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Qu'est-ce que la démocratie ?

Publié le par la freniere

Qu’est-ce que la démocratie ? Mes études en droit international et comparé à Vienne et à Pékin ne m’ont certainement pas permis de répondre à cette question. Au contraire, mes recherches ont plutôt contribué à détruire l’image que j’avais de ce concept que je croyais jusque-là bien façonné. Mais ce concept, perçu comme un système social utopique, de quoi est-il le gage ?

 

Dans le conflit qui a sévi au Québec, les gouvernants ont rapidement fait ce que leurs homologues du monde entier auraient fait : ils ont défendu leurs actions en invoquant LA démocratie. Raymond Bachand, parmi d’autres, affirmait que la pression de la rue n’avait pas sa place en société, puisque dans un système démocratique, l’expression populaire n’est légitime qu’au moment du suffrage universel ; grosso modo, de l’avis du gouvernement, « nos actions sont légitimes puisque nous avons été élus démocratiquement », un raisonnement que je critiquerai sévèrement dans les prochaines lignes. En effet, je vous propose d’analyser la fameuse position selon laquelle, en démocratie, « si tu n’es pas content, tu n’as qu’à voter aux prochaines élections ».

 

Pratiquement tous les dirigeants du monde entier - du moins là où la monarchie n’est plus - se targuent de vivre dans un système démocratique. Alors ici, nous prétendons vivre dans un système démocratique et plus largement de savoir ce qu’est LA démocratie. Nous prétendons même pouvoir critiquer de façon hégémonique les autres systèmes ; ceux-là qui n’ont pas encore compris ce que c’est la « vraie démocratie » (et ce ne sont pas les exemples d’impérialisme doctrinal qui manquent !). C’est tout, nous savons, donc les autres ont tort ! Pourtant, allez à Moscou, et les officiels tiendront le même discours… Où est-ce que je veux en venir ? Cette réflexion préliminaire sur la portée de la démocratie porte sur deux prémisses, l’une touchant son contenu, l’autre son contenant.

 

Indéfini mais universel

 

Primo, les intellectuels oeuvrant en droit international s’entendent sur un point : le concept de démocratie est indéfini. La démocratie n’est pas une norme morale absolue en soi, puisqu’elle est indéterminable. C’est en réalité une idéologie qui diffère en fonction de l’auteur qui en traite. Il ne peut donc s’agir d’un concept universel à l’échelle internationale.

 

Secundo, on remarque que l’utilisation du concept de la démocratie, elle, est universelle. En effet, chaque représentant étatique se proclame à la tête d’un système démocratique.

 

Bref, la forme est universelle en dépit du fond.

Mais à quoi sert cette coquille ? Elle sert tantôt aux intellectuels qui tentent de définir une justice universelle ou naturelle, tantôt aux détenteurs du pouvoir. Pour ces derniers, c’est à des fins politiques que cette coquille prend toute son importance.

 

Mais quel est le rapport avec le conflit québécois ? J’y arrive…

 

Je disais plus haut : c’est tout, nous savons, donc les autres ont tort. Charest sait, donc il a raison. Que sait-il ? Ce qu’il sait, c’est comment on exploite l’idée de démocratie pour faire avaler à monsieur madame Tout-le-monde que ses actions sont justes. Voilà vraiment ce qu’il sait de la démocratie, le contenu demeurant d’une grande futilité à ses yeux. Comme tous ceux qui tentent de freiner l’émergence des idées au Québec, tous ceux qui prônent le statu quo ou les détracteurs des élections à date fixe.

 

À ceux qui prétendent que la seule façon légitime de se faire entendre est de voter aux élections, je réponds : « Attention ! Le retour du balancier pourrait être dévastateur. Il est possible que cette position ne vous serve qu’un temps seulement. » Je m’explique… (ns)

 

À une époque archaïque, la légitimité du pouvoir tenait au sang des monarques. Aujourd’hui, le pouvoir légitime se fonde dans la démocratie.

 

Historiquement, notre compréhension de ce pouvoir « légitime » s’est faite par étapes. Nous avons cru après la Première Guerre mondiale qu’un parlement élu était nécessairement légitime. C’est à ce moment que le Parti national-socialiste (parti nazi) de Hitler fut élu. Il a adopté des lois ayant conduit à la tristement célèbre « solution finale de la question juive », qui commandait rien de moins qu’un génocide. Ces lois ont été adoptées en assemblée par une majorité d’élus. Rien de plus démocratique ? J’en doute.

