Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

L'école sans Rimbaud

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Glanures

Partager cet article

Repost 0

Notre père qui êtes...

Publié le par la freniere

24 novembre 2010.

 

Combien de bougies n'auront pas été soufflées.

 

Novembre est triste. J'ai toujours détesté l'hiver.

 

Il me rappelle la mort.

 

Ma voisine.

 

De toute manière, de souffler tes bougies, tu t'en moquais, l'important c'était d'être là. Si tu savais le nombre de cons que je vois tous les jours. Dans la littérature, c'est comme dans tout ce qui a pu t'exaspérer en politique, et moi dans la mode ...  il y a toujours des "donneurs de leçon", tu sais, les pseudo-profs à quat'sous qui te disent le "bien penser", la "bonne conduite" ... des Karl Lagarfeld avec un éventail planté dans le cul ... si si ...

 

Ces gens-là m'énervent mais je n'ai plus envie de leur répondre. Je les élimine chaque jour de ma page internet.

 

Mais il y a les valeurs sûres, ces Mohamed, Eve, Béatrice, Alain, Michèle, Jean-marc, Leaves, Romain,  et tant d'autres qui se sentent "orphelins", comme nous.

 

C'est peut-être la poésie, le refuge aux orphelins, ou la cour des miracles pour ceux qui se sont proclamés intellectuels.

"On" ne comprend rien, c'est "hermétique", il faut vraiment aimer ça pour vouloir y entrer, fermer les yeux et ressentir.

 

La main tendue de ton amour t'a rejoint dans la pénombre.

 

Etre vivant est être soi. Celui qui n'en a pas conscience refuse d'exister.

 

Exister, c'est oser.

 

Oser être seul, très souvent.

 

Mon père, ce soir, je te le confie, je crois que je suis une anarchiste.

 

Corinne Cornec Orieska

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

C'est de l'herbe

Publié le par la freniere

Avec l’arrivée des chaleurs, les jours s’arrondissent. Les routes en coudes de bras se relèvent les manches. Une épaule de colline tressaute sous le vent. Ça fait bouger les poils d’épinettes. Les arbres se lancent des oiseaux d’une branche à l’autre. On dirait des enfants dans une cour d’école. Les nuages font des œillades dans les trouées de soleil. J’ai maintenant l’âge de mes os. Je divague un peu plus. Le cœur à force de battre, ça fait la patte folle. Je me remets à parler seul. Les choses me répondent. C’est le silence qui fait parler. Un peu de pain, de l’encre, du papier, j’en fais mon train comme à tout va. Le soir approche. Un dernier doigt de soleil caresse les érables. Où il y avait la neige, c’est de l’herbe maintenant. C’est de l’herbe. C’est de l’herbe. C’est de l’herbe. Les corneilles n’arrêtent plus d’annoncer le printemps. Les sentiers réapparaissent. Je connais chaque ornière, chaque ride sur le visage des bosquets. L’horizon bouge au ras des yeux.

 

L’eau de la lune coule partout maintenant. Quelques nuages pendent comme des chemises accrochées aux bords transparents du ciel. Les gouttières sont toutes sales de larmes. Le ciel se colle contre la terre. Le vent marche dans l’herbe jusqu’au cou. Le sol penche un peu avant de s’ébouler dans les fossés pleins d’eau. La fonte des neiges est arrivée trop tôt de quelques jours. On entend l’eau descendre dans le gosier des pierres. Les ruisseaux s’étirent comme un chat. Les abeilles ne savent plus si elles doivent s’éveiller. La sève hésite sous l’écorce. À la guette d’une proie, un aigle écoute les bruits de l’air. Un vent large d’épaule se lève à l’horizon. Le lac, de ci de là, laisse entrevoir sa peau de soie. Le printemps passe le balai. On dirait déjà un autre temps. Je ramasse des mots, une fois l’un, une fois dix. Ça finit par faire des phrases.

