Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La vie privée du cinéma

Publié le par la freniere

Publié dans Glanures

Partager cet article

Repost0

Poète en herbe

Publié le par la freniere

L'espace le temps
où se rencontrent-ils
les heures fuient
dit le philosophe
J'attends toujours le retour
de mon boomerang
lui répond le physicien

L'enfant qui ne comprend pas
caresse dans ses mains
une belle pomme rouge
et il demande à sa maman :
comment font-elles
les fleurs pour devenir des fruits?
Il n'attend pas la réponse et s'en va jouer.

L'espace et le temps
se font face
Le premier dit :
tu n'existes pas
l'autre répond ;
certes, mais sans moi
tu ne saurais pas qui tu es.

Eliane L., 13 ans

publié par André Chenet

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost0

Lire le bois

Publié le par la freniere

Photo JD, cambrousse, 22 novembre 2017

Photo JD, cambrousse, 22 novembre 2017

Influences sans doute de la culture métissée des Cantons-de-l'Est, la haute théière en fer blanc trônait jour et nuit sur un des ronds du poêle dans la cuisine de mon enfance. Thé noir Salada vendu en brique. La poche moderne instantanée introduite plus tard n'a pas été un succès chez nous. D'autant plus que ma mère se tirait au thé. Il fallait des traces, des pistes accumulées, légèrement balancées au fond de la tasse. Une brume de mystère noirâtre entourait les révélations qui sautaient à la figure de ma mère. À la maison voisine d'à côté, sa sœur, ma tante Anna, en faisait autant avec ses yeux espiègles, un sourire comme une fleur abénakise, elle n'en disait guère davantage. Tirer au thé est peut-être bien féminin. Moi, j'avoue tirer aux rondins de bois. C'est hallucinant ce qui se révèle par l'imprimerie des coups d'ange de la Nature. Oui, je touche du bois depuis, ma foi, l'âge de raison. Sept ans. C'était ma job de rentrer le bois, matin et soir, dans la boîte à bois. Détrompez-vous, ce n'est pas du tout routinier pour un enfant. Ça m'a permis d'imaginer mille histoires, d'inventer beaucoup en parlant tout haut. Il n'y a pas un seul quartier de bois semblable à un autre. Je ne me souviens plus au juste comment je m'y prenais pour entamer le haut d'une nouvelle cordée. Je ne me suis jamais fait mal.

Vu qu'on a commencé à chauffer, hier, j'ai tiré. Un coeur tatoué dit tout!
Bon black frisât!

 

Jacques Desmarais

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost0

Instantané

Publié le par la freniere

Vous donnez à boire à votre fils.

Vous le laissez seul cinq minutes,

le temps de passer à la cuisine

rincer le biberon.

 

Lorsque vous revenez

il chausse du quarante-trois et discute

au téléphone avec sa petite amie.

 

Vous soupirez et fermez les yeux

un instant.

Quand vous les rouvrez,

il tient un bébé dans ses bras

et vous appelle papy.

 

Patrick Beaucamps

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost0

Équilibre

Publié le par la freniere

[à mon grand ami, Jean Désy]

Peut-être le milieu est-il tout à côté
de soi, là où de Saint-Denys Garneau
croyait se perdre — lors même qu’il avait
trouvé comment construire de sa peine
l’œuvre que tant il espérait. Ne perdons
pas de vue que les jours nourrissent
l’âme, même à notre insu, et qu’il faut,
outre la patience que loue Rilke, l’attention
et l’abandon au moindre signe de beauté,
rien de plus mais rien de moins. C’est là,
en cet équilibre des limites, que se trouve
le point précis où je peux me recueillir.

Claude Paradis
17.11.2017

 

Publié dans Poésie du monde

Partager cet article

Repost0

De Beauvoir et Sartre (entrevue pour Radio-Canada)

Publié le par la freniere

Publié dans Les marcheurs de rêve

Partager cet article

Repost0

Comme si

Publié le par la freniere

Comme si les hommes étaient

comme les femmes et les enfants

comme si l'amour était réel

comme si la main était l'outil

comme si la faim était le pain

comme si la peau était plaisir

comme si le ventre était fœtus

comme si le tête était le cœur

comme si le cœur était la tête

comme si la mort était la vie

comme si la vie était l'espoir

comme si l'espoir était l'amour

 

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Poésie

Partager cet article

Repost0

Ils ont dit

Publié le par la freniere

C'est là qu'on est rendus.
On observe, les bras ballants.
Figés comme un chevreuil devant un truck.
Surtout ne rien changer.

Caro Caron

Partager cet article

Repost0

Souvenir

Publié le par la freniere

photo: Christian Saint-Denis

photo: Christian Saint-Denis

Gaston Miron, Germain Perron, Janou Saint-Denis, Patrick Straram

Publié dans Les marcheurs de rêve

Partager cet article

Repost0

La fin se lève

Publié le par la freniere

La fin se lève.
 Qui a parlé.
Moi, un inconnu, un fantôme.
Nous habitons une terre féroce où les « Droits de l’homme »
 sont au mieux notre misérable butin.
 Dans la mort qui monte, j’entends tourner les roues maléfiques qui broient
victimes et bourreaux, pêle-mêle.
Le flanc percé d’une lance longue et fourbe, l’homme saigne.
La lumière a rétréci dans notre regard
 jusqu’à épouser la dimension de la plus minuscule piécette d’argent.
La fin se lève ?
Mais  nous  n’avons  pas  encore  donné  notre  accord.
 Égarés,  déchirés d’amour, d’un désir d’amour surgi le premier jour
avec nos os, nos vertèbres, nous tentons parfois de nous redresser
hors de la bauge de fatalité et d’ennui.
Nous contemplons les étoiles glacées sans signification.
Nous questionnons la bête morte, putride, abandonnée au bord du chemin,
et le caillou muet.
Nos poings se serrent, se souvenant toujours des antiques rébellions,
des songes plus anciens que la mousse au pied des arbres.
La foi a déserté nos cœurs.
Elle a fait place à la terrifiante lucidité.
Mais la lucidité est plus amère que le plus pauvre pain.
Nous nous tenons au bord de l’aube, au bord de la nuit,
nous écoutons les voix sourdes des camarades
qui agonisent dans les prisons bâties par des mains d’hommes.
 Et nous creusons des labyrinthes pour parvenir jusqu’à eux,
dénouer les haillons, déchirer les chaînes.
Nous tendons à travers les ténèbres l’oreille des désespérés.
Le feu s’est refroidi dans nos muscles.
Devenu matière dure, infracassable,
 il nous maintient debout, irrémédiables dissidents

André Laude

.


 

Publié dans André Laude

Partager cet article

Repost0

1 2 > >>