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Ô Canada d'Amérique

Publié le par la freniere

Il n’est pas inutile à un poète qui se dit cultivé

de compter parmi ses connaissances

un type qui a fait sauter la Bourse de Montréal

ça donne de la classe.

 

Il n’est pas futile d’être né sous Salaberry

d’avoir marché jusqu’à Washington

et mis le feu à la Maison Blanche.

 

Il ne reste plus alors

qu’à porter sa langue à sa gorge

cette breloque

afin de se guérir

du syndrome de la Race.

 

Yves Boisvert

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

la vie parfois

ressemble à un sale type

qu’on a envie d’attraper

par les oreilles
& de secouer

secouer

secouer

jusqu’à ce qu’il en tombe

quelque chose 

 

Pierre Soletti

 

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Marjolaine Beauchamp rend hommage à Richard Desjardins

Publié le par la freniere

 

 

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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Toujours elle

Publié le par la freniere

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La graine vit dans l'ombre

Publié le par la freniere

Dans le marché de dupes qu’est le cours de la Bourse, on oublie tout de l’homme, de la graine et du fruit. Il faut téléphoner pour se parler. La présence est ailleurs. Dans les châteaux de cartes, les figures sont frimées. Les deux de pique s’habillent avec la peau du roi. Les dames de cœur se vendent à qui frappe au carreau. Les valets font main basse sur le trèfle en atout. Les châteaux de sable s’écroulent sous les bottes militaires. Les châteaux en Espagne s’avèrent des hlm. Chaque bague en diamant a son lot de cadavres et chaque plein d’essence abrège l’espérance. On tue les anges gardiens en abattant les arbres, en mutilant les ailes, en chassant les oiseaux. Sur la table où j’écris, j’appréhende l’abîme. Rendre la vie un peu plus habitable ne serait pas un luxe, arrêter de faire semblant, arrêter de faire du fric, mais faire de l’absolu avec de petits riens, faire un feu dans la neige, faire du pain, faire du bien, faire du bon, faire l’amour comme on fait du bonheur.  Le temps nous pousse dans le dos, mais le passé lui fait des crocs en jambes. Le présent course avec l’avenir, mais ses jambes rapetissent. Le temps manque d’espace pour étirer ses bras. Toute main est une île sur l’océan des gestes. Ses doigts dessinent la musique. Un vent solaire agite un métronome fou. Je veux des mots debout sur la page, des mots dressés comme des menhirs, des totems, des mots comme des rires sur l’orage des larmes, des mots comme des mains qui pétrissent le pain, des mots comme des bras en forme d’accolade. La graine vit dans l’ombre pour trouver la lumière. Il suffit d’une fleur pour que l’arbre grandisse.

        

Des centaines de mains remuent derrière les mots. À l’entrée de la vie, certaines phrases nous attendent. Des images nous habitent, des nœuds à dénouer. Des paysages nous traversent. Une route s’enfuit à mesure qu’on avance. Je ne veux pas être l’enfant reniant son enfance, mais celui resté sourd au tintement des cash, celui resté aveugle au délire de puissance, celui qui persévère dans le pas des sans route à chercher la lumière, une chaleur humaine dans le froid des négoces, à rallumer le feu toujours prêt de s’éteindre, celui trouvant l’été dans une cabane de neige. Ce que l’on voit à peine grandit vers la lumière. Ce que l’on voit de loin se penche pour nous voir. Les hommes, les animaux, les plantes respirent le même air. Des craquements de l’être aux ultrasons de l’âme, de l’inaudible à l’orage, l’homme demeure toujours en chemin de se faire. De la jeunesse des yeux jusqu’à la barbe qui s’argente, de l’animal traqué jusqu’à la neige à bout de souffle, rien ne change vraiment, tout est toujours changeant. Les continents dérivent sous la mue des saisons. Le temps mûrit à la mesure des arbres. Un même soleil nous réchauffe. Aucun arbre n’est muet. Chacun chante dans une langue différente.

