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Roland Giguère

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Rolan

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Sur l'ardoise du soir

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Sur l'ardoise du soir

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Rodrigue «Chocolat» Tremblay

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Publié dans Les marcheurs de rêve

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Des mots pour l'an 01

Publié le par la freniere

à Jean-Michel Fossey
l'infatiguable patrouilleur des mots

J'aurai l'amour d'aimer et je prendrai le temps!
le temps d'un sein nu
sous une chemise;
le temps d'aimer les roses sauvages, l'abeille
et le rossignol;
le temps d'aimer les immortelles au vent du large;
et surtout, et surtout,
le temps d'aimer les Mots,
parce que la Poésie
commence et commencera toujours
là où le dernier mot n'appartient pas à la Mort!.....
et je trouverai
des mots de fiançailles et de coquelicots,
des mots pour dire l'abeille et le rossignol,
des mots pour peindre des prairies lumineuses
sur les murs de la nuit,
des mots pour enlever ses chaînes à Toussaint l'Ouverture!!!
des mots fléchés pour faire la peau de Buffalo-Bill!
des mots de foudre sur le poncho de Zapata!
des mots qui ont rêvés pour nous l'idée de l'Amour Fou!
des mots sans chaînes et sans verrous, sans barreaux, sans frontières,
sans cilice, sans contrition,et sans tortures!
sans Dieu, sans Maître, sans Rédemption,
des mots à bout portant!
des mots qui déclouent toutes les mains,
des mots de fiançailles insensées avec les sources, avec le feu,
avec la mer, des mots de pain pour partager et de pierres
pour les lancer à la figure des Assassins!
des mots pour aimer une Terre,
qui est si belle, qui pleure, qui est promise à tous!!!!!
je trouverai les mots
pour marcher sur la mer,
pour aller jusqu'aux phares avec Virginia Woolf!
des mots qui changent le Monde et chantent le Monde changé
des mots pour dire avec Machado:
"el crimen fue a Granada"!
des mots pour dire avec Mahmoud Darwich et pour crier
qu'il n'y a pas de terre promise
et pour dire aux Hommes-suicides de Palestine
qu'il n'y a pas de Paradis!

Terre Promise, Nulle Part!
Terre Promise à tous, pour tous, Partout!

je vous lancerai des mots, les mots-tocsins de Wladimir!
les mots qui tiennent tête aux révélations! aux fous de Dieu!
aux assassins de la Splendeur Naturelle!
je trouverai
les mots d'insurrection et de marées toujours aux équinoxes!
des mots de blé, de vigne, de figuiers, et d'arbres millénaires!
des mots de source dans le Matin des Cerises,
des mots pour le matin féminin des Béatitudes!!!
des mots pour dire
le pain indicible des Anges!!!!!
et j'aimerai jusqu'au Bout
le sein blanc entrevu sous la chemise douce

Voici que je vous donne des mots-de-passe pour l'an 01!
les mots-passereaux,
les mots inespérés,
les mots de prairies pures et de saisons neuves,
les mots de marées hautes, des mots vêtus de mille mondes,
de toutes les douleurs,
les mots de violoncelles insensés,
où pleure Rostropovitch!
les mots de ventres doux au creux humain du Temps!!!
et j'entendrai
les mots des corps désirants et solaires, les mots
sans faute et sans péché,
les mots des amantes au corps parfait,
des mots de roses des sables, des mots de louves magnifiques
tracés dans la neige
par des Peuples de Beauté!

et je prendrai le temps!
de démentir le faux Sacré, les règlements, les messes,
les clôtures, les papamobiles, les derviches tueurs,
les fous de Dieu, la sainteté des échafauds, les catéchismes,
les bûchers de Montségur, les leçons de Ténèbres,
la grande peur du buisson noir des femmes
et des cheveux défaits
la Grande Peur du Matin féminin des Béatitudes!
et je prendrai le temps!

