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Dans le respir commun

Publié le par la freniere

 

Mes mots apprennent à voler avec des yeux de perdrix, des pattes de gélinotte, des ailes au bout des phrases. Avec une pelle verbale, je me trace une piste dans le respir commun, la giboulée du cœur, les tempêtes sonores. Je raboute ma langue avec des métaphores. Je ne veux pas refaire ma terre avec le rien qui reste mais le tout qui s’en vient. Un enfant piaffe dans les flancs de ma voix. Les nuages se promènent en ruisseau, les feuilles en parachute. Les anaphores font la course entre les aléas et les alinéas. Même si les nuages n’ont pas l’impudeur de la pluie, ils font des plis sur l’habit du beau temps. L’eau qui épouse tout en devine les formes. Les ronces n’ont jamais l’hypocrisie des mûres. Pour survivre à la spéculation, il faudra bien passer de l’avoir à l’être, de la noirceur de l’or à la lueur du cœur. Je me protège du néant en suçant des voyelles comme on mange une pomme. Les coups d’archet des branches m’enseignent la musique. Le vrai courage est de garder espoir, de remonter la source, de s’en remettre aux mains qui façonnent l’argile. Lorsque l’eau s’évapore, elle retrouve le ciel, les nuages, le temps.

Ce n’est pas d’écrire qui est difficile, c’est de le faire sans mentir. Le courant de la vie nous porte vers la nuit. Une même génuflexion sert à prier ou épauler son arme. L’amour est fusillé d’une prière ou d’une balle. La moindre des caresses est fusillée des yeux. La soif des enfants est fusillée de flashs. Les yeux des malheureux font vendre les journaux. Je n’ai que mon crayon à opposer au crime, mon cœur d’enfant fou, un Don Quichotte de foire devant les éoliennes, quelques mots sur la page comme des hommes debout. Je crois à la lumière, celle des pierres ou des nuages, celle des creux ou du soleil. Tout croît à la lumière. La neige quand elle fond, les plantes quand elles poussent. Je me promène entre les mots comme un enfant entre les arbres, comme un oiseau entre les branches, comme un silence entre les lignes. Entre les cris et les coups de poing, entre les rires et les sarcasmes, il faut des larmes et des je t’aime.

Le ciel a mis son parka de nuages, ses bottes de pluie, sa tuque de marin. Il brumasse à l’avant-pont du jour. Il mouillasse à l’arrière. On ne sait pas s’il pleut ou neige pour de bon. Monsieur Mensonge parle trop fort. On n’entend plus les chiens rêver ni les arbres japper. On n’entend que les chiffres sur les comptoirs des banques, les schlik du crédit, les claques du malheur. On paie déjà trop cher des légumes contrefaits, des portables sans âme, des autos mortifères. Monsieur Bureau noue sa cravate. Même ses rayures sentent l’ennui. Monsieur Tout Le Monde ferme sa gueule ou dit merci quand on l’écrase. Monsieur Cadavre fait semblant d’uriner. On ne sait plus qui est vivant, qui est mort, qui est saoul. On ne sait plus qui est poète ou compteur de syllabes. On ne sait plus qui est prophète ou conteur de sornettes.

Ce n’est pas de mourir qui est difficile, c’est d’apprendre à vivre. J’ai l’air fin sur le parvis de la banque avec mes anémones, mes poèmes, mes guenilles. J’attends que la pluie tombe mais le guichet du ciel est fermé pour la semaine. Les nuages font la grève. Le soleil dort encore. Les anges font la gueule avec leurs ailes usées. Le mercure blanchit comme un vieux thermomètre. Que la marée soit haute ou la lune en croissant, on écope comme on peut dans une barque de souffrance. Monsieur Commerce vend nos bras. Ce que je donne en mots me revient en silence. Ce que je prends des hommes les allège de moi. Toute balance est bancale, toute horloge faussée. Le temps perdu en route n’est pas celui qui manque. Entre les trains qui passent, ma démarche est trop lente. Je m’arrête pour regarder les vaches, le troupeau des cailloux, la transhumance de l’herbe, les érables bander leurs muscles de feuillage.

