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Penny Lang

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Les cinq doigts de la main

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les doigts à fleur de vie
la poussière de craie que l'on respire
les doigts qui font marcher les mains
sur cinq pattes bancales
la poussière d'une écriture
sur un tableau noir
et on prend l'éponge
on efface tout
des doigts se lèvent
vers un ciel de craie
où plane un théorème
qui a traversé les siècles

la cloche sonne la récréation
une main s'étoile d'un salut fraternel
là-bas derrière les grilles de l'Histoire.

 

André Chenet

Publié dans Poésie du monde

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Yves Boisvert

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                                               photo: Chtistiane Tremblay

 

 

Le poète et écrivain engagé Yves Boisvert est décédé dimanche à 62 ans d'un cancer des poumons. Il était un des fondateurs du Festival international de la poésie de Trois-Rivières.

Né à L'Avenir dans le Centre du Québec en 1950, Yves Boisvert a signé, depuis les années 70, une trentaine de publications. Plusieurs de ses écrits ont été traduits en anglais, en espagnol et même en roumain.

En 1985, il a participé à la naissance du premier Festival international de la poésie de Trois-Rivières.

Le poète a été couronné de plusieurs prix, dont le Prix du Gouverneur général en 1992 pour La balance du vent, et le prix Félix-Antoine-Savard pour l'ensemble de son oeuvre en 2003.

En novembre dernier, il a reçu le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour la région de l'Estrie, où il vivait depuis plusieurs années. Cet honneur souligne « le parcours impressionnant de ce grand poète et l'importance de son oeuvre pour la littérature québécoise ».

Un des oeuvres marquantes d'Yves Boisvert est la trilogie Cultures périphériques, publiées de 1997 à 2004.

 

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Aimez-moi

 

D’aussi loin que mémoire soudaine

les pas du cœur sont comptés

ma jeunesse en cendres, la voilà

à présent je viens à vous

aimez-moi

 

Voyez, les traces aux semelles

c’est tout ce qui reste

n’en soyez pas étonnés

la foudre rejoint partout ceux qu’elle aime

épargnant aux autres

tel malheur

ou certaines vérités

 

Tous, ici, tous ceux qui habitent la peine

et que la peine habite

aimez-moi comme on aime sa patrie

à travers les murs au-delà des flammes

en l’espace d’un oiseau tranchant sa clarté

de l’océan jusqu’aux larmes

pleurez-moi, que je sois consolé

 

Je viens à vous, aimez-moi

avant la fin du monde

si le monde se meurt

je pars avec lui

 

Aimez-moi j’arrive à vous

afin de n’être pas étranger

 

À défaut d’espoir et de rêve

faites qu’à l’horizon déchirant de mon âme

se lèvent des firmaments constellés

et qu’au grand jour éperdument

je vous aime

comme on n’aime plus

 

Yves Boisvert

 

 

 

 

à lire aussi  un hommage sur l'esprit chaoin


Publié dans Les marcheurs de rêve

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À l'heure numérique

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À la façon qu’ont certains hommes de regarder la vie, on pressent déjà la poutre dans l’œil. Trop occupé par le jugement des autres, on n’apprend pas à se tenir debout. On fait la sourde oreille pour s’écouter parler. Les hommes qui s’oppriment finissent par se tuer. Le grand hait le petit quand il passe par un trou. Le petit hait le grand quand il court plus vite. Ils pourraient s’entraider pour agrandir le trou ou se porter l’un l’autre. Ceux qui couchent à la dure, dans du papier journal, ne lisent pas la une. Ils la font quand ils meurent de froid, d’une angine de poitrine, d’une cirrhose du foie, une bouteille à la main et une photo d’enfant au bout de leurs doigts sales. Ce n’est pas la réussite qui fait la vie mais les tentatives. Les projets inaboutis sont les plus émouvants. Une belle phrase peut nous aider à vivre. Un slogan nous étouffe. Il est étonnant qu’on parle du passé comme le bon vieux temps. Il était plus jeune qu’aujourd’hui. Pour un enfant, c’est le présent qui semble vieux.

