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Michel Garneau

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Philippe Soupault

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Ton Christ est juif

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Pauline et Gérald

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Pauline et Gérald

Les gars de ma génération qui ont fréquenté les boîtes à chansons dans les années soixante, nous étions tous en amour avec Pauline Julien. Elle chantait avec son cœur mais aussi avec ses tripes. J’ai revu Pauline, lorsqu’elle habitait dans l’ouest de la ville, près de la rue Côte-des-Neiges, dans la maison qu’elle partageait avec Gérald Godin et qui servait également de bureau et d’entrepôt des éditions Parti pris.

C’est là que j’ai été initié au métier de correcteur, par le poète Gilbert Langevin, alors que je corrigeais sur galées les premières épreuves du livre Le lundi de la matraque. J’étais complètement baba de côtoyer deux héros, Pauline la pasionaria et Gérald l’intellectuel engagé. J’ai revu Pauline et Gérald à Paris durant mon exil. J’ai entretenu une correspondance épisodique avec l’une et l’autre. Éditeur, j’ai publié un récit de voyage, Népal : L’échappée belle, puis les trente-deux chansons écrites par Pauline, dans un ouvrage de Michel Rheault intitulé Les voix parallèles de Pauline Julien, et finalement un récit autobiographique, Il fut un temps où l’on se voyait beaucoup. Inutile de dire que je les aimais beaucoup.

Véritable régal

Ces « fragments de correspondance amoureuse et politique (1962-1993) », découverts par hasard dans les archives de la BAnQ, plus de 70 lettres parmi les 456 nouvelles lettres, démontrent, si besoin en est, que nous avons affaire à deux doués de la parole et de l’image. C’est un véritable régal que de lire leurs échanges épistolaires, aussi fous que l’était l’époque où ces lettres s’inscrivent. « Brûlez-vous la cervelle, écrivez des articles qui ne tiennent ni debout ni couché. Mouchez-vous avec votre chemise », écrit Pauline à son Gérald.

On sent chez eux un réel besoin d’écrire, de communiquer. Ces lettres existent pour raconter la vie, leurs joies, leurs peines, et surtout l’amour. L’amour fou, l’amour passion, l’amour qui dévore, qui arrache des cris, des soupirs, des doutes, des larmes, l’amour quand l’autre est loin, car ces deux-là seront souvent séparés, en raison de leur travail — d’où le titre : Ton métier, le mien, le Québec —, surtout Pauline, qui se promène d’une scène internationale à une autre. Et elles servent à ça, aussi, les lettres, à dire la douleur de l’absence, à mesurer la profondeur de l’amour, à combler l’absence de l’être cher.

Ces lettres témoignent également d’une époque aujourd’hui révolue. La passion est dans l’amour, mais aussi dans la quête du pays avec ses artistes engagés, les Miron, Giguère, Chamberland, Maheu, qui gravitent autour de la revue Parti pris. Dans ces lettres défilent des cinéastes, des peintres, des chanteurs, le FLQ, des militants de la première heure. Je dis « époque aujourd’hui révolue » parce que plusieurs de ces acteurs sont décédés et que la relève se fait attendre, parce qu’on ne trouve plus cette si ardente passion, cette ferveur qui semblait couler de source. Époque révolue alors que des poètes et des écrivains refusaient le prix du Gouverneur général et sa bourse.

On assiste en direct à la mort de l’hebdomadaire Québec-Presse. « C’est une tragédie. J’étais au bord des larmes mercredi matin. La grande aventure, la guérilla journalistique, la liberté d’expression absolue, le jeu politique avec les centrales : toute cette dynamique qui a été très profondément ma vie pendant cinq ans venait d’être balayée. » En direct également la victoire de Gérald contre Bourassa, le 15 novembre 1976. « Je crois que je vais faire un bon député. Parce qu’il y a beaucoup d’amour en moi. » Et Pauline, celle qui « se tient debout », affirme que jamais elle ne sera « la femme du député », revendiquant du coup un autre statut.

Un livre émouvant qui redonne le goût de l’amour et du pays. Je tiens à signaler une erreur qui me concerne : À la note 97, page 149, il est dit que le livre Il fut un temps où l’on se voyait beaucoup, a été publié par les éditions Leméac, alors que c’est ma maison, Lanctôt éditeur, qui l’a fait.

