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Je refuse

Publié le par la freniere

Je refuse de vivre dans un pays soumis, vassalisé, cassé, conquis,
un pays de Disneylands, de luge-lands, de no man's lands, de mort lente.
Je refuse la haine, l'exclusion, la ségrégation, la soumission, la démission,
l'expulsion.
Je refuse les ruines, les combines, l'intérim.
Je refuse l'Europe du fric et de la trique.
Je refuse de léguer à mon enfant un avenir de décombres,
de tôles rouillées, de portes fermées entre l'errance,
l'espoir d'une vague saison
et le petit boulot à trois mois d'espérance de vie.
Je refuse que mon pays devienne un désert de friches, d'artifices,
de cicatrices, un parking de chômeurs au pied d'une montagne de luxe,
le royaume de la triche, du temporaire, du précaire et de la mort en blanc.
Je refuse l'avenir à tiers temps.
J'aime la dignité, la liberté, la solidarité.
J'aime la vie.

 

Michel Etievent

Publié dans Poésie du monde

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Jusqu'ici

Publié le par la freniere

Jusqu'ici

  

Jusqu'ici on se fout des saisons et des arbres en fleurs. Les veines pâles de l'aube dessinent dans le ciel des pièges aussi cruels que des toiles d'araignées. Les avions s'en approchent et on ne les voit plus. Peut-être restent-il piégés là, à attendre fébrilement que le soleil les dévore? Et nos ombres avec. La main légère de l'abandon. Jusqu'ici on peut encore la sentir caresser nos visages. Lancer vers l'horizon de petites zébrures rosées, semblables à ces lézardes qui reparaissent avec le jour. Qui gonflent. Et personne ne s'y abrite.

  

On reste la tête nue sous la pluie du matin.

 

Coquillage

   

On cherche toujours la mer. La rumeur des vagues demeure inaccessible. Elle se joue du silence. Elle reste comme accrochée au filet bleu du ciel. On avance sans mal. Au détour des nuages, des plages sans couleur. Des bouées de sauvetage que l'on lance au hasard. Que l'on perd. Que l'on retrouve nouées aux lunes de passage.

 

Nos oreilles se rapprochent du coquillage de la nuit. C'est une mer d'huile qui nous apaise.

 

Un petit soir triste

   

Un petit soir triste avec un ciel bas comme un plafond prêt à céder sur ce qu'il reste de lumière. Des chats miaulent quelque part en attendant que les étoiles arrivent à leur portée. Ils les guettent patiemment tandis que la lune peine à franchir la croûte du ciel. C'est une coque épaisse qui tremble tout là-haut, juste au-dessus des tours qui semblent la porter dans leurs bras décharnés. On s'attend à ce qu'elles lâchent mais rien ne bouge et les étoiles restent enlisées dans la mélasse noire des nuages. Elles gigotent et papillonnent confusément comme de petits insectes blancs autour d'un lampadaire. Trop lointain peut-être. A nos pieds, il ne tombe rien.

 

Jean-Baptiste Pedini

Publié dans Poésie du monde

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

C’est parce qu’on ne sait pas vivre qu’on a besoin d’argent.

Publié dans Aphorisme du jour

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