Déchirant l’apparence, de l’horizon des dents à la raison des hommes, je crache un alphabet pour aider au bonheur. Je trace des esquisses entre le nu et l’inconnu. Je demande aux oiseaux, aux abeilles, aux ruisseaux de me prêter leur voix, à la pensée des blés de sourire un peu plus malgré les pesticides, aux oies romanichelles de faire chanter le ciel. L’amour seul vaincra les usuriers du cœur. Le Dieu des riches n’a pas à convertir les pauvres. Ils se partagent entre eux la prière du pain. Ceux qui palais, ceux qui taudis, ceux qui balai, ceux qui maudit, ceux qui bureau, ceux qui moisson, ceux qui comptent, ceux qui racontent, ceux qui désespèrent et ceux qui rêvent encore partageront leur bien. Je veux le monde dans son entier, sa beauté, sa misère, son amour. Je veux les hommes debout. Je veux les enfants libres. Je veux mille musiques, mille images, mille mots pour la parole manquant de voix. Je veux croquer la pomme sans arracher sa peau. Je veux l’osmose des nations avec chacune sa langue entière.



Publié dans Prose

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Tu as rangé les fleuves sous ton oreiller, passé les montagnes à la machine à laver, vidé quelques plaines dans la corbeille. Tout cela pour y voir plus clair en toi. Et tu t’émerveilles que le paysage, beau seigneur inexpugnable, se paie d’une allumette ton remue- ménage précaire.

 

Dominique Sorrente


Publié dans Ils ont dit

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Ce sont des enfants seuls...

Publié le par la freniere

 

Ce sont des enfants seuls
attelés à leurs cris
qui avancent de face
sur des chemins possibles

ils nous jettent des mots
simples comme les pierres
leur royaume visible
est une route droite

ils entrent par effraction
dans nos yeux éboulés
et suivent des aurores
qui toujours se rassemblent

ils creusent leurs demeures
dans les charpentes mortes
pour apporter aux évidences
le démenti formel
d'un battement de cœur …

 

Tristan Cabral


Publié dans Tristan Cabral

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Les éoliennes géantes ne sont pas écologiques

Publié le par la freniere

 

La crise que nous connaissons, celle  qui n’arrête pas ses soubresauts depuis des décennies,  n'est rien comparée aux événements irréversibles qui arriveront sous peu: réchauffement climatique, épuisement des nappes phréatiques, pollutions multiples et grandissantes, etc.

Parviendra-t-on à ce décalage entre la base écononomique et l’expansion militaire, l’un des principaux facteurs du déclin de grands empires? À voir comment l’écononomie des États Unis d’Amérique est en perte de vitesse tout en observant une augmentation exponentielle de ses dépenses militaires faut-il croire que cette grande puissance est condamnée est condamnée à sombrer et à devenir très faible comme le démontre l’historier Paul Kennedy?

 

Le capitalisme est inapte et incapable d'apporter des solutions. Il se plait cependant à transformer les problèmes en instruments de profits profitant que les organisations éthiques ont renoncées à tous les moyens de l'en empêcher.

Si nous continuons l'Histoire telle que ces  protagonistes dominants la définissent aujourd'hui, nous allons droit à une barbarie permettant à l’intolérable d’être toléré, puis de devenir la norme et puis de passer inaperçu.

 

Il est dans la nature du capitalisme d'exploiter toutes les opportunités et la croissance verte en est une.

 

Une date importante. Le 2  décembre 2007, lors d’une Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (NUSA DUA), voilà comment une structure d’encadrement explique aux politiques réunis pour cette occasion  comment la protection de l'environnement  doit et va devenir une BUSINESS:

" Je vous appelle à vous doter d'outils propres à réduire les émissions de manière rentable et à permettre la croissance économique."  (Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Conférence 3-12-2007)

 

Il y a fort à parier que les conséquences visées n’étaient  pas un ralentissement, mais laissaient entrevoir la mise en place de programmes et outils  paradoxalement à l’encontre du crédo de la nouvelle religion de lutter contre le réchauffement de la planète.

 

Le développement au début du 20 ième siècle

 

Il faut rappeler ici comment cela se passait au début du siècle dernier(le 20ième) pour attirer ici des développeurs pour nos ressources naturelles et l’exploitation de la main d’oeuvre captive et docile.

