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Pour qu'on entende quelque chose

Publié le par la freniere

pour mon père décédé il y a peu

 

Consumée par le feu,
mise dans de petites urnes,
enfouie dans la terre,
mordue par la gelée
comme des raves oubliées,
la vie est une histoire pitoyable
vite racontée.
Mais quiconque n'est pas aguerri
s'émeut.
Celui qui a encore des larmes
les laisse couler.
Et celui pour qui les larmes ne suffisent pas,
celui-là fabrique un phénix
avec des plumes de poule, de la colle et du fil de fer
et lui introduit dans le gosier le mot «éternel»
pour qu'au moins on entende quelque chose
sur les champs immenses et muets.

 

Werner Aspenström


glané sur la page Facebook de Guy Marchamps

 

Publié dans Poésie du monde

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Moitié chair moitié papier

Publié le par la freniere

Moitié chair moitié papier,

moitié d'encre et de sang,

moitié les autres dans mon je,

je n'écris jamais seul.

Je saigne de toutes les blessures.

Je suis ce que j'ignore

et que les autres savent.

Moitié rêve moitié réel,

j'en ai passé du temps

à goûter chaque mot

comme on suce un noyau.

Avec un frrt entre les lèvres,

j'en recrache le sens.

Ne sachant pas que dire ni que faire,

j'imagine un pays où régnerait l'enfance.

 

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Poésie

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Je grimpe sur la page

Publié le par la freniere

 

Voyelles pliées, phrases au dos, je grimpe sur la page. Je m’accroche aux virgules, au sens, aux métaphores. La route est longue du silence à la voix, de la mer aux tisons, des racines à l’oiseau. Les bruits sont épars et le ruisseau de l’encre amplifie leur écho. Un grand galop de brume envahit les images. L’hiver est à portée de la main. D’une page à l’autre, il y aussi la neige, la pluie, le vent, le gel, des sacs ouverts sur le sol, des cailloux, des syllabes. Un vent serré comprime les paroles. Je m’accroche au lichen. Mes yeux parcourent l’horizon. Mes oreilles bourdonnent dans le silence botanique. J’aperçois un sourire dans une faille du sol, une pierre se dressant en menhir, un arbre s’échinant à faire craquer ses branches. Lorsque la glace endort l’eau, le rêve met ses patins. Je tourne en rond, autour, à tâtons, en démêlant à peine les formes de l’informe. Quand la gomme apparaît, il n’y a plus d’horizon, de montagne, de vallée. Les lieux se dérobent. Je n’efface jamais rien. Je m’accroche aux trous noirs. J’essaie d’enregistrer la croissance des arbres, l’éclatement des bourgeons, le cri glacé des saxifrages. J’entends le loup mordre le vent, la neige cracher le feu. Je pourrais être ailleurs, n’importe où. Le dedans est dehors et le dedans se perd au mitan de la page. Je cherche une éclaircie à travers les images, les mirages, les nuages.

 

Je ramasse les mots perdus sur les trottoirs parmi les papiers gras, les crottes de chien, les épluchures du progrès. Le temps ne fait rien à l’affaire quand on compte les heures comme on compte ses sous. Quand les âmes de synthèse envahissent les ondes, on n’entend plus le cœur mais le froissement du cash. On a bâti des banques sur les débris de Dieu, des enfants suicidés, des oiseaux de malheur. Où trouver la beauté entre l’utile et le futile, entre l’usure et le mépris ? Que faire d’une fête sans violon, d’une danse sans bras ni jambes, sans un oiseau à cordes ?

 

À défaut d’une clef, j’ouvre toutes les portes avec des mains sonores. J’écris à la mitaine, à la main, à la jambe, à pieds joints, à la force des poignets, à la belle épouvante comme un feu de fardoches, une araignée tissant sa toile gothique dans la poussière du monde. Avec mes désirs à bout de bras, je m’accroche au papier, à la neige, à la nuit, même aux os des sittelles. Quand la graine est sous terre, il faut l’encourager. Enfargé dans les mots comme une gélinotte, je grimpe sur la page. Je parle aux plantes, à la musique, aux pollens, aux pierres par solidarité, pour trouver l’harmonie entre deux sons de cloche. Même si les mots n’arrivent pas à la cheville du silence, je sème des voyelles dans la terre du cœur. La mer ne meurt pas quand les vagues se brisent. Une image parfois, une seule phrase, une simple pensée m’empêche de tomber.

