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Jazz Streets Boyz

Publié le par la freniere

 

 

Jazz Street Boyz en formation quartet acoustique dans un parc, à la bonne franquette ;)

trompette: Jérôme Dupuis-Cloutier
banjo: Dominic Desjardins
contrebasse: Mathieu Roberge
batterie: Joe Lussier

http://jazzstreetboyz.bandcamp.com/

Publié dans Glanures

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Frédérick Bach

Publié le par la freniere

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Frédéric Back est mort la veille de Noël 2013. Il ne pouvait sans doute imaginer meilleure journée pour nous quitter. À la veille du jour même où la lumière du soleil reprend sur la nuit obscure, annonçant l’espérance d’un monde nouveau qui culminera au printemps, espérance trompeuse sans doute, espérance sotte dirons certains, mais espérance tout de même, son destin rejoint l’œuvre du grand artiste. Noël, c’est le cri évangélique qui annonce la naissance d’un sauveur. Noël, c’était aussi le cri de victoire que les Orléanais lançaient à Jeanne, la bonne Lorraine, lorsqu’elle entra avec les troupes du Dauphin pour libérer la ville de la domination anglo-bourguignonne. Promesse et victoire, deux attitudes motrices de l’œuvre de Back.

 

(...)

 

Jean-Paul Coupal

 

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Publié dans Les marcheurs de rêve

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

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Les choses s’usent, même les émotions, même le désir ; la lassitude gagne. Nous cherchons un peu de fraîcheur pour continuer, un ruisseau à suivre encore, mais il s’étrécit comme nous avançons, ou s’ensable, et peu à peu nous perdons espoir de le voir rejoindre une plus large rivière.

 

 

Allons, allons, ne désespérons pas. S’il faut en croire le principe des énergies fossiles, après un séjour souterrain certes relativement long – mais nous serons alors d’une patience infinie –, il semble avéré que nous reprendrons du poil de la bête et jusqu’à son ronronnement ou son rugissement même.

 

Éric Chevillard

Publié dans Ils ont dit

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Avec le foie d'un autre

Publié le par la freniere

Des sacs de sang lourds nous courbent les épaules. Des paroles blessées nous colorent les lèvres. Les écrans numériques, les télés, les vitrines agenouillent tous les hommes en troupeaux. J’ai tant volé de mots à l’étal des rues, finirais-je ma vie avec le foie d’un autre, une langue étrangère, le cœur d’un enfant, la peau de chagrin du temps ? Quand ce sera bien mort la vie, quand ce sera la lune sans lumière, quand ce sera sans voix, quand ce sera bien clos la bouche, les yeux, le reste, quand ce sera silence au milieu des grillons, à qui parler, pour qui parler ? Mais si le fil tient, si le suicide a son contraire, je sèmerai partout mes pièces détachées. On n’écrit pas ce que l’on veut écrire, pas plus qu’on ne lit ce que l’auteur écrit. On réinvente son livre à chaque phrase sans changer un seul mot, mais on change leur sens, la couleur des images, l’habit des métaphores. Un homme qui écrit n’est jamais seul, encore moins seul qu’un homme qui lit. Entre les mots, sous le pinceau, entre deux notes ou deux couleurs, la maladie de vivre se transforme en santé. Ce qu’il y a d’inutile transcende l’utilitaire. Lire les journaux avec une semaine ou deux jours de retard rend compte de leur futilité. Je me méfie de ceux qui pensent tout savoir. La moindre réponse étouffe l’infini. Je m’adosse au dos des questions, à l’épaule du doute. Je n’accorde pas beaucoup d’importance au possible. Je cherche l’impossible. Il ne faut pas oublier les petites choses de la vie, les petits pas, les rires sous le boisseau, la peau de banane, les petits riens, la lettre qui s’échappe d’un vieux livre oublié, l’échelle d’un bas noir, le caillou dans un bas, la souche obstruant le sentier, l’écharde sur la rampe, la phrase tombée du lit qu’on ramasse au matin, un cube d’alphabet oublié sous la table, l’abeille dans l’oreille et la paille dans l’œil, le dernier mot d’un mort, le premier d’un vivant. Si tout parle, si tout se dit, les arbres, les cailloux, le paysage, les orages, l’homme est le seul à pouvoir dire l’homme. Ce qui permet de mourir avant sa mort devrait permettre de vivre après sa mort. C’est de là qu’émerge la parole. Comme les feuilles parlent aux arbres, à la parole de l’autre, il faut bien rendre la pareille et faire du silence un peu plus que l’écoute.