 

C’est ensuite qu’on a compris que la primauté du droit, l’un des principaux axes de la démocratie, devait s’associer à certaines normes morales pour demeurer légitime. La Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948 par l’ONU, suivra…

 

Charte et constitution

 

Théoriquement, dans un contexte de gouvernement majoritaire, comme en ce moment au Québec, la Charte des droits et libertés est notre gardienne contre un régime totalitaire temporellement limité par la durée du mandat. C’est devant cette réalité théorique que le législateur l’a fusionnée avec la Constitution. Cette même charte consacre la liberté d’association et d’expression, nous attribuant le droit de manifester notre désaccord. Personne ne disconviendra que la Charte soit un élément central de notre système démocratique. Pourtant, certains condamnent l’exercice de ce droit en tenant des propos comme ceux endossés par notre gouvernement.

 

S’il est vrai que notre système démocratique assure la tenue d’élections législatives, il ne se limite pas à cela. Le respect de nos droits et libertés fondamentales est aussi assuré par cette même « démocratie ». M. Charest n’agit pas en son nom, il la viole. C’est aux intellectuels de déterminer le contenu de la démocratie, pas aux politiciens, qui la déforment de façon circonstancielle, de manière à imposer leurs volontés, comme l’équipe libérale a su le faire pendant le printemps québécois.

 

Mon raisonnement tente de démontrer que si M. Charest restreint l’expression de la rue en ne respectant pas les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés, l’exercice de son pouvoir est illégitime, puisque non démocratique. Peu importe à quel point il se targuera d’être un grand démocrate, il ne l’est pas. De surcroît, la banalisation de ces manquements serait le plus grand aveu de faiblesse de notre nation, pourtant si forte.

 

***

Alexandre Ménard - Diplômé de la faculté de droit de l’Université de Montréal



Source
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/355608/qu-est-ce-donc-que-la-democr (...)

 

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Une maison de chiffonnier

Publié le par la freniere

«Qu’est-ce que tu fais ? – Je dessine une maison. – Je ne la vois pas. – Elle est invisible. – Comment tu la vois alors ? – Je ne la vois pas, je l’entends. Il y a une femme-fée dedans et elle chante. C’est sa voix que j’entends. Elle pousse les mots avec sa baguette. Elle fait reluire les plus boueux. Elle répare ceux qui n’ont plus de voyelles. Elle tricote des bas. Elle met des tuques sur les i. »La petite fille écrit en tirant le bout de la langue. On dirait qu’elle pompe l’air pour en faire de l’encre. Je commence à voir des formes, à entendre la voix. Il suffisait de regarder avec les yeux fermés, d’écouter la musique qui émane des choses.

 

Dans ce monde où l’on ne pense qu’à prendre, je ne veux que comprendre. Mes pages sont une maison de chiffonnier où l’on ne jette rien. Elles sont faites de bricoles, de ficelles, de voyelles à bout de souffle, de consonnes en haillons. On s’y coupe les doigts à l’ouvre-boite du rêve. Mon sang coule aux cicatrices du papier. La main pleine d’heures, je sème des secondes. La tête pleine d’orages, je lance des éclairs. Je marche avec mes mots. Je n’ai que mes phrases à offrir aux oiseaux, des images à deux jambes, des paroles à deux bras.

 

Merci maman, merci pour la vie, l’émerveillement, l’amour. Il me fallait deux pouces de plus pour les bras. Je ne rejoins jamais la dernière tablette. Il me fallait des oreilles moins sourdes, des paupières moins lourdes, des yeux plus verts, quelques neurones fous pour enjamber le mur. Pour le reste, ça va. Les mots sont trop petits pour la pointure de l’âme et les phrases trop courtes pour la grandeur du monde. Les manches refoulent sur l’habit des images. Il me manque des jours sur les calendriers, les chiffres des comptables, du pain pour les amis. J’ai perdu mes cheveux mais j’ai les idées larges. Pour le cœur, ça va. J’ai pris un peu du tien, la main tendue, celle qui donne ou qui caresse. Tu m’as appris les mots d’amour. Je m’en sers pour dire la révolte. Tu m’as laissé le temps, la confiance et l’espoir. Tu m’as laissé tes yeux pour voir l’invisible, la bonté sous les choses, la beauté d’une épine, la couleur des ombres. Tu m’as laissé ta soif et ta fontaine, ta tendresse et ta faim. Tu m’as appris les mots qui servent à marcher. Tu m’as donné la vie et tu m’offres ta mort pour en saisir le sens.

 

extrait du recueil Un feu me hante, Éditions D'Art Le Sabord

Publié dans Prose

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En spectacle au Carrefour Saint-Julien

Publié le par la freniere

Je serai en spectacle avec des musiciens le 4 août 2012 à 8 heures au Carrefour Saint-Julien.

