Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Claude Gauvreau

Publié le par la freniere

Partager cet article

Repost0

L'arbre d'oies

Publié le par la freniere

Oies   Photo: Jean Chamberland

Oies Photo: Jean Chamberland

Partager cet article

Repost0

Tom Waits: Hold on

Publié le par la freniere

Partager cet article

Repost0

Giono

Publié le par la freniere

Giono
Giono

Giono

Partager cet article

Repost0

Décès de Martine Fordin: condoléances à la famille

Publié le par la freniere

Décès de Martine Fordin: condoléances à la famille

Partager cet article

Repost0

Les écarts de langage

Publié le par la freniere

La langue est malléable quand elle sait les caresses. Elle ne tire pas dans le dos. Elle tiraille la peau avec un brin d’humour, une main d’amoureuse, un creux au cœur tout près à la tendresse. Les mots sont bien plus que des mots. Les phrases parlent entre elles un langage inconnu. Elles butinent. Elles s’épivardent. Elles voient. Elles risquent même la peau de celui qui écrit. Elles poursuivent la sève dans la lenteur des arbres. Quelles soient d’encre ou de voix, elles réclament de vivre pour dire ce qui est. Revoir la nuit à la lueur du jour nous aide à comprendre les ombres, à voir les fantômes avec des yeux nouveaux. Le visage d’aujourd’hui n’efface pas celui d’hier. Il en garde les rides. Toute peau se refait à l’endroit des blessures. Il suffit de si peu pour qu’un chien morde ou branle la queue, pour se faire du mauvais sang ou bander de plaisir. Ce qu’on laisse derrière suffit pour inventer le reste. L’amour est un puzzle toujours à compléter. Chaque geste est une nouvelle pièce. Il ne faut pas trouver la pièce qui manque à l’autre, mais celle qui nous manque. C’est ainsi que chacun se complète. Le fond des choses n’est jamais très solide. C’est ailleurs qu’il faut faire sa route, entraîné par le ciel et poussé par la vie. Le temps est comme le sang qui traverse le corps.

Souvent, quand passe la sagesse, nous ne la voyons pas. Nous sommes occupés à colmater les brèches. Elle se perd entre l’enfance et l’homme. On cloue la main qui donne à celle qui reprend. On arrache les ailes aux anges vagabonds. La pierre que l’on nous a donnée est de plus en plus lourde. Elle a beau s’effriter les épaules nous voûtent. Il ne sert à rien d’abattre un mur pour en refaire un autre. Entre les souvenirs et les oublis, le présent se heurte à l’avenir. Les cicatrices forment notre peau. Les blessures font le reste. La route recommence à la prochaine phrase. Les racines permettent la liberté des feuilles. Plus on voit, plus il en reste à voir. La vie qui entre par mes yeux ressort par ma bouche. Il arrive que les mots brûlent comme du feu dans un papier. Quand je tombe trop bas, les arbres me redressent. L’oiseau me prête son envol. Les mots placent les yeux bien plus hauts que les choses. S’il arrive qu’on soulève une montagne avec son petit doigt, il se peut qu’on bute sur une miette de pain. C’est bien après le pas que l’on comprend la route. Quand je pose mes mains à côté de leurs gestes, ils courent l’un vers l’autre. Tant de mystère pousse sur un lopin de peau, tant de monde entre deux mots. Qu’on ait remplacé le grand ordonnateur par un ordinateur, le monde continue à chercher ses vertèbres. Le cœur s’éparpille dans les goussets des banques. L’espace perd son temps. La vérité perd son sang. La raison perd la tête. Le coup de gueule perd ses dents. Même le rêve n’aide plus à dormir. Les pleurs tachent les pages comme des mots en trop. Un bout de culotte dépasse sous la réalité.

La pâte poétique se doit d’avoir de la patte, de la tripe et du cœur. Elle sèche sous la théorie. Les mots partent des hommes. Ils ne viennent pas du ciel. Ils sont comme l’amour l’absolution de vivre. J’aurai toujours vécu en retard sur ma mort en regardant sans cesse ce que l’on ne voit pas, avec des mots debout, les deux pieds dans la boue et l’âme dans la marge en vomissant mes tripes. J’aurais pu végéter en esclave des choses, j’ai préféré la vie, le pain trempé de larmes, les mains nues pour aimer. Il ne faut pas désespérer. Les plus petites fleurs repoussent dans les ruines. Le blanc des ossuaires reflète la lumière. Un sourire persiste au milieu de la misère. Je suis celui qui part et n’arrive jamais. Je butine au hasard de la nécessité sous un soleil sortant des murs. Ça coule comme un jet d’arbre dans la nuque, un jet de ciel dans les feuilles, un feu de sève sur la langue. Tout poème devient boue comme la pluie qui rencontre la terre. La vie me guette au bout de chaque phrase. J’existe à peine si je ne rêve pas. Un matin de soie claire tachée d’encre et de nuit, je me réveille mal écrit, entre un bâillement d’esperluette et les écarts de langage. J’avance dans la nuit porté par la lumière. Arriverais-je au bout des mots sans m’y casser les dents ?

