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La langue est mon pays

Publié le par la freniere

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Lorsque je n’écris pas, j’ai comme un creux dans l’estomac, une oreille qui ne veut rien entendre, un œil qui ferme sa fenêtre. Les phrases se transforment en routes, en ruisseaux, en montagnes. Je touche le bout du monde sur le bout d’un crayon. Je marche dans les fossés comme une roche au front de bœuf. J’ai laissé l’autoroute pour les chemins de gravelle, les supermarchés pour les rivières à truites, les chenilles à crampons pour les chenilles à poil, les parcomètres pour les parcs à chevreuils. Je syntonise la rosée aux petites heures du matin. J’écoute l’infini faire ses gammes dans l’eau, la tourterelle triste faire des ronds dans l’air, les nuages repeindre l’arc-en-ciel. Il faut soigner les arbres comme on touche au violon, mettre les fleurs en pot à l’abri des marchands, garder des moutons pour la nuit, du rêve pour le jour, du miel pour le cœur, des mots d’amour pour chacun.

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Les gens qui tuent sont très souvent des adorateurs de l’ignorance. C’est pour ça qu’ils  tuent fréquemment dans des écoles ou des lieux de savoir, comme les tueurs dans les écoles aux États-Unis ou le tueur de Polytechnique. Au Rwanda et ailleurs, ils rassemblent très souvent les gens dans les écoles pour les massacrer. Dans les lieux de connaissance, ils brûlent aussi les porteurs de la connaissance, livres et archives. L’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie, les nombreux autodafés des nazis et tant d’autres peuples conquérants, ainsi que toutes les archives brûlées au Kosovo, ce n’est pas un hasard de la guerre.

 

Hélène Pedneault


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De mieux en mieux pour le Bibi de VLB

Publié le par la freniere

 

Après le magazine Lire et le réseau des Librairies Virgin, c’est au tour des librairies de la FNAC (plus de 80 magasins en France) de faire de  Bibi de Victor-Lévy Beaulieu le coup de cœur de leurs vendeurs qui expliquent ainsi leur choix :

« Voilà un magnifique grand autoroman. Avec une écriture dense et singulière, ce roman est un chant onirique à la belle musique québécoise. À découvrir. »

 

Dans le journal Sud-Ouest, le deuxième plus grand journal régional français, avec 21 éditions et un million de lecteurs, le journaliste et critique Olivier Mony écrit :

« VLB, ainsi que chacun aime à le nommer, est un curieux croisement vernaculaire de Victor Hugo et de Cervantès, un Falstaff québécois pour qui la démesure est la norme, un anachorète sociable et exhibitionniste… un forban, un pirate, une grande gueule qui pourrait n’être que pittoresque s’il n’était aussi furieusement doué. Car ce loustic à la barbe fleurie, ce sale gosse désormais sexagénaire, est certainement un immense écrivain. Il fait le clown, se présente aux élections, emmerde joliment son monde. Il est connu comme le loup blanc, qui doit bien traîner dans les forêts alentour. C’est un aristocrate qui voudrait se présenter en bon Sauvage. C’est un homme qu’on soupçonne de craindre la tombée du soir. C’est un écrivain perdu au cœur d’un drôle de Pays basque, parmi des dentistes et des croque-morts, des poivrots et des clochards célestes, des orignaux et des baleines chanteuses. Perdu parmi les siens.

 

« Bien entendu, Bibi est un beau livre romantique – et misogyne aussi, les femmes y sont magiques et enquiquinantes. Beaulieu y décoiffe le roman sentimental, l’épopée foutraque, avec les armes d’une modernité qui fait semblant de s’ignorer et, surtout, la force d’une langue qui se réengendre presque à chaque page. Victor-Lévy Beaulieu écrit un français tel qu’on ne peut plus le lire sans doute que dans la Belle Province (ou tel que l’écriraient Sabato ou Lezama Lima, dont il est frère en démesure baroque, s’ils avaient eu la bonne idée de naître français). Sa plume est de combat et lyrique à la fois. »

 

Le Bibi de Victor-Lévy Beaulieu a aussi été finaliste pour le Prix littéraire Vincent-Bonelli que Vincent Borel a remporté pour son roman Antoine et Isabelle.


