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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Malgré ses avancées technologiques la guerre a toujours fait régresser l’homme.

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Le voile ne couvre pas seulement le visage, il recouvre aussi le cerveau .

 

Adonis

Publié dans Ils ont dit

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

L’amour et la liberté se ressemblent dans la muselière qui exige d’eux la plus grande sincérité. Pour autant, il ne nous est impossible de déroger aux caprices de nos nécessités. Passagers de l’histoire, nous nous révélons par les liens que nous tissons et dans le partage avec la vie qui nous entoure. Seul miroir de notre affermissement intime, l’échange est notre unique salut.

 

Bruno Odile

Publié dans Ils ont dit

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Le torrent

Publié le par la freniere

Bien calée au contrefort de pierre du vieux rempart, les genoux ramenés sous son menton et serrés par ses bras, elle écoute la voix du torrent. Pas l'habituel clapotis que toutes les oreilles peuvent entendre, non, sa voix. Celle appuyée sur la montagne. Chaque année, quand elle arrive ici, elle s'assoit et attentive à la cavalcade des eaux, elle remet peu à peu en place sa respiration, une remise à neuf en quelque sorte. Cette sorte de rituel, on dirait que le torrent s'en souvient qui immédiatement l'épouse comme si, depuis toujours, il attendait qu'elle arrive, qu'elle soit là, à l'endroit exact où elle est maintenant. Elle sait bien que c'est elle qui s'adapte au rythme tumultueux, elle sait bien que le torrent n'y est pour rien, et même, ultime paradoxe dans le fracas du rapide, que c'est elle qui trouve immédiatement un calme profond, comme un vêtement parfaitement ajusté à sa taille. Après, il n'y a plus de mots, elle devient l'eau et la montagne. Surtout elle touche au bien-être. Dans l'immobilité joyeusement vivante, elle participe du mouvement. Tout respire large, plus large lui semble-t-il. Et, invariablement, elle pense à la liberté.

 

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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Ailleurs

Publié le par la freniere

La neige est tombée. Cachés dans l’ombre, nous l’attendions, nous attendions la blancheur. Elle est tombée si mollement, si douce, si blanche que nous nous sommes endormis aux fenêtres.

 

Dans quelques jours, les haillons, les taudis, la boue, les toits crevés, les mains sales, les déchirures de la terre, les branches cassées, les feuilles mortes, les traces de pas perdus, les taches de sang, les déchets, la moisissure, les pierres noircies, les ongles calcinés, les visages glabres, blafards, les visages défaits comme des lits. Dans quelques jours, tout cela aura disparu.

 

On ne verra plus la saleté, on aura l’impression de vivre dans un pays propre, avec des hommes propres, dans des maisons propres ; on ara l’impression d’être ailleurs.

 

Roland Giguère

Publié dans Poésie du monde

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Le bois de l'incendie

Publié le par la freniere

On a séduit des innocents pour en faire des soldats. Les yeux des délateurs encombrent l’espérance. Quand l’homme raconte ses naufrages, je n’entends pas la mer mais les mauvais bateaux, les rafiots servant de négriers, les soutes remplies d’armes, les voix corrompues du commerce. Le bois de l’incendie et celui des épaves pleurent la sève désertée. Je ne cherche pas l’ombre mais la clarté des roches visitées par la pluie. J’écris comme les rides dessinant un visage, la mer touchant la rive, la terre et ses labours, le thé du Labrador faisant tinter le givre. Il faut parler au moindre des atomes, jouer avec la terre pour comprendre les vers, écrire avec des mots qui saignent sur la page et sémaphorent dans la nuit comme des feux de luciole. On a séduit les dieux pour en faire des monstres. Les chants des minarets appellent à la guerre. Les prières sont armées par les marchands de canon, le bruit des tiroirs-caisses, la lâcheté des hommes. La vie tombe en poussière sous les doigts des banquiers. Des anges ivrognes titubent sous leurs ailes rongées. Des fleurs se dévêtent dans le jardin des ruines. Des enfants font la moue sous l’arc-en-ciel des larmes. Mon journal de voyage en trace la déroute. J’ai un cahier qui geint sous la morsure des mots.

