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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

L’amour est une réponse formidable à la mort.

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Perrine Leblanc à Victoriaville

Publié le par la freniere

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Pour sa prochaine rencontre d’auteur devant public, l’animatrice Danielle LeBlanc reçoit la désormais célèbre jeune auteur originaire de Victoriaville, Perrine Leblanc. Le rendez-vous est prévu ce dimanche 1er mai, à 13 h 30, au café Méridien du Buropro de Victoriaville.

Célèbre parce que la jeune femme a remporté le Grand Prix du livre de Montréal en 2010 avec «L’Homme blanc», publié aux éditions Le Quartanier et que cet ouvrage sera également publié en France chez Gallimard, dans la collection Blanche. En soi, c’est déjà toute une prouesse dans le monde littéraire québécois! De plus, «L’Homme blanc» a remporté le Combat des livres à l’émission de Christiane Charrette à la radio de Radio-Canada il y a quelques semaines, une autre forme de reconnaissance pour l’auteure qui signe ici son tout premier roman.

Ces derniers mois, on voit et entend Perrine Leblanc sur toutes les tribunes, dans tous les événements littéraires et les Salons du livre, ici et en Europe. Ce dimanche, ce sera l’occasion de la revoir chez-nous et elle en est très heureuse. Avis à tous ses amis et anciens collègues d’études! Rappelons que cette rencontre est une activité gratuite et sera suivie d’une séance de signature.

Publié dans Glanures

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Marie Savard

Publié le par la freniere

 

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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Le droit de vivre

Publié le par la freniere

N

ous sommes là à nous mépriser mutuellement, prêts à nous faire la guerre, alors que nous pourrions aimer. Notre existence futile en serait plus utile. Le droit de vivre se mérite comme celui de mourir. Quand les plombs sautent dans la tête, le cœur devient électricien. Quand les artères se bouchent, l’âme se fait plombier. Il y a toujours une certaine impudeur à manger en groupe. La bouche qui mastique éloigne les baisers. On dit que les hommes se reconnaissent à la crasse qu’ils laissent. Pourtant, parmi les rognures d’ongles, on ne distingue pas les orteils d’un roi de celui d’un paria. Lorsqu’un homme se qualifie par son nom, son âge, son métier, il n’est plus qu’un cadavre, quelques chiffres sur un formulaire. Pour la plupart des gens, Pessoa n’est personne, mais je me perds dans sa foule. J’apprends à lire dans ses rides, ses larmes, ses hoquets. Le murmure du vent est ma seule prière. Chaque arbre que le soleil allume est un cierge païen. C’est la faim qui justifie le pain. Celui qui accumule le plus encombre l’espérance. C’est dans le moins que l’homme s’agrandit. Je ne veux rien posséder mais je veux tout de la vie.

         Pourquoi tant se presser ? Peu importe où l’on va, nous resterons toujours à la même place par rapport au soleil. On fait le tour du monde en quelques jours, on accumule des tonnes d’informations, on parle plusieurs langues, mais on n’est plus lié à la conscience cosmique. Rien ne nous distingue plus des choses qu’on achète. Où est la liberté quand l’objet nous choisit par sa publicité  et les élus le sont à force de mensonges ? Parmi tant de simagrées, quel geste aujourd’hui nous rattache aux étoiles ? Le rire d’un condamné à mort est plus vrai que les larmes d’un prêtre. Face à l’abîme, j’avance toujours d’un pas. Dans un rêve, tomber nous apprend à voler. Les fleurs sourient à nos moindres paroles, hochant la tête avec le vent. Elles font semblant d’entendre ce qu’elles savent déjà. À la pêche aux voyelles, mon âme se tortille comme un ver. La moindre goutte de pluie, le moindre fétu de paille sont un aspect visible de l’éternité. Quand je dessine un arbre, je voudrais que la sève surgisse. Quand j’écris le mot cœur, je voudrais bien qu’il batte. Je suis toujours l’enfant qui s’amuse d’un rien. J’entrevois un oiseau dans les deux bras d’un t. J’entrechoque les mots comme on allume un feu. Quand j’y pose ma plume, un frisson de lucioles s’agite sur la page. Un ruisseau court entre les lignes jusqu’à la mer des yeux.