        

J’écoute dans la forêt les bruits de l’origine, son concentré d’odeurs, de bêtes, de terre, d’eau de pluie. Les insectes en volant nourrissent les oiseaux. Les ombres de la nuit caricaturent l’homme. Mes yeux y font modestement la quête pour apprendre à voir. Les petites fleurs s’agitent en forains de passage. La chorale des trembles sous ses costumes gris s’accorde avec le vent.  Les lucioles faseillent dans l’épouvante de l’ombre. En hiver, la chemise des arbres n’a plus de manche. Leurs bras nus rêvent de feuilles. Avant l’incendie des érables, le feu répare son briquet. Après l’été, croulant sous la verdure, ils aspirent au dénuement. Les mots du temps noircissent l’écorce des bouleaux. Les mélèzes viraillent. Le vent aux mille mains y plaque ses accords. Les épaules des collines relèvent vers le ciel leur col de vareuse. On dirait des femmes de dos scrutant l’immensité ou surveillant les petits. On est toujours le plus petit d’un autre, le caillou d’une montagne, un brin d’herbe en forêt, un faux pas dans la danse, le pouce dans la main. Je transpose à voix haute les pages d’un cahier. La parole s’envole de l’encre du papier jusqu’au trou de mes lèvres. Je repeins l’horizon avec ma salive. C’est en silence que l’on croise les anges. Je fais semblant de caresser leurs plumes.

 

Je me voudrais entier parmi les mots épars, un éclair dans l’orage, un flocon de neige sur la poussière du monde, une épine rêveuse sur la tige du réel, un frisson de lumière dans le vivier des ombres, l’os de l’homme sous la peau des choses. Comptant les pains cachés dans la houle des blés, je mets la table pour demain. J’allume un feu sacré à l’heure où tout s’éteint. J’écris d’un livre qui n’a pas de papier, d’un arc-en-ciel qui cherche ses couleurs, d’un blanc chargé d’images. J’avance vers l’abîme, quêtant du bout des mots les passerelles secrètes. S’il n’y avait les sources, les nuages, les arbres, comment croire à la vie. L’homme s’accroche à des chimères. Les oiseaux qui volent d’arbre en arbre, j’en ramasse les plumes pour dessiner le ciel. On a tous une blessure cachée. On claudique du cœur. On boite avec les doigts. On louche des poumons. On s’arrange comme on peut des bégaiements de l’âme. De la fanfare des épilobes au solo d’épervière, toute la végétation semble obéir à des lois orchestrales. Avant qu’il ne touche l’oreille, l’oiseau prépare son chant dans une maison de plumes. Sa huppe se soulève sous la modulation de l’air. Mon regard prend son vol avec les oiseaux. Mon corps s’étire avec les arbres. Ma voix s’éveille dans le bruissement des choses. Coupant tout lien avec la pesanteur, mes mots se font légers. Mes phrases se saoulent d’envoûtements, du chant des parulines jusqu’au clairon du merle. Je me tapis entre les lignes comme une bête aux aguets.

 

La vie n’est pas réglée une fois pour toutes. Elle est inséparable de tout ce qui respire. Chaque matin, il faut remettre à jour la mécanique du corps, insérer l’imprévu dans la dialectique des choses. Le ventre de l’humus digère les saisons. Avec une ouïe plus fine, j’entendrais le battement des sèves, le craquement des os sous la peau de la terre. L’aube s’attarde dans les failles et fait reluire les feuilles. Devant tant de beauté, tous les muscles du corps me servent à écrire. Lorsque les mots viennent à manquer, ce sont les gestes qui complètent la phrase. Au milieu de ce monde de plus en plus factice, je m’accroche à la branche, à la pluie,  à la terre, à la douceur ou la colère du vent. Là où l’œil ne voit que du bleu, l’âme distingue des nuances infinies. Derrière chez moi, venu de la montagne, le ruisseau semble bu au milieu de la plaine, mais je le vois plus loin ouvrir grand les bras et transporter des troncs, des arbres morts, des épaves en dérive. Le soleil et la pluie renaissent dans le concert des fruits. L’eau des nuages rejoint la soif des racines. Je m’habille de ciel. La terre entière me sert de soulier.

