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Dialogue au bout des vagues

Publié le par la freniere

J'ai cru à l'éloquence des feuilles mortes
à Erzulie* femme d'amour qui fait bander et rougir les
sexes éparpillés
J'ai cru à Damballah* le dieu blanc aux rêves de serpents
J'ai cru aux vaccines* à résonances nègres de sueur et de
danse banda
J'ai cru à la justesse des luttes antiracistes au partage
à l'amour aux Sources du Vaucluse
J'ai cru à l'écartèlement à l'éclatement à l'orage au brasier
J'ai cru à la marée aux trêves de l'Histoire
J'ai cru aux effluves de fritures de graisse et d'huile chaude
J'ai cru au soleil sur nos rancunes et notre désarroi
J'ai cru au poisson-gros-sel aux lambis boucanés
au carangue* sur les grèves étriquées de cette terre
nôtre
J'ai cru à la parole libérée à la démence du verbe
à Port-au-Prince qui s'éveillât emmurée un matin
au milieu de peintures de jardins et de poèmes
emmêlés
J'ai cru à l'enfant qui naît à l'être défloré à l'Homme universel
à la Paix aux étoiles martyrisées
J'ai cru à tes chants taillés dans le silex l'ébène et la pierre
J'ai cru enfin à toi à ta façon d'exister à ton amour à tes mots
ces mots d'honnêteté de pureté d'intégrité
et d'aube franche


 

Gérald Bloncourt

Paris, avril 1988

 

*Erzulie: Déesse vaudou très belle et très jalouse.
*Damballah-Wedo: Dieu vaudou identifié au serpent.
*Vaccine: Tronc de bambou utilisé comme instrument de musique.
*Carangue: Dénomination créole d'un poisson très dangereux.

 

glané sur Emmila Gitana

 

Publié dans Poésie du monde

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Céline i.m.

Publié le par la freniere

À chaque heure du jour

je me souviens de toi.

 

Tu as laissé en moi

des traces de lumière

qui m'éclairent toujours.

 

J'avance à la lueur de toi

dans la nuit blanche des mots.

 

Notre amour survit

dans chaque être qui aime.

 

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Poésie

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Paroles indiennes

Publié le par la freniere

Paroles indiennes

« Il faut d’abord apprendre à penser individuellement avant de pouvoir collectivement. (Ré)apprendre à penser avec ses sentiments, dans un monde qui se joue de ses distorsions, pour sans cesse nous piéger… Dans un monde où la « loi du plus fort » s’appuie justement sur la manipulation et sur le saccage de nos émotions. Nous devons d’abord nous recentrer sur nos propres énergies, afin de ne plus laisser nos émotions parasitées, manipulées, dévorer nos sentiments. Nous devons réapprendre à percevoir avec le cœur. Ce qui nous est livré comme étant « la Loi », « la règle », la logique « universelle » ou « supérieure » du « plus fort », n’est que la loi de l’oppresseur, la logique de notre propre oppression. C’est de cette prétendue « Loi » que nous devons nous libérer pour redevenir des êtres humains. Le véritable pouvoir est au delà des gouvernements et de leurs directives, le véritable pouvoir de l’Homme est dans sa capacité à aimer, dans sa capacité à assumer ou pas sa propre responsabilité à la vie. »

 

« Lorsque je me promène dans l’Amérique profonde et que je vois la masse des blancs, ils ne se sentent pas opprimés, ils se sentent impuissants. C’est là que nous pouvons mesurer l’étendu du génocide psychologique qu’ils ont déjà infligé à leur propre peuple. »