         Souffrir dans la vie pour un bonheur après la mort n’est qu’un raisonnement d’usurier.  Il y a dans le réel plus d’illusoire que dans le rêve. Dans les moments de silence, c’est l’âme qu’on écoute. Je ramasse à la pelle les copeaux de l’espoir, la neige blonde du bois qui tombe des rabots. J’entends le pouls du monde dans le rythme des phrases. J’apprends Coltrane par le vent, Van Gogh par oreille, Guillevic par la pierre, Bachelard par le feu, ma blonde par le cœur. Je collectionne en vrac les métaphores aphones, les sonnets boiteux, les mots qui s’aventurent parmi les rangs d’asperges, les images oubliées, les boutons d’or tombés avec le vent d’automne, les bras d’épouvantail emportés par le temps, les taches de rousseur sur la peau lisse des pommes, les abeilles coursant autour des buddleias, les arcs-en-ciel naissant au bout des arrosoirs. D’invisibles grenouilles se cachent dans ma voix. Je cherche une maison sensible aux mots d’amour, avec des meubles en bois se souvenant du vent, des termites avides, du passage des bêtes, des diastoles saisonnières. Je chevauche parfois l’alexandrin qui boite ou le rythme be-bop d’un enfant qui trottine. Je marche sur le lac comme une libellule soudoyant l’espérance. Le moindre paysage est un poème grandeur nature. Sur la houle des foins, une colline émerge comme une île. Je la rejoins d’un saut par la magie des mots.

Publié dans Prose

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La caravane passe

Publié le par la freniere

Les chiens aboient, la caravane passe, mais les chiens dogmatiques avec leur bouche en arme ont mordu le proverbe. Entre les mains liées et l’orgueil des choses, nous n’avons plus que la langue pour bâtir un pays et faire l’histoire. Il y a longtemps qu’on a bradé la liberté du cœur pour la santé bancaire, dilapidé l’espoir, vendu nos terres, asservi nos ressources par le chantage des chiffres et le déséquilibre des échanges, sacrifier les érables au pain de la finance, vendu la peau des pieds pour sauver nos bas de laine, croisé les têtes de lard avec des tirelires. Si les vaches devaient donner de l’argent, elles n’auraient pas de pis mais un guichet de banque. Nourries avec le surplus de graisse, les mêmes publicités relient le Voir au Devoir, The Gazette à La Presse. Nos yeux s’éteignent à trop lécher les images virtuelles. Que faire avec un verbe qu’on habille en mimique, un enfant qu’on déguise en soldat, une femme qu’on perçoit comme une fente à monnaie, un homme qu’on transforme en client, un espace qu’on mesure en barreaux, un temps qu’on calcule en dollars, une histoire que l’on compte en cadavres ? La concupiscence aurifère a déjà trop duré, trop détruit, trop brisé. On casse les enfants pour en faire des hommes. On casse les vieillards pour effacer la vie. Il faut reprendre la parole de la souche à la bouche, de la source à l’estuaire, du quotidien jusqu’à l’universel. Je prends les mots entre mes lèvres jusqu’à m’en déchirer. La langue du poème précède la langue du commerce. Je veux des mots avec un corps de femme, des paroles d’enfant, des poèmes de bête. Où vont mes phrases quand je me tais ? Où vont mes pas quand je m’arrête ? La même âme traverse la chair de chacun. Dans cette vie où tout se vend, je poursuis le vent, la rivière, l’oiseau. Je voudrais avancer en avant de mes pas, recomposant la glace et le silex avec le sang des mots.

         Je glisse comme un ongle sur la douleur du temps. Heureusement que le soleil se lève pour nous aider à vivre. J’y plonge mes yeux comme les poils d’un pinceau sur la palette du ciel. Je ne suis jamais seul à regarder le vent. L’énergie des regards façonne le paysage. Une lumière se cache parmi les choses les plus banales. La joie d’une langue dans le rouge des fraises, les oies blanches enfoncées dans leur vol, les mots qui tintent dans les bulles d’air bleu, l’appétit des racines dans la tourbe de l’âme, les poussées de la sève, les battements du cœur nous confèrent le devoir d’aimer, le plus beau du verbe être. Un fleuve nous habite. Une terre nous reste à vivre, un lieu à partager de chacun à chacun, apparenté par l’âme. La croisée des chemins n’est pas dans la géométrie des carrefours. Le voyage reste vain sans les routes intérieures. Mes pas retrouvent les sentiers, ma peau le dénuement. Je cours avec mes jambes dans la tête. La rédemption de l’homme n’est pas dans les étoiles mais le respect des sources. L’important n’est pas d’être mais de ressusciter.

