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Poésie à la Gamacherie

Publié le par la freniere

GAMACHERIE

 

Ce vendredi, le 30 juillet, j'aurai le privilège et le plaisir de participer au récital de poésie à La Gamacherie de Norbertville dans le cadre de l’événement « LA PAROLE EST AUX ACTES »

La soirée débutera à 20 h 30 alors que poètes et poétesses de tous acabits déclameront et performeront sous les impromptus musicaux de Dany Levasseur et Dominique « Dalton » Huot. Entée : 10 $.

Photo : site La Gamacherie

 


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Baie Saint-Paul

Publié le par la freniere

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Dans la région de Charlevoix, Route 138 vers l’Île aux Coudres, les montagnes froides surveillent le Dépanneur de la Baie Saint-Paul, un galion le pied dans les terres et des écureuils gardeurs de noix. Des fleurs et des oiseaux brodent les derniers points aux jardins. Les maisons cherchent leurs mitaines. Le «Mouton Noir» pousse sa porte sur le dernier touriste. L’hôtel du «Cèdre rouge» a cordé son bois et verni ses façades. Une broue dans l’toupet agite les nuages québécois. Le St Laurent plus gris que gris mène ses eaux. Le gel fait de grands signes. Les états d’âme ont manqué les outardes. L’hiver approche dans la Belle Province.

Ile Eniger  Un violon sur la mer


 

Publié dans Ile Eniger

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Rien de rien

Publié le par la freniere

 

Qui piétine les fleurs dans les jardins où personne ne marche ? Une pensée parfois me frôle les cheveux et dépeigne la phrase. Il y a toujours quelque chose de plus grand qui nous porte. Je veux des mots où tout reste debout, une parole sans voile, un silence nettoyé par la pluie, un vide entre les chaises et le monde où se faufile un ange. Il y a du sang partout que je voudrais laver. Il y a des mains trop pleines qui écrasent les pauvres, trop de caresses mortes dans la saleté du monde. À regarder l’abîme du haut d’une montagne, j’en ai gardé le vide en moi. Je dois lester de mots ma marche sur un fil. Le cœur perdu entre mes dents, j’essaie de retrouver mon souffle. Un peu d’amour dans une main réchauffe l’autre paume. Je veux des mots pour relever les bouches qui tombent, pour alléger les morts qui pèsent sur la langue, pour rapailler les coins qu’on ne peut pas plier. Dans la distance nue, je fais des phrases avec mes pas. Je voudrais aller là où la saveur croise la sève, où le nuage embrasse l’eau, où les extrêmes se touchent, où la parole devient chair.

Je ne perds rien de rien. Je touche à tout du bout des mots. Le fruit s’exprime dans la bouche. Sa saveur est une phrase que les papilles goûtent. De mon passé à Maupassant, la vie se conte des histoires qu’elle s’oblige à croire. Sous la chair fermée du silence, il y a des mots qui restent seuls et se cherchent du sens, des gestes neutres oubliés dans un bras, une voix rauque où je n’accède pas. Il y a dans les regards aveugles un autre œil qui voit, l’idée d’une caresse dans les bras amputés, la survivance d’un amour dans les souliers des morts. Il y a dans chaque cellule la première copie de l’homme, le brouillon de sa voix émergeant du brouillard, la mémoire d’un frisson dans une goutte de pluie, l’idée d’un arbre dans une feuille, celle du linge dans la nudité. Quand une chose arrête, une autre chose commence, souvent plus vieille qu’elle. La route que l’on suit nous attache au voyage. Le chemin qu’on ignore ne nous rattache à rien. Le langage de l’eau est l’eau, celui de l’arbre est l’arbre, celui de l’homme se faufile partout. Il vient un temps où le dehors n’est plus que l’envers du décor, une porte dessinée sur un mur, une fenêtre peinte sur le néant du monde. Il vaut mieux le peu qu’on aime au presque tout impossible à aimer.