 

La pluie cesse. Un rayon de soleil traverse la forêt. Il saute les collines comme une bête de lumière. Ça fait tout chaud sous le ventre des feuilles. Un peu de chair apparaît sur les os nus des branches. Les arbres m’accompagnent tout le long de la route. Les peupliers parlent sans arrêt. Les érables se taisent. Les alentours s’ouvrent comme une bouche. Les herbes luisent sous la salive du printemps. Quelques grains de pollen illuminent la page. Écrire est une façon de vivre. Je m’intègre aux saisons par le biais du verbe. Ma plume tousse. Mon verbe crache. Ma salive se mélange à la pluie. Les mots fondent au soleil et font des taches d’encre. Une phrase se forme qu’il me faut saisir, le cri d’une chouette, le saut d’un achigan, un arbre qu’on abat, une herbe qui ondule, le suspens du vent, le merveilleux tapi dans le banal. S’il m’arrive de me perdre dans une phrase, je me retrouve dans une autre.

 

C’est le printemps déjà. Les cuivres que l’on sort de leur petit cercueil se remettent à chanter. Une fanfare de cigales astique ses antennes. Une chorale d’oiseaux s’ébroue sur la portée des branches. Les quiscales s’égarent dans une cage à refrain, un bocage de cris. La blanche neige fond dans les bras du soleil. Le vent ratisse l’horizon et remet des couleurs, lèche l’aisselle du village. Tous les petits ruisseaux rejoignent la grande mer, même le Petit Poucet et le Chaperon rouge. J’écris pour les enfants, les perdants magnifiques, les seconds violons, les seconds rôles, les secondes oubliées. Mon souffle entre les phrases recueille le tremblement des choses, ce qui reste après la vue, ce qui vacille entre les gestes, la braise au fond des yeux, les pieds d’enfant dans les pas d’un géant, la main du ciel sur la peau du sol, les je t’aime d’une fraise éclatant sur la langue, la dentelle des fleurs sur le corsage des pommiers, l’essaim des miettes sur la table. Dans cette forêt d’ombres, je niche où loge la lumière. Je fais mes comptes entre les mots. Je dresse le bilan, le rêve dans la colonne crédit et la mort au débit.

 

Mes phrases grattent la poussière sur le plancher des pages. Les fautes d’orthographe sont des traces de voix, une forme d’accent, une manière de respirer, l’argot du cœur prenant sa place. Je dessine à la plume les muscles des paroles. Il faut bien vivre avant l’éternité, laisser germer l’œuf noir des jours, fleurir un peu quand même sur le bord d’un abîme, mouiller sa chemise vague après vague. Tout sera dit un jour. Le vent dégriffe les orties. Les petites îles de brume qui flottent sur le lac nous plongent dans Monet. Les yeux ratissent large, de Cézanne à Matisse. Grimpé sur la colline, j’apprends à voir par la pupille des oiseaux. À la merci du vide, j’oppose des images démangeant l’invisible, quelques mots rassis dans le sac à silence, des mains de métaphore sur le corps du texte. Délaissant les trottoirs, je marche avec l’eau têtue. Les gouttes de pluie, jouant à pile ou face, tombent toujours du côté de la terre. Le sol gorgé d’eau y gagne à tous les coups.

 

Les riches ne demandent pas comment, ne disent pas qu’ils aiment, mais combien. Devant les étrangers, les xénophobes jappent comme des chiens de fusil. Devant un homme trop sensible, ils ne voient que la cible. Maintenant que la cire a bien vendu la mèche, nous sommes dans le noir. La terre malade comme un orme perd sa chlorophylle comme un homme son sang. On a tout dit mais personne n’écoute. Tout empêtré de parlerie, je ne réponds de rien. Je n’aime pas les chiffres, ni plus ni moins. J’aime les zéros purs des cancres volontaires. Assis pour écrire, je me voudrais debout. On n’a que quelques heures pour accueillir des jours, quelques années pour préparer l’éternité. Dans l’assiette de la mort, je prends parti pour les arêtes.