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Avant nous (Romani)

Publié le par la freniere

 

Avant nous 
l’eau ne se tarissait pas 
le feu ne s’éteignait pas 
le vent chérissait les feuillages 
 
Avant nous 
la terre était enceinte 
personne n’osait toucher ses entrailles 
ni la rosée 
ni la fourmi 
 
Avant nous 
les bêtes sauvages étaient apaisées 
et impassibles 
les arbres se réjouissaient de l’arrivée des oiseaux 
les branches fleuries accueillaient les nids 
les poissons vivaient dans une harmonie 
 
Avant nous 
le vent riait depuis les hauteurs 
l’eau chuchotait dans les profondeurs 
le feu crépitait dans les songes 
 
Avant nous 
ni 
 
Avant nous 
ni tombe 
ni maison 
 
Rajko Djuric
Traduit du romani par Jean-René Lassalle


Publié dans Poésie du monde

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Rom ! La politique à la dégueule

Publié le par la freniere

Tant que les politiciens feront du spectacle, de la joute oratoire et de la mégalomanie sournoise ; tant qu'ils chercheront à marquer des territoires sans chercher la vérité. Tant que les électeurs ne sortiront pas de leurs chapelles, tant que les sectes idéologiques serviront des causes ignorant la justice, l'immoralité en col blanc sera au pouvoir.


Tant que cela sera, nombre d'entre nous cesseront de croire aux vertus de la politique. La démocratie ne peut vivre à genoux ni se nourrir de violence.

Les hommes debout se lèveront-ils un jour pour dire : stop, nous voulons un autre monde ?!
Je ne suis pas dans l’angélisme, mais empêcher un groupe ethnique d’avoir un lieu de vie stable pendant plus de 3 mois, ne pas lui donner de terrains d'accueil pour bâtir ses artisanats et des conditions de survie acceptables, c’est  le condamner. Ne pas offrir à un groupe des moyens d’éducation, c’est hypothéquer son futur. Dans ce cas, le délit de survie est-il un crime ?
Pourquoi cette violence, ces bulldozers qui cassent les caravanes ?
Pourquoi ou pour qui, ce festin médiatique indécent et jubilatoire de justice sécuritaire qui commet un délit humanitaire ?
Messieurs les politiques, le cœur n'est pas un agenda électoral, être humain ne s'apprend pas dans les sondages. Seule l'éducation fait la grandeur d'être Homme.

 

 

Gitanos gitanos

que le vent emporte que le vent emporte

où allez vous où allez-vous

dans ce siècle qui rapine sur la peau des pauvres ?

 

Gitanos gitanos

mon chien n’a plus de terre

mon hibou n’a plus de nuit

 

Gitanos gitanos

où vont vos vies ?

Au royaume barbare partout la mort cogne aux portes

la nuit n’a plus d’étoiles

mon chien n’a plus de rêves    

où va le vent que le jour emporte ?

 

Où est votre place où est ma place ?

 

Gitanos gitanos

mon hibou mange la nuit

mon chien ronge sa chaîne

les hommes vivent en laisse

entre Dieu et Diable les hommes s’enchaînent

ferment les portes

mettent le rêve sous clef

se gavent de fausses vertus

 

Gitanos gitanos

la liberté roule à contre sens

le vent mange mes mots

les préjugés menottent l’amour

où allez vous loin des prisons dorées ?

 

Gitanos gitanos

le long de nos routes, la misère est une ortie blafarde

partout où les hommes souffrent

la vie s’étire comme une flamme

sur nos douleurs, le flamenco ouvre la nuit

comme l’aube illumine l’espoir

 

Gitanos gitanos

mon chien cherche la lumière

et le vent nous emporte

 

Gitanos gitanos

où est votre place où est ma place ?

