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Sur la paille des yeux

Publié le par la freniere

 

 

à Ile Eniger

 

Y aurait-il une parole unique dont chaque vie serait l’écho ? Quand les légumes ont soif, j’entends souffrir la terre. Il faut remettre en route chaque atome, faire éclore des images sur la paille des yeux, aller plus loin que ses bras. Le bout du chemin n’attend qu’un pas prolongeant l’horizon. La langue que nous parlons présuppose les lèvres. Les mots appellent ce qui se tait. Quelque part, un enfant joue avec la pluie. Un autre suce du soleil. Les branches d’un arbre s’étreignent comme des mains. La magie court entre leurs doigts. Dans la forêt du monde, chaque arbre s’appuie secrètement sur un autre. Dans une même phrase, les mêmes choses changent de nom. À chaque pas, la route perd son sens mais le retrouve à l’horizon. Il faut tout voir comme si les yeux n’existaient pas, entendre la parole dans l’oreille du sourd, parler avec des mots sur quoi prendre relief.

Sous la poussière des mots, une braise persiste. Il suffit d’un souffle pour ranimer le feu. Contre le poids du vent, le tronc reste appuyé sur un nid de racines. Le froid est une source tout autant que le feu. Ce qui d’abord nous éblouit accentue les ténèbres. Même le vide garde espoir, celui qu’on le remplisse. Tout au bout de la route, une saison m’attend, étape sans cesse différée. Un fleuve tout entier commence par la source comme une phrase par un mot. Quand j’interroge un arbre, c’est l’oiseau qui répond. Quand je touche la pierre, je caresse une étoile. Qu’importe qu’on vive par défaut, la beauté d’une fleur incite à l’indulgence. Quand le monde est trop plein, les mots débordent sur la page. D’une route à l’autre, d’une fenêtre à l’autre, d’une page à l’autre, je m’adresse à la mort tout autant qu’à la vie. Chaque parole est une porte pour entrer ou sortir.

Cherchant la buanderie, on emporte avec soi le linge sale des souvenirs, les vieux bas de la mémoire, les camisoles de force, les chemises du temps. Soixante ans plus tard, je me souviens du premier chant d’oiseau, de ma première couleuvre, de ma première pluie, mais j’oublie chaque matin à quel jour on est. On ne leurre pas le fumier en lui jetant des roses, on ne trompe pas l’oiseau en lui jetant des miettes, mais on nourrit la terre avec le pain des mots. À ma première neige, j’ai cru que l’été ne reviendrait jamais. À ma première phrase, j’ai découvert un monde où je me perds encore. Ce qui éclaire le plus loin, ce n’est pas une bougie, une lampe, un flambeau, mais une lueur dans les yeux. Je préférerai toujours au mal de vivre une touffe d’herbes folles, un sourire d’enfant, une goutte de rosée.

Chaque pas mène plus loin qu’on ne le croit. On peut faire des arbres avec des voyelles, faire entendre la sève, écouter les racines. À force d’alphabet, je redresse l’échelle entre l’abîme et l’homme. Je suis un être humain comme un arbre est un arbre. Nous échangeons nos âmes par les feuilles ou les mots. Les hommes ont tous les mêmes gestes pour naître ou  mourir, pour caresser ou étrangler. Le cœur des enfermés, je l’entends battre dans l’espace comme de l’eau au fond d’un puits. Je retiens à pleins mots l’éphémère des jours.


Publié dans Prose

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Le dogme

Publié le par la freniere

 