Je ne perds rien de rien. Mon ignorance m’apprend l’humilité du cœur. J’avance les mains vides d’avoir tout donné. Peu importe le départ, peu importe l’arrivée, il faut chanter en chemin. Le néant dans une main, une fleur dans l’autre, je ne cherche pas l’équilibre mais un peu de bonté. Écrire le monde, c’est un peu le toucher, en atteindre le cœur. L’eau n’est jamais égale à notre soif ni l’espoir à la vie. Un os n’oublie jamais sa chair ni un arbre ses fruits mais il arrive à l’homme d’oublier la bonté. L’homme n’est pas la vie mais il en fait partie. Ses mots sont de petits leviers soulevant des montagnes, de tous petits souliers sur la route cosmique. Je cherche un point d’appui sur la matière du monde. Quand la réalité s’égoutte, le rêve coule à flots. Le corps se distille mais l’âme s’agrandit. Quand le poète dort, ses mots veillent encore. Le souvenir de la vie est encore une vie mais si peu ont accès à la mémoire des morts. Quand je tombe en rêvant, il m’arrive de voler. Une anti-mort d’oiseau me ramène à la source. Quand je rêve d’un jardin, je m’éveille toujours une fleur à la main. Quand je rêve à ma blonde, je ne rêve pas, je vis, pareil à la rivière qui rencontre un soleil. L’amour nous mène au-delà de l’amour, là où cessent les limites, où l’espérance corrige les erreurs du temps, où l’arc-en-ciel colore la ligne d’horizon.


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Non aux éoliennes

Publié le par la freniere

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Hier soir, vendredi saint et tout

Publié le par la freniere

 

Hier, vendredi saint et tout est ouvert

comme des jambes de femme -, ça fait du bien quand on n'est pas obligé de prier pour

pénétrer -

ô ma belle ville de québec tu me fais bander comme un p'tit jeune - les jeans trop serrées

contre le cœur - le soleil meurt et renaît d'un nuage à l'autre - petit jésus meurt à trois heures et toulmonde s'en christ -

je visite des amis et il y a une femme

là, belle - des yeux comme deux pleines lunes comme

si une par mois n'était pas assez - elle sait faire bondir ses cheveux comme dans les annonces de shampoo -

on parle de mines et elle dit : ô moi tu sais les

mines

tu sais la terre tu sais toute cette terre tu sais sous la terre comme ça je pourrais pas y vivre la terre mère

tu sais c'est trop sensuel j'aurais peur d'y rester

_ oui tabernacle comme si un mineur pensait à se mettre

en descendant dans une ruisselante cage sachant

trop

bien ce qui l'attend, il ne pense pas trop au trou

de la terre mère parce qu’il sait (tu sais) que les

       enfants

qu’elle fera ne seront jamais les siens -

en tout cas je me tiens après mon verre de bière

       pensant

“this crazy board wouldn’t last 30 seconds in

        Sudbury ” -

et je continue ma marche - vent de ville Québec

       comme

plein de doigts dans mes cheveux - je marche et

les

souvenirs me déchirent le linge comme une

      amante affolée -

chaque couenne de rue m’émeut - chaque pétard

       me met en retard

- chaque femme croisée est un pétard à

 retardement -

Je suis « on the road » vers une rencontre avec

        les apôtres de

Kérouac qui attendent qu’il ressuscite - «  where’s

       Jack ? »

et je vois le grand slaque Jack qui se réveille le

       dimanche

de pâques après une brosse de deux jours - il se

       passe une main

dans les cheveux - « last ring i remember i was

       drinking wine

with these twelve hippies - where the hell am i ?

       where’s the

Iight in this goddam place ?..”

il s'allume une cigarette et voit à la lueur de son feu les

murs d'une mine noire et humide - « i gotta get out of

here ... » -

il a la foi plus gros que la panse mais il ne peut pas bouger

la pierre devant l'entrée - « bill ? is this one of your jokes ?

remember the william tell stunt bill ? bill ? bill, open the

door it's not funny anymore !.. wherc's mémère ? --- »

et les cloches sonnent et assomment - les pigeons claquent

des ailes et le ciel est bleu à craquer - et ici au 510

St-Gabriel la tortue dort comme un chat et Joëlle parle

comme un poème -

c'est le printemps et c'est pâques et les prêtres ne font

plus peur à personne à québec -

et en ontario c'est un congé aussi mais tout est fermé -

il faudra que j'y retourne un jour pour voir si j'y suis------

 

(18 avril 1987)

 

Patrice Desbiens

lors du spectacle Québec Kérouac Blues


 

Publié dans Patrice Desbiens

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La gueule ouverte

Publié le par la freniere

 

