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Erri de Luca: considero valore

Publié le par la freniere

 

 

 

J’attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.

J’attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.

J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui      qui ne s’est pas épargné, à deux vieux qui s’aiment.

J’attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui vaut encore peu de chose.

J’attache de la valeur à toutes les blessures.

J’attache de la valeur à économiser l’eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s’asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.

J’attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.

J’attache de la valeur au voyage du vagabond, à la clôture de la moniale, à la patieence du condamné quelle que soit sa faute.

J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.

Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.

 

Erri de Luca

 

traduction : Danièle Valin

Publié dans Poésie à écouter

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Ile Eniger sur Nice Azur

Publié le par la freniere

 


OVVR du 25/03/11 sur Nice Azur
TV - Littérature... par niceazurtv

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Salon du livre de Trois-Rivières

Publié le par la freniere

affiche2011

 

 

Je serai présent au salon:

 

- vendredi 25 mars: 16h30 à 18h00 et 19h30 à 21h00

 

- samedi 26 mars: 16h30 à 17h30 et 18h30 à 19h30

 

- dimanche 27 mars: 14h00 à 15h00.

Publié dans Glanures

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Jusqu'à l'argile

Publié le par la freniere

L

’écriture est dans mes pieds. Je ne fais que la suivre, du petit feu dans une boite d’allumettes jusqu’à la gueule d’un volcan. Étranger de moi-même, je suis chez moi partout. J’invente mes déserts, mes oasis, mes routes. Ma chair s’accroche aux nerfs des images. Mon stylo bave comme un chien, de pattes de mouches en vols d’oiseaux. Je me dépouille de tout pour être nu jusqu’à l’argile. Écrire, c’est deviner les pas sur une place déserte. Pourquoi la majuscule au début d’une phrase ? On dirait une maîtresse d’école au sourire empesé. Les petits mots voudraient sortir du rang. Les voyelles font les cancres et les consonnes sourient. Quand les mots se bousculent à n’en savoir que dire, c’est comme un hôpital agité d’aliénés. L’électrochoc des idées les transforme en baudruches. J’ai un vide dans la tête, un trou noir, un vélo. Ses roues grincent à l’envers, énervant le silence. Il n’y a rien derrière les choses. Le tout est sous la peau, dans l’âme et dans le cœur. J’avance dans la nuit avec des mots qui déshabillent les fantômes.

         Où sont les vieilles sur la galerie voyageant en berçante, les chiens errants, les guenilloux, les quêteux, les fous de village, les gamins de ruelle ? Où sont les mots en forme de lèvres, les poignées de main, les accolades ? Qui se souvient de la vie, cette merveille ? Dans le cimetière du vent, des tombes verticales dressent leurs pales effilées. Tous les poèmes écrits se souviennent des premières paroles. Les morts ne sont pas cette chair pourrissant dans la terre mais l’âme des chamans nourrissant l’écriture. Plus les cadavres s’enlisent, plus les âmes s’élèvent jusqu’à couper le souffle. Il y a de l’ours, du bison, de la babiche dans ma voix. Il y a de la marmotte, de l’érable, du loup dans mes gênes. Il y a du Peau-Rouge, du Celte, du Françoys dans mes héritages. Il y a du Miron, du Giguère, du Gauvreau dans l’encre de mes mots. J’avance avec mes pattes de mouche en animal poétique. Malgré le froid, le gel, les arbres sans leur jupe de feuillage, montrent la nudité des branches, les vergetures du temps sur leurs cuisses végétales. Une aile de mésange fait chanter l’aubépine. Les mots caquètent sous le ventre des poules.

         Une faucille de lune fauche le bleu du soir, éclaboussant d’étoiles les yeux du paysage. Le vent laisse tomber les vêtements des arbres, la robe blanche des cerisiers, la jupe rouge des érables, la chemise des ormes. Les museaux des chevreuils réchauffent les bourgeons. Les loups grattent la neige. Ici, sur mon cahier, les ronds polysémiques de l’alphabet ouvrent des yeux humains. Même quand il fait beau, est-il possible d’oublier les bombes, les attentats, les guerres ? Malgré les somnifères, les prozac, les mensonges, le sang versé tache la vie. Les cadavres n’ont plus rien à cacher. Le monde à grande échelle n’est fait que de barreaux de prison. J’habite le petit, le minuscule, le peu. Le cœur percé à jour, les mains débordant de voyelles, je m’accroche au brin d’herbe, à la goutte, à la paille. Je marche à l’intérieur de moi, cherchant le bistouri oublié dans un ventre, l’écharde sur le cœur, le poisson dans le dos, la balle dans la tête. Chaque mot est une roche expulsée d’un volcan. Il n’y a pas de pays sous chaque drapeau, de sang sur chaque main, de bague à chaque doigt. Il n’y a pas d’argent dans chaque poche, de chaîne à chaque chien, de cage à chaque oiseau. Il y a de l’âme dans chaque homme, de l’amour à chaque mot.