Ils sont partout et ça fait peur ! Partout où on leur dit "venez" il vont, les nouveaux faiseurs de chapelles. Parfois leur écriture est belle, on a envie de leur dire : que faites-vous là dans la prostitution de la pensée et dans sa mise en cage ? Les créateurs du bien dire dénoncent, abîment, raillent, lourdement, depuis leur hauteur inventée. Ne se contentent plus du "regardez-moi, regardez-moi", mais détruisent, malveillants, ou lâchement s'installent dans une pseudo reconnaissance dont ils font un dogme. Quels chemins suivent-ils qui souvent dénoncent l'apparat et le pratiquent dans le même temps ? Certes on aime être lu quand on écrit ! Cela justifie-t-il l'étalage tout format ? Le moindre canard fait cygne et l'envol s'ébroue tous côtés ?! Je crains de ne pas comprendre. Ou de comprendre. Qui a raison de vous ou moi en ma quête solitaire, austère, de chemin pierreux ? Personne sans doute ! Mais quand bien même vous ne me liriez jamais ; quand bien même j'irais seule dans le silence autour ; quand bien même vos amis tournant leurs encensoirs vers eux, riraient en discours grinçants caustiques et froids qui caractérisent notre époque indigente, je continuerai mon parcours de pauvre. Je resterai celle-là, passante sans artifices, confiante dans le sacré d'être vivante l'écriture à la main, et cherchant la lumière hors ce que dit la mode.

 

Ile Eniger


Publié dans Ile Eniger

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Foutre le camp d'ici

Publié le par la freniere

 

Il habite une maison

qui grogne

qui grince

une maison qu'il s'est construite

au milieu de son cerveau

au milieu de pas grand chose

Une maison pleine

de personnages loufoques

de truands

d'assassins

et tout autour

une mer de matière grise

s'étend à perte d'idées

Il habite une maison

avec tout un tas de tarés

au plus profond

de son encéphale

et dès qu'il le peut

il essaie de

dormir dehors 

 

guillaume siaudeau


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Exposition de Dominique Laquerre

Publié le par la freniere

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Il m'arrive de voler

Publié le par la freniere

 

Les bras des ouvriers appartiennent aux patrons, leur bas de laine aux banquiers, leur vieillesse à l’hospice et leurs rêves aux marchands. Quand il ne germe plus que des poteaux de clôture, quand le sang coule comme des larmes, le temps n’a qu’un souci, réparer nos dégâts. Laisserons-nous l’enfance se perdre comme nous, l’argent faire main basse, l’avenir aux écrans ? À méditer sur les oiseaux, il m’arrive de voler. Le bonheur n’a pas de majuscule. Il s’habille au plus simple quand il ne va pas nu. Il se cache dans les petites choses. Je suis comme un enfant qui dessine. Je suis à l’intérieur du dessin, dans la maison qu’il trace, le nuage qu’il efface, le o qu’il arrondit, le mot qu’il balbutie. Il boxe avec ses doigts des lutteurs invisibles. Il jette parfois un œil par la fissure du réel. J’ai des risettes et des dents de laits bien cachés sous mes rides, des mots d’enfant au coin des lèvres, des bas troués par les cailloux et les pieds dans les plats. J’imagine tout un monde sur un tout petit ongle. Je me glisse dans la bouche d’un arbre pour regarder le ciel.

Sans les cailloux des mots, mes feuilles de papier volent et l’encre se renverse. Quand il neige, un ange s’ébroue les ailes. Quand il pleut, un nuage cligne de l’œil. Chaque matin, une lumière signe la ligne d’horizon. Dans la matière de vivre, 90% reste à l’ombre. L’homme commence à peine à voir. La pensée n’atteint pas la finesse des fleurs. En même temps qu’un avion jette des bombes, un colibri butine. Une minute de Mozart rafraîchit la journée. Quelques mots d’un poème effacent la poussière. Je suis venu au monde par la parole de ma mère autant que par son ventre. Mon histoire commence avec les premiers mots. Lorsque j’écris, je réapprends à naître. Pourquoi nous faudrait-il abandonner l’enfance, le rêve, l’utopie ? On améliore les armes sans apprendre à aimer. La douleur accompagne la beauté qu’on ignore. Si la nuit nous enseigne la lumière, le jour nous donne la clarté. Chaque double clic sur un mot nous ouvre l’univers. Quand le soleil me fait la gueule, il sourit pour un autre. Un peu d’espoir danse dans la rencontre des atomes.