Carte_St-Julien.jpg

 

787, Chemin de Saint-Julien
Saint-Julien (Québec), G0N 1B0
Téléphone : 418.423.2384
coopcarrefour.org
info@coopcarrefour.org

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Les mailles du filet

Publié le par la freniere

Je me demande si l’homme d’aujourd’hui régresse ou évolue. Il dépense plus sur les façons de tuer que celles de guérir. Il néglige la vie, ne pensant qu’à mourir le plus riche possible. Tant de temps perdu pour élever ses soldats, des banquiers, des joueurs de football. Les singes nous regardent en se grattant la tête. Comment faire confiance à la loi ? Elle n’a que la contrainte pour se manifester. Les bonnes intentions deviennent trop souvent des mauvaises actions. Les mailles du filet social sont de plus en plus serrées. La tyrannie économique est à l’œuvre partout. Même les montagnes ne sont pas épargnées. Non seulement l’appât du gain est aveugle, il nous crève les yeux sans qu’on crève l’abcès. Des peuples entiers survivent dans les parcs à déchets où les jeunes filles accouchent dans des carcasses de char après deux ou trois viols. Interdit d’avorter a décrété le Pape. Je ne crois pas au Dieu qui tolère les églises.

         

Le coût de la vie émousse le fil du savoir. Le rouet du temps file un mauvais coton, transformant tout en fil à retordre. Les ongles s’anémient. Seul le vernis résiste. La chair des fruits s’étiole. Le rêve se défile. Sur les écrans géants, les tueurs tuent pour vrai avant que les musées exposent les cadavres. Le numérique barricade la porte des dictionnaires. La loi condamne les rêveurs qui parlent de justice. Je traverse la vie en lambeaux de poèmes, avec une seule chemise mais deux ou trous cahiers, trop de morts raturés dans mon carnet d’adresse, quelques traces de sang sur une route en papier. J’ai la marche têtue des redresseurs de tort. Je transporte avec moi la rumeur des abeilles, le hurlement des loups, des phrases qui déchirent le linceul des anges. Caché dans un coin, tordu comme un saule, pressé comme un citron, je mets tout simplement du sang dans le moteur, du sens sur le vide, de la chair à poème sur des os de misère. Je marche dans mon ombre quand le soleil se cache. Même en trouvant le chemin, mes pas s’égarent dans la marge.

         

Dès qu’on parle d’argent, l’éthique disparaît. L’économie n’est qu’un prétexte pour bâillonner le rêve. Nous mangeons du voisin comme un aigle niché sur une tour à bureaux se nourrit de pigeons. Nous avons mal aux ailes comme un ange blessé qui rampe sur le sol. Les mots deviennent pain dans la faim du silence. Le moindre atome devient tout au regard du néant. Les choses ne sont rien sans la rigueur de l’âme. L’amplitude du voyage fait déborder la route. Cherchant son air ailleurs, le ciel se perd au-dessus des montagnes. Aucun mur n’empêche le vol des rêveurs ni l’esprit des morts de hanter l’espérance. Une à une les fenêtres se ferment cautérisant les yeux sous le poids des paupières. Des ombres bougent dans la lumière éteinte. Aucun geste n’efface le geste précédant. Les mots s’ajoutent aux mots comme les rides au visage. Pour être sûr de vivre, je troque mon pc pour une flamme qui bouge ou la lueur de la lune. Les éléments qui la composent sont toujours les mêmes, et pourtant, chaque langue diffère.

         

Je me lève ce matin devant la beauté d’un arbre, un arbre à papillons. Des centaines de monarques squattent devant ma fenêtre, butinant chaque fleur. Le jaune se mêle au vert du feuillage, les ailes aux doigts de bois, la légèreté du vol à l’entêtement des branches. Les mots qui font la paix demandent plus de courage que ceux qui font la guerre. Ils brillent comme des larmes dans les yeux des cadavres.  Ils crient famine dans les ventres gonflés. Ils saignent entre les dents. Ils puisent l’eau du puits malgré le seau troué. Qui veut voir le ciel pose d’abord ses deux pieds sur le sol. Qui veut partir vraiment n’emporte pas de carte. Ce sur quoi l’on s’appuie disparaît pas à pas. On doit apprendre seul à se tenir debout. Dans la maison du temps, le grenier s’ouvre à tous les vents. Chaque instant présuppose un horizon plus grand. Les mains ne sont pas faites pour en faire des poings. Les hommes au ventre vide ont des regards qui mordent. L’ombre des affamés porte un pain de lumière. Je suis si peu dans la couleur du présent, le mouvement des choses, les frissons du décor, le jugement des autres. Il y a longtemps que j’ai tombé la veste et brûlé mes vaisseaux. Je reviens à la source dans chaque goutte de rosée.