Publié dans Prose

Partager cet article

Repost 0

Ce serait une vague

Publié le par la freniere

Si j'osais me glisser aux forêts de tes bras, aux orées de tes yeux, aux brousses de tes gestes, tu apprivoiserais ma petite robe rouge. Du profond de ta voix renaîtrait ton inquiète. Tu lui ferais de jour cette nuit écarlate à flamber l'arc en elle d'un ciel qui s'abandonne.  Tu la ferais lumière pour couvrir les distances, cette eau de strates de volcans sur l’écorce d’été. Les journées incertaines chausseraient l’horizon, ratures de cahier joignant des ailes aux mots, la sève élancerait ses longues veines d'arbre, et le cri d’un oiseau sur la paille de juin ranimerait l'espoir dans la moindre brindille. Si j’osais mes audaces, tu saurais l’infini.  Et là, dans le rectangle de ta porte qui s'ouvre, le monde se verrait à l'aulne de ta chambre, volets tirés sur l'heure, l'impossible rompu, cette faim à la bouche pour rassasier l'amour. Ce serait si j'osais, le feu des hautes herbes quand les soleils embrasent avant de tomber nus sur les reins de la terre. Ce serait le début et ce serait encore. Ce serait une vague,  et ce serait la mer où dessiner une île dans la largeur du jour.

 

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

Partager cet article

Repost 0

Le passereau

Publié le par la freniere

passereau.jpg

Le passereau est un passer-moineau, un petit oiseau de l’ordre de ceux qui passent et traversent, fuselés, la vie précaire.

    Le passereau est éphémère, il est passe-fleur, passiflore, passionné comme l’anémone qui vibre en plein-vent d’étincelles.

    Ses poumons sont d’oiseau éphémère, les bronchioles se ramifient dans le tissu pulmonaire, le traversent et se prolongent par des sacs aériens qui sont tissus d’or et de songes dans le souffle des nuages.

    Le passereau passe le souffle dans le syrinx de son chant comme message d’un ciel si proche et comme essor de passage.

    Volatilia, matière volatile évaporée dans la fibre du monde, il vole dans l’obscurité de la nuit comme dans la clarté du jour.

    Il taille dans les ailes et les airs jusqu’à trouver la forme juste d’un anniversaire de feuilles.

    Il est le souffle de la nuit qui se heurte contre la paroi des fleurs.

    Il tourne tout autour de la table des morts et, en veillée funéraire, s’incruste dans le vitrail.

    Son œil de verre rouge irise la couleur.

    Sur la neige ne demeure que l’étroite empreinte de sa fine patte de passereau posée sur le mouron des tombes.

    Il passe oiseau éphémère comme la précarité de l’amour.

    Pour moi, le passereau est bleu, mais je ne sais pas trop sa couleur. Il est bleu comme l’oiseau d’enfance et souffre-douleur d’amour.

    Pour moi, le passereau est rouge, mais je ne sais pas sa couleur. Ensanglanté des stigmates de pluie, il traverse les larmes.

    Pour moi, le passereau est gris, car je sais trop bien sa couleur. Il passe en glissade légère les ailes étendues, discret, il passe dans la vie précaire.

    Et dans les plantes aromatiques, la myrrhe d’un étrange berceau, il passe et renaît, passereau, oiseau de cendre et de lumière.


Béatrice Bonhomme-Villani

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Mon pays

Publié le par la freniere

Je vous viens d'un pays en dedans des souffrances
Où je dois me créer grâce à mes créatures;
J'y possède depuis mon premier souvenir
Un cheval immobile qui mâche de biais
Son trèfle et j'y possède ce trèfle qui lui tire
En gamin sur les dents pour être enfin mangé.

 

Dans ce pays en dedans des souffrances,
Le chuchotis du Temps n'alourdit plus les branches,
Les mots tombent de moi, sans poids, plus nuls qu'un songe
Où jamais ne s'émut que le remous d'une ombre;
Trop imagés de mort pour n'être pas présages,
Mes héros délivrés m'ont laissé leurs blessures.