Jean-Marc La Frenière

 

Partager cet article

Repost0

De la honte à la fierté

Publié le par la freniere

De la honte à la fierté
De la noirceur à la lumière
De la guerre à la paix
J’ai longtemps eu honte, un peu de tout. C’est une émotion que j’ai apprise. Ça ratatine tout le dedans. La fierté était loin d’être une vertu cardinale chez les québécois. C’était issu d’une croyance judéo-chrétienne qui sert à mater le vivant. Cacher nos plumes et notre ramage. Il ne faut pas se montrer. Rêver cachés comme les perdants que nous fûmes après la conquête des anglais. Dominés, nous avons été des êtres dominés. Il nous a fallu plier l’échine, taire notre langue, arrêter de penser...à quoi bon, l’église était là pour le faire et nous dire quoi faire ou pas. Les anglais puis l’église. Ça prend du temps pour un peuple à relever l’échine. À force d’être écrasés avec la peur d’être exterminés, on paralyse. On se fige, on se terre, on s’enfuit, on boit, on se drogue, on s’enfile des antidépresseurs pour survivre pour ne pas être. Je comprends les amérindiens et tous ces peuples conquis. Rester sains, fiers et pensants, debouts et droits quand nos arbres ont été étêtés et ébranchés... Heureusement qu’il nous reste des racines pour se reconstituer, pour renaître. Non on ne nous a pas tout enlevé. Maintenant que tous les peuples sont confinés, il n’y a plus de gagnants. On demande à chacun quel que soit son origine, ses croyances, sa langue, sa religion, son âge de participer. Toutes les initiatives créatives et aidantes pour l’humanité, des toutes petites aux plus grandes sont les bienvenues. Chacune d’elle est accueillie et reconnue, applaudie et félicitée. On se rend bien compte en ces jours, où on ne peut plus se donner la main ni se voir en personne, on se rend bien compte de l’importance de chacun(e) et combien se donner la main, geste qui avait perdu de son essence, reprend toute son importance. Ce n’est plus la course à la performance, à la réussite, à qui est mieux que l’autre, qui gagne plus d’argent, qui est le plus petit ou le plus grand. Notre voisin, le gorille milliardaire qui se tapait sur le poitrail est en train de se dégonfler, avez-vous remarqué ? Ce grand argentier qui voulait s’imposer à la face du monde… Tous les puissants perdent de leur superbe avec leurs discours et le pouvoir que leur conférait l’argent. Tout le monde est confiné car chacun d’entre nous représente une menace pour notre survie. Petits et grands, sans égards à notre langue, notre culture, notre couleur, nous sommes tous concernés. Chacun(e) fait preuve d’engagement en partageant humblement, à notre mesure, selon nos inclinaisons et nos goûts afin de donner au suivant. Nous sortirons de cette crise, fières et fiers. Nous le sommes déjà, le sentez-vous ? Cette crise nous réapprend qui nous sommes et combien nous avons besoin les uns des autres. Nous grandirons ou nous mourrons. La planète fait le ménage. Elle sait ce qu’elle fait, écoutons… Cette crise sert également à réhabiliter notre fierté... et tant d'autres choses que nous verrons apparaître et naître. Ayons l'oeil! et le bon!

Danielle Perreault

Partager cet article

Repost0

Ce que peut la poésie

Publié le par la freniere

Partager cet article

Repost0

Rencontre avec Pierre Michon

Publié le par la freniere

Partager cet article

Repost0

Paix

Publié le par la freniere

Paix à celui qui hurle parce qu'il voit clair
Paix à nos esprits malades, à nos coeurs éclatés
Paix à nos membres fatigués, déchirés
Paix à nos générations dégénérées
Paix aux grandes confusions de la misère
Paix à celui qui cherche
En se frappant la tête contre des murs en béton
Paix au courroux de l'homme qui a faim
Paix à la haine, à la rage des opprimés
Paix à celui qui travaille de ses mains
Paix à cette nature
Qui nous a toujours donné le meilleur d'elle-même
Et dont chaque homme quel qu'il soit a besoin
Paix à nos ventres —
Grands réservoirs de poubelles académiques
Paix à vous mes amis, dont la tendresse m'est une nécessité
Paix et respect de la vie de chacun
Paix à la fascination du feu,
Paix au lever du jour à la tombée de la nuit
Paix à celui qui marche sur les routes
Jusqu'aux horizons sans fin
Paix au cheval de labour
Paix aux âmes mal-nées qui enfantent des cauchemars
Paix aux rivières, aux mers, aux océans
Qui accouchent de poissons luisants de gas-oil
Paix à toi ma mère,
Dont le sourire douloureux s'efface auprès de tes enfants
Paix enfin à celui qui n'est plus
Et qui toute sa vie a trimé attendant des jours meilleurs.

 Catherine Riberio

 

Partager cet article

Repost0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>