Les gouvernements de l’époque dont la meilleure représentation est celui de Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936) publiait à travers le monde des publicités et éditaient des répertoires décrivant  les sites disponibles et à donner en exploitation conditionnellement  pour le développeur intéressé à investir pour aménager les installations d’exploitation de la ressource, barrages et réservoirs pour ce qui est de l’hydro-électricité et construire des usines de traitement et/ou de transformation primaire. En contre-partie les gouvernements permettaient l’exploitation de la ressource, espéraient l’utilisation de la main d’oeuvre locale. Quant aux redevances pour l’utilisation des ressources elles étaient presque nulles sinon très minimales et pour la plupart encadré par des ententes secrètes.

 

Qui n’a pas en mémoire le fer du Nord du Québec cédé par Duplessis à 1 cenne la tonne? Par contre, qui peut se vanter de connaître le contenu des ententes concernant l’utilisation des forces hydrauliques enchâssées par le Bail de la Péribonka, renouvelée en 2007 jusqu’en 2057?

 

Pour le Saguenay-Lac-St-Jean cela a donné à l’Alcan un avantage économique exceptionnel sur le marché de l’Aluminium. Nulle part ailleurs sur la Planète  on ne peut produire un métal de même qualité à un tarif comparable, même dans les pays où les coûts pour la main d’oeuvre sont négligeables.

Mais donnons à César ce qui lui revient. L’Alcan a quand même relevé sa part du contrat: aménagement, installations, usines, emplois, en contre-partie de profits importants, d’actifs mirobolants, de droits juteux.

 

Pour les autres régions le travail est à faire.

 

Aujourd’hui, l’orthodoxie capitaliste nous demanderait de regarder se mettre en place les projets de ceux qui veulent perpétuer le développement par la spoliation des droits des citoyens pour se positionner dans la course à l’exploitation des ressources énergétiques.

 

Peut-on penser autrement l'impératif de  RELANCER LA CROISSANCE? Doit-on utiliser  le même schéma, les mêmes aspirations qu’au début du 20ième siècle?

Faut-il d’ailleurs absolument penser croissance ou se rallier à ceux qui pensent qu’il faut accepter un rale3ntissement permettant un salutaire recul, une décroissance?

 

Même s’il est possible de penser que la décroissance  pourrait être un outil, même si cette décroissance est mal défendue, nous la mettrons en bonne position comme instrument pour contrer la  barbarie moralisatrice techno-policière.

Parmi d’autres outils, il y a impérativement la pensée, la solidarité, la coopération, l’approche collective, la connexion avec l’autre, la transmissions des recettes, la concentration des expériences citoyennes.

Ces nouveaux outils peuvent permettre de faire perdre prises aux responsables qui nous demandent de faire confiance.

 

Aujourd’hui, l’industrie de la  nouvelle énergie du vent se présente comme une nouvelle intervenante, un nouveau capitaine dans l’armée carburant au développement. Comme le précédent, c’est une industrie qui ne peut exister que par une capitalisation s’appuyant sur les fonds publics. Dans ce cas-ci, tout son schème d’implantation est basé sur l’abandon par l’Hydro Québec de ce secteur dans le cadre de la passe-passe des PPP. Ceux qui sont choisis par appel d’offre reçoivent une généreuse subvention camouflée en garantie d’achat de la production du promoteur à un prix largement supérieur au prix de vente par l’acheteur, l’un des  co-signataires de l’entente accordant le contrat au promoteur (sic).

Cette manière de puiser dans les fonds publics s’inspire de technique fasciste du fait qu’elle participe à la mise en place d’une jungle  où les dominants prélèvent sans rendre de compte et sans contre-partie. Tout cet argent est détourné de sa capacité de participation au financement de programmes nécessaires et utiles pour servir aux attentes des affairistes de la bulle spéculative associée.

