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Un raté dans le coeur

Publié le par la freniere

Au mariage de mes prunelles, j'ai chaussé mes beaux souliers de passion, le cul en colimaçon et du désir plein les mamelles. Sur le magma frais de la nuit, toutes les étoiles formaient une mosaïque éclatée pour ma tête balbutiante. L'odeur de l'aventure m'enivrait.

 

Il y avait au fond de ma valise, un vieux brouillon, une veste d'homme, une bouteille, quelques fantômes et leurs bleus désirs de méharées. C'est de bon cœur que je m'apprêtais à les suivre, hélas, monsieur, en guise de départ, j'entendis pleurer les bombes et je vis l'automne passer sous les rails. Oui Monsieur !

 

J'ai donc ôté mes souliers et j'ai même ôté mes pieds avant de me glisser, sans rien de plus à dire, sous cet atome de soupir où vous m'avez trouvée.

 

 

Cathy Garcia

Publié dans Poésie du monde

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VLB, les Pères Blancs, les animaux et l'Irlande

Publié le par la freniere

Interview de Victor-Lévy Beaulieu à l'émission de Michel Lacombe sur Radio-Canada.

 

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Le Cabaret de la pègre: rappel

Publié le par la freniere

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Un pollen sonore

Publié le par la freniere

La neige comme la pluie nous rapproche du ciel. Elle fait grimper nos pas sur les épaules de la terre. Le cou des mots s’allonge pour regarder plus loin. Des flocons tombent sur la page. Les voyelles fondent, se confondent, se transforment en dessins. Il n’est pas nécessaire de fermer pour ouvrir ni d’effacer les larmes pour sourire. Le temps roule en petites boules de colère. Une part de chacun vient de tous. Une part de tous vient de chacun. Une part de nous vient de loin, du choc des étoiles jusqu’au sens des mots. L’enfant n’apprend pas l’alphabet pour compter ou se vendre mais apprendre à aimer. Il est moins dommageable de parler aux objets, de rire avec les meubles, d’écrire sur la sable que de compter des sous. Je ne me reconnais pas dans les colonnes de chiffres ni les offres d’emploi. Mes ongles dans le pain entament l’espérance.

 

Par l’entrebâillement du cœur, une phrase surgit comme un rai de lumière sur le dessus des choses. L’alphabet est un très long voyage, plus vaste qu’un pays. Il était une fois, deux fois, mille fois… Une poignée de moineaux voyage entre les mots. Un fleuve sursaute dans un trait d’encre, avec le bruit de l’eau contre la roche, le chant de l’air dans les oreilles, le goût du sel sur la langue, l’odeur de l’herbe après la pluie. Le nom d’une amoureuse transforme l’horizon. Le prénom d’un enfant lui donne ses couleurs, ses cris, son espoir. La fleur résiste sur la page et le fruit s’accomplit. Les arbres morts renaissent. La musique butine un pollen sonore. Un miel de vocables alimente la voix. Toutes les langues se joignent dans un seul baiser.

 

Je me construis une maison de mots pour y croquer la pomme. J’apprends à vivre. Je regarde le ciel et compte les nuages qui dessinent leur lit. J’oppose des mots d’enfant à l’idéologie. Ma main court sur la page comme un bébé titube et ressuscite. Je roule en boule entre les lignes et me relève d’une phrase. J’avance parmi les métaphores, soulevant l’âme avec des doigts de fée. Je me réclame de la sève pour relever la tige, de la biche, de la boue, de l’azur. Je revendique le soleil, la grive, la pivoine. Tout autant que de pain, je vis d’une poignée de mots, d’un arpent de papier, d’un roulement à bille. La mort d’un érable ressuscite une fleur. La graine éclate sous l’écale avant de prendre forme. Un pissenlit s’envole et féconde le sol.

 

Les roses délavées par le jeu, par le feu, les roses de l’enfance ont perdu leurs épines. Le rêve a déserté les rails du sommeil. Je marche vers un lieu où le cœur parle au cœur, où l’ange bat des ailes sous la peau des gisants. Les morts qu’on abandonne, je leur offre mes mots. Je partage la route avec les oiseaux. Je ramène le ciel à la hauteur de l’homme. La marche invente le palier, l’escalier, le grenier. Les yeux inventent la lucarne. Les caresses créent la main. La terre est trop étroite pour les mots de ma mère. Même une aile d’oiseau égratigne le ciel. L’arrivée des marchands a détruit l’équilibre. L’amour et l’amitié ont été mis en vente. La froideur des calculs a remplacé la douceur des mots. De files d’attente en salles de guichets, de billets de banque en tickets de loterie, de codes barres en cartes à puces, on estampille un semblant d’espérance. Entre mesure et démesure, de grandes mains rêveuses agitent en vain leurs gestes. Il faut descendre dans la neige pour comprendre l’hiver. Il faut descendre dans la terre pour comprendre le fruit. Il faut descendre dans la mer pour recueillir le sel. Il faut creuser dans la matière des mots pour écrire un poème. Il faut perdre son temps pour trouver l’infini.