Publié dans Prose

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Échec de la nuit

Publié le par la freniere

savoir que la nuit s’est heurtée

à un écran de jour croissant

à une muselière de lumière

qui empêche toute noirceur

qui la tient en échec

par sa seule volonté de briller

 

ce n’est pas utile de souffrir

ce n’est pas très dupe

d’ailleurs les étagères abondent

d’élixirs et d’autrucheries

qui ne pansent plus les plaies

qui sont des haches sans aiguiser

 

il faut se rendre catastrophe

de beauté et de resurgissement

évaluer les coûts de la nuit

siroter les éclats jeunes d’hélios

comme un moine averti

esquivant la tempête

 

la nuit nous aspergera

d’une antimatière nostalgique

nous vaporisera son fiel

à chaque entr’acte de beauté

inatteignable et irrécupérable

mais nous devrons poursuivre

 

Frans Ben Callado

 

 

Publié dans Poésie du monde

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

J’écris pour me vulgariser, pour me massacrer, et ensuite pour m’ôter de l’importance, pour me délester : que le texte prenne ma place, de façon que j’existe moins. Je ne parviens à me libérer de moi que dans deux cas : par l’idée du suicide et par celle d’écrire. […] Vous savez quelque chose ? Je ne pense pas avoir jamais connu personne sans que je me sois posé cette question : les gens, quand ils n’écrivent pas, que font-ils ? J’ai une secrète admiration pour les personnes qui ne le font pas, et je ne sais justement pas comment elles le peuvent. […] L’écrivain a deux vies : une, celle à la surface de soi, qui le fait parler, agir, jour après jour. Et l’autre, la véritable, qui le suit partout, qui ne lui donne pas de repos .

 

Marguerite Duras

Publié dans Ils ont dit

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Noël

Publié le par la freniere

 

 

Madame à minuit, croyez vous qu’on veille ?
Madame à minuit, croyez -vous qu’on rit ?
Le vent de l’hiver me corne aux oreilles,
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.

Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon coeur bien mieux que le houx.
Piquera mon coeur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté,
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le coeur.
Et ton souvenir m’arrache le coeur.

Madame à minuit, croyez-vous qu’on veille ?
Madame à minuit, croyez-vous qu’on rit ?
Le vent de l’hiver me corne aux oreilles,
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.

 

Poème de Luc Bérimont
Musique de Léo Ferré

 

Publié dans Poésie à écouter

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L'immigré de l'intérieur

Publié le par la freniere

Camarade,
Courons,
de froid en nuit,
de trottoirs en poubelles

La ville m’a chassé
j’ai migré
mauvais côté du rire
côté mal espoir
j’ai migré
vers ces banlieues sans travail

Là où, à l’arrache rêves,
Là où la nuit tue ses enfants
Là où l’on a faim, froid et peur

J’ai migré
loin d’opulence
et des terres promises

entre des tours de béton
et les jardins de nulle part,
loin de bien-être

Je suis l’immigré de l’intérieur

Chez vous,
là où les vanités se chiffrent
à prix Dior
et les nippes se signent,
Fauchon fournit vos tables

Loin de nous
vous surfez sur le Web

Nous sommes une réalité virtuelle

Camarade,
j’ai faim, j’ai froid, j’ai peur
Courons
La mort et la violence
sont à nos trousses

En marge de la vie,
rongeons nos ongles
comme l’on dépèce l’espérance
jusqu’à la cornée du rêve


Un coin de soleil et de trottoir
pour nos vacances,
du déchet pour nos tables

Encore vivant, mon frère,

Là où le béton tue le ciel
je respire
là où la pauvreté
et la nuit désossent la peur


Je suis encore vivant,
vivant parmi le peuple des cartons

Je suis citoyen de la rue
exclu et sans droits
sans amour
sans ambassadeurs
je suis immigré de l’intérieur