         Je traverse le monde en ermite manqué. Je traîne dans mon sac deux ou trois Vernet, du Bobin, du Rimbaud, du Miron. Lié à rien, je me délie de tout. J’écris sans logies, sans ismes, sans idéologie, avec des mots vrais comme la peau, la rosée, le sang frais des grenades, de celles que l’on mange. Je ne prône pas l’ignorance mais la santé des mots, la vérité noyée dans la couleur des langues, la clarté du bonheur, la bonté des idées, la beauté des poèmes. D’un coup de langue, je lape l’infini comme un lait sémantique. D’un seul coup de crayon, je fais entrer le monde dans un noyau de pêche, le ciel dans un verre, la mer dans un mot. Je mets l’azur en boite. J’émiette sur la table un nuage de pain. Je parsème d’étoiles quelques croissants de lune. Je mets du sel sur la langue et des images en poudre dans le café du jour. Assis face à la mort, j’attends en déjeunant l’apparition des mots, l’afflux des métaphores, l’arrivée du facteur. Lorsque je basculerai dans le néant verbal, je reviendrai sûrement mi encre mi papier dans un livre fantôme. Si je fus mauvais père, je lègue à mes enfants le devoir de vivre, un cri d’amour et de révolte, un besoin de bonté, des pages de tendresse nécessaires à l’espoir.

Publié dans Prose

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Ici un arbre de François Matton

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie du monde

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Joel Vernet

Publié le par la freniere

 

Écrire, ça ne tient à rien, c’est une ombre qui nous brûle, un nuage venant se loger au cœur même de notre tête, c’est une façon, notre meilleure façon d’être véritablement avec les autres même lorsque nous en sommes séparés. Oui, si nous n’avions les mots pour dessiner un tant soit peu les contours de notre vie, ce serait la voie ouverte à la folie, au dernier abandon. Il y eut une faille, dans l’enfance, où les mots dévalèrent comme un torrent et, aujourd’hui, après tant et tant d’années d’errances, nos livres s’élèvent à la manière de fragiles barrages ne retenant pas vraiment les eaux.

 

Jöel Vernet

 

2059773571

 

Dès son premier livre, Joël Vernet tentait de répondre à la violence du monde par la recherche éperdue des sensations de l’enfance. Il ne peut se résoudre à accepter les coups portés à la beauté et à l’innocence.

Ce nouveau livre a pour cadre la maison de l’enfance, les terres isolées de la Margeride. L’auteur y est réfugié et, tout en se livrant au courant des jours, il évoque les visages et les voyages qui ont jalonné sa vie. La figure du père, le grand "absent", la figure mythique de Rimbaud, la petite gitane qui envahit l’espace et la mémoire... C’est un voyage immobile, rythmé de temps de contemplation et de temps de réflexion, au cours duquel l’auteur ne cesse de s’interroger sur l’utilité, la portée, la sincérité des mots écrits ou parlés.

 

Claude Chambard

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Je n'ai jamais pensé que la liberté de l’homme consistât à faire ce qu'il veut, mais bien à ne jamais faire ce qu'il ne veut pas.

 

Jean-Jacques Rousseau

Publié dans Ils ont dit

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Gérald Godin: le film

Publié le par la freniere

 

 

 

Documentaire portant sur Gérald Godin, poète et homme politique québécois (1938‐1994).

L’oeuvre et la vie de Gérald Godin auront été marquées par son engagement viscéral envers le Québec.

Oubliée ou méconnue, la contribution de son héritage politique et littéraire au patrimoine culturel est inestimable. Figure marquante de la poésie québécoise toute sa vie durant, il aura aussi été un acteur de premier plan dans les grands bouleversements socio‐politiques des cinquante dernières années. De Trois‐Rivières à Montréal, des années 60 au Référendum de 1995, en passant par les prisons d’Octobre et les chansons de sa compagne Pauline Julien, le film GODIN allie archives et entrevues pour retracer le parcours unique d’un combattant. Un portrait saisissant de celui que l’on surnomme le député‐poète.
Une courtepointe cinématographique du Québec moderne, tissée par un amalgame d’archives d’exception.

