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Légitime

Publié le par la freniere

Terre de septembre, ma Mère, comme toi je suis des derniers fruits et des guérets sanguins. Comme toi, je protège la parole donnée et la graine à venir.  Au soirs de lune orange sur le portant des vignes, au portail de l'ultime saison, je sais des mots de feu. Et les pas qui inventent la route. Des sols charnus jusques aux cimes, je bois tes éléments dans la coupe des mains. Des crinières des arbres aux obstinements d'herbes, je chevauche l'espace. Avec les plumes d'anges et les abeilles en miel, je ne cèderai rien aux dormances d'hiver. Et c'est debout et nue, en lumière montante, que je l'écris à l'encre rouge au mordant du soleil : je suis légitime d'aimance.

 

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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NOUS

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie du monde

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En désespoir de cause

Publié le par la freniere

Encore sous le choc d'avoir été mis de coté par le Café qui nous accueillait pour le Festival de la Paraculture, j'avais préparé un discours en forme d'hommage à tous le militants chrétiens, athées, métis qui m'ont influencé dans la théologie de la libération, que ce soit Mgr Câmara ou Oscar Romero assassiné en pleine église par les factions d'extrême droite, je pense aussi à Louis Riel mystique métis, fondateur des pays du Manitoba, pendu par les sbires du fédéral, à Olivier Chénier assassiné lui aussi par les troupes loyalistes qui lui ont arraché le coeur, à Salvatore Allende qui lutte jusqu'au bout pour défendre la démocratie contre les fascistes de Pinochet au Chili, je pense à Desmond Tutu en Afrique du Sud et à l'abbé Pierre, résistant et fondateur des disciples d"Emmaeus, je pense à mes ancêtres Painchaud, Joseph, fondateur de la Société St-Vincent-de-Paul et Charles-François, fondateur du Collège d'Agriculture de La Pocatière. Nommez-les, ces apôtres du quotidien dans les syndicats catholiques, le Père Legault, le Père Lussier, les fondateurs de la Faculté des Sciences sociales de Laval, Marie Victorin et son Jardin Botanique, un des premiers chantiers sociaux de notre histoire, en les saluant je voulais honorer le Père Emmets John alias Pop's et son Bon Dieu dans la rue...
Et voilà mon discours: " On peut pas rester dans nos tours d'ivoire à regarder le monde s'en aller vers l'abime sans lever le petit doigt. C'est çà le pouvoir de la rue. Chaque geste posé à l'ombre des dominants, chaque soupe populaire organisé dans les parcs et partout, chaque opération de vide-grenier pour amener de la chaleur dans les rues, chaque achat local auprès des artisans, chaque opération d'entraide est une action révolutionnaire dans la Paraculture. Quand tu travailles sur un projet d'expositions collectives ou une chorale de quartier, quand tu montes un show bénéfice pour une amie qui part un projet ou un voyage, quand tu crées un fanzine ou un journal de quartier, tu fais une brèche dans la carapace du système capitaliste, système de l'égoïsme, de l'individualisme à outrance,, du mépris des classes laborieuses par les "Tim Horton" de ce monde. Impliquez-vous qui disait! Dans vos organismes populaires, vos syndicats, vos garderies, vos centres communautaires. Impliquez-vous dans la politique citoyenne, dans les partis, ou les groupes de pression. Intéressez-vous à vos amis, à vos proches, à votre famille, aux ainés. Ne vous laissez pas encarcanner par les modes, la télé, les jeux vidéos, les drogues fortes, le "câlage" de shooter, l'internet, sortez, fréquentez les maisons de la culture, les bibliothèques, les centres d'artistes, les parcs thématiques comme le jardin botanique ou l'insectarium. Programmez votre vie, au lieu d'être robotisés par "Power Corporation", "Québécor" ou "Cogéco", "Google" ou "Youtube" et autres faces de boucs. Inventez vos réseaux, vos clubs sociaux, vos magasins-partages, vos cuisines collectives, créer votre propre entreprise, cultiver l'autogestion, partez des coopératives de solidarité dans tous les domaines.
Ouvrez vos yeux, ouvrez vos portes, ouvrez votre esprit, notre époque est opaque et critique, mais il ne faut pas baisser les bras. La terre bouge et la vie y grouille depuis 4 milliards d'années, il y en a eu des extinctions de vie, il y en a eu des bouleversements géologiques et cataclysmiques, il y en a et il y en aura des phases de réchauffements et des glaciations. Cycliquement nous nous adaptons, la terre a un coeur qui bat en son noyau et nous rythmons notre présence avec nos pas, nos avancées, avec nos possibilités, nous venons des étoiles, un jour nous y retournerons, nous sommes des Stars de la Paraculture et avec Pop's, ce soir nous rayonnons pour vous, merci. Accueillons maintenant les artistes....

