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L'arbre de mots

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Suzanne

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Léonard Cohen traduit par Gilbert Langevin

Publié dans Poésie à écouter

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Humeur

Publié le par la freniere

Commencer un livre...

(ce qui n'est pas le lire)

commencer un livre donc

c'est comme s'asseoir un 17 septembre 1959

sur la plage de Dieppe

et écouter rouler les galets

trembler le ressac des entre chocs minéraux

contre son coeur

et aimer la Normandie

faute d'aimer l'amant de sa mère.

commencer un livre...

c'est comme s'asseoir au 7éme étage d'un immeuble

côté cour

au 32 rue de Chazelle 17 éme arrondissement

à se demander la suite

douce ou obscure

à donner à sa chute probable…

et détester les « riches »

les odeurs d'encaustique envoûtent

les enfants tristes de concierge

Peut-on terminer un livre

pas à l'écrire

pas à le lire

mais le terminer vraiment

comme on termine

une tranche de vie

une tranche de pain rassit

une tartine de vie.

Jamais pu aller jusqu'au bout

toujours effrayé

par ce volume de mots

ce frémissement inconditionnel de savoir, à voir

et pourtant je les aime, ces livres.

la poésie m'a aimée

m'a aguiché, séduit

amante volage qui convenait bien

au peu d'envie de lire

qui caressait mon esprit

le théâtre a été aussi longtemps en compétition

pour les mêmes raisons

j'arrivais parfois à refermer le livre

et à croire ainsi

avoir vaincu l'auteur

je suis allé jusqu'au bout

et puis la poésie on la prend par tous les bouts

on la picore

on la dévore

on la regarde

on la touche

on l'embrasse

en pointillé on se l'accapare

elle fait de même

au bout du compte

elle ne s'est pas laissée lire sans résister

A-t-elle imaginé

une fin suicidaire

ou simplement

la griffure du petit matin

qui tarde à venir

ou

vivre autrement

 

Jean-Luc Gastecelle

 

 

 

Publié dans Poésie du monde

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La colère

Publié le par la freniere

Ça te vient, ça t'arrive, cent clébards dans la tête,

Une locomotive, un barrage qui pète

Ça te sort d'une graine et ça devient un tronc

Et les branches d'un chêne qui t'éclatent le front

C'est jouir à l'inverse, c'est un ciel à sanglots

Et son grelon qui perce les parois de la peau

C'est pleurer à l'envers, le pétard de la peine

L'orgasme de la haine. C'est s'entr'aimer quand même,

La colère

C'est un piano qui cogne dans l'orchestre des veines

Ce pipeau dont l'haleine sent mille saxophones

C'est la sueur de décembre, mourir en italique

Vouloir nouer ensemble la Manche et l'Atlantique

C'est une épée tendue à la barbe des cons

Une fleur de passion aux pétales pointus

C'est le jour moins le jour, c'est un accouchement

Sans l'aube d'un enfant, les mâchoires de l'amour,

La colère

C'est les yeux qui s'effritent et le poing qui se blesse

Au tranchant des caresses, au baiser de la vitre

«Patron, une dernière, à la santé du diable !»

Et je casse mon verre sur le bord de la table

C'est un rire qui balance sous le ciel des gibets

Et son sexe bandé en haut de la potence

C'est le cœur éclaté mais c'est mieux que se taire

De pouvoir la chanter, comme hurler de colère,

Sa colère

C'est l'anus du Vésuve dessous ma casserole

Un fleuve de pétrole où navigue l'étuve

La langue qui s'embrase, la salive qui brûle

Et le ventre qui hurle pour attiser les phrases

Cette vague de braises au bûcher de la mer

Cette écume incendiaire qui lèche la falaise

C'est un feu de chevaux lancés au cœur des champs

Et le vent qui reprend l'odeur de leurs sabots,

La colère

C'est sauter à deux pieds sur l'édredon des ronces

La rage qui défonce les portes enfoncées

C'est l'opéra du cri, l'orage de tes bras

C'est cracher du lilas à la gueule des orties

C'est un hymne de fou, c'est l'étincelle noire

Qui porte à la victoire l'agneau contre le loup

Un baiser en dedans à l'amitié complice

Qui mord à pleine dents le cul de l'injustice,

La colère.