Il y a des jours où s’asseoir, se lever, marcher est un véritable bonheur. D’autres où il est pénible d’ouvrir un œil ou de fermer la porte. On avance comme un enfant poussé dans le noir. Ce qu’on écrit frôle parfois ce qu’on veut dire, mais la plupart du temps, c’est encore du silence. Ceux qui vivent uniquement pour le look, même sapés chez Dior, restent vides sous leur habit de peau. On ne sait plus où se greffe la vie. Les hommes s’échangent des tuyaux, les femmes des recettes, les enfants des bonbons. Les raseurs de murs aiguisent leur ombre au coin des rues. Le vent poursuit sa route sans regarder derrière. Dans la mémoire des choses, tous les âges s’emmêlent, des bribes de passé, des parcelles d’avenir, des gestes du présent. Chaque vol d’oiseau régénère le ciel. J’ai pris refuge dans la langue. Tout recommence par les mots. Je retrouve le nord sous un amas de lettres. Dans la voix qui émerge, la vie remonte aux sources. La terre ouvre ses jambes. Le vent s’étire entre les arbres. Le verbe agite l’eau qui dort. Le rêve se répand comme un œuf éclaté. L’hiver halète derrière la vitre embuant l’horizon. Un buvard de neige éponge le soleil. Chaque geste invente son espace à la mesure de l’être. Roulée en boule dans la mémoire, l’enfance attend qu’on l’interroge.


Publié dans Prose

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Il n'est pire savoir que celui du temps (Ile Maurice)

Publié le par la freniere

 

il n’est de pire savoir que celui du temps,

 

regarder, un jour, ton visage, qui béatifie les serres

de la nuit et ne plus le désirer, regarder un jour

tes mains, qui incurvent les vagues et ne plus les

désirer, regarder un jour ta chevelure, qui

déradent mes amarres, et ne plus la désirer,

regarder un jour tes lèvres, qui murmurent les

bruits de la mer et ne plus les désirer, regarder

un jour tes rêves, qui ensablent mes noirs desseins

et ne plus les désirer, regarder un jour ta beauté,

qui encense mes exils et ne plus la désirer

 

regarder un jour mes blessures

et ne plus vouloir

que tu les scelles avec tes larmes

 

le temps est venu à bout du désir

 

je ne t’aime plus

 

le temps a vaincu, le temps vaincra.

 

Umar Timol

 



Publié dans Poésie du monde

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Je t’aime d’un amour si grand, jamais le mot amour ne pourra le contenir.

 


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Matin froid

Publié le par la freniere

 

La nuit  a enfanté une page vierge

mille cristaux étrangement imbriqués

forment un lisse vélin pur

pour des mots en espoir d’assemblage

ils sourdront au rythme du gel

lent autant que celui d’une milonga

 

cette mince couche d’utopie

dissimule le monde réel

lui redonne un aspect propre

et vierge

 

les lève-tôt anonymes  

ont inscrit leur signature dans la neige fraîche

leurs pieds allant de pair 

tracent des rimes en rythme égal

semailles d’hiver pour un brillant germinal

 

alors que le jour est encore à poindre

le poète commence son dur labeur

aux commandes de son tractopelle

il ramasse les vers épars

indifféremment

pour en extraire du misérable le sublime

sans souci du quand-rimera-t-on

il dévoilera et repiquera

avec constance ces germes de révolte

 

larme gelée d’un mort de froid

goutte de parfum d’émois dans un lit tiède

perle de sueur d’un nanti pensant à son au-delà

 

à moins que ces bourgeons

n’éclosent en fleurs de garance

que cueilleront les humbles

pour en faire leur drapeau

et marcher sur les intarissables regains

de nouvelles Bastilles

 

ainsi naîtra le poème

des oublis inlassablement reconstruits

recueillis dans la rue

par les ouvriers des mots publics

 

Mario Urbanet 

 

Publié dans Poésie du monde

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Une becquée de pluie

Publié le par la freniere

 