Publié dans Prose

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Tout droit venu de l'intérieur

Publié le par la freniere

Il est debout sur le balcon. Il parle avec ses yeux à une vieille plante crevée. Il n'y a pas un bruit. Il ouvre la bouche et sa salive fabrique un cri. Il envoie ce cri à l'autre bout de la ville. Sans bagages. Un cri solitaire qui n'a pas besoin de bus, ni de voiture. Un cri qui court entre les platanes et se heurte aux grillages des maisons. Un cri qui vadrouille et enfonce les portes. Qui atterrit dans les oreilles des chiens. Dans chaque petit trou que la pluie a creusé dans la terre. Un cri qui monte et s'en prend à une horde d'oiseaux. Qui s'en va clopin-clopant gagner la guerre du silence. Son cri rejoint un autre cri. Puis un autre. Plusieurs cris se sont donné rendez-vous au carrefour à la sortie de la ville. Pour s'échapper vers la campagne. Là où les petits cris urbains deviennent l'écho des nuages. Il y a une armée de cris, que le vent écrase au milieu d'un champ. Livrés à eux-mêmes dans le silence des périphéries.

Il est toujours debout sur le balcon quand la foule de cris rebondit sur les arbres. Se fracasse sur le cul des vaches et envoie valser quelques mouches. Là-bas les cris restent à l'intérieur. A l'intérieur des gens, à l'intérieur des bêtes, à l'intérieur des petites maisons cloisonnées. Il faut beaucoup de cris venus de la ville pour rameuter les cris de là-bas. Là-bas on ne crie que la nuit. Quand les cris ne risquent pas de se faire étouffer par une averse. Il fera bientôt nuit. Les cris de la campagne et ceux de la ville vont s'entretuer. Il n'y aura pas de sang. Il y aura du silence. Parfois un minuscule bruit plein de bravoure ira se percher sur une branche. Il n'y aura plus rien que des centaines de cris le ventre à l'air sur l'herbe fraîche. Il quittera le balcon. Il pensera à ce cri envoyé au casse-pipe entre deux nuées d'échappement. Cette nuit il méditera de nouveaux cris. Demain il en libérera d'autres. Peut-être qu'un jour un de ses cris ramènera un cri de là-bas. Un bruit sourd, aveugle, seulement guidé par les quelques remords qui lui servent de boîte vocale.

 

Jérome Siaudeau

Publié dans Poésie du monde

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Ici maintenant

Publié le par la freniere

C'est un boxeur

déguisé en femme

comme la poésie

et qui promène ses invendus

dans un landau

de ferme en ferme

jusqu'à Québec

comme autant de bébés

mexicains morts

 

Il demande son chemin

sur St-Jean

vers le Rio Grande

 

Il veut nager

jusqu'aux mines d'argent

de l'autre côté

 

Un homme l'a reconnu

 

C'est un poète franco-ontarien

 

Le poète franco-ontarien

pousse son premier recueil

de la basse-ville jusque chez lui

dans un chariot d'épicerie

et aussi dans une indifférence

particulièrement générale

 

Le poète franco-ontarien

a les yeux

en forme d'Everlasts

d'en avoir assez vu

 

Il regarde le boxeur

et murmure: «Cut 'em off...»

en tournant le coin de Scott

en éclatant d'un rire

jaune sans nom

sous le soleil de novembre

 

comme si c'était hier

 

Alain Larose

 

 

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Un nouvel album de Leonard Cohen est annoncé pour janvier, et ça c’est merveilleux, comme si le passé n’était pas seulement derrière nous, comme si la nostalgie pouvait se colorer d’espoir, comme si nous n’étions pas vraiment morts.

 

Éric Chevillard

Publié dans Ils ont dit

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L'alpha et l'omega

Publié le par la freniere

à Cristina

Je proviens
de l'air que tu respires
de l'eau qui te porte et te désaltère
de la terre qui te sustente
du feu qui éclaire
des grandes profondeurs
de l'être et de l'univers

Tu proviens
du même réseau mystérieux
où je m'émerveille toujours
et nous nous initions
dans l'éternel balbutiement
d'un rêve d'amour
sans commencement ni fin.

 

André Chenet

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Léonard Cohen

Publié le par la freniere

 

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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Danny Plourde: le révolté

Publié le par la freniere

 

 

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