 

Jean-Michel Sananès


Publié dans Jean-Michel Sananès

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En pissant de la copie

Publié le par la freniere

 

À voir le factice, les postiches, les potiches, la silicone, le botox proliférer, il semble que le temps soit vraiment virtuel. La coupe est pleine, la coupe de l’œil pleine de larmes. Le soldat quand il ne bat pas la campagne doit sûrement battre sa compagne. Le mal pour le mal nous distingue des bêtes, la cruauté voulue, les mines, les balles traçantes, la guerre pour le cash. Il n’y a pas que les espèces en voie de disparition, tout l’espace l’est aussi. Depuis que j’ai trouvé l’erreur, je ne cherche pas la vérité mais la bonté. J’ai raté la ligne droite. Je suis toujours resté au tournant de ma vie. Avec mes bottes de sept lieux et mes gants de cinq ans, je marque mon territoire en pissant de la copie. C’est à l’automne surtout que l’on sent les saisons. Les mots tombent comme les feuilles et recouvrent la page. Le vent passe dans l’épaisseur du regard, une poignée de vent résumant l’ineffable. Les images lèvent la tête comme des fleurs après la pluie. L’âme en exil dans le parage des affaires, je cherche une lumière qui ne soit pas à vendre. Arriverais-je un jour plus haut que moi ? J’ai trouvé l’escalier mais toutes les marches sont manquantes. La main courante s’est perdue sans atteindre son but. Je recommence ma vie à la naissance de la terre. Je regarde le feu. Je parle avec la mer. Je scrute les étoiles. Je ne suis pas la foule mais celui qui s’éloigne. Je n’écoute pas les ordres mais le chant des oiseaux. J’existe au gré des métaphores.

Je n’aime pas les curés mais j’aime le son des cloches m’éveillant au matin. Elles me ramènent l’enfance sans l’empois des soutanes. La brume rose du lac laisse échapper des anges. Ils cognent à la porte dans les maisons de vieux. Le bedeau électronique a la main lourde sur le bronze. Il le faut pour réveiller les morts entre les thermopompes et le bruit des motos. Les squelettes dans le placard ne vont plus à confesse mais chattent sur Facebook. Les oiseaux clavardent d’une branche à l’autre entre deux bugs atmosphériques. Un brin d’herbe tout frais oscille dans ma tête. Là-haut, dans les montagnes, les jeunes pousses de sapins ont peur des lièvres. Ici, dans le village, les hommes ont peur de vivre. Lorsque tinte la monnaie du moindre acheteur de vent, ils se mettent à genoux et lui offrent leurs femmes, leurs enfants, leur pays. Seuls quelques vieux rechignent en prévoyant le pire. Ceux de la ferme ont les yeux des jardins. Quand leur regard dit l’eau, des enfants viennent y boire. Les ados shinent leur quatre-roues et font de la boucane. On ne chante plus l’espoir, la révolte, l’amour mais pour être vedette. On ne fête plus pour rire mais pour boire encore plus. Attendant l’hécatombe, les arbres se cramponnent au sommet des collines. Les chevreuils guettent encore le passage des outardes sur les cultures de chanvre.

C’est dans les mots que j’ai appris quelque chose du monde, quelque chose de moi. L’opacité de l’encre éclaire l’invisible. Qu’elle sera notre vie s’il n’y a plus de forêts, plus d’ozone que d’air, plus de métal que de blé, plus de portables que d’oreilles, plus de valises que de bras, plus de néons que de soleil, plus de malheur que d’amour ? Les arbres pousseront-ils encore entre les tours de contrôle, les miradors, les éoliennes géantes ? Les écureuils le savent qui cachent leur butin. Les ruisseaux chantent encore mais pour combien de temps ? Les horloges pointeuses ont remplacé le temps. On aura trop pioché le ventre de la terre, trop gratté les viscères, trop mangé de poussière. On aura trop nargué la patience des pierres, dilapidé la mer, broyé, déchiqueté, déchiré les nuages avec les yeux rouges dans un trou de poussière et des moignons rapaces. On a rasé de frais les poils d’asclépiades, la barbe des épis, la dentelle des blés. Les ondes courtes ont fini par avaler nos voix. Pour des pin-up à leur meilleur, la terre se met au pire. On ne meurt plus de mort, on meurt de ne pas vivre.

Une fourmi s’attarde dans l’herbage des jours. Je la suis du regard. Ses zigzags sont des lettres inconnues du Larousse. Ses phrases viennent de loin, bien plus loin que le temps et le tic-tac des horloges. Trop d’heures se sont jetées dans le fleuve des minutes. Attendant quelque chose, la fin de la Neuvième ou le dernier wagon, j’écoute le vent brailler et le grelot des gouttes sur les vitres de pluie. Je veux parler l’oiseau, faire des trucs de terre, des passes de nuages, de grands gestes de saule, toucher le sang-froid des serpents ou le chaud des flammèches, dormir dans la pierre et m’éveiller dans l’eau, faire avec les oreilles le bruit du vent, le cra-cra des corneilles, caresser la lumière avec les mains de l’ombre. Je veux avant la fin comprendre le début.