         

Ne croyant pas aux dieux, à peine aux hommes, je m’intéresse aux petits riens, les insectes fragiles, l’odeur des légumes, le vol d’une abeille, le lisse d’un caillou, l’épave d’un sourire échouée sur la plage, les larves des chenilles, un vieux mégot nageant dans l’eau de pluie, les traces de rouge à lèvres sur la chair des pommes, un bouton qui manque, une voiture mal garée, une corneille égarée, une bouche malheureuse qui bute sur les mots, une fantôme noir dans la nuit blanche, des miettes que les oiseaux négligent.  Je voudrais bien écrire autre chose, un autre paysage, une autre vie, mais lorsque j’ouvre mon cahier les mêmes phrases reviennent avec le bruit des choses. Je dois partir de peu, de si peu, pour aller quelque part. La bouche fait corps avec les mots, le corps avec les gestes. Le vol d’un oiseau prolonge l’horizon. Dans ce monde d’images à l’intérieur des images, il n’y a plus que des images. On ne voit pas le fil de l’eau mais les pieds qui dépassent sous la ligne d’horizon. Je cherche une âme sans image, une simple lueur sans l’éclat des néons, les griffes d’une ortie sur le tissu du paysage. Je n’ai rien d’autre à faire que rester à l’écoute, surprendre le miracle et la respiration.

Publié dans Prose

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Une vengeance politique

Publié le par la freniere

Comme on sait maintenant, les Productions théâtrales ont dû annuler les représentations de La guerre des clochers et déposer leur bilan.

À titre personnel, permettez-moi de dire quelques mots là-dessus.

En me montrant solidaire du festival Échofête et en accueillant Gabriel Nadeau-Dubois aux Trois-Pistoles, je m’attendais bien que je devrais en payer le prix, au risque d’y perdre ma réputation et ma crédibilité. Mais la liberté d’expression, que j’ai défendue toute ma vie, me tient à cœur plus que tout et c’est pour cela que j’ai livré une guerre (des clochers) à M. Jean-Pierre Rioux, maire des Trois-Pistoles.

J’ai soupçonné dès le début que la tentative de censurer le représentant de la CLASSE ne venait pas seulement du maire des Trois-Pistoles, mais de plus haut.

Vendredi dernier, nous avons fait appel à M. Jean D’Amour, député de Rivière-du-Loup, afin qu’il verse aux Productions théâtrales le 25 000$ qu’il s’était engagé officiellement à leur attribuer dans le cadre des célébrations du vingtième anniversaire du Caveau-Théâtre. Monsieur Jean D’Amour a préféré renier sa parole plutôt que de faire face à son engagement.

La ville des Trois-Pistoles, par une décision irrévocable de son maire, a aussi refusé de venir en aide aux Productions théâtrales et de leur verser la subvention de 6 000 $ qu’on leur a officiellement promise. Il en a été de même pour le CLD des Trois-Pistoles, la SADC des Basques et la MRC des Basques, organismes qui devaient remettre 6 500 $ aux Productions, toujours dans le cadre des célébrations du Caveau-Théâtre.

Un mécène était prêt à investir 10 000$ si M. Jean D’Amour, la ville des Trois-Pistoles et les institutions d’aide acceptaient de collaborer pour que les Productions puissent continuer d’exister.

Il est évident qu’avec ce 42 500$, les Productions théâtrales auraient été dans la possibilité de faire face à leurs obligations.

Malgré l’engagement que j’avais pris par-devers les comédiens de payer personnellement leurs cachets pour une semaine, le temps que les fonds auxquels nous avions droit entrent, les artistes ont fait appel à leur Union qui nous a tout simplement placés face à cet ultimatum : si nous ne lui faisions pas parvenir un chèque visé dans les vingt-quatre heures, l’Union engagerait des poursuites contre les Productions. Devant le refus du député Jean D’Amour d’honorer son engagement, l’entêtement du maire des Trois-Pistoles et la fin de non-recevoir reçue des organismes des Trois-Pistoles, il n’était plus possible de continuer.

Évidemment, depuis l’annonce par les Productions théâtrales qu’elles feraient faillite, on a facilement trouvé en ma personne le bouc émissaire de cet échec. J’accepte d’emblée tous les blâmes qui ne manquent déjà pas de fuser à mon égard. On doit toujours faire mieux que ce qu’on fait, même si votre santé ne va pas bien et que plutôt que de vous reposer, vous passez deux mois à travailler avec acharnement « pour la cause » dès 4 heures le matin.

Mais je n’accepte pas la censure politique dont les Productions théâtrales ont été l’objet parce que je me suis montré solidaire du Festival Échofête.

On sait que toute cette histoire a commencé avec ce communiqué émis par M. Jean-Pierre Rioux, maire des Trois-Pistoles, M. Jean-Louis Gagnon, président de la Caisse Desjardins de l’Héritage des Basques, M. Jérôme Rouleau, vice-président du CLD des Basques, M. Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques, M. Jacques Roy, président de la SADC des Basques et M. Jean-Marie Lafrance, maire de la municipalité Notre-Dame-des-Neiges. Dans ce communiqué envoyé aux journalistes le 20 juillet 2012, on y disait qu’à la suite d’une rencontre, qui avait eu lieu le 23 juillet, avec les organisateurs d’Échofête, on n’en continuait pas moins de penser qu’on avait le droit d’exercer « le droit à la censure ».

