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A ma fille

Publié le par la freniere

21 septembre 2012, 01:47

Dans ton regard ce soir je lis tes espérances, Ma fille, mon miroir, tes rêves, leur présence !

Il y a longtemps déjà, un matin cotonneux,

La brosse passée très vite encore dans tes cheveux,

Le chemin de l'école, des chansons inventées, Les photos des idoles cachées dans ton cahier...

Dans ton regard ce soir, je lis tes espérances, ce regard sur la vie à chasser la romance,

Pourtant sache qu'une feuille d'un arbre qui est tombée, vaut bien milles dessins, des plus beaux appliqués !

Que des bateaux s'en vont bien sûr, quittent le port, certains en reviendront, et tu le sais encore ,

D'autres ne rentreront, jamais, jamais au port. Et le coeur en bandoulière, il faudra continuer, sourire ,sourire encore, et ne jamais lâcher !

Des amis sur la route pourront te consoler, mais tu le sais sans doute une main peut glisser ,

Et derrière un sourire et une mine enjouée, se cache la trahison d'une mer agitée ...

Dans ton regard ce soir, je lis tes espérances, tes défaites aussi, tes joies et leurs présence..

L'amour viendra un jour tout illuminé, la grisaille de Paris te paraîtra dorée,

Et la vie sera belle et tu pourras danser, Sur le trottoir seule alors le bras levé ...

Un peu comme a l'école... comme par le passé !

Il y a longtemps déjà, un matin cotonneux, La brosse passée très vite dans tes longs cheveux..

Le chemin de l'école ,des chansons inventées ,Les photos des idoles cachées dans ton cahier!

Patricia Conte Laurent

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Henri Michaux

Publié le par la freniere

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Deux loups

Publié le par la freniere

Deux loups

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Charlie Mingus

Publié le par la freniere

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Il n'aurait fallu

Publié le par la freniere

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Service après-vente

Publié le par la freniere

L'ombre  noire du charbon ouvre la voie au diamant.

 

Où étions-nous avant les mots, avant les gestes, avant même l'idée de l'homme, avant l'atome, avant l'atome d'un atome? Où étaient le pain avant le blé, la soif avant le vin? Le sang sèche avec la boue dans la poussière du temps. J'ai peur pour demain. Même les banquiers et les bourreaux ont le culot de faire des enfants. Je nomme les fontaines assiégées par la soif, les mots qu'on brode du bout des lèvres, les oiseaux au bec taché par le jus des framboises, l’œil inquiet du lièvre.

 

La vie aurait pu trouver mieux que la mort comme service après-vente.

 

Il fut un temps où la terre était une femme ouvrant son sexe à celui du soleil, une mère rapaillant ses ruisseaux, où les cerises tenaient parole. Le feu survivra-t-il dans les braises qui meurent? Avant de connaître les mots, j'ai passé mon enfance dans un carré de sable, les cabanes dans le bois, le tapis du salon entre les pièces de Lego et celles du Mécano. J'écrivais pièce par pièce, brindille par brindille. À chaque lever du jour, mes yeux font leurs emplettes.

 

On n'a plus mal aux souvenirs quand la mémoire disparaît, mais on a peur du vide qu'elle provoque. Sous les mains des artistes, les pierres se réveillent en femmes, les sons deviennent musique, les choses chantent avec les mots du cœur. Pourquoi faut-il qu'avec l'économie tout devienne monnaie? Depuis qu'elle détériore nos cœurs, je cherche le remède contre l'économie, l'antidote au profit. Les hommes ne cessent de mentir. Laissez-moi croire aux bouvillons, aux yacks, aux orties dans les champs, aux arbres qui s'effeuillent.

 

Un accroc dans le papier laisse entrevoir la mer et les poissons volants. Une rature les efface. Une rime les chante. Je navigue dans les mots. Ma grammaire est une chaloupe. Les phrases servent de rames. Je mets à l'encre sur la page. J'ai beau vieillir, mes mots reviennent en enfance. Ils ont un goût de menthe et de jouets. Ils sentent le lilas.

 

Lorsque les mots marchent pieds nus, la plante de l'encre noircit les pages d'une crasse de sens ou d'une trace de sang. Le vent transporte vers le ciel l'odeur fragile des lilas. Les bras géants des grues ont remplacé les arbres. À force de crever, à force de tonner sous les tonnerres de Brest, à force d'égorger l'éponge, les nuages dépriment. Les oiseaux volent entre les lignes des cahiers. Les livres dialoguent de page en page. Je plonge mon crayon dans les affaires de cœur et l'encre des poèmes, les épaves en plastique, les bouts de bois trop vieux.

 

Quand on a le temps, les heures sont inutiles. Il fut un temps béni où je croyais en l'homme. Entre Satie, Lénine, Picasso et Coltrane, je découvrais les filles et la force des mots. Le LSD 25 m'a ouvert les yeux et le blues des Noirs décrassé les oreilles. Les autoroutes depuis ont troué les montagnes et les guichets de banque remplacent les fontaines. La fièvre des affaires contamine la vie. Qu'ai-je à faire des chiffres, des montants, des numéros, des matricules qu'on m'impose? Je compte la vie en arbres, dans les bourgeons qui poussent, les diastoles de la sève, le bruit léger des feuilles, la peau des fruits nouveaux, les guêpes qui s'échappent par un trou dans l'écorce et les anneaux qui donnent de l'épaisseur au tronc. Les abeilles au travail ont l'odeur de la vie et la saveur du miel.

