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Reggie Chartrand: patriote québécois

Publié le par la freniere

 

Pour visionner le film de Jules Falardeau cliquez ici

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Du sang dans mes neiges

Publié le par la freniere

Adolescent, je désirais tout sans rêver à rien, sauf au rien de Transsibérien, à commencer par-là. Chaque année, j’ajoutais au premier des trains une voiture, repeinte aux couleurs de ma lecture de Gogol, avec les yeux de Raspoutine. Mes instincts avaient leur convoi, ou bloqué dans les glaces, ou violent de vitesses. De Moscou à Vladivostok, je les étirais roulants, sifflants, noirs de la fumée échevelée des bûchers d’autrefois, réactualisés par mon rythme. Taïga m’était une sonorité chère, avec quelques autres, telle Novossibirsk. Je comptais les siècles qui me séparaient d’une fête avec les moujiks, dans un Baïkal de vodka. Je n’avais pas lu Cendrars, une lacune qui dura plus que de raison. Ce qui m’importait, c’était la démesure du mot : Transsibérien, plus fort que transatlantique ou que transsubstantiation. J’entrais en transes pour Sibérie, déesse froide, inhumaine, pourtant vertigineuse. C’était l’époque où Souvenirs de la maison des morts m’apprenait le bagne à domicile. L’irréchauffable enfer, plein de colosses brisés, à l’enseigne du Knout. J’étais frère en pages tragiques, en signes de souffrance slave, de l’immense Dostoïevski. J’avais de son sang dans mes neiges.

 

Marcel Moreau

Publié dans Poésie du monde

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Journée de la terre

Publié le par la freniere

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photos: Christiane Tremblay

 

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photos: Serge Gagné

Publié dans Glanures

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Je te pense

Publié le par la freniere

Je te pense et c'est beau comme un lopin de terre un soir de labours. Beau comme une voix venue de loin qui ne s'est jamais perdue. Comme un printemps qui rebondit de saison en saison. Je te pense et c'est bon comme le pain et l'eau sur la table. Un jour d'été où le vin a chanté à la gargoulette dans les rangées de vignes. Une confiance qui ne quitte pas. C'est un bouquet de cerisier blanc et son idée de fruits rouges en branches. Une certitude qui n'a plus besoin de doutes. C'est une maison solide, claire, qui sent le bois de lavande et l'âme du jasmin. Une enfance revisitée en sa juste projection. Je te pense et la joie redistribue sa pleine ration d'éternité.

 

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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Madame Beauchamp

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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Dans la nasse des collines

Publié le par la freniere

Je jette en vrac des mots sur du papier, de vagues silhouettes, des fantômes, des ombres, un éclair, une pluie, une légère bruine. Voulant me retrouver, je me perds un peu plus. Tous les souvenirs ont une faille. Le passé n’est souvent qu’un mirage. Que reste-t-il du temps dans les minous de poussière, la boue des marécages, la cendre délavée ? Que reste-t-il d’hier sous les pattes noires des mots ? Nous sommes si peu de pas sur le sable infini. La vie passe comme un ange qui chercherait sa chair. Nous avançons toujours à deux doigts du naufrage. Il se fait tard dans ma vie mais qu’importe le temps. Je ne serai jamais plus vieux que le bonheur. Pourquoi ne pas me contenter de l’alphabet de l’herbe, de la grammaire des oiseaux, de la dictée des fleurs ? Pourquoi ne pas me contenter de l’extrême essentiel ? Moins l’on possède, moins la beauté est abimée, moins l’on est pauvre de ce qui fait la vie. Je recueille les mots en deçà du très peu. Toute chair est issue d’une étoile. J’ai pour unique viatique un petit carnet vert. Il sent le cuir et l’homme. Ses pages m’appartiennent, ses mots serrés les uns contre les autres, ses phrases tête-bêche, ses images à l’envers, son encre mal léchée. J’ai fait ma route de ce puzzle misérable. Dehors, le lac fait la sieste. De petits frissons d’eau lui parcourent l’échine. C’est comme un gros poisson le ventre à l’air dans la nasse des collines. Une phrase roule dans ma gorge comme une eau bonne à boire.

        

Parler aux hommes me convient moins qu’écouter les étoiles, le bruit des sources, le murmure des arbres. Le soleil brille sur la table. Il est entré par la fenêtre sans déranger les choses. Il sent le vent et le silence, la fraîcheur de l’aube. Il redonne vie au café tiède et réveille les mots. Il faut être fou pour écrire, pour sauver quelques mots dans les bruits du désastre. C’est aux menus détails que j’accroche ma voix, un brin d’herbe, une pomme, un escargot sortant de sa coquille, une coquille d’œuf, une trace de doigt, une fourmi perdue dans les dédales de l’herbe. Je soigne mes blessures avec le sang des arbres. J’apprends la pierre et l’hirondelle. Ce matin, l’essentiel tournoie sous la forme d’un aigle. Je voudrais voir avec ses yeux, écrire avec ses plumes, trancher l’azur d’un coup d’aile. Je n’ai pas Dieu sur les épaules mais les pas d’un enfant, une femme sur mes genoux, un loup devant ma porte. Il faut se méfier quand la journée paraît solide. Elle oscille sur une patte d’oiseau ou le bout d’un brin d’herbe. La vie jaunit en même temps que les feuilles.

        

Trop souvent l’homme sourit pour ne pas pleurer. Il achète à défaut d’aimer. Il consomme à la place de vivre. Le rêve et le réel ne coïncident pas. Je marche un pied dans l’un et le cœur dans l’autre. Pour écrire et laisser quelques pas dans la poussière du monde, il faut partir, même en restant sur place, apprendre à contempler, entendre le silence même au milieu du bruit, boire le paysage avec les yeux dans l’eau, saluer le soleil avec la peau qui brûle. On ne sait pas d’où viennent les mots. Ils se posent en oiseaux sur la blancheur des pages. Leurs ailes font des phrases qui veulent s’envoler. J’observe le bourgeon pour comprendre le monde, l’abeille dans la fleur, la paille dans la grange. La peau du lac s’étire comme un chat. Le mot écrire évoque pour moi le marcheur, le rempailleur de chaise, le rémouleur de rêve, le sourcier. Quand on se moque de l’amour, c’est tout l’homme qu’on blesse, ce qui de lui reste vivant. J’écris avec mes deux oreilles, l’œil à nu et les mains pleines d’échardes. Ma peau sent le roussi au sortir d’un livre.

 

Publié dans Prose

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Un matin chez Marcel Moreau

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Publié dans Les marcheurs de rêve

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Petit poème d'occasion

Publié le par la freniere

S’il fallait renvoyer chez eux

Les mots arabes ou arabo-persans

Ça ferait du monde

Et un drôle de vide sur notre carte de séjour :

Azur hasard

D’algèbre à zénith

Jupe (ce serait dommage) & matelas & nuque (mon amour)

Abricot & sirop & sorbet & sucre & tambour

Sans oublier la famille (tambourin

tambour battant) & guitare lilas luth nénuphar orange

Maboul comme azimut qui va bien & comme

Zéro qui nous résume

Et on serait bien ennuyé

 

Bernard Chambaz

Publié dans Poésie du monde

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Québec solidaire

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Glanures

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

L'écrivain n'est jamais que le nègre de l'enfant qui a déjà tout vu.

 

Georges Perros

Publié dans Ils ont dit

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