Ce communiqué écrit et envoyé aux médias trois jours avant la rencontre prévue avec les organisateurs d’Échofête me paraît tout à fait imputable aux yeux de la loi, comme fabrication d’un faux et diffusion d’un faux dans l’intention délibérée d’induire la population en erreur ; et c’est pourquoi j’ai demandé à mes conseillers juridiques de l’étudier dans la perspective d’engager une action juridique contre ses auteurs.

J’ai fait la même demande à mes conseillers juridiques dans le cas du député Jean D’Amour : un homme politique a-t-il le droit, au nom de la censure politique, de renier un engagement officiellement pris ?

J’ai aussi demandé à la ville des Trois-Pistoles, dans le cadre de la Loi sur l’accès aux documents d’un organisme public et sur la protection des renseignements personnels, qu’elle vérifie l’assertion, pour le moment gratuite puisque personne à l’Hôtel de ville ne peut valider la chose, que la ville des Trois-Pistoles a accordée aux Productions théâtrales (sous-entendu à moi-même) 750 000$.

De mon côté, j’ai exigé de mes comptables qu’ils fassent l’étude de tout l’argent que j’ai investi personnellement depuis vingt ans dans le Caveau-Théâtre, la Maison de l’écrivain et le Bric-à-brac de l’homme-cheval. Car Monsieur Jean-Pierre Rioux, maire des Trois-Pistoles, semble oublier que j’ai mis au moins quelques centaines de milliers de dollars dans cette affaire qui, selon deux analyses faites par le groupe Desjardins Marketing, apportait plus de trois millions de dollars chaque été en ces retombées économiques qui sont si chères à nos dirigeants.

Pour terminer, j’aimerais que M. Jean-Pierre Rioux, qui se vante d’être un modèle de vertu, réponde à cette question : depuis qu’il est maire des Trois-Pistoles, a-t-il reçu personnellement quelque argent que ce soit du Festival Échofête ? Si oui, depuis combien de temps, pourquoi et combien ?

Je tiens à répéter que j’agis en mon nom personnel. Les Productions théâtrales des Trois-Pistoles et le Festival Échofête n’ont rien à voir dans les actions que j’entreprends.

***

Victor-Lévy Beaulieu

Le 30 juillet 2012

 

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Lettre au premier ministre Jean Charest

Publié le par la freniere

Je vous écris cette lettre, sachant par avance que la parole d’un écrivain ne vous intéresse pas, que vous ne la lirez pas puisqu’elle n’a et n’aura jamais aucune incidence sur la vie économique de votre pays. Votre province, devrais-je dire. Que vous dirigez d’une manière bien étrange depuis trop longtemps.

 

Je vous écris quand même, parce que je ne peux pas faire autrement : la confusion, la colère, l’incrédulité qui m’occupent depuis des mois sont en train de faire pourrir le langage vivant en moi, et puisque je n’arrive plus à faire passer ce langage ni par la fiction ni par la poésie (ça reviendra, ne vous inquiétez pas), je dois vider un peu mon réservoir pour ne pas qu’il s’enflamme et me fasse brûler sur place.

 

Le langage est la matière première de mon métier. J’écris, j’enseigne, je vois et comprends le monde en analysant, en questionnant, et en réinventant la langue. Et justement, entre toutes les choses qui sont en train d’être détruites, il y a le respect de cette langue qui fait de nous les êtres humains que nous sommes. Car vous et vos ministres pratiquez depuis des mois un détournement du sens des mots qui fait mal. Plus mal que tout ce que des policiers matraqués peuvent faire à une jeunesse qui se tient debout. Je dis une jeunesse, mais je ne parle pas d’âge ; je parle d’engagement, de lucidité profonde, d’espoir en l’avenir de ceux qui nous remplaceront. Cet avenir est garant de notre présent.

 

Votre langue est semblable à celle du manipulateur qui répète inlassablement la même parole, les mêmes formules, dans votre cas ce sont des chiffres, pour bien désarçonner sa proie. Elle est semblable à celle du narcissique qui ne reconnaît pas l’existence d’autres modes de vie que la sienne.

 

Glissements de sens

 

Mais je dois avouer que je ne suis pas vraiment surprise de ce qui arrive aujourd’hui. Tout cela est peut-être un reflet d’une mutation qui est en train de transformer notre manière d’habiter ce monde depuis un bon moment. Des glissements de sens se sont lentement opérés. Par exemple, il y a longtemps que le bien culturel est devenu produit culturel. Au même moment, le mot « artiste » était aussi en train de perdre sa valeur particulière au contact du mot « vedette ». C’est ainsi, par la déperdition du sens précis des mots, par une sorte d’accoutumance à ces trafics insidieux du vocabulaire, que la confusion peut venir à régner.