Publié dans Prose

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Les lentes processions (France)

Publié le par la freniere

 

Hors de mon crâne et de mes yeux
montaient les lentes processions d’hommes
fous et leurs bannières claquaient au vent
comme des coups de poing,
portant écrit sur la toile déchirée
« COLÈRE »

Ils marchaient en rangs serrés, lourds,
puissants comme des taureaux, et la sueur
coulait sur leurs fronts.
Ils étaient laids, mais douloureux.
La ville entière avait fui devant eux,
quittant brutalement maisons et échoppes,
abandonnant en silence tout ce qui aurait pu les encombrer.

C’était toujours la nuit et ils marchaient
sans s’interrompre, tournant et tournant
dans les ruelles vides.
Les bannières blanches claquaient sur leurs
têtes, portant écrit
« COLÈRE »
et ils semblaient d’épais vaisseaux en ruines
écroulés dans d’épouvantables
efforts de naufrages !

Ils mirent la nuit entière à mourir
et malgré la force de leurs poitrails noueux
ils tombaient les uns après les autres,
la face dans les ruisseaux,
les mains enfin desserrées.
Leurs yeux bêtes continuaient à fixer
une espèce de jour problématique, un
peu honteux, qui éclairait doucement
le velours noir des égouts.
Voilà
voilà pourquoi ils sont morts
ils sont morts pour vous.


J.M.G. Le Clezio


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L'Off Festival 11e édition

Publié le par la freniere

Le festival du jazz d’ici

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Du 15 au 23 octobre 2010, L’OFF Jazz présentera la 11e édition du festival : nouvelles dates, nouveaux lieux,

nouveaux défis. C’est vers les couleurs de l’automne que L’OFF Jazz s’est déplacé et affirme ainsi, plus que

jamais, son identité et son indépendance. L’équipe de programmation a pensé cette nouvelle édition dans cet

esprit de liberté et de créativité.

 

L’OFF au Quartier Latin : jazz festif et performances urbaines

Le festival commencera cette année au coeur du Quartier Latin avec 5 concerts gratuits en plein air autour de

la place Pasteur, les 15 et 16 octobre. Événements festifs et performances urbaines seront au rendez-vous sur

les trottoirs de la rue Saint-Denis ainsi que dans l’installation Lieu_dit de l’école de Design de l’UQAM. Au programme,

Boom JACAK, l’Orkestre des Pas Perdus, Grüv’N Brass, Nozen ainsi que le Combo latin du département

de musique de l’UQAM, formé spécialement pour l’occasion. Événement réalisé en collaboration avec

l’UQAM, la Société de développement du Quartier Latin et le Partenariat du Quartier des spectacles.

 

Soirée d’ouverture : le 11 à l’honneur

Le vendredi 15 octobre, la journée d’ouverture se poursuivra à 20h au Lion d’Or, pour une soirée exceptionnelle

: Il était une fois dans L’OFF. L’équipe de programmation a choisi de former un ensemble sur mesure. 11e

édition, 11 musiciens, 11 nouvelles créations. Une soirée où brilleront les valeurs sous-jacentes à la mission du

festival : solidarité, talent et créativité. Un concert inédit!

 

La série 5 à 7 : conviviale et variée

Cette année, les 5 à 7 seront présentés au Dièse Onze Jazz Club. Allant d’un jazz inspiré des musiques du

monde au jazz moderne, en passant par le jazz manouche réinventé, ces 8 concerts sauront plaire à tous. À la

carte : Michel Berthiaume Quintet, Parc X-Trio, Maânouche Swing Quintet, Sonia Johnson, Jean-Marc Hébert,

The Odd Lot, André Bourgeois Quartet et Bomata. Cette série est une présentation de notre partenaire Actions

Multiflammes.

---Entrée libre, contribution volontaire.