Les pommes ratatinent. Les montagnes s’écrasent. Les érables ont soif. La peau sanglote dans sa cage d’habits. Traçant des routes de chair battue et semant des champs de mines, les grands spéculateurs, sous la bénédiction des prêtres, ces assassins de la poésie, brisent le cœur du monde. Érigeant leur empire avec les os brisés, ils se cachent derrière les hommes d’État. Leur seule gloire est l’argent. Les oiseaux se refusent à boire dans leurs mangeailles d’hypocrites. Les enfants qu’on arme pour la guerre ne connaissent des mains que les coups qu’ils reçoivent. Les fillettes qu’ils violent ne connaissent des hommes que le sexe des armes. J’écris ces mots comme des éclats de sel jetés au feu. Il y a des malheurs qu’on devrait interdire. Mangeant ses émotions avec du sucre blanc, l’Amérique est obèse. Qu’aurions-nous à perdre à faire de la paix notre pain quotidien ?  Quelques femmes de riches y perdraient leurs bijoux mais les enfants des bidonvilles y mangeraient autre chose que leur main et la pitance de la faim. Qu’aurions-nous à perdre à respecter la terre ? Quelques banquiers véreux y perdraient leur chemise  mais les corbeaux en vol ne crieraient plus de peur. Les mouettes de casse-croûte retrouveraient la mer. On fuit ce que l’on perd sans trouver ce qu’on cherche. Dans les trous de mémoire, les images oubliées se fabriquent des yeux. Ce que l’on ne veut pas voir s’imprime sur la vie. Une goutte d’eau qui manque pèse plus lourd qu’une bouteille trop pleine. Je dors la gueule ouverte en attendant la pluie. Des mots résistent dans les matins en ruine, des mots têtus, des mots de tête, des mots d’amour. Je les offre au silence. Je les suce en secret. Je les mets en exergue.

Les oiseaux meurent quand on tue les insectes. Nos os font corps avec la terre. Où le béton s’écroule, les fleurs les plus fragiles survivent aux séismes. Si les fantômes existent, il se peut qu’on ait tué les anges. Il manque une vertèbre pour se tenir debout. Je reste dans mon verbe, préservant le sourire du saccage des hommes. Malgré tout, des piments poussent sur les décombres. Des fruit s’éveillent dans les bourgeons . Des ronces montent la garde pour une fleur unique. Le printemps panse les blessures de l’hiver. Le vent ne pense à rien mais sifflote en passant.  Les mots reviennent en bande creuser un lit d’espoir. Dans le blanc des images, ils se redressent et se conjuguent au feu. Ils soulèvent le monde plus petit que nos rêves. La langue de l’alphabet s’enfonce jusqu’à la lettre Z. Je cherche un brin de paille sur les murs en béton, le radeau d’un visage dans la foule en délire, un fil de salive plus sûr que les comptes à rebours, la courte paille d’un poème dans les colonnes de chiffres. Un sang d’encre colore mes poèmes hémophiles. Les os bourrés d’azur, je colmate les brèches. Malgré le vent d’échardes, le smog, les orties dans la gorge, à 62 ans, je respire plus large. La mort peu à peu fait son nid dans mon corps. Je ne sais quel oiseau crèvera la coquille, cet œuf de lumière ou ce noyau de nuit.

La ville qu’on repeint perd ses graffitis comme on perd son sang. Les gens rivés à leur télé, ses soaps, ses infos pubs, ont le sourire en forme d’écran. Il s’étire sans fin jusqu’au trait minimal, frôlant l’insignifiance. Il n’y a dans l’image qu’un aspect de l’aspect. Les mots complètent ce qui manque. J’en ai assez des coups de pied au cœur, des coups de coude au ventre, des coups de poing sur le rêve. J’aime les promenades au matin quand chantent les lilas. Il faut aimer les petites choses qui ne sont rien. Les jours de grand soleil, la pluie se cache dans mes poches. La terre attend ses morts et le ciel ses anges. J’ai pris avec le temps l’odeur d’un vieux livre arrachant page à page les barreaux de sa cage. Entre la rage des orages et la voix des violons, je cherche le ton juste, un ruisseau de silence dans la forêt des bruits. Rien n’est plus banal que la folie. Les faits divers rendent fou. L’eau devient folle quand elle bout. Le vent d’orage nous rend fou. La fleur qui s’ouvre devient folle, la guêpe quand elle pique, le sang de la blessure. L’amoureux qu’on éconduit, quelque chose se fêle dans sa tête. Son cœur éclate. Si je laisse des larmes sur la joue d’une page, je veux que les efface le rire d’un enfant. Écrire se conjugue à tous les temps, le présent du passé, le subjonctif du futur, l’impératif d’aimer. Dans mes phrases bancales, chaque mot est un oiseau qui boîte et se traîne de virgule en virgule. Le glissement du stylo sur la page est une migration, un voyage intérieur.