le temps de démentir le Grand Soporifique!
qui ne voyait ni les cheminées, ni les fumées,
qui n'entendait ni les cris, ni les trains, ni les chiens!
NI LA VOIX SOUS LA CENDRE
de David et Sarah!
c'est pourquoi, il ne faut plus jamais,
donner de Nom au Grand Silencieux des Ténèbres!
car tant qu'il fera Dieu, le monde pleurera!
mais j'aime les mots de neige comme
un sein blanc sous une chemise, les mots de sablier
trichant sur le comte à rebours, les mots d'éternité physique!
les mots de sable rose et des roses de rêve,
des mots insoumis qui ne marchent pas entre les lignes,
impossibles à coucher!
des mots bleus et blanc comme l'oiseau de Magritte!
peints sur le Ciel par des peuples de Beauté!
Je resterai sur cette Terre, qui est si belle!!!
ni sainte, ni promise, Sol Absolu pour Tous!

Alors?
voici des mots pour marcher sur la mer
jusqu'à la fin du Monde!
DES MOTS pour l'an 01!
voici des mots de blé, de vignes et d'oliviers,
des mots désirants et solaires!
des mots miraculeux!
comme un sein nu sous une chemise.....

 

Tristan Cabral

Publié dans Tristan Cabral

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La goutte d'eau

Publié le par la freniere

Dans la pièce où j’écris, je dois refaire le vide. Elle est trop pleine de mots. Ils se bousculent entre eux et sèment la pagaille. J’enlève mes lunettes pour regarder la nuit sans vitre. À quoi bon ouvrir les bras, s’il n’y a personne à mettre dedans. Nous sommes une goutte d’eau dévorée par la flamme. Un simple chuitt, et l’âme s’évapore. Parler d’éternité, c’est un peu la créer. Parler d’espoir, c’est avancer d’un pas, faire d’une vague une mer, d’un simple geste un homme. Un homme adossé sur un arbre me semble plus vivant qu’un homme derrière un guichet de banque, un jardinier penché sur une plante plus important qu’un roi, une ménagère avec son torchon plus utile qu’un soldat, un estropié tendant la main plus réel qu’un comédien soufflant de l’air dans un fantôme. L’homme n’est pas fait pour engraisser du portefeuille mais traverser les arbres, prendre les routes à bras le pas, le ciel à bras le corps. Il ne faut pas attendre le mal pour apprendre à soigner. Il y a une certaine douleur à porter en soi le mal et le remède, la blessure et le baume. Le poids de l’un peut déchirer le cœur. Le temps titube sur ses jambes et s’accroche à la vie.

 

La ligne d’horizon n’est plus une ligne d’équilibre. Les hommes l’ont tordue avec du fil barbelé. Dans les pays de guerre, les favelas dopées, les ruelles en bataille, ceux qui survivent aux fusillades dorment avec des bruits de balles dans la tête. Ils font des rêves de snipers. Avec leurs coups de matraque dans le tannage des pauvres, les marchands ont vendu la peau de l’homme. Ils en ont fait de la sueur à gages, de la chair à canon. Ceux qui ne parlent guère savent écouter les choses. Ils ont la langue des outils, celle des fruits. Ils comprennent le langage des bêtes, même le silence des fourmis, les bruits de terre, le murmure du pollen, la douleur apaisée des épines. Un petit vent se lève. C’est un vent neuf sorti du ventre de l’air. Il a vite fait ses premiers pas. Il marche à peine qu’il caresse déjà les arbres. Quand il est bien couché et s’étire dans l’herbe, il ne fait pas plus de bruit que le poil d’un chat. Dans une simple phrase, il y a tout ce que je pense, ce que je suis, ce que je vis. Tout ce qu’il y a d’obscur, la poésie le fait briller. Tout recommence toujours. La quête des origines ne s’arrête jamais.