John Trudell / Poète et Activiste Lakota

Publié dans Paroles indiennes

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Mourir d'espérance

Publié le par la freniere

Nous faudra-t-il inventer une raison de vivre pour contrer l’économie ? On n’a pas vu mes larmes. On n’a pas vu mon sang. La vie commence avec un capital d’illusions, avec la mort en supplément. Dans l’oppression de ma poitrine, un air d’ocarina (mon père en jouait entre deux raids aériens), de flûte à bec ou de gazou, colmate mes poumons déchirés. Avec le temps, la mémoire se vide. Je dois mouiller la boue entre les parenthèses. Chaque matin, je dois recommencer, mais ni le crayon ni la pelle ne suffisent. La mémoire s’écroule. C’est mot à mot que j’entasse les briques. Pourtant, je suis vivant. J’aime et je parle. Je surveille les arbres jusqu’à la floraison. Je me perds en moi où je longe un abîme. Mon pied retient ses pas au bord de la falaise. Il faudra bien un jour effacer le passé pour faire place au présent. Nulle métaphore, pourtant, n’efface les sanies ni l'hernie de la chair, le sang, la salive et l’urine. Je suis l’idiot penché sur un arbre abattu, le fou qui parle seul et l’enfant qui dérange. Je m’émerveille encore des tapis de verdure. Parmi tant de brins d’herbe nul brin n’est pareil. Quand on dit l’homme, on doit revoir son enfance, déshabiller le temps des loques du présent. On me refuse à boire. On impose à ma soif toute une pharmacopée. Je me souviens encore du ventre de ma mère. Malgré la cendre et la poussière, le sang fait des projets. Je ne veux pas mourir à genoux, mais dans les bras de l’amour. Qu’on me brûle plus tard avec mes vieux brouillons et tous mes invendus. L’ici-bas et l’ailleurs soufflerons sur les braises. Pour tous les Indiens morts, je partirai en signes de fumée. Je serai ce présent qu’on conjugue au futur. Je veux mourir d’espérance.

 

Jean-Marc La Frenière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le coeur en feu

Publié le par la freniere

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Levée d'écrou

Publié le par la freniere

Levée d'écrou

Publié dans Glanures

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Pèlerinage

Publié le par la freniere

La fête de Montréal passe par plusieurs ruelles, celle de Chateaubriand avec l'Enfant Fort et Benoit Fauteux, celle de la ruelle Joly avec Serge Lemoyne et ses acolytes d'Intersection... certaines rues, comme Sanguinet avec les gangs de l'Association des Sculpteurs du Québec d'Armand Vaillancourt et de Jean-Gauget Larouche et du Centre d'essai Conventum avec les Duchesne, Gagné, Painchaud, Tremblay, Bouchard, ...
et la rue Duluth avec les fêtes de rue avec Sonia Chatouille Coté et Rodrigue Chocolat Tremblay, et tout à coté le Matin des Magiciens de François Gourd et compagnie...
si on passe par la rue Sherbrooke, on est happé par la présence de Papa Pédro Rubio Dumont et son association espagnole qui a accompagné la CasaNous de Pierrôt Le Fou et la gang du QuébecTiguidou dans une folle aventure avec Patrick Le Bison Ravi Straram, Le Baron Philip, Philippe Gagnon et Dominique Tremblay en violons de métal, et toute la Rélève et le Rézo des boîtes à chansons underground et overground de Montréal et d'ailleurs...
en faisant une petit pèlerinage Chez Dieu dans le Vieux avec Reggie Chartrand, nous rencontrons la Sainte Trinité de Plume Latraverse et Dr Landry avec le poète Pierrôt Le Fou Léger et les artisans de l'Amorce, la boîte du Jazz Libre du Québec dont on se souvient qu'elle a été incendiée par les sbires du pouvoir policier en place...
dans les avenues de la Montagne, l'expérience inouie du Café Campus des étudiants de l'Université de Montréal reste encore vivante aujourd'hui sur la rue Prince-Arthur...
en continuant notre arpentage culturel de la Ville nous grimpons la rue St-Denis et nous faisons la tournée des grands-ducs, en passant par la Galoche, le Bistro à Jojo, La Cour, le Funambule, Le Fridolin, les Éclopés, Le Plus Moche, l'Exit, Le Cargo, Le Café Central, en titubant entre le Cheval Blanc, l'Inspecteur Épingle et les Clochards Célestes avec un Passeport pour les Foufounnes Électriques...
les Jazz Bar, Rising Sun et autres clubs nous ont ouvert les pistes de l'Improvisation et du Free jazz et des musiques expérimentales avec les Claude Vivier et le Pit de l'Avenue du Parc et le quartier général du situationniste Patrick Straram le bison Ravi à la Taverne Wilson de la rue Laurier et le Miraclès, les Lundis des Ha! Ha! et j'en passe La Grande Passe et le Robutel et les lieux des grands frères Langevin, Miron, Godin et associés, la Hutte Suisse, le Chat Noir et les autre cabarets du Montréal Underground des Lanternes Rouges...
Montréal est une belle grande ville universelle à cause de ses fous créateurs et leurs délires artistiques, à cause des entrepreneurs imaginatifs et de ces animateurs festifs qui ont fait de cette bourgade un lieu de pow-wow, de pothlash, de happenings et de festivités sans limite ancrées dans l'aventure de la Nouvelle-France en Amérique...
Les Amériquois se tiennent dans le Bar du Clan Destin... avec la musique du Pouet Pouet Band du Montréal Transport Limitée...