L’écran d’ordinateur cache bien ses barreaux. Ma tête y est encore mais ma parole s’évade. Elle creuse dans la terre pour trouver ses racines. Elle vole avec l’oiseau, butine avec l’abeille, faseille avec le vent et hurle avec les loups. Dans le nid du jardin, les petites fleurs reçoivent la becquée de la pluie. Je perds des mots dans les trous d’eau, les bancs de neige, la poussière des routes. Je perds mes lettres dans une boite de scrabble. Je perds mes lunettes dans le flou des images. J’aurais besoin de ma tête pleine de puces et de clics. Elle est restée coincée derrière le dernier bug. Chaussé d’encre et d’images, je perds pied sur le sol des pages. Je perds mes repères. Je perds le nord et le retrouve sur la Carte du Tendre. Un cœur sans amour est comme un loup vivant dans une forêt morte. Quand la monnaie mène le monde, la paix accouche de soldats. Je suis du terrain vague, des jachères, des ronces, du clou rouillé et sa voix de fausset dans la chorale des choses. Même s’il n’y a pas de mur, je défoncerai la porte, j’ouvrirai la fenêtre. Je trempe ma langue dans les spores, les pollens, les parfums. Je trompe la mort avec des mots. Les négatifs de la neige se développent la nuit sur l’acétate du rêve. À chaque coup de crayon, un peu de vie s’échappe, un peu de mort frissonne. Les minutes sortent à peine du présent que le futur les efface. L’homme sans amour est comme un oiseau qui ne saurait pas voler. Ici, entre mes phrases maladroites, quand le réel cogne aux portes, c’est le rêve qui ouvre.

Il manque toujours quelque chose au présent. C’est ce manque qu’on habille de mots. En hiver, la toile devient blanche. Les arbres ont remisé leurs pinceaux de feuilles. Les couleurs dorment sous la neige. La pluie ne cache pas les larmes mais le rire des fleurs. Une lumière cherche à naître dans la nuit des organes. Une eau cherche à jaillir sous la poussière des mots. Avant qu’on le butine, le jaune des jonquilles était encore sous terre. L’oiseau sous sa coquille prépare déjà son vol. Chaque millième de seconde diffère du précédant.  Tous les mots se relient. Sous la jaquette du corps, le cœur tourne les pages. Ce n’est pas vrai qu’on écrit seul. Il y a toujours quelqu’un qui lit par-dessus notre épaule, un frère, un ami, nos enfants, notre blonde. Il s’agit toujours d’une lettre qu’on envoie, d’une bouteille à la mer, d’une poussière dans l’œil. Il arrive que de cette poussière émane la lumière, que la bouteille laisse des traces dans la mer, qu’un facteur invisible trouve un destinataire. Ce que l’on donne à lire n’est jamais dans les mots. Plus que les phrases, que l’habileté, que l’écoute, il faut de l’amour, de la compassion, de la bonté pour écrire. J’ai effacé les chiffres dans le secrétariat du cœur. J’ai laissé mon rôle au vestiaire, mes valises sur le quai. J’arrive les deux pieds dans la neige ou les feuilles, les mains vides pour accueillir la vie. Je garde sur la page un petit coin de terre où l’herbe pousse encore.


Publié dans Prose

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Le projet de loi C-32

Publié le par la freniere

 

L’opposition au C-32

 

 Les intervenants du monde de l’édition de livres au Québec ne voient aucunement l’intérêt de proposer des amendements au projet de loi C-32. Leur position demeure la même que celle énoncée en juin dernier, soit le retrait du projet de loi dans sa forme actuelle. Ils ne sont pas les seuls à s’opposer à ce projet de loi, les gouvernements, assemblées, organismes suivants ont aussi fait connaître leur opposition au C-32.

 

•        Assemblée nationale du Québec (vote unanime le 24 novembre 2010)

Il est proposé :

« Que l'Assemblée nationale reconnaisse le rôle crucial des créateurs de contenus et l'importance de la propriété intellectuelle dans le modèle économique des arts et de la culture québécois.

« Qu'elle fasse sienne les préoccupations du milieu des arts, en particulier de la musique et de l'édition littéraire, et demande au gouvernement fédéral de modifier autant qu'il le faudra l'actuel projet de loi C-32 sur le droit d'auteur afin d'assurer aux créateurs québécois une pleine reconnaissance de leurs droits, une protection adéquate contre la copie illégale de leurs œuvres, l'application du principe de la copie privée et un revenu conséquent à la valeur de leur propriété intellectuelle. »

 

 

•        Mme Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des communications et de la Condition féminine du Québec (8 novembre 2010)

Tiré d’une allocution à la Grande Bibliothèque à Montréal :

« […] cela signifie que nous estimons que certaines dispositions ( du C-32 ) doivent être annulées, ou à tout le moins modifiées. Celles-ci portent sur l’élargissement de la notion d’utilisation équitable à des fins d’éducation, sur la non-actualisation du régime de copie privée en regard des nouveaux supports audionumériques et sur le rôle des fournisseurs de services Internet.