 

Il y a toujours une petite chose à côté des grandes. C’est sur elle qu’il faut s’appuyer. Avec un corps bourré de muscles, il faut aussi avoir du cœur, un cœur gros comme un bœuf, un souffle pour le dire, de l’imagination. Les arbres sont mariés à des millions d’arbres. Les oiseaux se répondent de l’un à l’autre. Les feuilles se répandent jusqu’à former l’humus. Il fait beau aujourd’hui. Je regarde le monde par la fenêtre ouverte. Je laisse monter en moi l’émotion de la vie. Le ciel, la terre, le vent, la graine, la tête, le cœur, la main, tous les ingrédients du bonheur sont là, mais il y a toujours des salauds posant leurs pieds dessus, piétinant de leurs bottes les jardins, déracinant les arbres, polluant les rivières et l’appétit de vivre, déchirant les plus belles images. Il y du bruit dans la vie, des gestes, des odeurs, le sang des mots, de la sève à neurones. Chaque douleur porte sa propre guérison. Comprendre ce que savent les bêtes, on s’en porterait mieux. Le poids des mots s’allège quand ils parlent d’oiseaux. Chaque forme se transforme. Chaque couleur épouse mille couleurs. Il y a dans chaque pas tant de routes possibles, des passages, des milliers de passages, des pas de deux, des pas à pas, des pas de terre, des pas de ciel. Chaque aveugle apprend à voir à sa façon. Chaque manchot s’invente un bras. Même désespéré, l’homme avance malgré lui. C’est la vie qui le veut. Elle apporte le goût dans l’alambic des fruits, met la saveur dans les pommes, sucre la sève des érables. Dans les places laissées vides par la mort, d’autres vivants se lèvent. L’œil titube dans sa vue en cherchant l’essentiel. Le cri d’un oiseau soutient le ciel comme la terre la forêt. Tout se fusionne dans la vision de l’invisible. Tout se touche et se fond dans l’insondable du monde.

 

La pluie vient de cesser. La terre a mal au foie et dégorge son eau par tous les orifices. J’écris mal, ce matin, du Giono mal embouché, mal torché, mal en point. Les épines du paysage déchirent le papier. Je regarde le ciel par les trous, la terre par les flaques de boue laissées par les souliers. Les oiseaux viennent y boire une eau boueuse et sale. Les phrases défilent en minces filets d’encre pleins de mots en grumeau sortis d’un cimetière de livres. Tout brille dans les branches, les fleurs gonflées de larmes, les ailes des oiseaux. Une métaphore passe qui ne sait où aller, laissant dans son sillage une grande vague d’odeurs, un souffle soulevant l’emplein du paysage. Puisque la force du chaos a crée le réel, je m’initie à la parole des étoiles. Tout ce qui nous entoure nous enseigne la vie. La chaleur fuse des os de la terre comme la soupe remet du sang dans un corps affamé, refaisant la chair et l’âme. L’herbe qu’on retrousse laisse voir ses dessous, son caleçon de terre, et même un bout de peau, là où creusent les taupes.

 

La lumière du rêve ne s’éteint pas vraiment. Elle sous-tend le réel. Elle chuchote à l’oreille des images. Elle danse avec les papillons. Elle pénètre la terre par les trous des insectes. Elle fait dresser le poil des orties. Elle suinte sous l’écorce des arbres. Elle coule en rond dans l’arc-en-ciel. Elle fait monter le sucre des vergers en myriade de fruits. Elle fait marcher les arbres et pleurer les collines. Elle pompe comme une grosse abeille tout le suc du monde. Les fleurs fanent sans ruines. Les jours d’avant, c’est comme les pourritures qui nourrissent la terre, l’humus qui alimente les racines, la sève qui déborde en devenant résine, la pluie qui déboule en torrents de montagne, la rame qui agite la réserve des larmes, les pas du monde qu’on aperçoit derrière sans même tourner la tête. L’homme est un sac de peau. Tout le vivant du monde le remplit. Il faut voir tous les côtés de l’arbre, marcher le pas des bêtes, mêler au sel de mer l’amertume des mûres. Les gentianes avec leur tête qui se balance disent oui à la vie. Les vagues disent oui. Les reflets le répètent. Les feuilles disent oui, les ailes des oiseaux, la luisance des pierres. La chlorophylle dit oui. La sève s’affirme dans les tiges. Les fleurs se recueillent dans la métaphysique des odeurs. L’automne laisse tomber les feuilles sans déranger les branches qui s’apprêtent à dormir. Le monde est large quand on ajoute les étoiles, le pain à la moisson, l’amour à chaque geste. Les yeux sourient aux facéties du paysage comme ils peuvent pleurer au drame d’une abeille.