C’est elle qui permettra aux promoteurs des usines d’éolectricité de trouver les investisseurs pour la construction d’un parc industriel  inutile, couteux et gouffres financiers, de garantir le remboursement aux investisseurs, de faire des profits sans avoir mis une cenne, de permettre  de verdir l’économie noire, de donner des redevances ridicules à ses complices et partenaires, de détruire des écosystèmes, de perturber des citoyens, de massacrer des paysages, de diviser des populations, de voler des terres à l’agriculture, de surproduire inutilement, irraisonablement, irresponsablement,  de détourner des argents publics vers les coffres du privé, d’implanter des usines à ciel ouvert, de spolier l’avenir des prochaines générations,

 

Le développement au début du 21 ième siècle

 

Nous sommes encore pris dans une spirale de développement dynamisé par l’exploitation des ressources naturelles et humaines.

Malgré l'avancement de la société dans plusieurs aspects, c’est encore l’exploitation des ressources naturelles qui est le secteur porteur. Des offres de prise en charge sont aujourd’hui confiées à des entreprises locales mais aussi étrangères.

Ne parlons pas immédiatement du rôle des institutions de régulations néolibérales de la mondialisation à la solde du capital international et sans nation.

Les conditions se sont modifiées dans l’offre. La ressource est toujours offerte sans mettre d’accent sur les compensations. Il y en a mais elles sont partie d’un ensemble de conditions que l’on veut attrayantes et capables de mobiliser les grandes structures capables d’utiliser et de mettre dans la balance  les canons d’une approche techno-scientifique pour justifier des secteurs et projets  de développements  questionnables ou attaquables.

Le promoteur, oui en 2000 c’est un promoteur, n’a plus à apporter les investissements pour assurer la mise en place d’installations et d»’équipements. Quant à la main d’oeuvre qu'il doit faire travailler, ce ne sera que pour du court terme attendu qu’il n’y a plus obligation d’installer des usines  pour le traitement primaire. Tout au plus quelques postes pour surveiller des installations sur informatiser.  Une mécanique de paiement existe en tenant compte de redevances que le promoteur devra payer à des petits groupes partenaires ou complices pour l’utilisation de biens, services.

 

Mais alors s’il n’a plus obligation de fournir le fric, d’où proviennent les redevances qu’ils promettent de verser?

Au départ, l’argent n’a pas à exister. Il ne s’agit que d’un contrat entre le promoteur choisi et celui qui propose les appels d’offre, Hydro-Québec  dans lequel le mandataire du propriétaire d’Hydro Québec garantit qu’Hydro Québec Distribution achètera du promoteur toute sa production à un prix largement supérieur à sa capacité de revente pour les marchés potentiels. Comme si ce prix était  déterminé pour compenser un investissement non planifié en fonction de sa rentabilité mais juste pour devenir la clef de voûte d’un pactole. Dans une période de sur-production, électricité de toutes provenances, pour le projet de l'Érable le prix d’achat pourrait être aux alentours de 14 cennes (production et transport) en considération d’un prix de revente de 6 cennes si nous prenons l’entente 2010 Québec/Vermont. Notons aussi qu’en vertu de la décision prise le Mercredi 3 novembre 2010 par l'UPA d’endosser une ligne de transport dont les fils devraient être enfouis, le prix de transport devrait pousser le prix de revient à la hausse, si l’Hydro Québec se plie à cette recommandation d’un jouer qui est habituellement son complice.

 

Le financement du parc

 

D’où l’argent proviendra-t-il? Verra-t-on se bousculer les corporations qui veulent verdir leurs capitaux noirs?

On peut le croire, tant ces derniers ont intérêt à s’emparer des crédits carbone qui y seront associés. Ces acquis pourraient leur permettre de continuer à s’abreuver à la source première  provenant d’exploitation de ressources dans des conditions  dommageable à la couche d’ozone en amont et en aval.

Peut-on penser qu’une intelligence maquillera  la provenance de ces sommes importantes consacrées à la construction  d’usine de production d'éoélectricité, coût d’ailleurs non véritablement déterminé en fonction  d’une véritable recherche de profits?

Si les investissements devaient être fournis par le promoteur sans une garantie d’achat à haut tarif de la part d’Hydro Québec, gageons que le prix de production serait ajusté à la baisse et non à la hausse  pour dégager les marges permettant de graisser  les rouages intermédiaires complices et parasites de ces grands projets de développement.