 

Dans ce pays en dedans des souffrances,
Voici ma joie, oui, joie, - semblable à ma torture:
J'y murmure très seul des silences plus ténus
Que moi-même ou parfois, triste plaisir trop pur,
Au paradis de l'art d'où nul ne revient plus,
Je poursuis sans nul but l'aventure des nues.

 

Seuls les jeux des oiseaux, des ruisseaux, des herbages,
M'aident lorsque je veux descendre en votre sang
Pour céder tous mes cris à l'amour des vivants,
(Oh! pleurs, détruirez-vous d'eux à moi la distance?)
A l'amour des passants, moi qui suis de passage
Et qui ne prétends plus qu'à mon trop haut tourment.

 

Et lorsqu'au sol enfin j'accède en égaré,
J'y suis contrebandier d'indicibles souffrances
En me cachant de tous je les porte au marché,
Contre elles dans un coin je demande en silence
De ce vin qu'il me faut pour ne pas trop pleurer,
Mais je n'insiste pas, je suis contrebandier.

 

Armand Robin

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

La cendre et le tison

Publié le par la freniere

Les arbres s’échangent des oiseaux et l’homme vole leurs ailes. Le ciel donne la pluie et l’homme vend son eau. Le fleuve unit ses rives. L’homme confond la main et le fusil, l’espérance et la foi, le dieu et le diable, la cendre et le tison. Le fusil tète la mère pour tuer ses enfants. La paix porte déjà une chemise pleine de trous pour recevoir les balles.  Je perds ma route. Je perds la mémoire. Je perds la tête. Je perds mes mots. Je perds mes pas dans mes souliers. Je les retrouve où je ne suis pas allé. Peu importe le ciel, les oiseaux volent dans leurs ailes. L’homme respire dans ses mots. La vie a besoin d’air, de soleil et d’espace. L’espoir a besoin d’eau dans le pot du moment.

 

J’ai de la difficulté à parler aux enfants. Pourtant, je suis plus près d’eux que des adultes, plus près des arbres que des choses, plus près des mots que des idées. Une lumière anime les grains de la matière. Tout respire d’une même haleine, de l’étoile invisible aux poumons de la mer, de l’anémone des bois à la gorge des femmes, de la brume du lac aux branches des érables, du hurlement des loups au silence des anges. La respiration des plantes parfume les saisons. Le vent sur la montagne en aiguise les pierres. Le passage d’un rêve ralentit le mouvement. Le pinceau de la pluie patine l’horizon dans le sillage des oiseaux. Les arbres qui se penchent font claquer leurs vertèbres.

 

Un ange passe. Un oiseau tire le ciel. Un arbre met en cage un rayon de soleil. La terre accueille le pollen. Je traverse un espace entouré par le temps, un lieu de mort et de naissance. Sous la peau de l’ombre, la chair de la lumière est juteuse comme un fruit. L’enfant des hommes s’amuse avec un bout d’obus, une balle perdue, un petit oiseau mort. Comment tant de beauté peut-elle cacher l’horreur ? J’oublie tout. Je me souviens du rien, du manque, du bonheur attendu. Perdu dans le brouillard, j’ouvre la route avec la pelle d’un regard. J’écris sur des brouillons, débrouillant l’encre noire. Si un train passe, mes mots partent avec lui. Je laisse des trous sur la page, des traces de pas, des miettes de pain. On écrit toujours avec les mots censurés de l’enfance, la rondeur des cailloux, le pointu des roses. Aucun mot n’est perdu, aucun geste, aucune caresse. Ils nourrissent une rivière souterraine.

