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La bouteille

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Aimer les monstres

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Je veux

Publié le par la freniere

Je veux mes verres de lunettes toujours propres, parce qu'avec des verres plus ou moins sales les pages de la vie sont un peu de travers, et puis ça vieillit la couleur des feuilles des arbres en automne et je n'aime pas bien. Des verres de lunettes toujours propres, oui, pour être plus près de la vérité de la scène en cours.
Elle ne veut pas, la vie.

Je veux revoir ma paresse, qu'elle me prenne dans ses bras, dans mes draps, dans mes on verra. Elle est si désirable avec ses langueurs de biche et ses douceurs de chatte des sables. Qu'on prenne des bains de sommeil et des douches sous les sous-bois. Qu'elle me pique mes heures sup et mes heures de pointe, qu'elle me nique mon boulot et m'enlace un peu moi aussi, nous vautrant dans le dos du canapé ou à l'ombre sous mon bureau. Ma bath de paresse, à la pile-poil elle me la ferait ma survie.
Il ne veut pas, le temps.

Je veux faire l'amour avec une rose des sables, un peu perdu elle me re-donnera mon nord. Avec l'hirondelle qui me fera mes moissons du printemps. Avec une boule de neige pour avoir d'elle ma ribambelle de petits flocons de dope à m'enflammer, pour les heures creuses, les jours sans, les nuits blanches. Faire l'amour avec une dame de pique qui me détroussera de tous mes cafards, une dame de cœur qui me rebranchera le mien. Avec un vendredi treize pour avoir mon jour de chance. Avec un tour de force pour qu'il me redonne confiance en l'amour.
Vous ne voulez pas.

Je veux un ciel pas comme les autres, tout plat, tout empoté, qui pèse sur la tête même quand il est de son bleu déprimant. Mon ciel, je le veux jazzy-soul des fois, à la Amy Winehouse, des fois à la Freddie Mercury qui t'envole vers une étoile, et des fois purée : rouge et noir comme un cocktail détonnant de flamenco, tango et fado. Je le veux, mon ciel, pris d'une sueur parfumée de Femme, captivant comme la voix d'une panthère, autant enflammé qu'un poème de Verlaine. Ce ciel que je veux, comme une clameur de vie.
Ils ne veulent pas.

Je veux t'avoir tout contre moi, ta tête posée sur mon épaule, mes mains un peu bêtes posées où elles osent dans ton dos, et nous tournons sur nous même, nous dansons dans le sable sous la musique des étoiles…
Tu ne veux pas.

Je veux m'ouvrir la peau, m'écarteler la tête et me mettre en perce le cœur, pour ces riens et ce tout qui me manquent…
Je veux.

Penhedor Mance

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Je ne pensais pas le dire

Publié le par la freniere

je ne pensais jamais dire ça, mais vu la faiblesse du ministère de la Culture actuellement, et vu la vacuité des «annonces» qui ont été faites par la ministre, on souhaiterait quasiment que la culture soit de compétence fédérale en ce moment...

il est vrai que le gouvernement Legault s'est fait élire pour la business, pour les affaires, en promettant avant tout de rendre le Québec plus riche – plus riche financièrement, s'entend, et non pas plus riche intérieurement ou culturellement

on est beaucoup à penser qu'il faut un revenu minimum universel pour tout le monde, mais parlons d'abord des artistes. les institutions s'effondrent – ça avait commencé bien avant, la pandémie, on le sait, on le dit, est un accélérateur. dans une société fondée sur l'emploi, et sur l'emploi seulement, dans un monde sans possibilité de contribuer (culturellement et aussi, oui, oui, économiquement) en dehors de la religion de l'emploi, les artistes sont naturellement poussés à faire autre chose que ce qu'ils savent faire. est-ce qu'on veut une société où les arts sont un passe-temps, une activité de week-end ou de vacances d'été? on dirait bien que oui

bien sûr, je ne dis pas qu'il faut donner un chèque bien gras à tout citoyen qui se dit artiste parce qu'il aime chanter dans la douche ou faire de l'aquarelle. ce qu'il faut, c'est une reconnaissance du statut d'artiste, un peu comme en Allemagne : si tu es diplômé d'un programme artistique, ou si tu as publié, tenu longtemps un blogue d'écriture, présenté une exposition, etc., tu es artiste, c'est ton statut. en Allemagne, cela signifie que tu as droit à une aide gouvernementale de base sans que l'on attende de toi que tu cherches un emploi ailleurs, puisque tu es artiste, c'est ton domaine, c'est ton métier, c'est ce travail, et ce travail seulement, qu'on attend de toi. pour la reconnaissance du statut, au Québec et au Canada, on pourrait se fonder sur les critères des conseils des arts, peut-être, ou en établir d'autres. et peut-être, aussi, établir une échelle selon les années de pratique réelle

