 160 pages

15 euros

Il existe un tirage de tête: 30 exemplaires numérotés sur papier noir à 50 euros.

(pour le tirage de tête contacter l’éditeur *)

 

Mon ami Pierre Autin-Grenier est un des meilleurs nouvellistes contemporains - Ses livres allient une prose incisive et une poésie d'une rare présence. Inclassable malgré l'étiquette de "nouvelliste" que je lui donne pour l'occasion, il fait partie du très petit nombre de ceux qui procèdent de la plus haute littérature. Tous ses livres sont des incontournables que je vous recommande.  Ile Eniger

 

 * Éditions Finitude  14, cours Marc-Nouaux  33000 Bordeaux

Tel & fax :  05 56 79 23 06

editionsfinitude@free.fr

 

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Pierre Foglia et les éoliennes

Publié le par la freniere

 

De ma fenêtre, avec des jumelles, on voit des éoliennes. Une trentaine. Au sud-ouest. Elles sont dans l'État de New York. Par temps très clair, on les distingue, fantomatiques, à l'oeil nu. Ma fiancée s'enthousiasme alors comme une petite fille, regarde, regarde on voit les éoliennes... Elles nous annoncent le beau temps comme des hirondelles.

Mais te rends-tu compte, fiancée?

 

De quoi?

 

Qu'elles sont certainement à plus de 50 kilomètres d'ici. Te rends-tu compte des monstres qu'il faut qu'elles soient pour qu'on les aperçoive de si loin? Te rends-tu compte que ces monstres, des gens les ont dans la face matin et soir, en toute saison? En voudrais-tu dans ton jardin?

Dans Le Devoir de samedi, un prof en études urbaines ironisait : «En fait, on pourrait dire que l'éolien idéal - qui ne dérangerait personne - devrait se trouver au fond d'une vallée inhabitée et entre deux montagnes.»

 

Pourquoi pas, en effet ?

 

Le même prof un peu plus loin : «L'idéologie écologiste tente de préserver la nature en créant des zones intouchées et à l'abri de tout contact avec l'humain»...

 

Qu'est-ce que tu racontes, Chose? Des citoyens qui ne veulent pas de la tour Eiffel dans leur jardin, c'est ce que tu appelles une idéologie?

 

Il y a deux ans, des développeurs éoliens sont venus dans la plaine de Notre-Dame-de-Stanbridge, ont fait semblant de reculer devant la levée citoyenne de boucliers, mais les revoilà. T'appelles ça comment, une idéologie? Une stratégie? On laisse les citoyens s'épuiser dans une première lutte, puis on revient?

 

Les gens de l'arrière-pays de Bedford ne se battent pas au nom d'une idéologie. Ils ne se réclament même pas de l'écologie. Des phrases comme «le développement durable doit être la réconciliation de l'économie et de l'environnement» s'écrivent bien dans un bureau de prof, beau concept, mais t'as déjà entendu de bruit que ça fait, ces machins-là? Toute la journée, toute la nuit, le dimanche et le samedi aussi? Non, ce n'est pas prouvé que ça rende malade. Mais se peut-il que cela rende fou?

 

Je ne te parle pas non plus du Paysage avec un grand «P», je te parle d'être assis sur ta galerie et d'avoir ce machin de plus de 100 mètres de haut dans la face, ton espace plein de pales qui tournent, ta maison qui valait 300 000 $ n'en vaut même pas la moitié, c'est de l'idéologie ça?

 

C'est étrange, n'importe qui dans ce pays peut obtenir un accommodement plus ou moins raisonnable au nom de sa religion, mais dans le même temps, n'importe quel petit développeur de merde peut écoeurer le nombre de citoyens qu'il veut, cent, mille, sans qu'ils aient le moindre recours et cela au nom de la religion commune. Mais non, pas le catholicisme. L'économie.

 

Pierre Foglia   in La Presse

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Le printemps

Publié le par la freniere


Si oui le printemps qu’il fougère dans les bois

 

« Rappelle-toi,
Le chant du tonnerre
Lorsque frappe le printemps »

- Louis-Karl Picard-Sioui

« On vit rien qu'au printemps, l'printemps dure pas longtemps »
- Paul Piché



Parfois, je voudrais être un brin si oui,
et alors je panacherais le nez au vent, indépendant,
ou bien je me terrerais une journée ou deux
pour entendre
respirer le sol
et ton coeur

Pour connaître davantage le bois animé

Ce qui dégouline sous les armures gelées

En savoir plus sur le cèdre et la gomme de sapin

Savoir d'où est-ce que ça vient la sauge sauvage, le goût d'aimer

Le corps

La nature

Le mélange avec l'esprit

Le vert impossible qui retentit dans nos bols de charades

Le rock'roll du petit veau qui jaillit au printemps

Le mot qui rue, qui sonne le fun.

Un jour, dans le cadre de ma job, j'ai eu une brève conversation avec Konrad Sioui. Il m'avait laissé son numéro de téléphone. En lui parlant «normalement » comme font les messieurs en marge d'un colloque, j'avais en tête une pépinière d'émotions, des échos de cap de roches d'une interview qu'il donna jadis et où il fut question de promenade en forêt, au printemps, avec les enfants, pour y cueillir les nouvelles herbes.

C'était un dimanche qui se détache. Dans ce pays de boucane.

Il y a longtemps qu'on fait de la politique!

J'avais en tête les propos que sa mère déversa un jour à la radio en parlant de philosophie.

La philosophie n'est pas là où l'on pense. Mais à cela, il faut penser prudemment.

Voici le peu que je sais. Après l'eau des érables qui réconcilie le dedans, viennent les cadeaux téméraires enfouis sous les tapis de feuilles millénaires qu'on dit mortes, mais c'est faux! Viennent les échappées camouflées en rabougris dans les fossés... Viennent les échappatoires, les échauffourées, viennent les coupures épistémologiques!

Ma fille a reçu hier de sa mère une botte d'ail des bois et des crosses de violon.

Le printemps éphémère n'est pas un symbole, un prisonnier en transition.

Il grouille de vie dans nos bouches. Essentiellement littérateur.

D'ici trois semaines, un mois,
il va y avoir de la gouache qui délibère et des cymbales
dans les nids et dans le ciel.

Rappelle-toi les pommiers en fleurs au huit de mai.

Rappelle-toi ceux qui sont vieux comme la terre.

 

Jacques Desmarais

 


Publié dans Glanures

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