Alain Leprest

Publié dans Poésie à écouter

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Le sourire éternel de Robert Dickson

Publié le par la freniere

Le sourire éternel de Robert Dickson

Retour sur l’œuvre tendre et inquiète d’un grand bâtisseur de la culture franco-ontarienne

« Je suis à ma table de cuisine qui / n’est pas vraiment une cuisine / je suis là comme une espèce de / robert dickson mais sans le café / sans le silence de sudbury sans le sourire de robert qui pouvait / illuminer toutes les galeries de / nos vies souterraines », écrit Patrice Desbiens dans Bobby Has Left the Building (En temps et lieux 2), une suite de six poèmes parus en 2008, un an après le départ de son ami.

De son arrivée à Sudbury au début des années 1970 jusqu’à sa mort le 19 mars 2007, Robert Dickson aura été le coeur battant du Nouvel-Ontario en plaçant la poésie au centre de l’affirmation identitaire d’un peuple refusant avec vigueur sa fragilité historique. Ubiquitaire architecte de nombreuses institutions culturelles du nord de la province, il collaborera d’une manière ou d’une autre au bourgeonnement des éditions Prise de parole (qu’il cofonde en 1973), de la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario, du Théâtre du Nouvel-Ontario et de la Galerie du Nouvel-Ontario.

En 1975, cet anglophone né à Erin, tombé amoureux du français en même temps que d’une Française, publie en format affiche son premier poème, Au nord de notre vie, un choix témoignant de son désir de faire pousser des racines à la poésie dans le terreau souvent aride de la vraie vie.

« Nous / têtus souterrains et solidaires / lâchons nos cris rauques et rocheux / aux quatre vents / de l’avenir possible », peut-on lire alors sur les murs des appartements de plusieurs Sudburois, des vers bientôt mis en musique par le groupe CANO. Le drapeau franco-ontarien sera déployé la même année. Largué par le Québec, parti se rêver un pays, l’Ontario français, tout comme l’Acadie, apprend à se nommer lui-même.

« La poésie a toujours occupé un espace privilégié chez les peuples minoritaires, surtout chez ceux qui sont menacés linguistiquement. Il y a toujours ce besoin d’une parole forte et rythmée qu’incarne la poésie », observe l’ami de Dickson, Jean-Marc Dalpé, cadet de ceux que l’on appellera les trois D (Dickson, Desbiens, Dalpé).

« Je me souviens très bien d’entendre Robert dire que pour lui, c’était extrêmement important que la poésie ne demeure pas confidentielle. Il fallait qu’elle trouve son public. Dans les années 1970, en Ontario français, les lieux où elle pouvait se faire entendre n’étaient vraiment pas légion, d’où ce choix de publier une affiche », rappelle quant à elle Johanne Melançon, qui prenait la relève de Dickson à l’Université Laurentienne de Sudbury en 2005. La professeure signe la préface d’Aux quatre vents de l’avenir possible, les poésies complètes de Dickson parues il y a quelques semaines.

Trouver la grâce du quotidien

« C’était pas tout à fait le Greenwich Village de Bob Dylan, mais on était une belle gang de joyeux lurons », rigole Jean-Marc Dalpé au sujet de ce Sudbury littéraire et culturel de la décennie 80 mythifié par la poésie de Robert Dickson ainsi que par celle de Patrice Desbiens, qui surgissent tous les deux sous les traits d’un sage et d’un frère entre les strophes de l’autre.

En 1981, un jeune Jean-Marc Dalpé s’installe à Sudbury afin de réinventer le Théâtre du Nouvel-Ontario avec Brigitte Haentjens, qui en devient la directrice.

Il publie chez Prise de parole trois recueils de poésie, tous traversés par une tempétueuse colère quant au sort économique et culturel des francophones hors Québec, un sentiment partagé par Dickson, bien que de manière plus discrète entre les pages de ses livres.

« Je sais que commencer une phrase en français / et être obligé de l’achever en une autre langue / parce qu’on est à bout de mots / à bout de notions natales / c’est la mort qui approche / ce n’est pas correct », regrette-t-il en 1978 dans Or« é »alité, sans doute le passage de son oeuvre le plus explicite à ce sujet.