Jacques Lanctôt      Journal de Montréal

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Journées de la culture

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Journées de la culture
Journées de la culture

St-Ferdinand
Journées de la culture

Invitation à porter un regard en coulisse sur les
Sentiers Art-et-Nature-des-Appalaches

C’est avec grand plaisir que les membres du comité responsable de l’aménagement des sentiers Art-et-Nature-des-Appalaches (SANA) vous invitent à poser un premier regard sur ces sentiers pédestres aménagés sur les terrains de l’ancien hôpital Saint-Julien à Saint-Ferdinand.

Découvrez ce lieu d’exception qui offre une vue imprenable sur le lac William et les montagnes avoisinantes, et qui recrée le jardin de sœur Georgette Bouliane, une religieuse reconnue pour son implication dans la communauté de Saint-Ferdinand et son amour de la nature.

Quand : Le samedi 28 septembre 2019, de 10 h à 16 h.

Où : 216, rue Principale à Saint-Ferdinand, derrière le parc Versant-du-lac

Horaire de la journée :

De 10 h à 12 h : Accueil et visite libre des sentiers
Création d’une œuvre collective de land art, une tendance de l’art contemporain qui fait appel au cadre et aux matériaux de la nature
13 h Prestation musicale
13 h 15 Coup d’œil sur le projet
13 h 30 Lecture de poèmes par les auteurs et auteures
14 h 30 Prestation musicale
15 h Lecture de poèmes par les auteurs et auteures
16 h Mot de la fin

Venez remplir vos yeux de beauté!

Journées de la culture

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Les dieux des hommes

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Lorsque je m’arrête et regarde derrière, j’espère qu’un vol d’oiseau y remplace mon ombre. Parallèles au présent, le temps passé, le temps qui vient, je vis écartelé entre les rails du chemin et les rives du fleuve. Je me réunifie entre les lignes d’un cahier. Dans l’ombre des forêts, les arbres ont commencé par s’éclairer l’un l’autre. Les bêtes se guident à l’odorat sans le secours des fleurs. Dans mon herbier verbal, la chlorophylle de l’encre se transforme en parole.
Les murs entre les heures ne sont qu’une apparence. Tous les temps correspondent. Dans la chambre du cœur, chaque mouvement est une porte ouverte. Chassée par les habits, la vérité se cache pour ne pas être vue. Elle n’en peut plus des masques, des idéaux, des fards. Elle cherche la réponse antérieure aux questions. Sous l’apparence des mots, une vraie chair exulte. J’ai pris pied sur un souffle pour garder l’âme en équilibre. La croissance des arbres nous apprend notre taille. Celle des tours à bureaux mesure notre orgueil. Une graine qui tombe finit par remonter poussée par ses racines, ainsi l’amour que l’on jette en pâture, ainsi l’espoir qu’on répand dans les cendres du monde. À l’aube, ce matin, sur les épaules de la terre, la tête du soleil se détache du cou. Méfiezvous des années ? On est vivant moins longtemps qu’on est mort. Dans quel monde vivons-nous ? Au lieu d’aimer, il y en a qui bandent lorsqu’un chien se lèche la queue. Je cherche du bout des pieds, des mains, des yeux, quelle marche est manquante dans l’escalier du cœur, la porte ouverte au bout du labyrinthe, l’éclat du soleil sur un bras de fauteuil, la feuille à l’intérieur de l’arbre, le chant du coq dans une coquille d’œuf, la graine qui grandit au milieu des orties. Je cherche à séparer une fausse innocence d’avec le vrai pardon. Je vis entre ciel et terre, debout sur des marches précaires.