 

Alain-Arthur Painchaud, arpenteur des méandres d'ici...

Publié dans Glanures

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Khlebnikov

Publié le par la freniere

Khlebnikov
Khlebnikov

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Je n'irai pas plus loin que mes chaussures

Publié le par la freniere

Je marche à coté de ma petite voix, je n'irai pas plus loin que mes chaussures.

Je marche à ma recherche, sans savoir si être homme aurait consisté à parler plus haut que les autres ; sans savoir si ma vie valait plus que celle de mes amis, que celle de mes contradicteurs, que celle de mon chat ou celle des tressaillements du silence où s'embusque la Question.

Un jour je partirai, à mon doigt l'anneau de croyance sertissant  ma conscience et le diamant bleu de mes doutes aux mille voix contradictoires.

Chaque pensée, chaque brindille, sera à sa place dans la forêt près du grand arbre, près de la vieille maison et de la pierre abandonnée.

La révolte et la douleur des laissés pour compte, ne seront jamais la parure logique des statistiques. Le sang, les représailles, le malheur, se nourrissent toujours de frustrations et de rêves en berne.

Aux rendez-vous de la désespérance, chaque pierre dressée est la muraille d'un passé portant son chemin de raisons. La fleur et l’océan y meurent noyés au triomphe des famines ; les bébés de la soif aux ventres enflés y ferment des yeux démesurés.

Quand l'homme va sur Mars nourrir sa curiosité, les étoiles l’accusent.

La fleur et le rossignol le savent, ce n'est pas plus l'homme qui fait l'Histoire que l'Histoire qui fait les hommes.

Le vieil Iroquois et mon chat le savent, ce n'est pas la nuit qui endort les consciences, c'est le sommeil des consciences qui tue les vérités essentielles.

Sur mes routes intérieures, les mots respect, bienveillance, justice, amour, cherchent leur voie.

Dans le décompte des rires, sans couteau, sans doigt tendu, je n'accuse personne.

J'habite près de mon cri.

Où que j'aille, le renoncement flétrit les utopies de l'homme debout.

Sur les terroirs d’indifférences, le prédateur fait école, brade, troque sa conscience, reçoit des médailles dorées, oublie les gens de peu et les vies de rien, oublie que notre maison commune s'appelle la terre.

Si un jour on me tuait, pour mes idées ou quelques haines millénaires, serais-je plus important qu'un battement d'aile, qu'une fleur, qu'un bébé orang-outang ? Irais-je plus loin que les ailleurs du Pourquoi et de la Question ?

Je partirai en paix, sans reproches, car tous auraient dû être mes frères.

Dans une rumeur de fleurs sèches, d'enfants sauvages, de quartiers où la tendresse s'est perdue loin de toute espérance dans la furie des porteurs de haine, je parcours la Question. C'est au mauvais terreau que le chiendent étanche sa soif. 

Les temps viennent, ma nuit arrive, je n'irai pas plus loin que mes chaussures.

Où que j’aille,  je serai sans haine.

Je resterai une âme debout parmi les fils des forêts de vie où l'espoir garde sa place, une feuille sous le vent, là où, encore, les enfants chantent les lendemains.  

J’irai, ne renonçant à rien, il me faut vivre et dire ce à quoi je crois.

J'irai, la plume en arbalète combattre mot à mot les maux.

J'irai, recherchant l’harmonie, attendant que ma Mère la Terre reprenne ce qu'elle m'avait prêté.

Je marche, sa petite voix à mes côtés.  

Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Adieu Réjean Ducharme

Publié le par la freniere

Adieu Réjean Ducharme

«Je ne suis né qu'une fois. Cela s'est fait à Saint-Félix-de-Valois, dans la province de Québec. La prochaine fois que je mourrai, ce sera la première fois. Je veux mourir verticalement, la tête en bas et les pieds en haut.»

Adieu, Réjean Ducharme. Longue vie à ton fantôme.

Publié dans Les marcheurs de rêve

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