 

Les concerts de 20h et de 21h30 : de grands moments de musique

Pour les concerts de 20h et de 21h30, L’OFF Jazz investit plusieurs quartiers montréalais en se promenant de la

Sala Rossa au Gesù, avec des arrêts à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, à la maison de la culture Frontenac

et, bien sûr, au Lion d’Or. Jeudi 21, le prolifique Joël Miller présentera Les voix de mon coeur, audacieux mariage

de son ensemble Mandala avec le choeur féminin Concerto Della Donna dirigé par Iwan Edwards. Deux albums

très attendus seront lancés les 18 et 19 : Octo Portraits, le nouvel opus du collectif Jazzlab, ainsi que Chorégraphie

du pianiste Yves Léveillé. Le festival recevra cette année la visite des ontariens David Mott et Darren

Sigesmund, ainsi que la grande pianiste américaine Myra Melford lors de trois soirées très prometteuses.

Mercredi 20, Marianne Trudel et Alexandre Grogg seront merveilleusement bien entourés dans le décor intime

de la Chapelle historique. Un habitué du festival, Jean-Nicolas Trottier reviendra avec son dernier projet

résolument moderne. Steve Raegele en compagnie de ses deux complices Miles Perkin et Thom Gossage nous

fera découvrir sa musique organique et profonde. Finalement, la traditionnelle soirée gratuite de jazz et poésie

mettra à l’honneur la poète innue Joséphine Bacon.

---Concerts de 20h et de 21h30 : de 15$ à 25$.

 

Série nocturne : série avant-garde

Les concerts de 22h auront lieu pour la première fois à la Casa del Popolo. Musique improvisée, rock, free,

fusion, et toute une panoplie de couleurs musicales se conjugueront autour de projets rafraîchissants. Le talent

et la prise de risques seront les maîtres mots de cette série nocturne. Au programme, le western d’Antoine

Berthiaume avec Rodéoscopique, la folie de Jon Lindhorst, la classe de Jake Henry, l’audace de Magnitude 6,

la virtuosité de Rémi-Jean LeBlanc, l’originalité du Projet LP, l’humour de Vulgarités et la musicalité d’Anna

Webber.

---Concerts de 22h : 10$

 

Pour finir en beauté

Le festival se terminera le 23 octobre au Lion d’Or avec une soirée magnifique lors de laquelle deux albums

seront lancés. Tout d’abord, le batteur Karl Jannuska, immigré en France depuis quelques années, viendra

nous offrir ses nouvelles compositions à la fois modernes et accessibles, originales et sincères. Il sera en compagnie,

entre autres, de la talentueuse chanteuse Sienna Dahlen. La soirée se terminera par Tremblement de

fer de Pierre Labbé, désormais sous l’étiquette Dame. Des 50 musiciens du projet original, le saxophoniste a

réduit son équipe à treize musiciens exceptionnels. Une oeuvre décapante et pleine de vie qui viendra clore en

beauté cette 11e édition.

 

Événements spéciaux

Pour la première fois, L’OFF Jazz présente un concert brunch au Upstairs Jazz & Grill le dimanche 17 octobre

avec le trio de la merveilleuse Aurélia O’Leary. De plus, deux soirées seront présentées en collaboration avec

le festival : Jean-Christophe Beney le 17 et Carl Naud le 19.

Dans le cadre des activités hors concerts, une classe de maître gratuite avec le contrebassiste torontois Jim

Vivian aura lieu dans les locaux de l’Université McGill et une conférence de Myra Melford, autour du travail de

Xénakis, se tiendra au Centre Canadien d’Architecture.

L’équipe de L’OFF Jazz espère toucher une fois de plus les amateurs de jazz et les mélomanes curieux. La

vitalité et l’effervescence de la scène locale seront à l’honneur pendant neuf jours et nous célébrerons encore

l’incroyable talent de nos créateurs.

Bon festival à toutes et à tous!

---- Pour ne rien manquer : le passeport festival à 100$ tarif régulier / 80$ tarif réduit.