Des barques de nuages se détachent du ciel. Par les routes qui dévalent, les chemins qui bifurquent, je recherche le cœur, le centre de la vie, l’inavouable aveu. Sous les ciseaux du vent, la ligne d’horizon se transforme en payettes. La clarté aérienne et la lumière qui marche à pied finissent par se confondre. Le sérieux de la vie est devenu trop lourd. À la question de l’âme, il n’y a plus de mots pour trouver la réponse. Il n’y a plus de routes pour racheter nos pas. Il n’y a plus d’oreilles pour écouter les humbles. Je n’arrive plus à lire que ceux qui ne trichent pas. Très peu pour moi des effets spéciaux, des sparages d’acteur, des parenthèses vides, des paraboles à toge, des effets de manche.
J’aime les phrases qui ressemblent à de l’herbe, surtout celle des champs, les mots enracinés, les images avec un pied dans l’eau, les textes avec le cœur à nu. Toute mort porte sa part de lumière que l’on confond parfois avec le blanc des pages. Le froid qui nous déporte ailleurs nous rapproche du feu. Le Dieu des hommes n’est pas le Dieu des plantes. Il ne sent pas la rose mais le parfum cheap des vieilles que l’on parque à l’hospice. «Prenez vos p’tites pilules Mme Chose ? Vous dormirez près des clefs de Saint-Pierre. » À quoi peuvent-ils rêver sous le bâillon des somnifères ? Le Dieu des hommes n’est pas le  Dieu des bêtes. Il ne sent pas la terre mais les produits chimiques. Si le Dieu des uns n’est pas le Dieu des autres, ils font s’entre-tuer les mêmes innocents. Il n’y a pas d’yeux dans le visage des soldats. L’œil au bout d’un fusil ne voit pas les victimes. Il vénère un Dieu ou adore un drapeau. Apprenez la paresse et la méditation. Quand tous les hommes seront en bleu de travail, il n’y aura plus d’arbres. Le Dieu de hommes n’est pas celui des femmes ni celui des enfants. Le Dieu des hommes est celui des banquiers, des crosseurs, des soldats.

Dans le grand verre des hommes, le monde se vide et se remplit. Je me désaltère à l’eau du paysage. Il manque toujours quelque chose pour faire un tout. À la longue, les trains de chaises que j’inventais enfant sont devenus des phrases. Nulle gare ne les attend si ce n’est celle du cœur. D’artère en artère, de passager en passager, de valise en valise, le réseau de l’enfance continue de grandir. Une multitude de points remplace la durée puisque rien ne s’arrête vraiment ni le départ ni l’arrivée. Chaque monde est aussi l’autre monde. Je suis en train d’écrire. L’imaginaire déplie ses rails comme de l’encre sur la page ou le soleil pompant la sève. Il arrive que le train se perde en pleine campagne. J’en profite pour respirer des yeux à même les nuages. J’accroche ma pensée à l’émotion des arbres. Je sens en moi la joie des cerisiers qui se couvrent de fleurs.
J’essaie de lire le paysage. Je crois voir des u, des h, des w, en minuscule ou majuscule, des virgules posées sur la paille des nids. Dans la prose de campagne, il est difficile de rimer. La voix monte vers le ciel sur les épaules du vent. Quelques épinettes se cramponnent aux collines pour ne pas déraper. Pour certaines plantes, la chlorophylle sert de pensée. Lorsque j’agite mon crayon, de petits faons gambadent sur la page. Chaussé de lunettes, je n’ai pas froid aux yeux. Je vois la mort en face comme je vois la vie.

Jean-Marc La Frenière

 

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Claude Vivier

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Claude Vivier

Le 12 mars 1983, le compositeur québécois Claude Vivier est retrouvé mort

L'assassinat de Claude Vivier est à la musique ce que l’assassinat de Pier Paolo Pasolini est au cinéma 

Nous sommes le samedi 12 mars 1983, dans le onzième arrondissement de Paris. Cela fait plus d’une semaine que Claude Vivier n’a pas donné de nouvelles. 

Il n'est pas rare que le compositeur s’enferme durant des semaines pour finir une partition ou répondre à une commande mais en mars 1983, c’est différent. Il y a beaucoup de signes inquiétants. Claude Vivier n'est pas venu à la soirée que l’Ambassade du Canada lui a consacrée et il n' a pas non plus honoré le rendez-vous à dont il avait convenu avec le musicologue Harry Halbreich pour écrire un livret d’opéra sur Tchaikovsky.

Son amie Janine Euvrard, la sœur de Harry Halbreich, se rend donc chez lui et - trouvant porte close, - prévient la police. Claude Vivier git dans une mare de sang, sous un matelas, la bouche bourrée de papiers journaux. Il a reçu dix-sept coups de couteaux.