 

Fausseté

Il y a  donc mauvaise utilisation du terme investissements. N’importe qui dans ces conditions de subventions garanties camouflées en garantie d'achat de la production pourrait mettre en place un mécanisme de financement pour attirer les mouches à mélasse qui s’engraisse aux fonds publics.

 

Pourquoi avoir exclus l’Hydro Québec 

Comme maître d’oeuvre et promoteur d’une filière de production énergétique à partir de nouvelles ressources dans une stratégie de diversification, notre outil collectif aurait été un fer de lance. Sans effectuer un virage il aurait pu mettre ses capacités et connaissances pour devenir le leader mondial de ces nouvelles énergies, attendu le succès de sa filière hydroélectrique.

Dans les années 1980, Hydro aurait dû devenir le leader mondial de l’éolectricité tant sa performance en hydro-électricité lui donnait la crédibilité, les connaissances et la capacité de développer cette nouvelle alternative en la couplant avec l’énergie du soleil.

Mais des forces obscures (à l’Hydro certains cadres préparaient un voyage sur Sirius) et affairistes ont tout fait pour empêcher notre outil de se diversifier dans un secteur d’avenir. Cette diversification aurait permis de développer, pour ailleurs et dans le Nord du Québec, les capacités des énergies reliées au soleil couplées à celles de l’hydrogène. 

Mais la force des gaziers veillait!

Voila pourquoi aujourd’hui le Québec n’est devenu qu’un acheteur de bébelles et de brevets pour planter sur chaque colline venteuse du Québec un vire-vent construit par l’industrie de l’éolien financé par les fonds publics sous forme de gros contrat garanti d’achat de production à un tarif fortement supérieur à son prix de revente.

 

Conséquences

 

Ces argents qu’Hydro Québec consent au promoteur est à l’encontre des règles capitalistes.

Le prix fixé pour l’achat est déterminé par un coût de production inflationniste et non préoccupé d’une capacité de rentabilité. Les coûts de production sont bien supérieurs aux capacités de revenus par vente sur un marché en sur-production.

La quantité d’éolectricité viendra accroître la production disponible dans un réseau déjà en surplus de production hydroélectrique, gazière et nucléaire (à venir).

Ce nouveau secteur de l’éolien industriel s’alimente aux fonds publics qui sont en fait sa caution pour mettre en place des bulles spéculatives. Il participe donc au détournement d’argent social pour alimenter des groupes affairistes connectés au béton, à la quincaillerie, aux brevets et à la technologie privant ainsi la société de ressources et services tout en accentuant un gouffre financier créé par l’engagement d’Hydro-Québec Distribution à un tarif supérieur au tarif de revente. Comment cela figurera-t-il dans les bilans d’Hydro Québec?

Pour les 100 MGW du Parc industriel éolien de l’Érable on parle de plus de 20 millions par années. Imaginons pour les 4000MGW du premier appel d’offre et le 8000 MGW que l’industrie aimerait bien pour continuer à s’engraisser!

 

Aujourd’hui faut-il affirmer que la confiance n’est plus le trésor des peuples et que la barbarie devra chercher ailleurs les devises pour capitaliser?

 

Dans ce cas, faut-il avoir peur d'être accusé d'incohérence, d'irresponsabilité?

Ce n'est pas facile et cela demande de faire confiance aux gens, à leur capacité de penser, d'échapper aux alternatives qui réduisent à l'impuissance.

Des responsables un peu partout affirment qu’ils détiennent la vérité. Bien souvent, en grattant légèrement il est facile pour des citoyens responsables de découvrir que  leurs actions s’appuient sur l’idéologie  des solutions simples. Rien à voir avec la simplicité volontaire!

Si on laisse ces sectes avoir raison, ce sera la catastrophe.

 

Serge Gagné

10 novembre 2010


Publié dans Glanures

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La Mouginie est en deuil

Publié le par la freniere

La Mouginie est en deuil. Le facteur s’est posté vers ailleurs le samedi 6 novembre 2010 à l’âge de 98 ans.

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Jules Mougin, ici à Chemellier, où il vécut pendant de nombreuses années.