 

Alain-Arthur Painchaud

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Alain Bernegger,

Publié le par la freniere

Alain Bernegge -France- Photographe, Sculpteur, Land Artiste

Alain Bernegge -France- Photographe, Sculpteur, Land Artiste

Publié dans Glanures

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Ciel froissé

Publié le par la freniere

Je ferai de toutes tes lettres,
Un long chemin de rêves,
Pendant mes longues heures d’insomnie
Où les nuages multicolores miaulent de morts
Et de pluies noires qui crachent leurs agonies
En ventres flottant de sachets noirs !

La lune en haillons et cicatrices fouille les poubelles
Et croque à dents perdues,
Comme une vieille folle,
Les restes pourris d’un crâne de veau d’où s’enfuient
De timides asticots !

Le ciel froissé des fumées de la cimenterie
Vomit ses herbes de cimetière
Dans la musique d’interminables flaques d’urine
Et de longs boyaux de vaches et de moutons
Bourrés de crottes luisantes
Bouse aussi,
Paille ensanglantée,
Seules, bijoux de nuits !

Les étoiles brillent, sournoises, sonores
Comme des couteaux de braqueurs,
Sur la chair d’interminables verres chancelants
Et ta carte tirée sera, encore une fois, la dernière !
L’ex-diva de la ville se regarde
Dans le miroir de la grande surface
Auquel elle raconte son amour parti,
En dodelinant de la tête entre les rayons
Des sous-vêtements et des macaronis !


© Mokhtar El Amraoui

 

Publié dans Poésie du monde

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J'aime la vie

Publié le par la freniere

(...)

J'aime la vie malgré tout,

la souffrance, la famine, la mort,

les vieillards de vingt ans,

la main gauche de Cendrars,

les yeux aveugles de Borgès,

les jambes de pantalon sans rien,

les chiens galeux et les mains sales,

le vide au creux des paumes,

le ver dans la pomme,

les souliers qui font mal,

les cafés coupés d'eau,

les bras baissés de celui qui se pend,

la parole des dieux dont on fait des guerriers.

 

J'aime la vie, le bleu des veines, le rouge du cœur,

le vert des mousses sur les clôtures de perche,

l'odeur du temps dans la mémoire humaine,

le vent mouillé, le froid qui mord,

la lenteur des bœufs et la musique de vivre,

la saveur de la soupe, la chaleur de la lampe,

les fleurs de pommier et les sourires du temps,

la barbe d'un vieillard et celle du sainfoin,

le paletot bleu du ciel, le chapeau des russules,

les affluents des bras d'où émergent les mains,

le cocaïne des mots dans le sac du silence,

la vaisselle de l'âme dans l'évier du corps,

les oiseaux de mauvais augure

et les moineaux qui chantent faux,

les corbeaux sur un fil,

les vieilles remises paysannes,

les outils de jardin,

les noirs de Breughel,

les soleils de Van Gogh,

la paille jaunie sur les labours,

le visage des femmes, le rire des enfants.

 

J'aime la vie de la paillasse aux plumes d'ange,

de la couleuvre au ver de terre,

des bouches de requin aux mouches de la nuit,

des étincelles du silex à la porcelaine anglaise,

des crocs du loup à la laine des moutons,

des yeux bleus de la terre à la tarte aux bleuets,

de la patience des racines jusqu'à l'âme de l'amandier,

des sittelles aux pipistrelles,

de la ménure au lagopède,

du jus de la treille à la boisson,

de la semence à la moisson.

 

(...)

 

Jean-Marc La Frenière

 

Publié dans Poésie

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Le piano ivre

Publié le par la freniere

Publié dans Poésie à écouter

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Émily

Publié le par la freniere

10 Décembre
Naissance d'Emily Dickinson

EMILY

Emily voit le ciel tourné sur lui-même
comme un couvercle de pot de confitures aux bleuets.
Le bleu coule le long de ses bras et sur sa poitrine,
jusque dans la petite boîte de son coeur.
Plus tard, elle écrira des poèmes qu'elle cachera
entre les pages des jours comme des feuilles d'automne.

Elle ne va jamais au village mais elle porte la Terre
comme une robe de soirée.
Elle sait tout et tout la sait.

Patrice Desbiens

 

Publié dans Patrice Desbiens

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L'Autre Versant (extrait)

Publié le par la freniere

(...)

