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La vie passe

Publié le par la freniere

La vie passe en coup de vent
et puis le silence reprend règne
les herbes frémissent. Peut-être qu’elles saignent
au-dedans
comme ces hommes
qui reviennent des champs
un peu plus vieux
qu’au matin
un peu plus absents d’eux-mêmes
sans mémoire et sans poème.

 

André Laude

Publié dans André Laude

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Tu ne tueras point

Publié le par la freniere

en mémoire de Léo Ferré le 14 juillet 2003

 

Tu ne tueras point
Ni tes camarades de classe, ni tes profs
Ni les voisins tu ne tueras point ni
À Srebrenica ni à Tel-Aviv ni à Jenine
Ni parce que Dieu t'attend en buvant sous la treille
Ni pour ta patrie ni pour tes idées
Tu ne tueras point
— « point » veut dire
Tu ne tueras pas du tout
Tu ne tueras pas le préfet Érignac
Sous aucun prétexte pas même celui de la gloire oubliée
de Paoli
Ni parce que Dieu t'a donné le lopin
Au lendemain de la Genèse
Ni parce que Mahomet et son âne
Ont quitté la terrasse sous les ailes de l'ange
Tu ne tueras pas pour le tiroir-caisse de la boulangère
Ni pour le chant de ton accélération à 3 grammes 5 d'alcool
Ni pour la plage des souteneurs retirés sous les tropiques
Tu ne tueras ni pour jouir
Ni pour te venger
Ni parce que «tu le vaux bien»
Comme te le serine L'Oréal

Avec tes 300 000 ans tu n'as plus l'âge
De faire le malin
Ni parce que les odeurs du voisin traversent le palier
Ou que le dieu d'en face a une trompe ;
Tu ne tueras pas
Non parce que ce fut écrit sur la pierre
Mais parce que tu te le dis à toi-même
Soudain en plein cœur
Et qu'on te le dit : c'est mieux de ne pas tuer,
Crois-nous
(…)

 

Michel Deguy

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Je rends grâce au hasard de ces trois dons :
être née femme, de basse classe, de nation opprimée.

Et de ce trouble azur d'être trois fois rebelle.

 

Maria-Mercè Marçal

Publié dans Ils ont dit

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Déclaration de la fleur

Publié le par la freniere

Je me servirai de mon sexe
à ma façon comme je l’entends
J’empêcherai que l’État le contrôle
ou que les ancêtres s’en mêlent
J’empêcherai qu’une idéologie y porte la main brutalement
J’empêcherai qu’on en donne des leçons ou qu’on en fasse la publicité
En aucun cas
je ne tolérerai qu’on l’échange contre de l’argent
Je ne me donnerai pas l’air d’être belle ou gentille
Je ne ferai pas semblant de tout connaître
Je prendrai tout simplement possession de mon corps
Sous le ciel
Au pays de la poésie
Je suis fleurie

 

Moon Chung-Hee

Publié dans Poésie du monde

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Qui a dit que Bob Dylan ne savait pas chanter ?

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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À Antonin Artaud

Publié le par la freniere

Et si un jour un homme se levait parmi les hommes
Et si un jour un homme s’avançait parmi les hommes
Pour être mon ami
Un homme assez pur pour m’éprouver tout entier
Un homme assez fou et vide de sens pour
me comprendre
Un homme de ma race
Mais ayant brisé les échecs et les peurs
Et qui lirait à travers les années sans nombre
Un homme qui ne craindrait pas mes sarcasmes
Et qui ne craindrait pas ma haine
Peut-être le reconnaîtrais-je avant de basculer
Dans la nuit

 

Jacques Prével

Publié dans Poésie du monde

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Arthur Lamothe n'est plus

Publié le par la freniere

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Le cinéaste militant Arthur Lamothe, bien connu au Québec pour son film Bûcherons de la Manouane et sa lutte en faveur de la cause autochtone, est décédé mercredi. Il avait 84 ans.

La nouvelle a été annoncée en fin de journée par Jean-Pierre Tadros, qui publie CTVM.info, un bulletin d'information destiné aux professionnels de l'industrie audiovisuelle québécoise.

M. Tadros a précisé que le cinéaste « est mort de vieillesse », entouré de ses proches, vers 18 h 30, après quelques mois passés dans un état végétatif.