         Il y a maintenant trois jours que le soleil refuse de sourire. Mon crayon manque d’images. J’en suis réduit aux métaphores abstraites. Celui que je ne suis pas marche à mes côtés. Le bruit de ses pas s’infiltre dans mes pas. J’attends au bout de chaque lettre, le post-scriptum de l’éternité. L’espoir n’est plus qu’un homme sans tête, sans bras, sans jambes. Il tient debout serré contre les autres. Il n’a pas besoin d’yeux pour constater l’état du monde. Il n’a pas besoin de bras dans un désert de caresses. Il n’a pas besoin de jambes quand la route est coupée. Il redoute les barreaux, les barrières, les murs. Il a peur des larmes, des armes, des alarmes. Il rafistole la vie avec des bouts de rien, des petites choses, des lacets, du sparadrap, des trombones en folie, des mèches de cheveux. Je lui offre mon bras pour ne pas me perdre, mes bras comme une valise. Je lui prête mes yeux pour dessiner le soleil, mon crayon pour écrire. Nous sommes tous les branches d’un immense pommier, la sève sous l’écorce, le ver dans le fruit, la caresse du vent. Il y a plus de soixante ans que je vis et je m’étonne toujours.

Publié dans Prose

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La Finlande est un pays où il ne se passe rien

Publié le par la freniere

La Finlande est un pays où il ne se passe rien
un pays que personne ne sait où il est
les gens y sont tristes
les gens boivent parce qu'ils sont tristes
puis ils boivent pour oublier qu'ils ont bu
ils marchent les épaules au fond des poches
l'âme de leurs ancêtres vit au fond les pierres
 
La Finlande est un pays où il ne se passe rien
les élans ne lèvent même pas la tête quand un menhir passe
les corneilles ne parlent pas parce qu'elles n'ont rien à dire
les oiseaux migrateurs apportent le ciel au printemps
et le remportent en automne
soigneusement plié dans leurs ailes
 
C'est un pays où les paysages sont beaux et les gens tristes.
c'est un pays dont on ne parle jamais.
sauf des pilotes de course et des tueurs
C'est le pays où j'habite mais qui n'a jamais été le mien
Par contre vous pouvez venir me voir
Je vous montrerai l'automne le plus beau du monde
comment cuisent les compotes de pommes
je vous amènerai sur le marché des feuilles
où les bouleaux s'échangent des louis d'or
je vous montrerai des renards se choisir une fourrure
dans les couleurs des aurores boréales
je vous montrerai des filles éclairer la nuit à la lueur de leur yeux
des baies de sorbiers au bout des ongles
 
La Finlande est un pays triste
c'est un pays où l'on tue d'être triste
c'est le pays où j'habite.

 

Aaron de Najran

 

(j'ai écrit ce texte extemporé ce matin, suite à la tuerie qui est arrivé hier dans une école en Finlande, c'était à 130 kms de chez moi. on était en alerte. Mais on n'a pas eu de travail, parce qu'on ne sait pas encore guérir les morts.
Le pire de la tristesse, c'est que la même chose est arrivé en Finlande aussi, il y a un an, presque jour pour jour.
Un pays sur la carte de la tristesse du monde... un de plus.)

Publié dans Poésie du monde

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Tout n'est pas mort

Publié le par la freniere

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out n’est pas mort mais il arrive que les choses n’y soient plus quand je les dis. Sous la neige qui fond quelques os de bois gris attirent les insectes. Des nuages pendouillent sur la ligne d’horizon, les caleçons du ciel, les derniers bas de laine, les chemises du vent. Les eaux du lac s’animent. Je me réveille comme un arbre dont la sève qui monte chatouille les aisselles. Toute une forêt gonfle un bourgeon. La pluie s’avance en titubant. Attendant de germer, mes pensées baignent dans une liqueur de neige. Je rêve d’herbe verte dévorant les trottoirs, de grands marins sonores brouillant les ondes courtes. Je vis dans la vallée où les montagnes s’écoutent mais le bruit des skidoos déflore l’ouïe du vent. Nouant le rêve au réel, je fais des élastiques avec les mots. J’étire des images d’un paragraphe à l’autre. Les veines ne finissent pas en nous mais courent dans la vie. Chaque mot est une goutte qui rejoint l’océan.