 

Si je ne suis pas mort c'est par respect de l'autre,

pour les fourmis, les fleurs,

pour un seul rire d'enfant qui me ramène à toi,

pour la beauté des femmes à chacun de leur âge,

pour l'aventure, le rêve qui font encore le mur,

pour les vieux amoureux qui font encore l'amour,

pour les sources fragiles qui font encore la mer,

pour les yeux de ma mère qui portent la tendresse

comme on porte la vie,

pour le silence de mon père

qui n'en parle pas moins.

Si je ne suis pas mort c'est par respect de toi,

pour mes enfants, les tiens,

pour les enfants du monde

qui font encore le rêve.

Si je ne suis pas mort c'est pour tirer la langue

à ceux qui veulent notre bien

et nous vident les poches en crachant sur la vie.

 

Je suis seul et j'écris.

Je remercie le ciel des oiseaux qu'il apporte,

je les nourris de miettes

comme je noircis la page

aux brûlures de l'âme.

Je marche dans les bois pour retrouver la vie.

J'écoute monter la sève sous l'écorce des arbres.

Je refais les sentiers ou nous nous sommes aimés

dans l'odeur des framboises

et les crottes de chevreuil.

Je te parle sève à sève, de semence à rosée,

pour les mots jamais dits

et les silences trahis.

L'odeur de notre amour hante encore ces lieux

et m'enivre toujours.

Rien n'a jamais compté pour moi

que de boire à ta bouche,

c'est encore de toi que m'assoiffe la vie.

 

Si mes mots mûrissent aujourd'hui

comme des fruits sauvages

c'est par la source de tes mains

où je n'ai jamais pu aller qu'en poète malhabile.

Avec ma gueule de mendiant,

j'apprends la rose et l'aubépine,

j'apprends l'ortie et l'hortensia

pour m'accorder au chant des ruches.

 

Malgré la mort nous restons liés

comme les nerfs d'une main, les racines à la terre.

Là où mentent les routes

tu m'indiques la route.

Un peu de chaque chose est mort avec toi.

Séparé de sa tige mon poème s'est tu

sans reverdir le monde.

Je ne sais plus de moi que ce que j'ai perdu.

Tu es venu chez moi faire la part du feu

et j'ai craché le vin sur la terre des caves.

J'ai craché le venin, la routine, la haine.

Les vents rongeant nos portes

sont devenues caresses.

Tu as ouvert pour tous des écoles d'oiseaux.

Tout ne faisait que commencer

quand ta mort a laissé

chaque moisson en friche,

chaque maison en deuil,

chaque bateau en rade.

Dans les débris du monde

j'existe par l'amour que je te porte encore,

par la souffrance aussi.

Une fenêtre suffit qui ne s'ouvre qu'en toi.

Toute ma vie je porterai ta voix

du bleu pur des jacinthes aux branches d'olivier.

Je porterai ton jour et ta soif d'amour

plus insatiables que l'espoir.

Je veux par ce poème recomposer tes fruits

à partir d'une écorce.

 

Je regarde tes yeux sur une vieille photo

c'est le seul paysage où j'ai été heureux.

Je touche avec des mains d'aveugle

les contours de la vie où j'avance à tâtons.

Je viens à toi

comme une source à genoux

ou comme la main du vent

qui caresse les fleurs

Sur l'épaule du monde je berce ton sommeil.

 

Je t'emporte avec moi

plus loin que l'horizon

jusqu'où je ne vais pas.

 

Jean-Marc La Frenière

 

L'Autre Versant, Éditions Chemins de Plume, 2005

 

 

Publié dans Poésie

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Des petits hommes

Publié le par la freniere

des pluies de petits hommes ont envahi les rues

des hommes de proie ont envahi les plages

 

ils ont tondu les femmes sur tout le bord de mercredi

 

les plus jeunes se noyaient à la marée tombante

après avoir plié leurs habits sur la plage

 

aujourd'hui

je peux bien te le dire

j'avais tout vu

 

           plage des Abatilles

 

 

tu étais comme la lampe au milieu de la mer

et tu sentais la pomme de pin

 

je voulais avec toi

aller sur toutes les îles

je voulais avec toi

entrer dans les cafés

je voulais avec toi

ouvrir toutes les vannes

je voulais avec toi

dormir dans les marées

je voulais avec toi

prendre sur moi ta tête

ta chère tête à l'abandon

que des hommes là-bas

avaient tondue là-bas

sur une plage jaune avec des chaises vides

 

Tristan Cabral

Publié dans Tristan Cabral

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