Une partition stupéfiante

Claude Vivier a mis en scène son propre assassinat

Près du corps de Claude Vivier on retrouve une incroyable partition : seize pages dans lesquelles Claude Vivier annonce brutalement sa propre mort. Non pas son suicide, non, mais bien son assassinat. La pièce s’appelle "Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele?" (Crois-tu en l’immortalité de l’âme?). 

C’est un monodrame pour soprano, récitant et ensemble qui évoque la rencontre entre le narrateur (Claude Vivier) et un jeune homme dans le métro. Et, étonnante prémonition : l’inconnu du métro sort dans cette pièce un poignard et l' enfonce dans le cœur de son interlocuteur. 

A Paris comme à Montréal, la consternation est profonde. Claude Vivier est incinéré au Père Lachaise, et il y aura une seconde cérémonie à Montréal un mois plus tard.

Claude Vivier connaissait-il son meurtrier ? 

En réalité, Claude Vivier est mort sous les coups de ce qu’on appelait à l’époque un truqueur. Les truqueurs, ce sont ces malfaiteurs qui dévalisaient les homosexuels après avoir feint d’accepter leurs avances. Claude Vivier ne connaissait donc pas son agresseur qu'on finira par identifier et retrouver fin octobre 1983. Le procès se tiendra quant à lui en novembre 1986 à la Cour d’Assises de Paris

Où entendre la musique de Claude Vivier ?

  • Le Festival d’Automne consacre un portrait du compositeur québécois en trois dates
  1. Le 19 septembre à la Philharmonie (Salle des concerts-Cité de la musique)
  2. Le 7 octobre au Théâtre de la Ville de Paris (Théâtre des Abbesses)
  3. Le 18 novembre au Théâtre de la Ville de Paris (Espace Pierre Cardin)
  • A Amsterdam, un vaste cycle de concerts dirigé par Reinbert de Leeuw en février/mars 2020

Christian Mason

La musique de Vivier représente un monde qui dépasse sa propre personne. J’ai toujours cette impression de voyager avec Vivier dans des mondes imaginaires. Sa musique est complètement inspirée : elle vient du cœur !

Claude Vivier
Lonely Child Susan Narucki (soprano)
Ensemble Asko/Schönberg
Reinbert de Leeuw (direction)
PHILIPS

Claude Vivier
Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele?
Susan Narucki (soprano), Johan Leysen (récitant)
Ensemble Asko/Schönberg
Reinbert de Leeuw (direction)
OPUS ARTE  

Claude Vivier
Wo bist du Licht?
Marie-Annick Béliveau (mezzo-soprano)
Société de Musique Contemporaine du Québec
Walter Boudreau (direction)
ATMA  

Claude Vivier
Bouchara
Susan Narucki (soprano)
Ensemble Asko/Schönberg
Reinbert de Leeuw (direction)
PHILIPS

Claude Vivier

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Les épines

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Sans toi

il n’y a plus ni plantes

ni oiseaux

le vent les cherche lui aussi

il n’y a plus de fleurs

dans la grande main du monde

 

sans toi

la lumière dans l’ombre

n’éclaire que le vide

les cigales se taisent

les fourmis s’endorment

les vivants déçoivent

les touristes japonais

ne prennent plus de photos

 

sans clef

je n’ouvre plus de porte

je te cherche partout

mais les meubles sont vides

le mot soleil n’éclaire pas

la feuille de papier

la grosse gomme du temps

n’efface pas la poussière des mots

ni les pommes rougies

que je cueillais pour toi

 

sans toi

 les façades des maisons

refusent de sourire

les roses disparues

j’en garde les épines

je n’entends plus chanter la vie

la nuit fait taire les oiseaux

 

Jean-Marc La Frenière

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Elmore James

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La tristesse du figuier

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a Gaspard Hons

Laisse-moi te parler
Comme on parle à un chien battu ou à un frère,

Laisse-moi te parler
D’un temps que je n’ai pas vraiment connu,

De ce temps
Où on creusait jusqu’à ne plus savoir ce qu’était
Le fond de la misère ou la honte,

Où on mangeait son peu de pain noir
Avec la mort et l’étoile jaune,

Où vivre
N’était même plus une mince affaire,
Où vivre était tout simplement un mot de trop.

 

Laisse-moi te parler de tout ça mon ami,
Même si tout ce que je te dis maintenant n’est encore réponse à rien.

                                           

Yves Namur

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