 

 

J’aime la voiture
Je n’aime pas la bagnole

Je n’aime pas le donneur de coups de pieds dans le cul
J’aime le café
J’aime croquer un grain de café
J’aime l’odeur du café frais
J’aime l’odeur des grains de café frais
J’aime le Soleil
J’aime les fleurs du pommier
J’aime le sable
Je n’aime pas le sablier
J’aime les yeux du crapaud
Je n’aime pas le regard du bourreau
Je n’aime pas Napoléon
Je n’aime pas Monsieur Thiers
J’aime Louise Michel
Je n’aime pas les colonisateurs
Je n’aime pas les menteurs
Je n’aime pas les ruines
J’aime Amsterdam
J’aime les oiseaux le piaf et la mésange
Je n’aime pas les cages
Je n’aime pas les prisons
J’aime les platanes de Lamanon
Je n’aime pas la mort des ormes
Je n’aime pas les arbres nains du Japon
J’aime les mots qui chantent
J’aime les désordres du bonheur
Je n’aime pas l’ordre de faire la guerre.

 

Jules Mougin 

 

Publié dans Glanures

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Les mots ont un visage

Publié le par la freniere

 

L’ambition d’être tout rend le néant possible. Coûte que coûte, je dois gagner mes mots, le droit de vivre ma parole, la vie plus forte que la vie. Les mots ont un visage. Les syllabes ont un cœur. Qu’un fleuve s’évapore, une source le refait. Chaque nouvelle phrase m’apprend mon ignorance. Chaque pas est plus grand que la route. Il y a des routes qui s’érigent en murs. D’autres s’ouvrent vers ailleurs.  Des chemins sont pesants et d’autres sont légers où nous allons tour à tour en épaves ou en îles promises. Le bois des mots porte à la fois le feu et la fumée, la cendre et le brasier. Le moindre sentiment en est le tisonnier. La sève intemporelle des saisons traverse la parole avec une force verticale. Il faut savoir aimer les hommes pour les vilipender. La vie est toujours en retard d’une vie. La mort seule nous rend contemporains. L’éphémère s’efface devant l’éternité. L’au-delà n’est pas loin mais ici. L’infime est infini. Chaque geste s’inscrit dans un mouvement de l’être.

Quand les hommes cessent d’aimer, les arbres sont inquiets. Les oiseaux volent plus bas. Je reconnais ma voix dans le frisson de l’herbe. Je veux que nos enfants partagent la bonté, non la haine et l’orgueil. Si on ne laisse que du papier, que ce soit des poèmes ou des lettres d’amour. Je ne veux pas nommer le feu sous la forme des cendres mais rallumer la mèche, entretenir la flamme. Il neige sur la page comme une encre invisible. Le blanc typographique vient remplacer le et. Chaque parcelle participe d’un tout sans cesser d’être unique. Chaque mot est comme une saxifrage sur la pierre du sens. Des images conjointes éclairent l’écriture. Aucun poème ne transforme la vie. Il n’en est qu’un fragment. Il ne s’agit pas de contredire la haine mais d’affirmer l’amour.

J’ai soif d’alphabet sur une page blanche. Qu’importe que les fruits alourdissent la branche s’ils allègent la faim. Lorsque le pain vient à manquer, il faut le partager. Je reviens à l’enfance comme un peu de rosée sur le pointu des ronces. Je reviens à l’enfance non pour fuir le temps mais conjoindre les pas. Je reviens à l’enfance comme on revient de loin, comme on ouvre la porte. Tant de lumière veut passer de la sève à l’écorce, de la pierre au soleil. Tant de vide veut connaître la plénitude de l’âme. Ce qui est loin n’est pas moins vrai que la main que l’on touche. Les mots sont des aimants dans la ferraille du monde.

Mille secrets sont à l’œuvre sous la membrane de l’air. L’appétit est partout, de la pierre à la plante. Les fleurs poussent plus vite dans l’entourage des tombes. Un insecte s’acharne à consulter la terre. Le brin d’herbe qui penche cherche l’éternité. Le vent sur la corniche fait des sauts de pluvier. À l’insu du soleil, le tournesol imite la prière des blés. La chair des métaphores a besoin de la pluie et de l’intelligence des racines. La pensée est partout, du respir des étoiles jusqu’aux ramiers en fleurs. Le mouvement des atomes peut tenir lieu de verbe. La vie tient du miracle quand le lichen baise la pierre. Toute la matière pour être se conjugue à l’espoir.