C’est davantage par rapport à l’apocalypse environnementale, ainsi qu’à la guerre alimentant des brasiers partout sur la planète que Robert Dickson se tourmente. Héritier de la contre-culture et de l’écriture automatique, ironiste d’une infinie tendresse, humaniste blessé par la violence d’un monde tyrannisé par l’argent, le généreux poète savait contempler le quotidien sous un jour en en révélant l’insoupçonnée beauté.

« Robert posait sa loupe sur les petits riens de la vie afin d’y trouver des moments de grâce », résume Dalpé. Exemple parmi tant d’autres, intitulé « Toi, aux vues » (tiré de Grand ciel bleu par ici, 1997) : « ton profil un instant / deux instants au grand écran / en panoramique // mon coeur en travelling / accéléré un deux trois quatre / un deux trois // je vais lui parler moi / au gars des vues / avec qui t’as arrangé ça. »

Un grand petit poème

Au printemps 2006, Jean-Marc Dalpé est invité par le Salon du livre de Paris, puis prolonge son séjour afin de passer deux semaines avec son ami Robert, installé pour la saison à Aix-en-Provence. « Quand je pense à lui, je nous vois tous les deux qui jasent sur son petit balcon avec le cerisier pas loin qui est en train de fleurir. » Une image dont Dickson aurait assurément su tirer un grand petit poème.

 

Dominic Tardif

in Le Devoir
 

Aux quatre vents de l’avenir possible. Poésies complètes
Robert Dickson, Prise de parole, Sudbury, 2017, 450 pages

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Les joyaux de la colère

Publié le par la freniere

Les joyaux de la colère
Pour toi,
L’amour en robe rouge
L’amour en clé de sol
Au ras du soleil
L’amour en tout
Pour toi vers nous
L’amour aussi rare que l’or
Ou que l’air des villes mourantes
L’amour en croix
En cris en voix
J’étais si nu
Dans l’aurore fade
Qui nous colla
Son air fatal
Au ventre bleu
De nos désirs
J’avais vécu tant de nos êtres
En un silence
Heureux de naître
Avant de croire
Au ciel du cœur
Où ton beau corps
Sauve mon âme
Pour coucher
Dans le lit des rivières?
Des rivières
Qui se souviennent
Encore de nos cris
De nos nuits
Tout ce soleil qui court
Qui court
Qui court avec ton âme noire
Et lumineuse aussi
Alors tu sais que vivre est une fleur mortelle
Gilbert Langevin

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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Sur les claviers...

Publié le par la freniere

Sur les claviers, dans la désespérance des utopies,
je sculpte des mots d'espoir et de larmes sur des avenirs d’enfants.
Sur des papiers aphones, je griffonne ce terminal de l'âge
où la raison se perd dans l'effacement des chemins.

Assis sur les certitudes d'un vieux monde
qui renie ses crimes, vend ses pesticides,
rejette son carbone et marchande la misère,
je calligraphie des cris de sang.

Je sonne le tocsin quand l'élite vomit son indifférence triomphante
alors que dans nos rues et ailleurs, le froid, la faim et le non-droit
laissent des corps sans vie le long des routes.

Je pleure car les enfants, les femmes, et les hommes esclaves
sont toujours trop loin pour toucher les consciences.
J’écris, quand Noël arrive, sur un monde qui cherche sa route.

Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

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Prendre le Nord aux dents

Publié le par la freniere

Prendre le Nord aux dents

L’année 2014 s’est terminée, du moins en Montérégie, sous une douce chute de neige nocturne et par une baisse marquée de la température. Alors que, dans les maisons, tout le monde se souhaitait la bonne année et se transmettait le virus de la grippe à grands coups de becs et de poignées de main, le ciel s’emplissait de légers flocons qui tombaient lentement et allaient recouvrir nos rues, nos arbres et nos terrains pour le plus grand bonheur d’une partie d’entre nous.

Le premier janvier au matin, en regardant par la fenêtre, les skieurs tapaient dans leurs mains d’enthousiasme, les patineurs retrouvaient cette lueur au fond de leurs yeux, les raquetteurs se remémoraient l’odeur des conifères en forêt et l’âme de la traîne-sauvage s’ébrouait dans le cabanon.