 

Le bruit de mes pas m’accompagne. J’apprécie la lumière qui vient, l’écho du vent, celui d’un train qui passe, le vol d’un oiseau, l’odeur d’une fleur, le goût des mots sur ma langue mêlé à celle des framboises, la douceur des lèvres. J’en remercie mes yeux, mes oreilles, mes mains, ma bouche. Je ne me sens pas seul. On me souffle des phrases. Je suis riche de la présence diffuse du monde. Malgré le froid, une chaleur m’envahit. Ma main soumise à une force invisible s’agite sur la page. Chaque lettre bouge comme ces petites fleurs caressées par le vent, exhalant un parfum d’encre noire dans le bouquet des mots. J’écris de petits riens, sans rien forcer. Je ramasse la mousse, l’humus, la neige, la poussière et les mets sur une page. Je fais un nid contre la mort.

 

Il y a des jours où je marche à l’énergie verbale, des jours aux muscles de grammaire, des nuits où le dictionnaire mène le bal. Mon crayon s’enlise dans le sable et ramène une source. J’évacue la boue du cerveau. Quelques pépites remontent à la surface. Je les polis. Je les conjugue. La mémoire de l’âme prend le pas sur la mémoire des choses. Le monde crie et j’écoute le vent. Les bombes tombent et je sème des fleurs. Je planterai un chêne au milieu des décombres. Un livre n’est pas un champ de mort. La respiration des mots n’est pas un râle. L’écriture n’est pas un rôle. Les mots ont la peau dure. Les verbes sont pointus. Il arrive qu’ils me blessent les lèvres. Les métaphores renaissent entre chaque silence. Des bouts de phrase respirent dans la prégnance des parenthèses. Les lettres penchent comme des prieurs sur la nuit blanche d’un cahier. Je sens une présence grandir en moi, frapper du poing sur les poumons, tirer sur chacun de mes nerfs pour dénouer les cordes vocales. Chaque os de mon corps se laisse caresser.  À chaque phrase, je rachète ma peau.

 

L’odeur du foin, celle du pain, la sève dans les branches, le bois qui craque en s’ouvrant au feu, sont inséparables de la faim d’aimer. La mine d’un crayon se fait tour à tour le vent au bord de l’eau, la pelle dans la neige, l’abeille au fond d’une fleur, la veine sous la peau. Les mots me tirent vers ailleurs. Il m’arrive d’écrire dans la nuit avec un œil ouvert et l’autre qui sommeille. Ce qui reste au matin m’étonnera toujours. Les chaises parlent entre elles. Un oiseau vole dans la chambre. Une profusion de plantes embaume le silence. Parfums, murmures, lumières. Le vide se remplit. Le rêve se secoue dans les images transparentes. Les nœuds du bois sautent comme des bouchons. J’entends la chair gorgée de sève murmurer sous l’écorce. Une lumière m’habite que je touche d’un mot. Les heures sont ma langue. Mes veines se dilatent pour agrandir le cœur.

Publié dans Prose

Partager cet article

Repost 0

Sarah Bernhardt par Sacha Guitry

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Poésie à écouter

Partager cet article

Repost 0

Dans mon pays

Publié le par la freniere

Dans mon pays
On a tout supprimé
Sauf le cri du chacal
 
Il est au-dessus des têtes
Participe à toutes les fêtes
Et menace sans se tromper
De tout dénoncer
 
Dans mon pays
On a tout supprimé
Sauf le regard du chameau
 
Il est au-dessus des procès
Il a tout vu, tout vérifié
Et surveille avec tact
Les fausses notes de la foulée
 
Dans mon pays
On a tout supprimé
Sauf le grand rire de l’âne
 
Il emmagasine les contrastes
Sait qui a fait et qui n’a pas fait
Il garde le fou rire
Pour le grand jour de la récré
Dans mon pays
On a tout supprimé
Sauf le chant du rossignol
 
Il est complice du chacal fatigué
Il est l’ami du chameau oublié
Et témoin sûr de l’âne enchaîné
 