 

Publié dans Prose

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Encore les éoliennes

Publié le par la freniere

 

UN PROJET ÉOLIEN PORTEUR D’ UN DÉFICIT DE 400 MILLIONS EST DÉFENDU

PAR LA PDG DE LA FÉDÉRATION DES CHAMBRES DE COMMERCE DU QUÉBEC(FCCQ)

 

“Un réel appui majeur.”, voilà ce que nous pouvions lire dans La Nouvelle/L’Union qui rapporte les propos de la PDG de la Fédération des Chambres de Commerce du Québec (FCCQ) qui vient défendre, en maîtresse d’école vertueuse, le projet d’implantation industrielle éolien de l’Érable. Elle clame, sans vergogne, son appui au développement industriel d’éoliennes en milieu habité et agricole. Et pourtant, hors de tout doute, la FCCQ ne connait pas le dossier, n'a pas lu le rapport du BAPE, n'a pas été présente durant les audiences, ne connaît pas la situation des populations concernées par le projet d'éoliennes industrielles. Bref, sa présidente traite d'un dossier qu'elle ignore!

 

Notons aussi qu’il se trouve que Michael Novak, vice-président à la Fédération des Chambres de Commerce du Québec travaille comme vice-président directeur de SNC-Lavalin, firme impliquée dans les études d'impact des projets éoliens au Québec. SNC raflera sans doute des contrats d'ingénierie pro-promoteurs dans les mêmes projets éoliens. L'Éolien c'est des bonnes affaires pour SNC-Lavalin et donc la Chambre appuie cela! Mais les observateurs y détectent une manoeuvre désespérée pour sauver une cause avec des arguments vétustes et déjà hachés au moulin de l’analyse et de l’expertise des citoyens-nes et groupes responsables et raisonnables.

 

Pourquoi reprend-elle, le discours et les arguments du promoteur?

 

“ l’importance majeur que le parc éolien aura sur l’économie de la région de l’Érable avec, entre autres, un investissement de 420 millions$ et des redevances annuelles de 1.2 millions$, en plus de la création de 500 emplois pour deux ans et de 25 emplois permanents sur 20 ans.”

 

Toutes ces lapalissades et tautologies ont déjà été démontées par le RDDA et autres analystes comme étant des données inexactes et gonflées pour endormir des incompétents fragiles et manipulables, mais trop fats pour l’admettre. Pourquoi n’est-elle pas en mesure d’apporter de nouveaux faits, des éléments majeurs, de développer des aspects non

perçues, de nous fermer le clapet avec des découvertes essentielles? Cela confirme-t-il qu’il n’y en a pas, que la thèse du promoteur et de ses camarades de classe est vraiment vide et remplie d’inepties? On croirait entendre le Préfet de la MRC de l’Érable et le président du CLD ergotant avec les données fournies par le promoteur pour expliquer l’impact de ce projet, ce, sans jamais être capable de nous dire autre chose que c’est le promoteur qui fixe les objectifs et que ce qu’il dit, il faut s’y fier.

 

Jamais une étude indépendante n’a été commandée par les dirigeants de la MRC, par les Municipalités, ni par le gouvernement qui se sont faits bernés par ce promoteur habile et digne successeur des conquistadors qui rapinèrent le continent sud américain au 15 ième siècle. Comme des jocrisses ils préfèrent croire aux vertus des manipulations d’un benêt.

On comprend alors qu’elle se garde bien de parler de la catastrophe pour le Québec, de l’ardoise déficitaire pour les générations futures, du Rapport du BAPE 267, des analyses du RDDA, des questionnements de Vent du Nord, des démonstrations quant à l’ampleur du gouffre financier. Comme les autres irresponsables pilotant cette catastrophe, Mme la PDG refuse de regarder au-delà des dires du promoteur. Pourquoi découvrir les aspects risquant de ralentir la bulle spéculative qui fera l’affaire des opportunistes qui se partageront le pactole tout en laissant les citoyens-nes du Québec, présents et futurs, régaler la note?