Jean-Marc La Frenière

 

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Tu es parti, mon père

Publié le par la freniere

Tu as posé tes douleurs et…
Tu es parti, mon père

Parti dans l’ombre des nuits et d’un vent
Où l’oubli bâtit l’incognito des morts
Parti en ce non-lieu où le silence enterre ses ombres

Et pourtant, mon père
Si les millions de morts qui ont chanté fleur au fusil 
N’habitent plus que la grise odeur du désastre
La voix de Dano reste assise près de moi (5 heures du soir de F Lorca)
Et tant de mots hantent encore la mémoire des hommes

Et pourtant, mon père, tu vis
Parce que tu m’as légué ton cri
Et cette besace à mémoire si lourde à porter

Les tueurs d’humanité le savent bien
Eux qui détruisent la mémoire des pierres et des livres
Eux qui continuent à semer la mort

Rien n’a changé, mon père
Où que j’aille
Les grands mensonges vivent de silences orchestrés 
Le chahut squatte la conscience

Où que j’aille
La propagande fait des sourds et des aveugles
Les puissants sont des jongleurs de vérités 
Les larmes et le sang n’existent plus que pour ceux qui le versent

Tu le sais bien mon père
Le monde n’est que parce que notre mémoire le dessine
La Vie est à la dimension du regard. 
Certaines amours meurent de n'être pas dites 
Ni l’étoile ni le ver de terre n’habitent les consciences aveugles

Mon père, tant de drames dans ta besace
Tu savais que vivre c’est aussi habiter ses mémoires

Je n’oublierai ni l’étoile ni le ver de terre
Je sais que nos ombres agrandissent l’univers
Aussi longtemps que je marcherai 
Je porterai ton nom, mes morts
Un chat, des joies et des douleurs d’univers

Je te porterai
Aussi loin que vivre.

 

Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Jean-Paul Daoust

Publié le par la freniere

Jean-Paul Daoust est l'un des poètes les plus drôles que je n'aie jamais rencontré, avec Tristan Cabral. Avec eux il m'est arrivé de rire aux larmes, à s'en décrocher la mâchoire. Ils ne se prennent pas pour des poètes et aiment plus que tout flaner dans les endroits maudits des villes, discuter avec les humbles, les humiliés, les portefaix, les voleurs au grand coeur. Ils ont en commun des racines tragiques, des blessures profondes. C'était à Buenos -Aires, en mai 2013 que j'ai rencontré Jean-Pierre.Je nous revois à quatre pattes sous les tables d'un café chic à rechercher sa libellule de diamants qu'il portait au revers de son veston. "Des faux m'avait-il confié, mais ils ont l'air si vrais que je pense que ma broche, on me l'a dérobée. J'y tenais car c'est un ami très cher aujourd'hui décédé qui me l'avais offerte" Il buvait du vin blanc, je buvais du vin rouge. Le lendemain matin, il repartait pour le Québec sans sa libellule.