Il va et vient
Meurt et renaît
Et jamais son chant ne finit
 
Car dans mon pays
On a tout supprimé
Sauf le chant des profonds secrets
Qu’annoncent les perdrix sauvages
Que tracent les hommes oubliés
Et que ce rossignol de mon enfance
Puise dans les sources des montagnes
Pour faire danser
Le sable
Les arbres
Et ce désir algérien
Timide mais indomptable
Pour la liberté
Toute la liberté
I tlelli
Lil houriyya

 

Kader Rabia

 

glané sur Francopolis

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost 0

Nouveaux Délits 42

Publié le par la freniere

Revue de poésie vive et dérivés

Numéro 42

 ATT00001.jpg

 

Avril- Mai-Juin 2012



Urgence poéthiques

 

Parler de politique, sûrement pas ! Marre ! Du cirque moche, du vilain cinoche, du cigare qui fait pouèt ! Marre des simagrées, des citernes, des sitcoms, des si demain c’était hier ! Marre des ciboulots qui sonnent creux, des si boulot y’avait, des si tu m’aimes je te nique, du cimetière de l’éthique et des si je te le dis, c’est toi qui payes. Marre des silures de salons, des cireurs de pompes funèbres, des citadindes et dindons de la farce ! Marre des cibles trop ciblées, des cyborgs et des cyclopes borgnes. Marre, marre, marre ! Alors stop, ne faisons pas scie de tout bois ! Alors oui, Nouveaux Délits pratique la discrimination dès qu’il s’agit de politique ! Parfois la poésie est trompeuse, l’art aussi, mais ici penseurs nauséabonds, même poètes, non acceptés… Je respecte votre liberté d’être con(ne)s, mais ici c’est mon temps qui passe à votre service, m’sieurs, dames, alors pas d’entourloupe, si besoin je recule et ça cafouille un peu, ça merdouille, ça citrouille. Veuillez descendre du carrosse. Des revues y’en a pléthore, ici on s’affiche avec des valeurs plutôt surannées, démodées : humaines encore quoi ! Pas dogmatiques, ni racistes, ni sexistes, plutôt attirées par la simplicité du genre universel, l’authenticité pas forcément terroir, les esprits clairvoyants grands ouverts, le cœur intelligent qui ne bat pas seulement pour lui-même...

Sur ce, que le printemps vous printanise, que le soleil vous exalte, car lui il est bien exalté et ce n’est qu’un début. Lâchez du lest, nous allons grimper !

CG

ATT00002.jpg

 

Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. (...) Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d'homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu'est-ce qu'elle épargne, qu'est-ce qu'elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue – mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C'est cela, la démocratie. C'est le droit de recracher.
Romain Gary - 1957

ATT00003.jpg

AU SOMMAIRE

 

Délit d’espérance : Fukushima Renaissance de Taro Aizu (Japon)

 

Délits et des listes : poèmes de Jacques Coly

 

Délit de mémoire : Je me souviens – Venezuela de Rémy Durand

 

Délit de vin, délit divin : Aymen Hacen, un extrait du Journal du ramadan (2009-1430)

 

Délit de poésie : Guillaume Decourt

 

 

Résonances : 1 film, Magnifico de Mario J. Delos Reyes (Philippines) ; 1 livre, Zoli de Colum Mc Can ; 1 artiste, Bruce Clark.

ATT00004.jpg

Illustrateur :

Joao Carlos Chaves-Lopes

jc.c.l@orange.fr

 

Né en 1964. Vit dans le Lot depuis 1999. Bricoleur et ébéniste à ses heures perdues. Adepte de la procrastination et de la réflexion horizontale. Veut travailler quand il sera grand. A gribouillé dans un élan non contrôlé quelques dessins qui se retrouvent, il ne sait comment, dans une revue de poésie.

 

 

Courir dans les champs,
sentir le vent,
ce n'était pas assez.
...Comme tous ceux
qui n'ont rien dans la tête,
moi aussi j'ai cru
qu'il fallait faire des choses.

Alexandre Romanès

 

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

 

 

Publié dans Glanures

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 6 > >>