Publié dans Prose

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Le manifeste du Pélican

Publié le par la freniere

Moi,

l'homme pélican

l'homme cosmique

 

Moi,

l'homme chat

l'homme maïs, l'homme grenouille

l'homme hibou

 

Je déclare que l'univers

la terre, ses fruits et ses ressources

sont la propriété inaliénable

de tous les peuples

de toutes les espèces

de tout

ce qui est du monde des vivants 

 

Je déclare que

l'univers, la terre

ses fruits et ses ressources

sont la propriété inaliénable

du vent que l'on empoisonne

de la mer qui pleure

des étoiles que l'on souille

du présent

et du futur

dans leur dimension intégrale

 

Moi,

l'homme ni ange ni bête

l'homme animal

l'homme conscient 

 

Je déclare

que la douleur n'est pas fatale

que le statu quo n'est pas final

 

Je déclare

qu'aucune puissance

aucun trust

aucun

groupuscule d'affairistes corrompus

aucun

accaparateur

n’a droit à exploiter

à son seul profit

les richesses communes

 

Je déclare

qu'aucun législateur

n'a légitimité

pour cautionner

gérer

organiser

la spoliation

des peuples de la vie

à parrainer

le démantèlement de notre patrie

la Terre

 

Moi,

l’homme serpent, l'homme cheval

l'homme machine

l'homme affamé

l'enfant esclave

 

J'affirme

que le pouvoir

de l'argent et des armes

la peur et la violence

ne légalisent

ni la corruption

ni la douleur des forêts

ni la dépossession des peuples

 

Qui, jouit et pollue

saigne le pétrole

arrache l'or et les diamants

commet un crime

quand les enfants ont faim

 

Moi,

l'homme grenouille

l'homme hibou

l'homme fleur

 

Je déclare

précieux

le bruissement du vent dans la bruyère

précieux

le roucoulement de la tourterelle

le chant de la cigale

…/…

Moi,

l'homme pélican

l'homme cosmique, l'homme chat

l'homme maïs, l'homme grenouille

l'homme fleur

 

Moi,

l'homme conscient

 

Je condamne

ceux qui opposent

la raison d'Etat

la raison d'argent

au droit de vivre

digne et debout

sur sa tige

sur ses jambes

 

Je condamne

ceux qui souillent

le pain des enfants

le ciel, les jardins

et les eaux claires

 

Moi,

l'homme oiseau

l'homme anguille

Je condamne

les tueurs d'océans, les marchands d'armes

les chevaliers Bayer et capitaines d'industries

qui tuent les abeilles

 ceux

qui éradiquent les moissons du futur

 

Je condamne

tous ces hommes dits "responsables"

à être responsables

de leurs prétentions

de leur orgueil

de leur démesure

de leur avidité

de leur aveuglement

 

Je déclare

et nomme assassins du futur

la fratrie des assoiffés du pouvoir

 

Je déclare coupables

de crime universel

ceux qui s'octroient

le droit de ternir

de meurtrir

le vent

la mer

la forêt

le ciel

 

 Qui tue la forêt

poignarde l'humanité

 

Je déclare coupables

ceux qui s'octroient

le droit d'accaparer l'univers

de prélever plus que nécessaire

 

Je déclare coupables

les tartuffes bien-pensants

qui, entre caviar et prière

parlent d'éco-terrorisme

et s'arrogent

le droit barbare

d'affirmer

que l'on n'arrête pas le progrès

 

Je déclare coupables

de crime universel

ceux qui s'octroient

le droit

d'affamer

d'asservir

de tuer

 

ceux qui s'approprient la pharmacie

et les semences

 

ceux qui, d'un œil suffisant

regardent mourir

la rivière

 

ceux qui, condescendants

regardent mourir

la marée des petites gens

mourir

les enfants affamés 

 

ceux qui, entre

leur yacht et le champagne

dans leur désastre éco-planétaire

égorgent

les habitants du futur

 

J'accuse

les spoliateurs de l'humanité

les destructeurs de la vie

 

Je déclare

que la douleur n'est pas fatale

 

Quand la mer se cabre

la tempête mange les capitaines 

le statuquo n'est pas final

 

Je déclare

que le statu quo n'est pas final

que la douleur n'est pas fatale.