 

L’invention de la brouette a fait plus que celle du portable. À l’heure numérique, il n’y a plus d’aiguilles pour tricoter le temps. Plus on est efficace à régler les problèmes du jour, la mécanique du progrès, le moteur des salauds, plus on est rapide à détruire la terre et la beauté du monde. Les choses ont remplacé les sentiments. L’obésité des uns augmente la famine. La pauvreté des autres enrichit quelques ventres. Plus on craint la justice, plus elle s’habille de lois. Les maquillages fondent sous les larmes. Le vernis craque. Le cœur s’anémie dans les artères bloquées. On ne fait plus de bijoux avec les os des morts, on fait des morts pour un bijou. On vide un lac entier pour un pichet d’eau froide. Nous avons eu du temps, nous l’avons mis en cartes. Nous avons eu du cœur, nous l’avons mis en cage. Nous avons eu notre heure, nous l’avons cassée pour en faire un désert.

 

La terre monte dans les écorces, jusqu’au bourgeon, jusqu’à la fleur, et c’est le fruit qui apparaît. Les herbes se dandinent comme des petits bonhommes. Elles grattent l’air avec leur pointe. Les mots ont leurs propres odeurs, celles de celui qui parle. À chaque appel du vent, j’en profite pour besogner les mots. Je caresse les bêtes. Je tends la main pour que le corps prenne l’âme à sa charge. J’ouvre les murs avec des mots. Je voudrais marcher avec les pieds boueux dans la rosace de rosée, mordre la vie à même la pomme, goûter la sève à pleine bouche, faire monter les mots à la gorge de l’air. Il faut bien qu’un amour transcende les tueries, tous les meurtres du monde, qu’une caresse réchauffe ceux dont on fait la peau.

 

De la copie conforme à la monnaie de singe, j’appréhende l’abîme. Le fil du funambule traîne le poids d’un boulet. La douceur s’enfonce dans un fossé de ronces. Là où les montagnes résistent, on érige des tours, des relais, des pylônes. Pour mourir le plus riche possible, on dilapide la vie, des paroles d’amour jusqu’à ces fleurs que le soleil affole. Les scrutins de votes sont des dépôts d’ordures. La part manquante de l’être étouffe sans révolte. Le pire est toujours sûr pour ceux qui désespèrent. On ne revient jamais vraiment sur ses pas. On a trop changé pour voir les mêmes choses. L’homme est un château de cartes mais il résiste au vent. Je me brûle parfois en protégeant le feu avec la peau des mains. Entre deux mots, j’en arrive à ne plus voir les murs. Entre deux métaphores, j’en arrive à la vie. J’aime sentir le corps monter en moi, de la terre aux cheveux, des genoux qui craquent aux épaules qui bougent. La ligne d’horizon n’est pas une ligne de fuite. Elle avance avec nous.

 

Les ermites, les fous et les loups ne sont pas sans tendresse, les poètes sans colère. Quand j’ai la haine en moi, je caresse les arbres. Ils me consolent des humains qui s’acharnent à compter. Des forceps à la fosse, on nous impose des frontières, des prisons, du rentable au retable des banques. Les automobiles, bientôt plus nombreuses que les arbres, roulent vers la mort en klaxonnant. Depuis que le travail de l’homme est devenu la guerre, je cache mes outils. Je me suis porté pâle. Je passe mon chemin. Je ne frappe plus aux portes. Il n’y a plus de refuge qui ne soit pas un piège. Je continue ma route, sans carnet d’adresses, mais une boussole en feu sur des cartes incertaines. Quand je vais dans les bois, j’en sors couvert de ronces, des épines à la main, le cœur chargé de fruits. Je ramène ma fraise dans le casseau de l’air. Je me laisse flotter dans le lait des nuages. J’habille ma peau nue en lambeaux de poème.