 

Faut-il penser qu’en fait ce promoteur est la digne lumière de l’école des affairistes, opportunistes et productivistes? Faut-il penser qu’il a réussi à berner la maîtresse de classe? Faut-il penser qu’à cette école, en fait, ce qu’on apprend c’est comment flouer, à tour de rôle, tous les gros gros gogos? Et voilà aussi qu’elle manifeste une sensibilité au fait que “les acteurs économiques de la région soutiennent ce projet qui représente une excellente occasion de développer l’économie de cette région” et que du haut de sa tribune, “elle reconnaît d’ailleurs, en les nommant, les nombreuses organisations qui ont déjà appuyé le projet.” Ouah! Quelle force d’argument, une véritable visionnaire, une magicienne qui déclarerait à un congrès des forces policières qu’il faut plus de répression et qui serait applaudie par les galonnés lorsqu’elle les nommerait.

 

Comment décrire la cour qu’elle flatte? Des affairistes, des productivistes, des irresponsables, des intoxiqués au développement, des défenseurs de projets piétinant la démocratie, des destructeurs de milieux de vie? Mais sûrement des souteneurs de la bêtise humaine et qui comme Sisyphe tentent de porter jusqu’à épuisement un projet indigne d’usurper notre vie et nos ressources. Elle ne mentionne pas que ce projet, en 20 ans, laissera un déficit de plus de 400 millions au Québécois, que les conquistadors ramasseront un pactole de 300 millions. Et que dire du coût unitaire par éolienne qui sera

de 8.4 millions dans l’Érable et 5.0 millions pour l’Amiante, de l’inutilité de l’éolectricité pour les besoins énergétiques des québécois, de son apport pour sauver la Planète qui est pour le moment un mirage.

 

Et que dire de la subvention de 1 milliards sur 20 ans qu’Hydro Québec et les Québécois ont promis de verser, sans consultation, au promoteur, ce, que le parc produise ou pas.

Une Chambre de commerce devrait savoir mieux compter! Au lieu de copier les données et arguments du promoteur et de ses partenaires qui tentes le passe-passe du siècle (il y en aura d’autres), la PDG aurait mieux fait de téléphoner au RDDA ou lire leurs données et analyses. Elle aurait aussi pu aller sur les différents sites européens qui s’attaquent à cette engeance industrielle en milieu habité et territoire agricole. Elle aurait dû lire les conclusions du BAPE 267. Elles sont dévastatrices pour le projet de son promoteur.

Non Madame la PDG, le parc éolien ne permettra pas “de diversifier et stabiliser l’économie de la région”. En plus de foutre le bordel, parce qu’on n’a pas suivi les règles du jeu, ce n’est en fait qu’un vulgaire pactole, une bulle spéculative, de la magouille et des conflits d’intérêts. Rien à voir avec l’intérêt supérieur du Québec. À l’université de la vie où nous sommes les maîtres, ces pratiques sont interdites et mises au pilori. La FCCQ devrait avoir une certaine sagesse d’aller voir de l’autre côté du miroir et faire amende honorable. 

 

Serge Gagné,

 

Pour Comité Vent du Nord

Serge Gagné, cinéaste, Jean Gagné, cinéaste, Christiane Tremblay, écrivaine, Jean-Marc La Frenière, poète, Diane Boucher, musicienne


 

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Une allumette vite éteinte

Publié le par la freniere

Ce matin, faute de mots, je parle avec les mains. Je ne dis rien de plus que la chaleur du corps, le port de tête où naviguent les rides, la douleur du monde, la morsure des nuits. Celui qui perd son violon en cherchant son archet ne voulait pas jouer. Celui qui perd ses mots les remplace par quoi ? Ce qui est noir pour l’un éclaire pour un autre. Dans les pieds immobiles, les pas cherchent la porte. Dans les yeux des aveugles, la lumière est sonore. Dans l’oreille des sourds, les images pianotent. Une allumette vite éteinte est un espoir trop fragile. J’ai besoin d’un volcan pour m’en faire un abri, d’un ouragan pour retrouver la paix, d’un orage pour faire des éclairs. C’est par la tête que les pieds marchent, que les mains se souviennent, que le cœur bat plus vite, que la pierre est plus vivante que la taupe, que le vert devient bleu. C’est par les yeux que les images vivent.  Que fait-on avec le ventre plein de verbes, des fourmis dans les jambes, la tête pleine de trous, la langue entre les dents ? Des kilos de voyelles quittent ma tête et forment sur la page un étrange verger. Cela vient des cicatrices du monde, des balafres du temps. Cela vient d’une étoile, d’un fleuve, d’un roncier. L’oreille complète ce que la bouche dit. Ma parole est un clou. J’ai trouvé mon clou planté dans la vie même.