 

Dans le même ordre d’idées, j’ai vu aussi ce changement s’opérer depuis quelques années dans mon métier de professeur ; lentement, mais sûrement, des étudiants (je ne les accuse pas — je remarque un fait) ont commencé à s’adresser à moi, sans s’en rendre compte, possiblement, à la manière de consommateurs demandant leur dû, leur dû étant souvent bien sûr, la note, de passage au minimum. Je paye, tu me fais passer. Je paye, tu ne m’emmènes pas au musée si ça ne fait pas partie de l’examen.

 

Malgré cela, ce printemps, je me suis tout de même étonnée qu’on n’ait pas trouvé plus indécent le fait qu’un étudiant puisse demander par injonction de recevoir son cours. Et ça s’est fait, ces étudiants ont reçu leurs cours, oui, mais dans des conditions qui ont effacé en une seule journée un rituel de transmission de connaissances basé sur le dialogue, la collégialité, le respect des autres dans la mise à l’épreuve de sa propre pensée.

Cette bombe amorcée depuis longtemps vient donc d’exploser à notre visage, et l’absurdité qui en découle démontre à plus d’un niveau à quel point les revendications des étudiants sont capitales, à quel point elles dépassent le discours des chiffres que vous nous martelez depuis des mois.

 

Langue pervertie

 

Avec les manifestations, nous avons assisté à une perversion du langage qui me fait honte, et peur. De la grève au boycottage, du moratoire à la pause, de l’enfant-roi à l’enfant violent, en passant par la notion de minorité, de majorité silencieuse, et autres menaces, intimidations et extrémistes, des zones de sens ont été minées afin de brandir une armure contre la pensée complexe et l’intelligence des événements.

 

Quand j’ai entendu un jour le ministre Raymond Bachand se réjouir de l’arrestation de coupables — il parlait ici entre autres de la fille de son confrère —, j’ai eu la chair de poule. Quand je vous ai entendu réagir de biais à cette même question posée par le journaliste en parlant de menaces faites au Grand Prix, j’ai eu peur de vivre désormais dans un roman de science-fiction où plus personne ne parle la même langue. Jusqu’à votre ministre de la Culture qui a démontré plusieurs fois à quel point elle aussi ignore le poids des mots « violence » et « intimidation », ses excuses ayant été au final la preuve du peu d’importance qu’elle accorde au langage. Nous allons bientôt entrer en campagne électorale, et la langue pervertie va se déployer de plus belle.

 

Société marquée en profondeur

 

Mais la peur ne gagnera pas. Car si chaque matin j’ai éprouvé de la colère en lisant les journaux, chaque soir en écoutant la musique de la rue, l’énergie m’est revenue. J’ai constaté aussi que plusieurs de mes amis écrivains ont fait ce printemps et cet été une sorte d’arrêt sur l’image pour bien entendre, pour ne manquer aucun mot de ce qui se passe ici.

 

J’ai ainsi acquis dernièrement la certitude que, malgré le déni opéré par plusieurs, notre société sera marquée en profondeur par cette crise. Elle sera marquée, transformée dans la parole qui est le ciment liant chacune de nos vies. Et cela me donne de l’espoir. Comme tous ces textes brillants écrits par les sages, par des professeurs, des philosophes, des sociologues, des journalistes, enfin par tous ceux qui ont pris la parole pour défendre une cause juste et hautement signifiante.

 

Laissez-moi vous dire pour conclure que je suis politiquement, poétiquement, radicalement opposée au mépris dont vous faites preuve dans votre langue, vos lois, votre attitude face à vos interlocuteurs. Après tout, je peux me le permettre, puisque vous ne me lirez pas. Mais ce n’est pas si grave au fond, car le plus beau, dans toute cette histoire, c’est que je ne suis pas seule.

 

***

Lettre écrite le 7 juin 2012 et revisitée le 25 juillet.

 

Élise Turcotte - Écrivaine

 