Camarade,
Courons,
de froid en nuit,
de trottoirs en poubelles

La mort et la violence
sont à nos trousses
Encore vivant, mon frère

En centre ville
la misère ne s’exhibe pas

Nous n’avons
que la légitimité du dérisoire

Dans nos lits cartons,
oublions nos vies

La mort est une ivresse

 

Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Perdu dès ma naissance

Publié le par la freniere

Perdu dès ma naissance, j’apprends à m’égarer de mieux en mieux. Je me suis fait les dents au pain froid des questions. J’aime ce qui s’entête à pousser dans les ruines, les ronces, les gouttes d’eau, même les boites de conserves où la rouille dessine comme un très vieil enfant. Peu importe la durée de la vie, l’amour la prolonge. L’éternel s’enveloppe de tout ce que l’on est. La goutte d’eau chante longtemps pour celui qui écoute. Je glane l’insolite au hasard des routes, quelques voyelles arrachées d’une fleur, le regard d’un loup que je suis seul à voir, une mitaine oubliée qui se cherche une main, le squelette d’un oiseau tombé on ne sait d’où, un stylo mort d’anémie au milieu d’une phrase. J’essuie à chaque pas la vaisselle des routes. Je soigne de mon mieux la blessure du possible. L’essentiel se cache dans la simplicité. Quand la pomme est juteuse, la vie semble moins sèche. La faim est un plaisir. Une accolade égaie l’épaule austère du temps. Il ne faut pas se fier aux apparences, aux dates, aux théories. Le passé change à chaque jour. La main seule conserve la mémoire des gestes. J’écris en botterlots les choses les plus fines. Les escarpins de danse font souvent fausse route. Ils craignent les cailloux. La vie est un combat d’enfant face à l’éternité.

        

Le bruit du sel dans l’eau pure assaisonne la soif. Sur les cahiers d’enfant, les noms des animaux empruntent leurs pattes à la réalité et leurs paroles au rêve. Il y a de tout dans une goutte d’encre, des papillons, des fées, des idées presque nues, des gnomes en salopette, des cailloux de montagne qui changent de pays et des bonhommes de neige qui avance en raquettes. Écrire dans la nuit est un travail de taupe auquel je me suis fait. Je ne dors que d’une main. À la merci des vagues et du courant, avec des bras pour me noyer, je godille du crayon au bord de l’eau écrite. Je survole ma vie comme un oiseau de proie, une phrase clouée au bec se débattant pour rien. Je suis un drôle d’oiseau qui fait voler sa cage. Le bonheur ne tient qu’à un fil, celui que je déroule pour en faire des lettres. J’escamote les droites avec mes deux mains gauches. Je n’ai que faire des poèmes carrés. J’habite mes oreilles tout autant que mes yeux. J’écoute et je regarde du côté de l’envers. Je me contenterais bien d’une poignée de main, d’un infini de poche, jamais d’une moitié d’amour.

Publié dans Prose

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Vous êtes mes aïeux

Publié le par la freniere

vous étiez sûrement à rendre souffle

sur le bord d’un lit

 

vous appeliez vos vieux

vos très vieux dont on ne retrouve plus les noms

 

comment vous pleurer

quand vous me traversez

 

 

*

 

trois jours allongés dans la grande pièce

des fleurs autour et vos pieds vers les champs

 

vous étiez beaux dans la blancheur

 

de vos morts répétitives

est-ce moi qui morte

viens et reviens à vous

 

combien de fois déjà

 

*

 

ce sont de mains dans l’eau dont je rêve

elles plongent et replongent

 

en même temps que vous vous éloignez

vous vous approchez autant

 

je vous entends claquer au vent

vous seriez aussi blancs

et vous bougez autant

 

*

 

je suis à vous pour vous renaître

et aussi peut-être crier pour vous

 

vous me parlez de vos bouches immobiles

 

vos traces dans l’oreiller

vos assauts dans la mémoire

 

*

 

l’arbre perd ses feuilles

vous continuez de vous asseoir sur ses branches

 

vous pensez surement à ces petites morts

ces personnes qu’on enterre

le deuil que vous portiez

 

vous ne faites pas un bruit

 

Cécile Guivarch

Publié dans Poésie du monde

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