 

Publié dans Prose

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Ces « hommes dotés de front en une circonférence complète » offrent une très belle dimension à cette image quasi sacrée de l'altitude du regard. Voir haut, c'est sentir peut-être le tellurique, avec les deux pieds sur la terre, avec la générosité sans condition du regard tel que je le sentais chez mon père. Voir loin avec des yeux tout le tour de la terre, c'est peut-être la sûreté de l'homme désempaillé.

 

Jacques Desmarais

 


Publié dans Ils ont dit

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Avec des bouts de ficelle

Publié le par la freniere

 

Les bourreaux d’aujourd’hui ont des habits griffés, des smokings cachant un cœur de pierre. Je ne suis pas de la soie des drapeaux  mais des loques protégeant un cœur d’or, des costumes fripés avec un cœur d’enfant, des bras enfarinés dans le pétrin commun, des manches retroussées dans la misère à vaincre. Je ne suis pas jet-set. Je suis du sac à dos, de la brouette, du carnet, des sandales, des pieds nus, des wagons que l’on saute. Je ne suis pas du bois dont on fait les matraques, du fil de barbelé, du fer dont on fait les menottes, de la pâte à papier dont on fait les mensonges. Je suis de la ficelle qui sert aux cerfs-volants, des cordes de guitare, de l’espadrille foulant l’herbe, des planches de radeau, du bois des oliviers, de la résine amère qui soigne les angines, du bois des violons. Je ne suis pas du genre troupeau ni du trousseau de clefs, des croix gammées qu’entérine l’argent. Je ne suis pas des plages où le soleil se paie. Je suis du grain de sable enrayant les machines. Je suis des lacs et des rivières. Je ne suis pas des mines dont on fait des tombeaux mais de la vie à ciel ouvert. Je suis du drapeau blanc qui sert de pansement, du drapeau noir qui saigne, de la colombe en cage qui ronge les barreaux. Je me nourris de faim à la table des riches. Je suis des miettes de pain dont on fait l’espérance. Je ne suis pas des lois dont on fait des barreaux, des dollars dont on meurt, des éoliennes géantes qui remplacent les arbres, des usines à prière qui massacrent les hommes. Je suis de la galoche, de la galère, de la grève. Je ne suis pas de la pierre dont on fait les prisons, de l’habit qui fait le moine, du moine faisant la guerre. J’enlève la peau des mots pour nourrir la lumière. Je suis de l’infini comme on n’est d’un brin d’herbe. Je suis de l’absolu comme on naît de la mer.

Dans les villes en guerre, les ruines servent de mémoire. Ici, la vie s’en va sans laisser de charnier. Dans la parole du soldat, le dernier mot d’amour appartient à la mort. Notre terre si belle, la morgue des banquiers en a fait une morgue. Le monde s’étranglerait sans le sourire des enfants. Sur le corps du profit, il n’y a pas de peau d’amour. L’ossature est à nu. Sous des outils plus lourds que leurs épaules, les hommes rampent pour un salaire. Ils s’inventent un futur à même les débris. En règle avec mon âme sans l’être avec la loi, je prends sur moi l’enfance jetée à la poubelle, la révolte trahie, l’amour battu, la folie des poètes, les oiseaux fusillés, la poussière et la mort. Mon amour n’a plus rien à se mettre que du vent sur la peau. J’écris depuis le dénuement avec une main qui saigne. Je regarde le monde par les trous du poème. Le cœur est une oreille quand ce n’est pas un œil. C’est aussi un poumon, un poème, une maison. Je guette derrière la porte les pas qui me reviennent, les mots qu’on n’a pas dit, les images effacées. Je signe d’une rose le chèque en blanc du temps. L’herbe survit à force de racines et l’homme fait de même. Je m’avance dans l’ombre, là où nait la lumière. Mon sang rouge d’Indien, mon sang bleu de poème, mon sang vert d’espoir, mon sang est noir de monde qui se lève en colère. Mes ongles de cellule écorchent les murailles. Ce ne sont plus les enfants morts qu’il nous faudra bercer, mais les enfants-soldats qui cherchent leur enfance. Tout poème est une main s’agrippant à la vie.