 

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Prose

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Depuis le début

Publié le par la freniere

Il y a bien longtemps que nous avons perdu la guerre
contre le TERRORISME. Bien longtemps !
Depuis le début, faut-il dire ?

Le TERRORISME est un état de fait installé par le fanatisme, certes, mais par l'irresponsabilité d'une politique mondiale
qui dresse les peuples entre eux.

Plus de 250 victimes civiles, enfants et adultes mélangés
une psychose de l'attentat installée dans tout le pays
et inexorablement tous les 3 mois,
un drame qui tue de plus en plus de personnes.

Les trémolos dans la voix de HOLLANDE, VALLS
et toute la clique bien à l'abri, réclamant la solidarité,
une minute de silence et affirmant qu'il ne faut pas céder, m'insupportent, m'exaspèrent, me donnent envie de vomir !

Le sadisme jouissif des médias allant chercher l'image
la plus choquante, la plus près de la réalité, interrogeant
et interrogeant encore et encore les témoins, les victimes
en direct pour qu'ils racontent et craquent devant les caméras
en souvenir de l'horreur, me scandalisent.

Les médias participent au terrorisme à leur façon :
il veulent faire du chiffre, de l'audimat, vendre et vendre
encore plus de sales informations et faire grimper la côte
de leurs médias. Par leurs pratiques, la constitution
des droits de l'homme est bafouée chaque jour.

Je n'allume plus la télé, je n'allume plus la radio,
je ne lis plus la presse ! pas parce que j'ai peur
mais parce que je ne supporte plus ce commerce de l'horreur !

Arrêtez de mettre en vedette ces assassins et de montrer
leurs photos, leurs visages : à quoi ça sert ? Ils sont morts
et ils ne peuvent plus nuire ? Vous entretenez la haine de l'autre et le délit de faciès par de telles pratiques.

Votre fameux prétexte au droit à l'information
est une autre forme de barbarie !

A quoi ça sert d'ailleurs les barrière devant les écoles ?
Tous ces militaires qui marchent en long et en large
avec des mitraillettes neuves dont ils ne se sont jamais servi ?
A quoi ça sert ce foutu plan vigipirate, ces mesures que vous prenez en désespoir de cause, alors qu'à chaque attentat,
ça frappe plus fort, d'une nouvelle façon,
et que vous n'êtes jamais là où ça se passe.

A longueur de journée et à longueur d'années, je visite,
j'explore, je traverse des lieux, des dizaines de rassemblements
où quelqu'un, quelque chose pourrait exploser
et tuer des centaines, des milliers de personnes sans défense.

La foule est partout, vous n'êtes nulle part.
Car il est déjà trop tard.

Mais heureusement, vous pourrez faire de beaux défilés,
de grands discours plein de trémolos et travailler à votre prochaine campagne électorale.

Tous ces meurtres ravageant
des familles entières, vous en êtes responsables !
Ces trois millions de chômeurs dont certains mettent fin à leurs jours, vous en êtes responsables depuis des décennies !

L'accroissement des richesses pour l'élite que vous protégez
et à laquelle vous participez : vous en êtes responsables !

Arrêtez de nous faire croire au mensonge d'une démocratie
qui ne protège et n'enrichit que vous !

Arrêtez de mentir à ceux qui ont voté pour vous et que vous trahissez à chaque décision dans le simple intérêt de votre pouvoir, de votre richesse et du confort de vos privilèges !

Arrêtez de participer à cette barbarie
du vingt-et-unième siècle qui est le fruit
d'une incompétence totale de la politique dans le monde.

Qu'allez-vous faire quand le peuple sera à genoux ?
Des discours ? Des accolades ? Des promesses ?

Cette guerre est perdue car vous gagnez votre vie
sur notre vote et nous perdons la notre sur votre
déconnexion de la réalité.

 

Dominique Sampiero

Publié dans Glanures

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À propos de Nice

Publié le par la freniere

Publié dans Glanures

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Angèle Dubeau joue Philipp Glass

Publié le par la freniere

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Aphorisme du jour

Publié le par la freniere

Certains passent leur vie à s'en faire un linceul.