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Le placenta des mots

Publié le par la freniere

Tout un peuple de gouttes déserte les nuages. La neige fond silencieusement et donne à la terre son visage mouillé. Le ciel se mire dans l’eau du lac. Dans chaque mot, un livre prend naissance, dans chaque détail du paysage, un autre paysage, dans ma besace de papier, le placenta des mots. Il y a des thèmes qui reviennent sans arrêt, des arrêts sur image, des phrases en travelling, des images cachées, des accidents verbaux, des mots trop sûrs d’eux-mêmes, des pages aléatoires. Bien que je fasse partie des exclus sociaux, c’est dans les lieux communs que je puise mes phrases. La poésie fut la mauvaise fée penchée sur mon berceau. On ne guérit jamais de l’alphabet. Je me méfie des portes qui ont besoin de clef, des vendeurs d’assurance, des gurus de service. La carte d’identité a raison du visage, le costume du corps. La file d’attente a remplacé le pas, le temps procédurier la joie des farandoles. Mes poils se hérissent de chagrins en chats gris, de la chair de poule à la peau d’homme. La vie paraphe sans les lire toutes les pages à venir. Je me perds dans la contemplation du vent. Je me retrouve dans son souffle. Un seul mot se déplace dans mille directions. Je vais de l’une à l’autre sans savoir où je vais. Quand les mots croisent le fer, la bouche garde un goût de métal. Le paysage s’humanise sous la caresse de l’œil. Je compte comme l’eau, du nuage à la pluie, de la source à la mer. J’écris comme la sève, des racines au fruit, de la terre à la cime. Je gratte l’or des jours sous les ratures du temps. Je raye d’un coup de canif le mobilier mental. Je passe en contrebande au bureau de la pensée avec une brouette aux manchons étriqués, à la roue brinquebalante, une brouette pleine de mots, des mots d’épices et de rêveur.

         

Je n’ai pas de problèmes avec Dieu mais ses thuriféraires. À les écouter prêcher, Dieu ne se plait qu’avec les imbéciles. Il y a longtemps que les nouvelles sont mauvaises. Depuis toujours, peut-être. Le songe n’a pas de murs ni de propriétaire. L’argent a dévié la trajectoire du rêve et l’âme s’est dissoute dans la petite monnaie. Devant un tel dévoiement des valeurs, il n’est pas surprenant que la couleur des autos, la force des moteurs, la coupe des cheveux aient plus d’importance que les pleurs, les sourires, les quintes de toux. Les hommes misent les uns contre les autres. Pour ne pas sombrer dans la folie, j’ai choisi les mots. J’écris pour durer, pour ne pas m’aplatir, pour rester debout dans l’axe du vivant. Je cherche avec les mots la part inachevée de l’homme. Je me demande qui je suis. Le vent s’emplit les poches de poussière et la répand partout. J’ai retrouvé mes pas où je ne vais jamais. Je rattrape d’un bras un geste qui s’enfuit, un peu de vie qui se détache de l’homme comme la chair autour de l’os. Il suffit de si peu pour constituer un homme, un poème, un tableau, mais ce peu s’ouvre sur le tout. Comme la vie donnant sa forme au corps, les mots donnent sa forme à l’invisible, au rêve, à l’espoir.

 

Quand une clef tourne seule à l’intérieur de soi, on hésite à entrer. À s’approcher trop près, on risque de tomber. Ce n’est jamais fini la poésie. On trouve toujours autre chose en relisant les mots. Je parle aux pierres, aux cicatrices de la terre, aux hommes qu’on fait taire, aux oranges amères, aux mères abandonnées, aux nids d’oiseaux perdant leurs plumes, aux pattes de loups qui saignent, aux branches qu’on mutile, au rictus impalpable sous l’écorce des arbres, au filet d’eau dans les gouttières, à l’écureuil dans son gîte, aux amoureux sur un banc de parc. Même les efforts futiles du vent, la course des fourmis, les inventions de l’homme sont une quête d’éternité. La route conduit toujours aux routes qu’on ne prend pas. J’ai fait de mon travail une longue pause-café. J’en profite pour écrire du matin jusqu’au soir. Je me paie de mots à défaut d’autre chose. Comme la fleur ouvre à l’abeille sa prison de miel, les ailes des oiseaux forcent les serrures de l’air.

 

Sur l’ardoise magique, le passé transparait sous le nouveau dessin. Le même idée rapproche ou désunit selon qu’on parte ou qu’on reste. Mon adresse est nulle part. Dans le silence des oiseaux, je fais de la musique avec les mots. Je nomme une à une les pierres laissées seules sur la route. J’avance dans le brouillard comme des pas sur un brouillon, des ratures sur la neige. Les virgules servent d’essuie-glace sur le pare-brise sonore. Il y a toujours un décalage entre les mots qu’on dit et ceux que l’on entend. Je cherche une porte ouverte dans le mur des autres, un chemin de lumière. Le lac reste gelé. J’ai hâte que les érables coulent, que la pluie mange la vieille neige, qu’on avance les aiguilles d’une heure, qu’un merle tire un ver dans un grand panier d’herbes, que les plantes nous offrent leur bonté, qu’on voyage à grande eau d’une rive à l’autre. La pluie laisse traîner ses grands pieds sur le sol. Il n’y a rien qui ne soit rien. Ce qu’on possède en trop appauvrit ce qui est. Si peu de temps échappe au temps, il faut en profiter. Je glisse dans ma poche le bonheur d’être là de peur qu’on ne le vole.