 

Un cinéaste engagé

 

De 1973 à 1983, Arthur Lamothe a réalisé une série de 13 longs et moyens métrages, la Chronique des Indiens du nord-est du Québec. Avec l'aide de l'anthropologue Rémi Savard, il a documenté les revendications des Amérindiens, prenant à partie les pouvoirs politiques blancs et parlant carrément d'ethnocide pour qualifier l'attitude des Blancs envers les Amérindiens. Cette œuvre d'une indéniable valeur ethnologique a permis de garder sur pellicule des traditions disparues.

Né en 1928 en Gascogne, il est arrivé au Québec en 1953. Il a étudié l'économie politique à l'Université de Montréal et écrit sur le cinéma, notamment dans Cité Libre et dans Liberté.

M. Lamothe a travaillé à Radio-Canada, puis à l'ONF, se liant avec Gilles Carle. Il a d'ailleurs coscénarisé La mort d'un bûcheron et participé aux Corps célestes, tandis que Gilles Carle a coscénarisé Équinoxe (1986). Il a ensuite réalisé de nombreux films à caractère pédagogique, social et politique. Ses documentaires ont obtenu plus de succès que ses oeuvres de fiction.

En 1996, la France l'a fait Chevalier des arts et des lettres. Il était aussi membre de l'Ordre du Canada et chevalier de l'Ordre du Québec.

Ses films Bûcherons de la Manouane et Mémoire battante font partie de la cinémathèque de base en études québécoises constituée par l'Association internationale d'études québécoises.

 

Filmographie

 

comme réalisateur

comme producteur

comme scénariste

comme monteur

comme acteur

 

 

 

 

 

 

Bonsoir monsieur Lafrenière,
Je suis l’épouse du cinéaste Arthur Lamothe et cherchant un renseignement sur internet, je tombe un peu par hasard sur l’article de votre blog lui rendant hommage.

Je vous en remercie donc, mais j’aimerais svp que vous retiriez la partie où je cite:
 

 

M. Tadros a précisé que le cinéaste « est mort de vieillesse », entouré de ses proches, vers 18 h 30, après quelques mois passés dans un état végétatif.

Mon mari est mort dans mes bras tout à fait conscient, comme il l’a toujours été et ce, même durant les derniers mois. Il est vrai que les 3 dernières semaines, Arthur ne pouvait pratiquement plus bouger, à part se réfugier dans mes bras pour que je le câline. Nous regardions des films ou écoutions de la musique. Mon mari n’a jamais été un légume. 2 mois avant son décès, nous étions encore au cinéma Beaubien où je continuais à l’amener...
Avec mes meilleures salutations,

Nathalie Gressin

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Il meurt. On lui fait une tombe sur Facebook. Dix mille signatures, dix mille slogans silencieux pareils à ses cris que les murs de la geôle ont enfermés.

 

Fatima Quandil

Publié dans Ils ont dit

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L'avez-vous vue ?

Publié le par la freniere

L'avez-vous vu ?

Il portait son enfant dans ses bras
et il avançait d'un pas magistral
la tête haute, le dos droit…

Comme l'enfant aurait été heureux et fier
d'être ainsi porté dans les bras de son père…
Si seulement il avait été
vivant.

 

Maram al-Masri

 

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere


"Ce qui restera entre deux ratures, tu le nommeras poème. Un peu de terre remuée, un infime terrier de mots ou bien toute la terre s’arrondissant sous la main comme une pomme."

Le poète n'est pas un être d'exception. Il raconte et se raconte à travers une grille à peine secrète. Son message, qu'il voudrait simplement chiffré par l'affectivité, remue des mots comme des grelots.
Il arrive que ses sonnailles soient entendues. Pourquoi et comment lui est venue sa manie ? Il ne saurait le dire. Il a entendu d'autres appels ; il a été troublé par la chute d'une pomme mûre ; il a senti le vent de quelques mots frôler ses jeunes tempes.
D'une encre raide il a formé, lui aussi, un appel. il a délié, rempli, raturé son écriture et surtout rudoyé la fourmilière qui agaçait sa nuque. Il cherchait à traquer l'émotion - ce souffle court - il voulait la traduire dans sa respiration la plus ordinaire...
D'un soleil moins lointain, il mesura ses chances et ses risques. Des bacilles devinrent montagnes, un verre de vin prit un essor lumineux. Le concret se révélait.
De là lui vint le désir de ne point trahir les choses... Il doit avec de la fumée redonner le goût du pain. (Avoir été totalement pain ou totalement fumée semble la condition du poète. D'autres parlent d'ascèse.)


Gaston Puel

 

Publié dans Ils ont dit

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