Publié dans Prose

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La main et le souffle

Publié le par la freniere

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Quelle est cette main de labeur et de patience

qui s’est mise à creuser en moi ce chemin

sur lequel elle m’engagea sans autres signes

ou repères que cette lointaine certitude

que j’étais à mettre au monde là-bas

au bout de cette route boueuse faite de terre noire,

de terre rouge que je m’enlève aux flancs

afin qu’elle soit foulée aux pieds

faisant de celui qui marche

un être plus léger au fur et à mesure qu’il avance,

n’étant déjà plus qu’un souffle au bout de la terre

la sienne, la seule, celle où l’on arrive nu, sans vêtement de peau,

sans vêtement de l’âme,

sans vêtement de cœur dans l’entière et totale nudité

du souffle qui est sans ombre, sans trace à l’orée du ciel immuable ?

 

Michel Madore


Publié dans Poésie du monde

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Il n'y a pas de crime mineur

Publié le par la freniere

 

Ce n’est pas parce qu’une majorité d’individus contrôlée ou terrorisée par les alliés d’un pouvoir  religieux, intégriste ou politique, semble approuver les crimes ordonnés par leurs dirigeants que ces crimes deviennent "light" ou acceptables.

L’assassinat de Federico Garcia Lorca et des républicains espagnols par les franquistes, celui des Juifs sous l’Inquisition, sous la Soha, l’assassinat récent des 46 fidèles chrétiens, (en majorité des femmes et des enfants) en Irak, des populations du Darfour, celui du journaliste Pearl dépecé par ses bourreaux, celui de Nédâ Âghâ-Soltanân et des Baha’i Iraniens, celui des dizaines de milliers d’Algériens suppliciés, égorgés par le Gia, celui de jeunes filles empêchées de sortir d’une école en feu (parce qu'une femme ne peut se trouver sur la voie publique sans la présence d’un tuteur masculin), m’est insupportable et cela devrait l’être à tout humain.

 

Le sort de Sakineh Ashtiani n’est pas un fait divers de plus, il masque une réalité odieuse que le politiquement correct censure.

 

Les droits de l’homme sont bafoués par des principes archaïques barbares. L’esclavage et la lapidation existent encore au nom de la tradition. On ne les dénonce que rarement. Cependant, il n’est pas besoin qu’une victime s’appelle Lorca pour qu’un crime soit odieux. On peut tout aussi bien s’appeler Ilan, Ali, Christian, ou être anonyme et n’avoir aucune vocation à la gloire médiatique pour que le meurtre soit une abomination.

Certains penseurs de l’Islam envisagent la possibilité d’un « moratoire » pour condamner la brutalité faite aux femmes et la Djihad… Est-il besoin de passer par un « moratoire » pour dire que tout crime est condamnable ?

La liberté de choisir son culte, voire d’en changer, la liberté de penser, d’être monothéiste, polythéiste, panthéiste, athée ou autre, devrait-elle faire l’objet d’un « moratoire » ?

 

La liberté de disposer de son âme et de son corps serait-elle remise en question ?

 

Oui, je m’indigne du fait même que, pour certains, la question se pose.

Oui, je m’inquiète quand l’extrême gauche, pour des raisons électorales, se pétainisme et défile avec ceux qui crient "Allah Akbar" ou "Mort aux Juifs"…

 

Oui, je m’inquiète quand, à Nice, des émeutiers saccagent des magasins, quand on brûle le drapeau français et quand on menace l’État ou les citoyens.   

 

Oui, je crois que plus que jamais il est nécessaire de défendre la laïcité sans aucune arrière-pensée électoraliste.

Oui, je crois que le civisme républicain doit être défendu.

Oui, je crois qu’il faut combattre tous les communautarismes sectaires.

Oui, je crois que la laïcité est la seule voie pour un vivre fraternel, tous ensemble.

 

Jean-Michel Sananès


Publié dans Glanures

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