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La défenestration des anges

Publié le par la freniere

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Ma vie est une équation

sans inconnue

 

une monstruosité 

mathématique

un délire

euclidien

 

à tout bien considérer

il eut mieux valu

que je l'ignore

 

je croyais que

comme toutes les vies

elle avait eu un commencement

et qu'elle aurait une fin

 

mais voilà que

je me mets à douter

et ça remet tout

en question

je croyais

qu'il y avait une inconnue

et il n'y en a pas

 

ma vie est une abomination

Mathématique

une traîne d'étoiles rouges

au cou d'un théorème noir

 

Christian Erwin Andersen

 

 

Lire l’article d’André Chenet sur dangerpoesie

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Censure à Trois-Pistoles 2

Publié le par la freniere

Échofête est un festival environnementaliste qui célèbre cette année son dixième anniversaire. On doit cette initiative à une poignée de jeunes femmes et de jeunes hommes convaincus des changements profonds qu’il faut apporter à la société québécoise, et plus généralement dans le monde entier, à une gestion plus saine de nos ressources qui, seule, peut apporter les changements politiques, sociaux et culturels dont nous avons besoin d’urgence pour que la planète Terre ne devienne pas un gigantesque dépotoir qui nous mènera tout droit à l’extermination de l’espèce humaine.

Reconnu nationalement comme l’un des grands événements de l’éveil de nos consciences, voilà qu’Échofête risque de disparaître avant même sa tenue (du 23 au 29 juillet prochain). Pourquoi ? Parce que M. Jean-Pierre Rioux, maire des Trois-Pistoles, qui règne sur sa ville comme un véritable despote de province, a pris le parti de décider par lui-même de ce que doit être la liberté d’expression. Après avoir menacé le festival de lui couper les vivres s’il s’y tenait un atelier sur la désobéissance civile par-devers la loi des Mines, la plus inéquitable des lois qui existe (comme nous le démontre dramatiquement le dossier du gaz de schiste), voilà que Monsieur le maire en remet : Gabriel Nadeau-Dubois, représentant de la CLASSE, syndicat étudiant dument reconnu par les autorités gouvernementales, est considéré persona non grata aux Trois-Pistoles ! M. Nadeau-Dubois peut faire tournée partout au Québec sans que personne n’en ait les baguettes en l’air, mais pas dans le chef-lieu des Basques ! Voilà ce qu’on appelle de la censure politique.

M. Jean-Pierre Rioux a droit de vie et de mort sur toutes les institutions culturelles des Trois-Pistoles depuis qu’il a dissous la Commission culturelle et s’est arrogé le pouvoir de déterminer selon ses humeurs quelles entreprises il lui paraît « acceptable » d’encourager. Ce pouvoir discrétionnaire est parfaitement antidémocratique, et d’autant plus que notre despote local, pour arriver à ses fins dans le cas d’Échofête, a invité les commanditaires de l’événement à retirer leurs billes du jeu si Gabriel Nadeau-Dubois « se montre la face dans les Basques ».

Le maire des Trois-Pistoles est un homme dangereux pour la démocratie. Il est grand-temps qu’on le lui dise. Après tout, quelles leçons politiques a-t-il à donner aux autres quand, depuis dix ans, il a viré capot plusieurs fois : après avoir été Bloc québécois au fédéral, puis libéral, et finalement conservateur, il a été péquiste à Québec, puis libéral. Si Mario Dumont était une girouette, M. le maire est l’as des as en ce qui consiste à « tisser la toile du vent ». De l’air, des menaces, des propos injurieux, pour ne pas dire scabreux, quel désastre !

Et quelle hypocrisie ! Dans les médias régionaux, M. Jean-Pierre Rioux ne manque pas de faire l’éloge du Caveau-Théâtre, pilier de la vie culturelle des Trois-Pistoles, selon ses propres dires. Pourtant, Monsieur le maire n’a pas mis les pieds au Caveau-Théâtre depuis des années ! Il devrait pourtant, et particulièrement cette année, car il reconnaîtrait dans « La guerre des clochers » quelques personnages opportunistes et prêts comme lui à vendre leur mère pour un plat de lentilles !

Que Monsieur le maire des Trois-Pistoles prenne note de ceci : s’il persiste, pour des intérêts bassement partisans, démagogiques et fascistes, à vouloir démolir tout le travail que des dizaines et des dizaines d’audacieux entrepreneurs ont fait pour revitaliser la région des Basques, nous serons nombreux à nous insurger, quitte à livrer une deuxième Guerre des clochers. Et cette guerre-là, s’il n’en tient qu’à moi, sera impitoyable !

 

  Victor-Lévy Beaulieu

Écrivain, éditeur

 

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Censure à Trois-Pistoles

Publié le par la freniere

 

 

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