Goutte à goutte, le ciel tombe, chu de rien. Les enfants en imper ont l’air de gros    anges aux ailes de vinyle. Leur vie plante ses ongles dans le dos de la mort. Débarrassés du givre, les mots encore debout entrouvrent le printemps. La terre gonfle ses muscles sous sa chemise de poussière. Le soleil éternue sur le mouchoir du vent. Les outardes ravivent les champs morts de maïs. Leur plumage frissonne comme une dernière neige. Les routes se déroutent, se déroulent, se défendent contre les mastodontes. L’espoir titube et se relève entre les crocs-en-jambes. Le moignon des mots retrouve l’accolade entre les métaphores. Des héros s’entrecroisent dans un chapitre absent. Des anges font la noce dans un roman de gare. La cagoule de l’âge ne cache plus ses rides.

J’ai plus appris des livres que des claques sur la gueule, du chant des ouaouarons que du bruit des sirènes. C’est un poème de Giguère qui m’a ouvert la porte dans la maison des mots. Un autre de Hénault a arraché les gonds. Ce fut un vent rebelle contre les murs du sérieux, un feu de bivouac au milieu de l’hiver, un orage crevant les cicatrices du néant, une hanche étrangère dans le dortoir du monde, une langue nouvelle dans une bouche timide. Depuis je cherche les vieux mots dans la mémoire déficiente, l’allumette du silex dans le grimoire aux amulettes, la perle noire du fourbi. Je déploie l’horizon enfermé dans l’armoire.

La sève perle au bout de mon crayon suscitant la soif des images. Je n’écris pas sans bouger les mains, sans marcher, sans prier. Sur ma trompette mal embouchée,  j’essaie des sons nouveaux, le bruit du vent quand il tombe, le silence du lac quand la glace cale sans bouger, la succion de la sloche sous mes semelles boueuses, le chant des chalumeaux atermoyant la sève sur les érables à sucre, le vol des bernaches élargissant le ciel. Le sel des heures se dilue dans un magma de feuilles. Un dernier poing de neige s’enfonce dans le sol, les doigts déjà liquides. Les vieux arbres ronchon retrouvent le sourire. Un vent géant brasse le paysage, soulevant ses brindilles comme un Hercule de foire. Le feu renaît sous les paupières de la cendre. Des yeux de braise illuminent le lac. Échouant chaque nuit sur une page blanche, j’écris comme on parle à une fleur sans connaître son nom. J’aperçois ma première abeille, toujours la même idée derrière l’antenne. Que va-t-elle butiner ? Les fleurs poussent mal dans un massif d’hommes, entre les larmes et le vin rouge, le masque et le couteau, la peur et le factice. Assis sur les genoux de la terre, je questionne l’immense avec des yeux trop courts.

Les mouches noires reviennent dans un nuage d’avoine. Les arbres tombés durant l’hiver semblent porter en terre les vêtements des absents. Il suffit de secouer la tête pour que tout change de place. Chaque image roule sur la page comme un minou de poussière. Il y a longtemps que le présent a enterré le passé simple, que le futur ne tient pas ses promesses, que l’imparfait règne en mettre dans la conjugaison et l’échange des verbes. J’ai beau rester de glace, la paille brûle dans mes os. J’ai beau rester debout, mon ombre penche vers le sol. Le rêve s’accroche au moindre geste, le pollen aux mots doux. Perdus dans la caducité des vœux, sans espoir mais têtus, nous avançons de bout de ficelle en bout de ficelle jusqu’au chaînon manquant.

Publié dans Prose

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Raoul Duguay et le Jazz libre du Québec

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

L’argent que l’on reçoit sans effort n’est pas plus respectable que celui que l’on gagne.

 

Louis Scutenaire

Publié dans Ils ont dit

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Survivre à la douche

Publié le par la freniere

Tu es
dans la salle de bain
il pleut sur toi
j'écoute les petites gouttes
cingler ta peau
depuis la chambre
Je suis resté au lit
les yeux encore allongés
derrière leurs fines
canisses de chair
et je m'imagine
ailleurs
dans une cabane
à attendre devant le feu
que tu survives à l'orage
Soudain la porte s'ouvre
je relève la tête
tu es vivante

 

Guillaume Siaudeau

Publié dans Poésie du monde

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