© 2011 Les Films de Gary inc.

Publié dans Glanures

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La madame dans l'autobus

Publié le par la freniere

 

Autrefois
sa jeunesse a failli
la gober toute crue
mais l'a recraché
à la rue
maigre et laide
et sur l'aide-
sociale

depuis ce jour
elle est montée
dans un autobus
qui semble à jamais
condamné
à faire le tour
du quartier

dans cet autobus
je l'ai vu
un autre jour
sortir de sa sacoche
l'amour foudroyant
format poche
et tout froissé

elle en a débuter la lecture
et au fur et à mesure
qu'elle avançait
je l'ai vu
se mettre en rage
et déchirer
chaque page
et les fourrer
violemment
dans la gueule
de sa sacoche

un peu comme
quand elle était petite
et qu'elle effeuillait
des marguerites

la rage en moins

du moins

j'ose
espérer

 

Christian Girard

Publié dans Poésie du monde

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Pour en finir avec la tricherie

Publié le par la freniere

 

Conflit éolien de L’Érable : les résidants  résistent

 

Samedi le 19 mars dernier un défilé d’une centaine de voitures précédées d’une vingtaine de tracteurs a  circulé dans les rues de Plessisville avant de se rendre devant les bureaux de la MRC de L’Érable. Organisée par le Regroupement pour le développement durable des Appalaches (RDDA), cette manifestation se voulait une dénonciation vigoureuse du décret du gouvernement en faveur du projet éolien de L’Érable, annoncé plus tôt cette semaine.

Sur place, plus de 200 personnes ont exprimé leur colère pour le  vol et le viol de leur territoire, pour le fait que dès le début leurs élus municipaux ont réglé en secret le sort de toute une région sans même en informer les principaux intéressés; les résidants eux-mêmes. « En signant avec le promoteur des ententes secrètes pour lui livrer le projet clé en main, les élus se sont placés en flagrant conflit d’intérêts, abdiquant leur rôle de représenter l’ensemble de leurs citoyens. Pire encore, ils ont refusé toutes études indépendantes, tout débat public et même la tenue de référendums tel que recommandé par le BAPE. Nous sommes en présence d’une dictature des pouvoirs publics!   Pas question de baisser les bras et de subir une telle injustice » de commenter M. Michel Vachon, président intérimaire du RDDA.

Des représentants de divers groupes citoyens, également opposés à l’implantation forcée d’éoliennes industrielles en milieu habité, sont venus démontrer leur solidarité aux résidants locaux. M. Laurent Lamarre du mouvement Terre Citoyenne, a plaidé vigoureusement en faveur des citoyens lésés. Mme Mireille Bonin a pour sa part dénoncé le projet de 75 éoliennes dans le parc régional du Massif du Sud, un des plus beaux joyaux des Appalaches. Mme Brigitte Schoemans, de St-Valentin en Montérégie, a expliqué comment son village, réputé pour être le village de l’amour, était devenu le village de la division après l’annonce d’un projet éolien. Elle a louangé les maires de sept municipalités, appuyés par les syndicats locaux  de l’UPA, qui se sont levés debout pour contrer toute implantation d’éoliennes industrielles sur leur territoire.

Finalement, le président intérimaire du RDDA, après une adresse enflammée, a brûlé symboliquement toutes les lois et les recommandations qui ont été bafouées ou ignorées depuis l’arrivée des promoteurs éoliens: « À quoi ça sert de produire des guides d’encadrement pour les éoliennes, à quoi sert la Loi sur les élections et référendums, à quoi sert la Loi sur le développement durable, à quoi sert le BAPE? La population a été trompée. Jamais on ne se laissera enfoncer dans la gorge ce projet insensé! Nous réclamons d’urgence un processus référendaire pour les résidants riverains; c’est à eux qu’il appartient de décider de leur milieu de vie, de l’occupation et du développement de leur territoire en accord avec leurs aspirations et leurs valeurs. C’est à eux de décider du legs qu’ils veulent laisser à leurs enfants; pas à des tricheurs, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs » de conclure M. Vachon.

 

 

Publié dans Glanures

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