non, il ne s'agit pas de donner 3000 ou 4000 $ par mois à tous les artistes. on parle d'un plancher, 1000 $ à tout le moins, comme Andrew Yang l'avait proposé (en dollars américains...) aux États-Unis. 1500 $, ce serait mieux, et ça permettrait tout juste de ne pas sombrer dans la pauvreté. non que 1500 $ suffisent pour (sur)vivre, mais les artistes sont capables de décrocher des contrats, de recueillir les droits (dérisoires, pour 98 % d'entre eux) sur leurs œuvres, etc. de 1500 $, ils sont capables, par leur art, leur travail, leurs interventions, de faire 2000 $ (l'équivalent de la PCU) et même 2500 $ (et ainsi s'étirer le cou au-dessus de la ligne de la pauvreté)

c'est le genre de mesure que Roosevelt avait fait adopter après la Grande Dépression, et ça avait mené à une grande Renaissance culturelle aux États-Unis. est-ce qu'on est incapable d'une telle vision? est-ce qu'on va rester campés sur nos préjugés d'antan envers celles et ceux qui vivent «aux crochets de l'État», etc., simplement parce que la contribution sociale et économique de bien des gens, et surtout des artistes, est plus vague, plus diffuse, à long terme, moins facile à calculer que les lignes des talons de paye et des rapports d'impôt?

des millions de Canadien·nne·s ont vécu «aux crochets de l'État» ces derniers mois. pour autant, voulaient-ils moins contribuer au social, au communautaire, au culturel? tout un pan de l'économie des sociétés est *incalculable*, au sens fort du terme

il est temps de rompre avec les vieilles idoles qu'on vénère depuis les années 1980 : le dieu emploi, le dieu performance, le dieu paiement de la dette et son frère sinistre, le dieu austérité... il est temps de se donner des moyens minimaux pour avoir des arts faits par des artistes, et non pas par des gens toujours forcés de faire autre chose, parce que, dans les colonnes comptables des revenus d'État, on ne voit que ce qui saute aux yeux.

Mahigan Lepage

 

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Suspect

Publié le par la freniere

Aujourd’hui où il est devenu suspect de marcher sans but, la promenade est une forme de rébellion. Dans la cité des arbres, chaque sentier est unique. Le plus sombre bosquet est un espace ouvert. J’aime être entouré de milliards de feuilles. J’avance en titubant enivré de pollen. J’ai du mou dans les jambes. J’aime cette fatigue du marcheur, les haltes pour reprendre haleine ou ramasser des glands, pour humer la résine, observer les insectes. Je me suis fait l’oreille aux bruits de la nature. Chaque promenade me conduit vers un livre. Chaque paysage est une immense bibliothèque. Chaque arbre a sa manière de sourire, chaque ruisseau sa façon de pleurer. Que vouloir de plus que le vent sur la peau, le sel sur la langue, l’odeur chlorophyllienne des forêts, le soleil jouant du Bach sur les claviers de l’ombre, les bras de l’invisible se mêlant au corps du visible. L’ailleurs est à deux pas. Le proche est infini.

 

Ce que les autres ne voient pas, il faut l’attente et le désir pour le voir, la patience et le pas. Les routes m’ont crée beaucoup plus que les hommes. La terre quand elle dort a des sourires d’enfant ou des râles de vieux. Toute végétation est un centre de vie. Il manque la chlorophylle au béton et la sève à l’acier. On marche toujours un pied près de son cœur et l’âme dans la gorge comme une pomme d’Adam. L’homme est lui-même une route. Il perd son âme quand il s’arrête. L’eau des livres est plus que l’eau des livres. La pierre d’un poème est déjà la montagne. Je ne sais pas où mène la route que je prends. Je l’écris à mesure. Pierre, arbre, saison, je bricole ces mots dans le tracé des pas. Je n’en finis pas de marcher pour arriver chez moi. Le plus petit caillou me sauve du néant.

 

Jean-Marc La Frenière

 

 

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Les amoureux du Havre

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Alabama

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Pour les Noirs, les Sud-américains et les jeunes blancs qui se révoltent en Amérique.

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James Sacré

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Zohra Mrimi

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Paroles blanches

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Paroles blanches

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