 

Jean-Michel Sananès

 

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Pour toute les côtes matraquées

Publié le par la freniere

Pour toutes les côtes matraquées et brisées.
Pour chaque animal jeté de son nid
et broyé dans son mécanisme d’amour.
Pour toutes les soifs qui n’ont pas été étanchées
jusqu’aux lèvres fendues jusqu’à la chute
et à la cécité. Pour mes frères
dans leurs tanières. Et mes sœurs
dans les filets dans les toiles dans les
flammes déchaînées dans les cabanes
et enfermées et torturées. Pour mes petites filles
arrachées. Et pour les perles dans les fonds
marins. Pour l’hiver que j’aime
et le hurlement de la jeune fille
quand elle tente en vain de s’enfuir.

Pour tout connaître de cela et l’aimer
me voici. Pour tout pénétrer et accueillir
me voici. Pour ondoyer avec le tout
au risque de tomber me voici
Chacun des noyaux avalés
en moi deviendra fleur
jusqu’au tournis du fruit cela je le jure.

Chaque douleur sera
ponctuellement chantée, et puis aussi
la légèreté de certaines
heures, de certaines mains délicates, tout sera
admirablement regardé
écoutée chaque onde sonore, pénétré
dans ses nervures chaque chant chaque pleur
tout cela je le jure maintenant que tout est
imprégné d’espace sidéral.
Même dans la laideur de cette ville apparaît lumineux
au-dessus des bars trop bruyants
le spectre éclatant de la joie.
Cela je le jure.

 

Mariangela Gualtieri

Traduction de Marie Fabre

Publié dans Poésie du monde

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Au mur

Publié le par la freniere

J'ai peut-être perdu tous mes yeux dans la mer...

venue comme un ancien pressentiment d'étoiles

une femme soudain m'a donné un visage

qu'elle semblait avoir ramassé dans les cendres

 

il m'arrivait d'avoir des dimanches de vagues

j'écoutais sur le sable de vieilles détonations

les femmes portaient des masques pour allumer l'aurore

et je dilapidais l'obscurité des mondes

 

les maisons fortes tombaient lentement dans la mer

un enfant commandait un feu invisible

et je voyais rouiller des hommes privés de gestes

 

ces femmes recouvraient le visage des jours

elles roulaient dans leurs doigts un peu de ciel rouge

qu'on découvre parfois dans les plis de la mort...

 

Tristan Cabral

Publié dans Tristan Cabral

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

On peut rester ludique, tout en donnant aux mots, même les plus légers, un poids métaphysique. Chaque phrase qu’on écrit doit respirer plus large que les mots qui la portent. On ne peut pas écrire sans un minimum de révolte, un peu d’ange et de bête, un soupçon d’absolu.

Publié dans Aphorisme du jour

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Roland Giguère

Publié le par la freniere

 

 

Roland Giguère

lecture du poème Roses et Ronces

 

Dans le cadre du Mai de la Poésie 1998, Gaétan Dostie avait organisé une rencontre hommage à Roland Giguère. À cette occasion plusieurs ami-e-s et connaissances étaient venu-e-s témoigner de la grande importance de ce poète dans notre affirmation identitaire.

À cette occasion Roland Giguère avait fait la lecture de quelques-unes de ses oeuvres.

C'est ainsi qu'il avait lu Roses et Ronces, une oeuvre phare.

Publié dans Poésie à écouter

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