 


Jean-Marc La Frenière

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J'aimerais tant me tromper

Publié le par la freniere

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Ce qu'il me reste a vivre

Publié le par la freniere

Tous mes livres sont un seul et même livre. Ils n'ont pas d'anecdotes, de personnages, d'histoires, mais des images, des métaphores, des bonbons à la tire, des réflexions sans miroir. C'est un long cheminement entre la beauté du monde et la laideur de l'homme. J'arpente les sentiers du cœur, les artères, les aortes, les routes. Lorsqu'un feu me hante, je prends le pouls dans la matière du monde. La langue est mon pays. Entre vivre et mourir, j'écris avec la terre. Un même sentier se subdivise en pas, en paragraphes, en pages. J'ai une écriture naïve comme un dessin d'enfant. Je me contente du plus simple des fruits que m'offre le regard. Je prends les mirages au lasso au lieu de la corde au cou. Des papillons s'envolent entre mes pattes de mouche. Les futaies, les futailles m'intéressent, les écrivains bizarres, les bazars, les hasards, l'écriture onciale des pierres, les pacages et leurs vaches à longs cils, les essorages de l'automne rinçant les idées noires, l'espoir d'un brin d'herbe dans un cratère de bombe, la bave des escargots qui ne reculent jamais, les branches des vergers qui croulent sous les fruits, la peau des pommes que le soleil patine, celle des poires que le sucre satine. Ce sont les petites choses qui m'attirent, une goutte d'eau dans le désert, un pépin dans la pomme, un atome dans l'homme, un phare dans la brume, une phrase dans un livre. Ce sont les petits mots, les cris d'enfant, les taches visuelles qu'irise le regard, les bras d'honneur, les doigts dans le nez, les poings levés, les coups de main. J'entrevois l'infini dans le plus petit geste, une fleur dans les ruines, un chevreuil apeuré, un héron qui s'envole dans un craquement de branche. J'oppose les puces de chiens aux puces en silicium, les crottes de souris aux clics d'ordinateur, les roses de plastique aux plantes épineuses, les bivouacs devant la belle étoile aux nuits dans un palace, la corniche à la niche, la richesse à  l'amour. Je note les petits miracles journaliers, les pensées végétales, les eurêka des bourgeons, le brouhaha des insectes baigné de pur silence. Je ne voudrais pas vivre dans une nouvelle de Philip K. Dick, plutôt la pêche à la truite avec Brautigan.

 

Je réchauffe mon cœur sous la couverture des livres. Les jours où je ne lis pas, je suis maussade. Je m'engueule avec le temps. J'invective l'espace. Du haut des étagères, j'entends les livres se parler. Quand on lit beaucoup de poésie, on n'a pas besoin d'un Dieu. Quand il neige entre les mots, il fait froid pour de vrai. On a les doigts comme des bouts de bois. Il y a de l'encre où s'ouvrent des bourgeons, des pages où mûrissent des fruits, des phrases tenant lieu de béquille. J'aime écrire au cimetière. Leurs habitants nous fichent la paix. Même les oiseaux sont timides. Ils chantent un ton plus bas. Certains écrans crèvent les yeux du monde, mais un paysage les répare, un éclat de soleil, une page de lumière. Tout est possible avec de l'encre et du papier, la danse des lucioles, le hurlement des loups, l'intelligence des forêts, le râle des tracteurs, l'eau qui bout, les bulles du silence. Tout est possible, même le rêve et l'impossible. Il n'y a plus de cordes à linge, mais les corneilles imitent le cri rauque des poulies.

 

La forêt craque. Les ruisseaux pleurent. Les branchailles bourgeonnent. Le soleil sourit. Les nuages bougonnent. Je respire par les poumons du monde, le pouvoir des forêts. Au temps de la pariade, les oiseaux mettent leur habit de gala. La pluie jette ses confettis sur les mariages aviaires. Des corvidés stationnent sur les fils électriques. La beauté du paysage donne la chair de poule, dresse les cheveux sur la tête et fait battre le cœur. Orpailleur du songe, je ramasse des pépites de rêve dans le trémail du sommeil. Malgré le racolage du temps, j'ai le foie qui élance et les poumons qui silent. Je n'ai même plus droit à un seul verre de bière pour faire passer tout ça. Les bêtes barattent les sentiers, arrachant les branchailles comme des régisseurs remisant les décors dans les coulisses végétales, les vaches ruminant des galettes de brume. Dès l'aube, la rosée mastique les brins d'herbe. Les arbres tendent leurs bras pour voir s'il pleut. Je repasse le film de ma vie avant le clap final. Je fais avec les mots ce que la mort défait. Je parle avec une poignée de sel dans la bouche, un ulcère dans la voix. J'attends chacun matin une levée d'écrou. Sur un Compostelle de papier, mon crayon est un bâton de pèlerin. Je cherche un lieu où l'on vit seul, un lieu d'ascèse et d'ermitage. Je m'endors au chevet des chevêches. Je rêve de chevaux, d’hippocampes, de fées et de chevets de pierre, d'un ciel d'étoiles de mer. Je saigne sur la civière de l'amour. J'écris ce qu'il me reste à vivre.

 

Jean-Marc La Frenière

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Miles Davis

Publié le par la freniere

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Sentier poétique de St-Ferdinand

Publié le par la freniere

Sentier poétique de St-Ferdinand
Sentier poétique de St-Ferdinand
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