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Le bal chez Temporel

Publié le par la freniere

Si tu reviens jamais danser chez Temporel
Un jour ou l'autre
Pense à ceux qui tous ont laissé leurs noms gravés
Auprès du nôtre

D'une rencontre au bord de l'eau
Ne restent que quatre initiales
Et deux coeurs taillés au couteau
Dans le bois des tables bancales

Si tu reviens jamais danser chez Temporel
Un jour ou l'autre
Pense à ceux qui tous ont laissé leurs noms gravés
Auprès du nôtre

Sur le vieux comptoir tu pourras
Si le coeur t'en dit boire un verre
En l'honneur de nos vingt carats
Qui depuis se sont fait la paire

Si tu reviens jamais danser chez Temporel
Un jour ou l'autre
Pense aux doigts qui tous ont laissé quelques " je t'aime "
Auprès du nôtre

Dans ce petit bal mal famé
C'en est assez pour que renaisse
Ce qu'alors nous avons aimé
Et pour que tu le reconnaisses

Si tu reviens jamais danser chez Temporel
Un jour ou l'autre
Pense aux bonheurs qui sont passés là simplement
Comme le nôtre


 

André Hardellet



 

Publié dans Poésie à écouter

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Gris les jours

Publié le par la freniere

Gris les murs,

les miroirs sans tain,

vides les mains,

noir le temps,

blanches les tempes.

 

Je suis un bleu

dans les vigiles de l’aube,

un ange qu’on égorge

sur le parvis des banques,

un peu de sève

dans une pluie de pierres,

une prière athée

dans la nef des fous,

une valise vide

à la consigne du cœur.

 

Riches les banquiers,

pauvres les saints,

les poètes, les fous,

rouges les mains

des juges et des bourreaux.

 

Je suis un enfant de chienne

aux yeux des mécréants,

un homme perdu

dans ses propres souliers,

un bout de pain

que l’on jette aux oiseaux,

un peu d’azur

au milieu des orages,

un bourgeon qui persiste

dans les arbres en dormance.

 

Noirs les jours,

brisés les reins,

courbée l’échine,

vides les verres

de l’espoir,

la boussole égarée.

 

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Poésie

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Bucolique

Publié le par la freniere

Me voici néant tu m’attendais
depuis avant ma naissance oui
je te reconnais à ta figure vide
nous ne dirons rien le vent nu
nous précède sur le chemin de campagne
nous n’irons pas loin le vent
finit toujours par tomber on l’oublie
et le silence n’est-ce pas est une violence
qui ne fait pas de bruit demain
n’existe plus mort on s’en lave les mains
voici la colline aux corneilles
et des ormes qui persistent et des champs
toute une douceur d’horizon à l’abri
de la bêtise mais le moment est venu
de se dissoudre dans la buée du soir
néant ferme-moi les yeux je te prie
et laisse-moi debout piquet de clôture
ici où ne passe personne ni le temps
et va sans crainte plus rien en ce monde
n’a de sens hormis à mes pieds
une touffe de fougère qui a besoin d’ombre
la mienne pour vivre pourquoi pas


Jacques Brault

Publié dans Poésie du monde

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Un murmure de lumière

Publié le par la freniere

Il a plu ce matin
et l’eau venue du ciel
adoucit de rosée
les ronces de la nuit.
Chaque rire d’oiseau
est une vague de plume
sur l’océan des feuilles.

Dans la maison du temps
l’espace est une porte
que l’on ouvre sans main.
Malgré tous les faux pas
j’ajoute l’espérance
à la grandeur des mots.

J’ai mis sur l’absence
une passerelle de phrases
mais l’attraction du fleuve
emporte vers la mer
jusqu’à l’encre des pas.

Tu as laissé en moi
un murmure de lumière
que même la distance
ne pourra pas éteindre.

Derrière chaque mot
chaque geste
les battements de ton cœur
changent le cours du mien

 

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Poésie

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Un goût de maïs

Publié le par la freniere

Un goût de maïs

La veille ils ont marché sur du gros sel

Ont cru à quelque neige oubliée

Les rues étaient noires

Il bruinait quelque chose pourtant

Le printemps des poètes

Se tenait à carreau

 

A présent

Ils sont deux à craindre

Pour la mésange

Le passereau

Intermittents du matin

Ils sont deux à craindre

Que le corbeau s’abatte sur eux

Que la neige cesse

 

Ils sont deux encore

L’instant d’après

Des souvenirs de maïs

entre leurs mains

L’un les castrait

L’autre les épagouillait

Leurs fanes d’enfance

Leur sud

Qui n’entre pas dans le cadre de la fenêtre

 

Paolo Pigani

 

Pour Thomas Vinau et Frederick Houdaer

 

Publié dans Poésie du monde

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Il y a longtemps que j'ai laissé le Christ compter ses clous et ses épines. Une volée de balles a crucifié la foi.

Publié dans Aphorisme du jour

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Les enfants morts

Publié le par la freniere

Les enfants morts restent assis au bord des lits

La nuit.


Ils lisent

Leurs pieds pendent dans le vide

Ils cherchent la chaussette qui manquait.


Les enfants morts laissent leurs cahiers ouverts à la bonne page.

Ils ne se coiffent pas.

Ils récitent la liste des alignés

Dans le silence vivant

Personne ne les entend.


Les enfants morts entendent les chiens qui glapissent

Ils restent assis au bord des lits.

Les enfants morts ne font pas de bruit.

 

Les enfants morts racontent des histoires aux bébés emmaillotés de gravats.

Ils ratissent les arrière-cours.

Leurs pieds pendent dans le vide.


Les enfants morts donnent leurs yeux au mur

Et n'hésitent plus

Sur la photographie.


Ils sont dans les arbres au-dessus des soldats.

Ils cherchent leurs lunettes.


Les enfants morts visitent les prisons.


Les enfants morts ornent les dispensaires

Ils restent assis au bord des lits.


Les enfants morts dallent la Méditerranée

Ni mère

Ni suaire.


 

Emmanuelle Sordet

 

Publié dans Poésie du monde

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Karen Dalton

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Confidences

Publié le par la freniere

Confidences

Raul Nieto de la Torre

traduction: Dominique Boudou

Publié dans Poésie du monde

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Sylvie Paquette chante Anne Hébert

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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