 

Il y a longtemps que j’ai quitté les rails et laissé mes bagages à la gare. Je vais toujours boitant, hors du cadre et des rues, à l’envers du décor où vivent les fantômes. La clef de l’alphabet ouvre toutes les portes. Il y a longtemps que j’ai quitté la niche et délaissé les marées mortes. Je suis avec le vent qui relève la poussière et ranime le feu avec ses mains de cendres, avec le bruit des pas qui chantent sur la route. Je suis avec les anges aux ailes de papier, les cerfs-volants sans fil, les rebelles au grand cœur, les soldats qui désertent, les prêtres qui défroquent, les enfants qui le restent, les écureuils d’Émily, le tracé noir d’une plume sur un bout de papier, les arbres qui fabriquent la poésie des feuilles, la pensée des racines s’étirant sous la terre.

 

Je me couche toujours du côté de la lumière, et je me lève de même. Blessé au crâne, tout l’univers gémit, enveloppé de langes, de pansements, de linges, ulcéré de profit, sclérosé par l’argent, des électrodes sur tout le corps. Les vies cognent les unes aux autres pour de mauvaises raisons. La valeur d’un diamant n’est pas dans ses reflets. Elle est dans sa genèse. La détresse persiste dans les mots qu’on efface. Chaque page d’un livre affronte la suivante. Un peu de nous subsiste à l’endroit que l’on quitte. Nous sommes mouvants comme le monde, fixés à l’eau comme une île. Les ailes de la liberté se débattent en sens contraire. La véritable liberté, c’est l’air qui le porte non l’oiseau qui s’envole. Un mur peut s’écrouler, ses graffitis résistent dans la tête d’un passant. Il faut qu’il y ait de l’air. Il faut qu’il y ait de l’eau. Faut-il qu’il y ait un homme pour s’en apercevoir ? Faut-il qu’il y ait la mort pour connaître la vie ? Le monde est si petit que la grandeur peut y prendre naissance.

Publié dans Prose

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Nouveaux Délits numéro 44

Publié le par la freniere

Stopper l’immonde

 

Si vous avez cette revue entre les mains, c’est que nous aurons, une fois de plus, raté la fin du monde. C’est plutôt une bonne et non surprenante nouvelle, mais l’humanité a besoin de se faire peur, peut-être pour comprendre où est l’essentiel. Aussi, puisque nous sommes en l’an 1 après la non-fin du monde, ce qui serait merveilleux, ce serait d’assister cette année et les années qui suivent, à la fin de l’immonde. L’immonde, pas besoin d’en dresser la liste, nous la connaissons toutes et tous même si chacun(e) y va de ses variantes, mais peut-être n’avons-nous pas encore tout à fait conscience de la façon dont nous y participons ou pas. Nos façons de penser, de vivre, de consommer, la façon dont nous entrons en relation avec l’autre et avec nous-mêmes, participent, qu’on le veuille ou non, à l’immonde. Personne ne peut, à elle, à lui tout(e) seul(e), changer ce monde, mais chacun(e) d'entre nous a la possibilité de réfléchir à sa façon d’en être et il est temps, il est urgence, de changements radicaux. Les alternatives, les solutions, elles sont là, à portée de main, de clic, de choix, qu’elles soient citoyennes, écologiques, spirituelles, ces trois termes étant étroitement liés, c’est à chacun de s’y intéresser, d’en parler, d’y participer autant que possible - autant qu’il reste encore de possibles - parce que vraiment là, il nous faut stopper l’immonde avant qu’il ne nous dévore...

 

Cathy Garcia

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Nombreux sont ceux qui disent :

on ne peut pas aider tout le monde,

et n'aident personne.

 

Christiane Singer

 

AU SOMMAIRE

 

Délit de poésie :

Fanny Sheper ; Walter Ruhlmann ; Pascal Batard ; Jean-Michel Hatton ;  Hosho Mc Creesh (Usa)

 

Résonance :

Le vent d’Anatolie - Zyrànna Zatèli (Grèce)

Dernières nouvelles du Sud - Luis Sepúlveda et Daniel Mordzinski

Ici comme ailleurs de Lee Seung-U (Corée du Sud)

 

Et quelques délits d’(in)citations tombés sur les coins de pages en flocons d’encre.