 

Billetteries :

L’OBLIQUE – 4333, rue Rivard – 514-499-1323

ARTICULÉE – 1182, boulevard Saint-Laurent – 514 844 2172

www.admission.com

Informations :

514-524-0831

-30-

 

CONTACT :

Elise Magnan Bélanger

com@courtemanchecommunications.com

514-251-1092

www.lofffestivaldejazz.com


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Hors d'ordre

Publié le par la freniere

 

 

Comment apprendre la paix aux enfants de la guerre ? Ils sont nés sous les bombes. Ils jouent avec des doigts coupés et des culasses de balles. Il n’y a plus d’eau claire dans un bol brillant mais du sang sur les murs, des mains déchiquetées, des cervelles en lambeaux. Dans l’œil des œillets se reflète la ruine. Chez les poètes, les mots sont hors d’ordre, les alouettes en colère et les morts indociles. On n’écrit pas sans mal avec un doigt sous le marteau, un genou déboité, un cœur déflaboxé. On ne parle pas sans peine avec les dents de sagesse en état de révolte. On avance vers où coincé entre deux portes, deux langues, deux pays ? On tourne en rond avec deux roues qui louchent. Il y a trop de pas coulés dans le béton, trop de trous dans les habits du sens, trop de portes fermées. Je n’ai plus de chemise, de chemin, de chaleur. Il fait froid dans ma tête. Il fait noir partout. Les grosses polices du malheur piétinent la tendresse. Le pain devient si triste habillé de plastique. On mange n’importe quoi, des semblants de fromages sur des bouts de cartron, des pesticides en canne, du cancer en sachet, des soupes à la mauviette, même des culottes aux fraises et des slips au ketchup. On va jusqu’à manger les serviettes en nylon. Tout se transforme en pire, les érables en papier, les animaux en peluche, les prières en fusils, les hommes en travailleurs.

 

Un milliard de dieux, tous armés d’un fusil. Un milliard de morts, la plupart innocents. Pas le droit de rêver ! Pas le droit de penser ! À peine le droit vivre ! Quand on répare les pauvres, c’est qu’on a besoin d’eux pour un travail de merde. Comment dire tout va bien quand le pire s’en vient. J’ai des amis aux enfers où la mort se promène à vélo. La vie est un rosier couvert d’épines. Les arbres en grandissant se composent une grammaire. Les oiseaux viennent y lire sur la paume des branches. Enfant, j’ai plus appris sur la fourche d’un arbre que sur un banc d’école. J’étudiais les fourmis, les pommes, les nuages. Je dessinais des lettres, des ailes, des samares. J’écrivais tous les mots jusqu’à ce qu’ils me connaissent. Je poursuis la dictée sans corriger les heures. Plaçant ses doigts sur les narines d’une flûte, ma chair frissonne sur les os du poème. Un troupeau de galets broute le bord des rives. Dans le passé dissous survivent quelques rêves. C’est une chose étrange l’écriture. On ne sait plus qui de l’ange ou de l’homme porte l’autre. Les yeux en face des trous, on louche dans la tête. Les doigts sur un clavier, on traverse le monde.

 

Je ne crois pas au sérieux, au réel, aux valeurs que l’on cote à la Bourse. Je ne crois pas en Dieu, à l’État, aux honneurs, aux distinctions sociales. Je crois à peine aux mots mais j’en fais mon credo. Accepter le pouvoir, ce serait comme trahir. Qu’importe qu’une porte soit ouverte ou fermée, si la prison c’est l’homme. Je crois aux mots du vent, des montagnes, des forêts, à la scie lancinante des insectes cachés. Je ne veux pas la cendre mais la ferveur du feu. Sans la chair des pas, la route ne serait qu’un trop long squelette. Les gestes font éclore la fleur d’une main. Un vent pareil aux chiens nous mord les oreilles. Le temps se conjugue à l’imparfait. C’est un été sans l’être, un automne endormi. C’est un hiver en laine, un conte sans enfant, un printemps sans décrue. Les arbres font la fête dans un cinq pièces en feuilles avant qu’un vent d’automne déménage les meubles. Les mésanges entêtées ne changent pas d’adresse mais se gonflent d’air chaud. Il recommence à faire froid. Les planches des maisons se préparent à l’hiver. Les toits se font des muscles pour supporter la neige. La sève se renfrogne dans son étui d’écorce. Je prends tout de la vie, pour le donner peut-être. Je vous offre le mieux et je garde le pire. Je transporte mon cœur sur un brancard de mots.




 

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Jusqu'ici sur la terre, tout désordre a résulté du fait que quelques-uns ont voulu mettre de l'ordre, et toute ordure du fait que quelques-uns ont voulu balayer. 

Le mal n'est pas que le monde soit gouverné avec si peu de sagesse. Le mal est que, si peu que ce soit, il soit gouverné.

 

Dezsô Kosztolànyi

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