Parallèlement à toute cette joie, des millions de Québécois renouaient avec leur vieille habitude, celle de vilipender l’hiver et de traiter la neige comme une calamité. Ce sont les mêmes qui, en novembre, vont s’acheter une pelle en pestant. Les mêmes qui se mettent à blasphémer dès que les toits se drapent de givre au réveil. Les mêmes encore qui, au bord de la crise de nerfs, vont sortir les bottes, les foulards et les parkas du garde-robe en cèdre et vont rechigner à les porter, frappés par la négation saisonnière.

Tout cela peut vous paraître anodin mais, bien au contraire, c’est un sujet qui me semble fondamental. Principalement pour nous, indépendantistes. Fondamental parce que relevant de l’amour du pays, du territoire. Nous traversons l’histoire au rythme des quatre saisons, bien distinctes les unes des autres. Ce cycle fait partie de nous, il balise notre mode de vie, il façonne les paysages ainsi que les individus. Notre hiver québécois est le point fort de ce cycle. Si âpre, si violent, mais à la fois si pur, si flamboyant. Source de tourments et de tracas, de cafard et d’ennui, mais aussi source de plaisirs et de réjouissances, de félicité et de ravissement. Je ne sais pas pour vous, mais moi, une épinette bleue dont les branches ploient sous le poids d’une bonne bordée de neige, ça m’émeut. Le pont de glace de Saint-Denis-sur-Richelieu éveille en moi de profonds sentiments de fierté atavique. Les mésanges, les geais bleus, les lièvres et les écureuils qui peuplent périodiquement ma cour arrière m’impressionnent par leur acharnement à dénicher de la nourriture dans ces conditions hostiles. Pour moi, l’amour du pays se rend jusque dans le banal. J’aime sortir de chez moi dans le petit matin, déneiger ma voiture pour aller travailler et en profiter pour saluer ma voisine d’en-face et échanger quelques mots tandis qu’elle exécute les mêmes gestes que moi. J’aime ce vent glacial qui me fouette les joues et j’aime aussi cet air sec qui colle ensemble mes deux narines. J’aime les termes que mon peuple a inventés pour décrire sa réalité: poudrerie, frette, souffleuse, banc de neige, nordicité, brimbale, tuque, mitaine, frasil etc… c’est pas de la poésie ça?

Mais bon, je ne voulais pas vous faire subir une envolée plus ou moins lyrique remplie de clichés et de lieux communs sur la beauté féerique de l’hiver. On dirait bien que je suis mal parti, n’est-ce-pas? Ce que je souhaitais vraiment vous faire comprendre, l’idée de départ de ce texte, c’est que l’affection que nous portons à notre territoire ne peut pas être complète si nous refusons d’embrasser passionnément la période hivernale, malgré toutes les complications qu’elle entraîne. Et c’est d’autant plus vrai pour nous, qui voulons faire de ce territoire un État indépendant. Pour moi, un indépendantiste qui crache sur notre bel hiver, c’est antinomique. C’est une contradiction irréconciliable avec notre lutte de libération nationale. Vous voulez quoi? Vous libérer au printemps et en été seulement puis pleurer la Conquête quand vient l’automne et redonner les rênes de la nation aux pourris d’Ottawa à la première neige? Soyons sérieux! On reprend notre pays et on l’occupe partout, tout le temps, malgré les blizzards et les bourrasques, ou bien on le cède à l’ennemi une fois pour toutes et on se contente de regarder la tempête en suçant un glaçon.

Pour ma part, j’aime mieux avoir des engelures aux mains à force de pelleter mon entrée de cour qu’attraper un rhume de cerveau en regardant le voisin pelleter la sienne. Sur ce, je vous laisse, j’ai une soupe aux pois sur le feu. Allez, bon hiver…

Jean-François Carrier

Publié dans Glanures

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Même

Publié le par la freniere

Quelque chose qui ne fane pas, ne blesse pas, un amour d'altitude. Tout petits souffles, moindres rocailles, herbes maigres, creux de vents, traces d'insectes, je crois aux riens qui valident la vie. Seul l'amour sauve, ai-je un jour écrit désignant toutes formes, toutes choses. Accordée au vivant, malmenée par lui, la fragile condition cherche son sens dans son incomplétude. Je sais d’instinct que même l'ombre parle de lumière.

 

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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La star du rodéo

Publié le par la freniere

Publié dans Denis Vanier

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