« Nous faisons ces demandes parce que ces dispositions ont toutes en commun de ne pas offrir pas aux créateurs de garanties suffisantes pour que l’utilisation de leur travail s’accompagne d’une rétribution appropriée.

« Or, nous croyons que toute œuvre de création mérite sa juste rémunération.

« C’est pour moi une question de principe sur laquelle je n’ai pas l’intention de transiger, parce que, d’une part, je considère qu’une politique de droit d’auteur équitable est une condition minimale pour que nos créateurs puissent vivre de leur art et que, d’autre part, je me suis personnellement engagée à mettre tout en œuvre pour améliorer les conditions socioéconomiques des artistes québécois.

 

 

•        Mme Line Beauchamp, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (9 décembre 2010)

Contrairement à ce qu’a affirmé James Moore dans l’enceinte du Parlement, la ministre de l’Éducation demeure opposée à la position du CMEC qui a demandé l’exception pédagogique. Mme Beauchamp a écrit à l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) :

« Au Québec, le gouvernement tient à s’assurer que les créateurs touchent leur juste part pour l’utilisation de leurs œuvres par des tiers, particulièrement par les établissements d’enseignement. La position du Québec, à savoir que le droit à l’éducation et le droit des créateurs vont de pair, correspond aux orientations de l’énoncé de politique de 1980 La juste part des créateurs du ministère de la Culture et des Communications. »

 

 

•        Barreau du Québec (14 octobre 2010)

Voici ce qu’on pouvait lire dans la conclusion de la lettre de cinq pages que le barreau a fait parvenir aux ministres Moore et Clement au sujet du C-32 :

« Le projet de loi C-32 comporte donc plusieurs lacunes importantes : il est source d’insécurité juridique, d’inefficacité dans la réalisation de l’objectif de protection des droits d’auteurs, il favorise la judiciarisation et la dévalorisation du processus de gestion collective des droits d’auteur, il est douteux sur le plan du respect des engagements internationaux du Canada, notamment de la Convention de Berne, et constitue un ensemble d’amendements à la pièce sans vision globale. Pour ces motifs, le Barreau s’oppose à l’adoption du projet de loi et offre sa collaboration pour la mise sur pied d’un comité d’experts ayant pour mandat de réviser la législation afin de permettre au Canada d’affirmer son leadership dans ce domaine crucial de l’économie du savoir du 21e siècle. »

 

 

•        Conseil de Ville de Montréal (vote unanime le 13 décembre 2010)

« […] Que le conseil municipal de la Ville de Montréal s’associe aux créateurs, facteur de succès pour le développement de Montréal, métropole de culture, de savoir et d’innovation, et ainsi appuie la motion de l’Assemblée nationale sur le projet de loi C-32 adoptée le 23 novembre 2010 […] »

 

 

  • Et des personnalités comme :

 

-            Liza Frulla, ancienne ministre de Patrimoine canadien dans Le Devoir, La Presse et The Toronto Star (30 novembre 2010)

« Sans auteurs d'ici, il ne peut y avoir d'industries culturelles québécoises et canadiennes; et sans droit d'auteur, il ne peut y avoir de créateurs. Si le gouvernement conservateur minoritaire ne comprend pas ces enjeux, les partis d'opposition, unanimement, se doivent de lui faire entendre raison. »

 

-            Lise Bissonnette, ancienne directrice du Devoir et de la BAnQ sur les ondes de Radio-Canada (Ouvert le samedi, 20 novembre 2010)

« Quant à moi, je vais ajouter un défaut majeur à ceux qu’on impute en abondance à ce C-32. J’ai bien sûr une pratique de terrain d’un peu plus de dix ans dans le domaine du livre et de l’accès aux livres, je vous dirais que  ce projet de loi est biscornu, inapplicable, impraticable.»