 

Vous buterez sur le bulletin de complicité au fond en sortant, attention, il se peut qu’il cherche à vous séduire. Si ce n’est pas déjà fait, sortez abonnés, c’est bon pour la tête, surtout en hiver.

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Illustrateur :

Jean-Louis Millet

jlmillet@free.fr

 

"jlmi ? Grand spécialiste en rien mais curieux de tout :

dessin, peinture, photo, écriture, édition virtuelle, chasse aux alternatives…  

le tout mis en actions très concrètes dans l'animation toute virtuelle de blogs et de sites :

 

"Au hasard de connivences" un potlatch poético-artistique http://jlmi22.hautetfort.com/

"Evazine", une petit île d'asile poétique http://evazine.com/

"Zen-évasion", un egosite http://www.zen-evasion.com/

La croisée des "Voix dissonantes" http://jlmi.hautetfort.com/

 

Allez y faire un tour...

 

 

Publié dans Glanures

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Ernest Pignon Ernest: Commune

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Ernest Pignon-Ernest a pris ses marques en extérieur. À l’air libre. Sur les façades. Les devantures. Les frontons.

Ses marges de manœuvre s’ouvrent au cœur des villes. À hauteur d’homme. De balustre. De fournil. De fenêtre ou de soupirail.

Il va de nuit pour les offrandes gratuites. Des stupeurs fragiles.

Il colporte des images. De la colle. Ne laisse au hasard que l’imprévu de l’ombre.

Il a des pratiques de rôdeur méticuleux qui connaît les arcades. Les paliers. Les portails.

Les cours sans miracle.

Les angles morts à exhumer.

 

André Velter

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Pas envie de grandir

Publié le par la freniere

Pas envie de grandir maman
Me laisse pas partir
Jouer à être grande
Quitter mon univers
Laisser vieillir mon coeur
Mon âme rieuse à l'abandon
Pas envie de grandir maman
Ranger mes rêves au fond du tiroir
Déguiser mes pensées naïves
Si démasquée je suis
On se moquera de moi
Pas envie de grandir maman
là-bas il fait si sombre noir
Il y à l'adulte vent pire
Mangeur d'espoir
Assoiffé de mes désirs d'enfants
Voler ma réalité
Pas envie de grandir maman
Apprendre à faire semblant
Devenir cet autre préfabriqué
Aspirer ces âme sensibles
Pour devenir forteresse
Je dis non c'est mon caprice
Pas envie de grandir maman
Si je dois mentir à mon coeur
Sauver des appâts rances
Pour échouer sur une île sans trésor
Tu entends mon rire maman, il ne pleure pas, pas encore...

 

Marie Sylvae Peron

Publié dans Poésie du monde

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Daniel Gagné

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Pierrot Rochette, le vagabond céleste

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

Je dis rose, mais ce pourrait être vent, sable, boue, bœuf­carottes, violoncelle, bruit de porte ou claquement de semelles de bois sur un carrelage ... le déclic est le même. C'est pour cette raison qu'il n'y a pas de différence profonde entre la vue de la glycine en fleurs et celle d'un bus calciné par un attentat, entre une décapitation et marcher dans du gravier blanc ... Cela peut sembler étrange, mais le processus d'écriture me paraît strictement le même, sinon le fait qu'il naisse d'émotions contraires: plaisir ou horreur. Il n'y a donc pas de sensations qui seraient poétiquement dignes, et d'autres non. Chaque poète a sa mémoire propre, avec des secteurs propices à la parole, et d'autres moins. Ce ne sont pas seulement des interdits moraux qui bloquent l'articulation entre sensation, émotion et parole ; des partis pris esthétiques, politiques ou simplement l'histoire personnelle peuvent également freiner et réduire le spectre du poétiquement possible pour chacun.

 

Antoine Emaz

Publié dans Ils ont dit

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