André Chenet


 

J'écris
Pour des autoroutes tachées
De paillettes de sang
Sur la ligne blanche
Des palimpsestes de morts
Les fossés gorgés de squelettes

J'écris C'est ma façon de rester vivant
Perdu ou touriste dans les catacombes
De la page ivoire
J'écris pour les accidentés
En tort ou pas
Et ceux qui observent n'ont qu'à bien se tenir
Eux sont next dans l'ambulance

J'écris
Si je rafle des prix tant mieux

J'écris
Parce que maintenant tu n'es pas là
Et parce que je m'ennuie
J'écris
Pour dénoncer des niaiseries
J'écris parce que je suis un enfant de Jocaste
J'écris comme le corps dans un sauna
J'écris parce que tu es là plus beau que jamais et que
J'écris pour faire mon show ontologique
J'écris parce que Venise
La chatte blanche à la fourrure célèbre
Me regarde et me fait des yeux verts indescriptibles
mais méchants
J'écris
Parce que c'est ça ma vie
Parce que j'ai été surpris par La Vie
Parce que ça m'éloigne du téléphone
Et des conversations stupides
J'écris parce que j'aime le jazz et le rock'n'roll
J'écris parce que je ne regrette rien
Pis après la chanteuse
Ça prend ben un gars pour le dire
J'écris parce que je vais quand même mourir
J'écris et tant pis si ça vous dérange
J'écris parce que j'aime ça

J'écris pour guérir les blessures de l'enfance
J'écris pour guérir les blessures de l'âge
J'écris à m'en rendre plus malade
J'écris pour aller ausculter la folie
J'écris pour être avalé par le grand trou noir des mots
J'écris parce qu'ils sont d'une beauté terrible

À en rendre cardiaque le temps présent
Quand sur un fil tendu comme une ligne
L'écrivain n'a pas toujours la chance
de se créer un filet

J'écris
À temps plein
Non par choix mais par urgence
Comme un joueur invétéré
Comme un alcoolique
Un drogué accroché
À l'émotion
Au sens

J'écris
Comme si je vivais une histoire d'amour et de haine
Sans rien savoir de l'horizon
Histoire d'harnacher l'alphabet
Pour ceux et celles qui ne le peuvent pas
N'osent pas

J'écris
Enragé comme un ouragan
Furieux comme un volcan
Défoncé comme un opiomane
Voué à l'éphémère
À l'extase
À l'échec
Je persiste

J'écris avec mon sperme
Qui neige sur la page
Beurrée de désespoirs intimistes
Et planétaires
J'écris pour fesser dans le tas

Je n'écris pas pour faire joli
Je n'écris pas pour la galerie
Je n'écris pas pour plaire
Même si j'écris pour être aimé

J'écris
Et autant en emporte le poème
J'écris

J'écris pour ne pas tuer
Disait un autre poète
Qui s'est tué à le faire

Jean-Paul Daoust

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Ils ont dit

Publié le par la freniere

C'est parce qu'elle a d'abord appris à rêver que l'humanité a été capable de s'inventer.

Victor-Levy Beaulieu

Publié dans Ils ont dit

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Gunter Grass

Publié le par la freniere

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Je ne suis personne

Publié le par la freniere

Je ne suis personne... C'est pourquoi je peux parler au nom d'une multitude de gens écrasés... Je suis parmi eux, je suis de leur corps, je suis de leur chair... Encore une fois, ma plus grande satisfaction, c'est que mes poèmes aient rendu la parole à des gens qui étaient réduits au silence. Ma poésie a été réinventée par ceux qui l'ont lue, mise en scène, jouée.

 

j'apprends très lentement à vivre à ciel ouvert

 

j'enterre la face humaine sous des gangrènes d'or

et j'ai abandonné des tessons de soleil

dans la chair oubliée des hommes inutiles

 

dans la nuit survivante les hommes sont contagieux

il y a des fusils plus lourds que les épaules

j'ai vu tomber la neige grise des phalènes

et le corps maternel excisé sous les arbres

 

mais quand l'écorce enfin aura pitié de l'arbre

quand les oiseaux aveugles chanteront malgré tout

les vagues arriveront jusqu'aux maisons ardentes

 

alors nous irons seuls dans nos vêtements de pierre

nues sous leur peau les femmes allumeront l'aurore

et j'irai parmi vous comme un  crime qui revient

 

Tristan Cabral


 

Publié dans Tristan Cabral

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