 

-            Jean Barbe, Chroniqueur sur Canoe.ca  sur un mode ironique (30 novembre 2010)

« Le gouvernement Harper ne va pas assez loin dans le démantèlement du droit d’auteur avec son projet de loi C-32.

Leur grignoter des millions n’est pas assez. Autoriser qu’on photocopie leurs œuvres à tour de bras dans les institutions scolaires sans leur accorder de compensation financière n’est qu’un début.

Permettre à tout le monde de les reprendre en les transformant, de se les approprier, de les copier et d’en faire ce qu’on veut sans leur demander leur avis ni leur reconnaître quoi que ce soit est un premier pas dans la bonne direction. Mais ce n’est qu’un premier pas.

Voici le vrai but à atteindre: qu’ils crèvent vraiment de faim, les créateurs […] »

 

-      Georges Azzaria - Professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval, Le Devoir,  15 juin 2010

«Le législateur canadien a inscrit sa proposition dans un courant qui évacue les auteurs de la principale pièce législative destinée à donner une valeur économique à leur travail.

« [Il est] mal avisé de remettre en question les droits des auteurs ou, du moins, leur capacité à percevoir une rémunération. De même, il est déplorable que le projet de loi penche vers une perte d'importance des sociétés de gestion collective, alors que celles-ci représentent encore la solution pour un accès aux œuvres qui serait combiné à une rémunération. »

 

-            Luc Plamondon, parolier dans La Presse et Le Devoir (11 décembre 2010)

« Monsieur Moore et monsieur Harper
Ne pensèrent pas nous saluer
Ne daignèrent pas nous parler
Et même pas nous regarder
Ils répondirent avec mépris
A nos questions de droit d’auteur
Prenant le parti de l’industrie
Sous couvert de protéger les consommateurs »

 

-            Claude Robinson, artiste et dessinateur (17 novembre 2010)

« Le gouvernement conservateur donne donc aux utilisateurs les œuvres des créateurs. C’est facile d’être généreux dans ces conditions-là. C’est comme dire aux gens qu’ils paieront moins cher leur panier d’épicerie mais oublier de leur dire que pour y arriver, on va arrêter de payer les agriculteurs. Et si on arrête de payer les agriculteurs, on ne produira plus rien chez nous. »

 

En plus de ces personnalités, des centaines d’autres artistes bien connus du public, ont, avec presque 10 000 personnes, signé la pétition en ligne www.cultureequitable.org (9503 signataires le 19 janvier 2011).

 

 

•        Organisations internationales :

 

-             Scientific Technical and Medical Publishers (STM Publishers)

« Le projet de loi crée toute une série de nouvelles exceptions sans dédommager les auteurs et les éditeurs. S’il est adopté, le projet de loi privera les détenteurs de droits de revenus importants et nous craignons qu’il n’entrave la création de nouvelles oeuvres. Nous jugeons également que le régime d’« avis et avis » proposé ferait du Canada un refuge pour les modèles d’affaires fondés sur le piratage. Le projet de loi a une incidence sur les auteurs et les éditeurs non seulement au Canada, mais partout dans le monde parce que les organismes canadiens de gestion collective des droits, par le biais des accords de réciprocité conclus, représentent des œuvres publiées dans plusieurs pays étrangers. »

 

-             Union internationale des éditeurs (UIE/IPA)

« Nous anticipons que les conséquences des modifications au régime de droit d’auteur proposé par le C-32, et particulièrement la menace pour la diversité culturelle et pour la culture du livre, seront démesurées et devraient mener à plus de précaution. L’UIE demande donc, au nom de ses membres, que la loi adoptée se limite aux éléments qui permettraient enfin  au Canada d’appliquer le traité de l’OMPI sur le droit d’auteur. »

 

-             International Federation of Reproduction Rights Organisations (IFRRO)