Le vent ravaude ses dentelles comme une vieille fée maussade. Tous les sens aux aguets dans un concert floral, j’en appelle à la pluie. Dans la maison fictive, il y a plus de mots que de choses, plus de regards que d’images. Des hommes meurent de froid, de détresse, de violence. Des enfants crient famine avec leurs yeux ronds. Je ne peux l’oublier même au milieu de la fête. Je cherche encore la route allant plus loin qu’un mot, un réel plus juste que la brume du rêve. Plouf ! Un caillou tombe à l’eau. C’est peut-être un suicide. Un poisson tourne autour et s’en désintéresse. Des négations se cachent quelque part dans les choses. L’espérance y trébuche, une fleur à la main. Sur les fils électriques, des tourterelles aigües aiguisent mes oreilles. Dans le sous-bois, entre les marguerites et les orties, les épervières lèvent le poing. Elles font des taches de rousseur sur la luzerne folle. Le vieux saule courbé sur le miroir du lac porte à peine son ombre. Il verse dans l’eau claire la moitié de son poids. La chaleur cohabite avec le frais de l’ombre, laissant entre les branches un arc-en-ciel d’odeurs. La terre attend la pluie, ses grands pieds brassant la boue, ses grandes mains qui verdissent la peau rousse des roches. Les oiseaux cèdent la place aux insectes chanteurs.

Le temps n’existe pas pour les bêtes. Seule la raison de l’homme a besoin d’une horloge. L’enfant resté enfant n’arrive jamais à l’heure. L’enfant nourri de lait se cherche dans les eaux. L’enfant de dix ans a toujours dix mille ans. Il retarde l’arrivée du sommeil. Quand la serrure est haute, la clef grandit dans la main de l’enfant. Le sourd ne craint pas les fausses notes ni l’aveugle la nuit. La mer brasse tant de vagues pour un gramme de sel, le vent tant de pollen pour une pomme tardive et l’homme tant de routes où il ne va jamais. De l’un à l’autre, en zigzags imprévus, la parole ricoche comme une balle de ping-pong. Quand un verre se brise, le cristal applaudit. Quand le tonnerre se tait, un éclair apparaît. Quand l’éclair disparaît, on entend le tonnerre. La brume se démaille. L’aiguille s’est perdue dans un ruisseau de laine. Le temps en un clin d’œil se laisse dépasser. On se trouve un instant en pleine éternité. Si je donne à la nature des sentiments, c’est qu’elle me prête son âme. Les mots ne seraient rien sans tout ce qu’ils décrivent. Si je dessine un mur où il n’y a qu’un vide, un promeneur distrait s’y cognera le nez. Un autre y creusera une porte. L’épicier y posera une affiche. Un voisin ajoutera des barreaux et sa femme une fenêtre d’oiseaux. Le vieux du bout du rang esquissera un cheval, un bogey, un Massey-Ferguson à trois roues servant pour le blé d’Inde. Une fillette à tresses remplacera le mur par une maison de poupées.

 


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Un train nommé Cohence

Publié le par la freniere

 

Il y a beaucoup de tracks rouillées à Montréal qui ne servent pas au fol espoir
Il y a un paquet d'r qu'on ne place pas dans la gorge au bon endroit : rrrrr...
Il y a le rouge-gorge qui ne chante même pas l'été au Festival des pleins d'Abraham
Il y a que tu ahanasses mon Jack Lime en essayant la chanson de Leonard
Il y a Khadr, il y a des cadavres politiques dans les coulisses qui se gargarisent
Il y a Bori au magasin général qui chante en françois et c'est barbare?
Il y a les airs oubliés dont on s'ennuie en ville,
Il y a les quais, les gares, les abris, tous les cris maritimes
Il y a l'éloquence d'un trait dans la nuit qui m'arrache du sommeil, du faux pays.


À mon père Doloré.

 

Jacques Desmarais

 


Publié dans Poésie du monde

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Un violon sur la mer

Publié le par la freniere

 

Le dernier livre d'Ile Eniger est un petit chef-d'oeuvre. À lire absolument.

 

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J'entends pleurer la terre, ai-je fait quelque chose de mal ?

 

Ile Eniger

 


Publié dans Ile Eniger

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