 

Publié dans Aphorisme du jour

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Là haut sur la montagne

Publié le par la freniere

Là-haut sur la montagne
j’habite un peu le ciel
mais j’y traîne ma boue.
Je me lève au matin
en tulipe ou en bois.
Je bois à la rosée
ce qu’y laisse la nuit.
Je trempe dans le cœur
une langue de chat.
Je jappe, je lape.
Je m’effeuille en mots.
J’écoute les messages
que sifflote le vent.

 

J’anime l’espérance
dans la paille des nids.
J’ouvre avec mes dents de lait
le noyau de la vie.
J’ai ma force dans l’eau,
mes yeux dans les étoiles.
J’ai ma voix dans la pierre
qui parle aux insectes.
Chaque feuille est un arbre
dans la forêt des fées.
Chaque mot est une image
dans un crayon de couleur.

 

Là-haut sur la montagne
où je soigne mon loup
les portes brisent leurs chaînes,
les meubles font le mur
et les carreaux brisés
s’envolent en oiseaux.

 

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Poésie

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Prose des jours

Publié le par la freniere

c'est ici qu'en l'année mille neuf cent trente-trois

j'ai commencé de mourir

c'est ici qu'en l'an mille neuf cent soixante-quatre

je n'ai pas fini de vivre

 

bonheur ou malheur je n'en ai cure ni de prose

ou de poésie

le langage tout entier est ainsi que l'homme à son

image et remembrance

 

et qui dénouera la vie à l'envers le nœud la mort

à l'endroit

 

du silence je viens au silence je retourne j'entends

le silence à deux

que si les mots ne font pas bien à la tâche nous

serons seuls une fois de plus

 

j'aurai mal parlé et toi de même car l'écoute est

une parole

tantôt belle tantôt laide comme la ruelle de

mon enfance

 

il me revient aux lèvres une chanson du quartier

et que chantaient les éboueurs le samedi matin

cela disait que la terre est ronde et que le soleil

brille pour tout le monde

 

j'ignore ce que sont devenus ces hommes gluants

mais la chanson mentait

ils devaient sans douter eux qui chantaient dans

l'ordure

 

moi ça m'a ôté le goût de faire des phrases comme

des entourloupettes

 

quand je dis que je t'aime ça devrait suffire mais

ça coûte cher ces aveux-là

 

il y a en trop qui jouent avec les mots comme les

intellectuels avec les allumettes

 

c'est à croire qu'ils n'ont jamais eu froid et qu'ils

ne connaissent pas le prix d'un peu de chaleur

même inhumaine

 

donc c'est ci que je me retrouve dans une ville qui

s'appelle Montréal et qui est mal fichue de haut

en bas

 

moi je l'aime c'est ma jeunesse et c'est mes amours

c'est la tendresse du vieil enfant qui dort en moi

et que j'éveille au matin de chaque jour

 

Jacques Brault

Publié dans Poésie du monde

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Comme un feu parmi les brandes

Publié le par la freniere

J’aperçois le semblable
à l’horizon des mots
pour dire ce que l’on ne sait dire

 

J’aperçois la Bovary
qui comparaît au tribunal du temps
pour son livre immoral sur Gustave Flaubert

 

J’aperçois les runes
murmurant leurs secrets
fuþakgwhni
jïpzstbemlŋdo

 

J’aperçois les Alpilles assises sur la Crau
Le complexe de Fos et ses fumées rouges
Les moules qui naissent dans le chenal
Reliant Notre Mer à l’étang de Berre

 

J’aperçois mes bâtons
Qui parlent à la plage
À l’encre qui bavarde
Avec la lune fiancée

 

J’aperçois l’Esprit de Rabelais
Et l’Amour des livres
Comme est le feu parmi les brandes
Et sapience qui n’entre en âme mali vole

 

Et j’ouvre ma fenêtre
Comme une orange
Ce beau fruit de lumière

 

Et comme ce poème qui n’est pas sur la page
mais dans la seule conscience d’un lecteur
mon semblable ma sœur

 

Jean-Jacques Dorio

 

 

Publié dans Poésie du monde

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