        

J’ai un autre cahier faisant la sourde oreille au commerce des choses. Je cherche l’homme en quête de l’homme qui ne serait pas à vendre, des caresses invisibles dont les nœuds sont fragiles, des mots qui brillent dans la nuit, la neige venant lécher le doux oxyde des feuilles, les traces de caresses sur l’épaule du monde. J’écris dans un bateau coulé qui monte vers le ciel où les mouettes se noient dans un sillage d’huile. J’écris d’un train enfoui sous la rouille des rails, d’une maison de boue où s’attarde la pluie. Vous pouvez rire si vous voulez. Le bruit du cœur réveille la musique endormie. À chaque battement, les neurones s’agitent. Les vertèbres tiennent le do sur la portée du corps. Je m’entoure de livres, de grands arbres, d’étoiles. Je me nourris de mots, de pain sec et d’espoir. Je bois à même l’eau toutes les rivières du monde. Tout ce qui brille n’est pas d’or. Il n’y aurait pas d’ombre sans lumière, pas de route sans pas, ni de miroir sans alouette. Le vent qui souffle en rêve agite l’invisible. On voit passer des anges aux ailes de muguet. Les abeilles font leur nid dans les coffres du miel. Même s’il pleut, même s’il est tard, même si j’en meurs, j’avance vers la vie.

        

Je n’ai rien oublié, ni les dessins d’enfant ni les vieilles brûlures, ni les blessures ni les joies. Les amis disparus m’attendent quelque part. Tous ceux que j’aime sont en danger. À chaque jour, on empoisonne l’air, on dénature le pain, on vend son sang pour vivre ou mourir un peu plus. La langue rétrécit en même temps que le rêve. Les doigts des mots touchent la page et ratissent les phrases. J’y colle ma détresse dans l’herbier des  images. Dans le jardin du crâne, un papillon médite au milieu des pensées. Les fleurs montent en graines. Les gouttes de pluie descendent. Les routes se creusent en réponse aux souliers. Les larmes coulent jusqu’au cœur, la source vers la mer. La vie n’a rien prévu contre le cours de la Bourse, le coût des choses, la hausse des prix, les chiffres des comptables. Au lieu de me joindre à un groupe, de fonder un État ou de compter mes sous, j’aboierai comme un loup. J’aime trop ma solitude pour habiter la ville.

 

Pour créer le monde en sept jours, il a fallu du rêve et des mots pour le dire. J’efface tous les chiffres et l’encre des journaux. Mes métaphores oublient de se mettre à la page. La langue la plus juste ne se conjugue pas. Un jour, un an, l’éternité, ni passé ni présent, les mots s’accordent aux changements du temps. Je suis une poupée gigogne dont il manque les vides. Chaque poupée reste seule enfermée dans son corps. Seule la dernière s’ouvre, mais on ne l’atteint pas. Pourrais-je vivre en paix sur un sentier de guerre ? La lumière des néons éclaire les façades. Le soleil va plus loin. À l’imparfait du monde, il oppose la joie. On dirait que les hommes sont inaptes à la vie. Ils érigent des murs avec les pierres du chemin ou lapident les femmes. Le dernier homme vivant cherchera-t-il encore un boss pour le voler ? Ses bras à vendre lui font mal. Je n’ai que mon âme à donner et je l’offre à la mort.

Publié dans Prose

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Un jardin

Publié le par la freniere

Il me faut un jardin pour ne pas mourir étouffé sous la mêlée des hommes – suffocante compagnie d’être trop exclusive. Ainsi, cette semaine, ai-je eu brièvement celle d’une fouine, venue l’autre nuit toquer au carreau du salon – nous avons échangé un regard rond à travers la vitre –, puis, hier, celle encore d’un sphinx-colibri qui butinait dans le fuchsia. Et donc tant pis pour le voisin de palier que je n’ai pas.

 

Éric Chevillard

 

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

 

Le moineau ignore le chien mais il prend garde au chat.

 

Edmond Jabès

Publié dans Ils ont dit

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

 

Un serpent rampe sur son ombre. L'homme subit la sienne.

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L'état des lieux

Publié le par la freniere

 

 

Publié dans Poésie à écouter

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