« Cette loi introduit plusieurs nouvelles exceptions sans aucune contrepartie pour les auteurs et les éditeurs. Si elle doit être adoptée, cette loi enlèvera aux ayants droit des revenus importants, mettant en péril 40 millions $CAN selon les membres canadiens de notre organisation. Cette loi aura également un impact à l’étranger puisque le Canada a des ententes de réciprocité avec plusieurs pays lui permettant de copier des œuvres publié un peu partout dans le monde. Pour ces raisons, nous pensons que C-32 ne respecte pas ses engagements internationaux du Canada. »

 

-             Conseil international des Créateurs des Arts Graphiques, Plastiques et Photographiques (CIAGP)

« La CIAGP a adopté une résolution, ici durant notre réunion à New York, aujourd’hui, pour exprimer notre consternation face à l'esprit de C-32, qui va à l'encontre des principes mêmes du droit d'auteur. Cela représente une menace sérieuse pour l'avenir du droit des créateurs et nous vous exhortons à prendre en considération nos préoccupations. »

 

 

•        Organisations nationales du domaine des arts :

 

-             Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ)

-             Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ)

-             Association littéraire et artistique internationale (ALAI Canada)

-             Association nationale des éditeurs de livres (ANEL)

-             Association professionnelle des arts de la scène du Québec (APASQ)

-             Association professionnelle des éditeurs de musique (APEM)

-             Association québécoise des auteurs dramatiques (AQAD)

-             Association des libraires du Québec (ALQ)

-             Coalition pour la diversité culturelle (CDC)

-             Droit d’auteur/Multimedia Internet/Copyright (DAMIC)

-             Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec (GMMQ)

-             Maison des Auteurs (Belgique)

-             Regroupement des artistes en art visuel du Québec (RAAV)

-             Regroupement des éditeurs canadiens-français (RÉCF)

-             Regroupement québécois de la danse (RQD)

-             Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC)

-             Syndicat national des éditeurs de France (SNE)

-             Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP)

-             Société québécoise des auteurs dramatiques (SOQAD)

-             Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ)

-             Union des écrivains et écrivaines du Québec (UNEQ)

 

 

•        Sociétés collectives :

 

-             Société québécoise de gestion collective des droits de reproduction (COPIBEC)

-             Access Copyright

-             Artisti (Société de gestion collective de l’Union des artistes)

-             Société du droit de reproduction des auteurs, compositeurs et éditeurs du Canada (SODRAC)

-             Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN)

-             Dramatic, Artistic and Literary Organisation (DARLO)

-             Bonus Presskopia (Sweden)

-             ProLitteris (Switzerland)

-             CEDRO (Spain)

 

 

•        Aussi :

 

-             Fédération culturelle canadienne-française

-             Audio ciné films

-             Association acadienne des artistes professionnels.les du Nouveau-Brunswick

-             Fédération nationale des communications (7000 membres, 106 syndicats)

-             Illustration Québec

-             Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches

-             Montréal Culture

 

 -     Partis politique fédéraux

-      Le Bloc Québécois

-      Quelques députés du NPD

-      Plusieurs députés du Parti Libéral du Canada

 

 

Notre position

 

Le Conseil d’administration de l’ANEL a réaffirmé lors de sa dernière rencontre que le projet de loi C-32 doit être rejeté et qu’une nouvelle loi doit être proposé à la Chambre des communes. Aucun des 100 membres de l’ANEL n’a demandé à ce jour que l’Association propose des amendements au projet de loi dans le but de le rendre acceptable aux yeux des éditeurs. Nos trois revendications majeures demeurent donc les suivantes :

 

a)      qu’il est inacceptable de priver auteurs, créateurs, éditeurs et producteurs d’une rémunération équitable en échange de l’utilisation de leurs œuvres;

b)      que rien ne justifie qu’une catégorie de travailleurs soit contrainte par une loi à renoncer à être rémunérée pour son travail ;

c)      qu’il est injuste de faire reposer sur les seules épaules des créateurs la défense de leurs droits, en la faisant dépendre d'un recours obligé aux tribunaux ou de la mise en place de mesures de protection technologiques (MPT) coûteuses.

 

 

Le projet de loi C-32 favorise les fournisseurs de services en ligne et les fabricants de supports informatiques au détriment des créateurs. Cette vision que notre gouvernement a de la culture doit à tout prix être dénoncée et battue!

 


 

Publié dans Glanures

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